Petits bistrots sur le Vieux-Port, restos à prix sages servant l’aïoli et la
bouillabaisse, cafés branchés du soir, ruelles animées où se mêlent tous les
parfums épicés et les senteurs du Grand Sud... Depuis 26 siècles, la vocation
de la plus ancienne ville de France n’a pas changé : l’ouverture sur le monde.
Entre le mistral, l’accent et l’OM, on se sent vite dépaysé dans cette cité
non-conformiste qui traîne injustement une mauvaise réputation. Il faut dire
que les clichés sur la cité phocéenne vont bon train : comment ne pas rêver
de Marseille sans revoir les images de Marcel Pagnol, avec ses poissonnières,
ses joueurs de pétanque et de belote, ses buveurs de pastis, son farniente généralisé ?
Comment ne pas non plus se souvenir des malfrats qui dirigèrent la ville, cette
« french connection » qui offrit durablement à Marseille son image
d’insécurité ? Comment ne pas être rebuté par ces immenses immeubles de
bétons gris qui ont envahi une partie de la ville ? Longtemps, les touristes
inquiets ont boudé la cité méditerranéenne. Et pourtant, Marseille mérite qu’on
s’y arrête car aucune grande ville n’offre autant de contrastes. Il suffit d'une
petite promenade pour faire comprendre à tous ceux qui disent du mal de Marseille
qu'elle est l'une des plus belles cités de France et du Bassin méditerranéen.
Poussez jusqu’à Callelongue, aux allures de bout du monde, faites un tour sur
la corniche dominant la mer et les îles, ou promenez-vous dans le jardin du
Pharo pour regarder le soleil se coucher sur le Vieux-Port : sans doute
comprendrez-vous mieux pourquoi les Marseillais, premièrement, aiment leur ville,
deuxièmement, répugnent à livrer ses secrets aux « estrangers » qui y viennent pour conforter leurs préjugés.