On se croirait dans un autre monde. La Corse est un petit rocher balancé là dans un univers coupé en deux. En haut, le passé et ses souvenirs, en bas, la mer par tous les temps.
L’île est aussi le berceau d’un peuple longtemps malmené par l’Histoire, qui a souffert des envahisseurs, des convoitises, de l’isolement.
Dure et tragique, secrète et sauvage, la Corse sera toujours plus qu'une région sur la carte de la France. Les plages y sont paradisiaques, les criques ultra-secrètes et les montagnes « forcément » abruptes, accidentées, rudes.
Enivrante, cette île est un mélange de rocaille et de volupté, d’austérité et de parfums d’île lointaine. Les villages de l’intérieur semblent échapper à la loi de la pesanteur. Accrochées à la montagne, suspendues au-dessus du vide, isolées dans le maquis, les maisons de pierre et d’ardoise abritent autant de secrets de famille que de souvenirs de vendetta.
Le maquis, c’est la Corse profonde. Celle des cochons sauvages et des vaches en liberté, des fontaines au bord des routes et des longs hivers.
En Corse, même les tombeaux isolés ont l’air gai. Éparpillés, plantés dans le maquis sous un bouquet de cyprès ou d’oliviers, ils semblent vouloir faire descendre le ciel sur la terre.