Nissa, la belle Méditerranéenne, « ne s’offre qu’à qui saura lui plaire », aime-t-on à dire par ici. C’est étrangement vrai. Il faut aller vers elle, car elle ne viendra pas vers vous.
Les Niçois sont des montagnards qui ont le nez tourné vers la mer. Ainsi Nice a-t-elle une population en relative harmonie avec sa topographie : un pied dans le bleu, l’autre dans le vert des hauteurs.
Ce paradoxe peut expliquer le caractère à la fois riant et méfiant des habitants. Mais le mélange est encore plus complexe que cela : paillettes et authenticité, avant-gardisme et rigidité, valeurs du passé et espoir de futur.
Évidemment, certaines images collent à la peau de Nice : la promenade des Anglais, les retraités à chien-chien, le carnaval et sa bataille de fleurs, les « affaires » politico-financières… Évacuons d’emblée les clichés pour dresser un portrait plus nuancé.
D’abord, Nice
n'est plus franchement le paisible lieu de villégiature pour nantis qu'elle était à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui ce grand centre urbain est devenu une métropole tentaculaire, où la voiture semble omniprésente et qui, paradoxalement, souffre de son site exceptionnel, coincée entre la mer et les collines.
La ville veut vivre dans le futur et elle a raison. Miami notamment la fait rêver, et ce mélange des genres : bars branchés et retraités, immeubles Art déco et rollers filant sur la promenade.
Nice, grande ville moderne, vit toute l’année. L'histoire lui a laissé de nombreux quartiers à la personnalité marquée : la charmante vieille ville, les élégants édifices Belle Époque du centre, une baie aux contours parfaits, une promenade revitalisée et une campagne aux collines typiquement provençales.