Épicentre de tout le Bordelais, à une soixantaine de kilomètres de l’océan, capitale de l’Aquitaine lovée autour de la Garonne, Bordeaux a conservé son décor de théâtre, son atmosphère secrète et sa fierté souvent frondeuse vis-à-vis de la capitale. Elle doit sa fortune et son importance à ses vins et à son port. La gloire des siècles passés a laissé ses traces sur les murs comme dans les esprits. La cité se révèle avant tout comme un joyau de pierres ciselées, comme dentelées dans le style du XVIIIe siècle : Bourse, Grand Théâtre, place Royale…
Mais on y trouve aussi des rues étroites au tracé médiéval, de vieux quartiers aux allures sombres et populaires. Avec sa pierre calcaire dorée qui noircit naturellement, elle offre une jolie palette de couleurs, du blond pâle au noir le plus crasseux.
On peut presque comprendre que Bordeaux se croit si supérieure, si différente, après trois siècles de domination anglaise qui lui ont finalement bien profité, avec son terroir et son climat donnant les plus grands vins du monde, avec ses hommes illustres et une côte aussi proche que superbe.
Cependant, les Bordelais s’ouvrent de plus en plus aux influences méridionales, espagnoles en particulier, et l’on voit maintenant partout des restaurants en terrasse. Les soirées s’animent furieusement dans les bars à tapas, comme les nuits sur le quai de Paludate.
La cité girondine est comme ses meilleurs vins : bouquet profond et complexe, d’une étonnante longueur en bouche. Une forte personnalité, très attachante.