Herria. C’est ce même mot qui désigne en basque à la fois le pays et le peuple. Le Basque se nomme lui-même Euskaldun, littéralement « celui qui parle le basque ». Comprendre le Pays basque, c’est comprendre cette alchimie subtile qui unit la langue, l’homme et sa terre.
Le voyageur se laisse dès l’abord prendre au piège administratif. Il va parler de Pays basque « français » ou « espagnol ». Il lui faudra du temps pour admettre qu’il n’y a là qu’un vernis. Peu à peu, les mêmes signes lui apparaîtront au nord comme au sud pour dessiner le visage de ce qu’il faut bien appeler la civilisation basque.
Le voyageur ira même voir côté Béarn si l’herbe n’est pas plus verte que chez le voisin à qui l’Histoire le lie désormais, en attendant le jour où un hypothétique département béarnais permettra à ces peuples frères de retrouver chacun leur autonomie.
Les Basques sont un peuple des marins qui ont découvert l’Amérique avant Colomb, des missionnaires qui ont cherché leur absolu dans des terres hostiles, des bergers silencieux, des banquiers avisés, des ouvriers déterminés.
Comprendre le Pays basque, c’est comprendre cette alchimie subtile qui unit la langue, l’homme et sa terre.