Carnavals insolites en Europe

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Carnavals insolites en Europe

Tout le monde connaît les carnavals de Rio, Venise ou Nice. Mais d’autres, moins célèbres, battent aussi leur plein avec une excentricité qui grise plus d’un carnavaleux. Routard.com a déniché quelques-uns de ces carnavals sur lesquels plane un doux vent de folie. Des plumes d’autruche des Gilles à Binche à la bataille d’oranges d’Ivrea, en passant par les étranges Koranti vêtus de peaux de mouton, bas les masques sur ces entrées en carême vraiment pas tristes !



Des carnavals pas très catholiques…


Carnaval d’Ivrea (Italie) : bataille d’oranges


Carnaval Kurentovanje à Ptuj (Slovénie) : gare au monstre !


Carnaval de Binche (Belgique) : la fête des Gilles


Autres folies carnavalesques


Pour en savoir plus


:: Des carnavals pas très catholiques…

Chrétien, le carnaval ? Étymologiquement, oui. L’expression « Carnis levare », « enlever la viande », fait référence au jeûne du carême qui débute au lendemain du Mardi gras. C’est pour cela que le mardi est gras : avant l’effort (du carême), le réconfort.

Mais si le carnaval est d’origine chrétienne, dans la pratique c’est autre chose : outre les traditionnels plats garnis, défilés déjantés et déguisements extravagants sont le lot de certains carnavals dont les participants semblent se livrer à des pratiques pour le moins païennes. Pas très catholique tout ça…


:: Carnaval d’Ivrea (Italie) : bataille d’oranges

Jusqu’au 22 février 2012

La renommée du carnaval d’Ivrea, non loin de Turin, s’étend bien au-delà du Piémont. Son origine ? On dit qu’au XIIe siècle, la fille du meunier refusa le droit de cuissage du seigneur du coin sur les jeunes filles. Elle lui aurait tranché la tête, déclenchant une insurrection générale ! Le feudataire donnait deux fois l’an des haricots aux pauvres qui, en signe de mépris, les jetaient dans les rues… Davantage que l’entrée en carême ou la fin de l’hiver, le carnaval d’Ivrea célèbre la révolte populaire contre la tyrannie…

Le samedi gras, une marche historique met à l’honneur la Mugnaia (meunière) défilant sur son char. Elle est escortée par les Arancieri, sortes de soldats des oranges. À partir du dimanche, les choses sérieuses commencent : on se presse à la grande bataille d’oranges… importées de Sicile ! Ce combat symbolique oppose le peuple (à pied) à l’aristocratie (sur les chars).

Les plus téméraires peuvent prendre part à la bataille (inscription nécessaire). Si vous souhaitez rester spectateur dans la mêlée de fruits, la seule manière d’être épargné par les Arancieri consiste à porter le bonnet phrygien : un symbole de liberté qui permet ici d’afficher sa neutralité. Mais le plus sûr reste encore de se réfugier derrière les grands filets… dûment équipé de bottes et d’un imperméable bien sûr !

La paix est prononcée le mercredi des Cendres autour de polenta et morue, un plat traditionnel. L’occasion de trinquer à ce carnaval, symbole universel de la marche vers l'égalité…


:: Carnaval Kurentovanje à Ptuj (Slovénie) : gare au monstre !

Du 11 au 21 février 2012

Le folklore slovène est à son comble ! Le Kurentovanje, c’est la grande sortie du Korent (ou Kurent), un étonnant personnage folklorique. La bête est revêtue d’un long manteau de fourrure de mouton, et coiffée d’une toque à cornes de bœuf… Sa bouche et ses yeux cerclés de rouge, ses dents apparentes (des haricots blancs…) et sa langue pendante (en papier) ont de quoi effrayer le public, tandis qu’il parade dans le tintement des clochettes de sa ceinture. Le Korent, la plus illustre figure masquée de Slovénie, inspire crainte et respect. Il passe de maison en maison dans un vacarme censé chasser l’hiver et apporter l’abondance printanière.

Loin de se cantonner à ce défilé moutonnier, le Kurentovanje propose aussi des représentations théâtrales et spectacles de marionnettes mettant en scène le Korent, des expositions ethnographiques, des rassemblements masqués, une marche aux flambeaux…

Mais revenons à nos moutons. Lancé en 1960, le Kurent a gagné ses lettres de noblesse jusque sur la scène internationale. Si le rituel s’est parfois assoupli (désormais, le port du fameux déguisement n’est plus l’apanage des jeunes hommes), le Kurentovanje n’en demeure pas moins l’expression d’un folklore local chargé de symboles. Et le signe d’un héritage ethnographique pas banal.


:: Carnaval de Binche (Belgique) : la fête des Gilles

Du 19 au 21 février 2012

Classé au Patrimoine oral et immatériel de l’Unesco, le carnaval de Binche (photo) sonne chaque année l’heure de gloire de cette petite cité wallonne à une soixantaine de kilomètres de Bruxelles. Dès le lundi précédant les jours gras, dans la nuit des « Trouilles de Nouilles », la moitié de Binche défile masquée et se moque affectueusement des individus aux visages découverts. Le Mardi gras, les « Binchous » s’élancent pour la parade des Gilles.

Ces légendaires personnages arborent des déguisements folklos : costumes ornés de lions héraldiques et de blasons, collerettes, ceintures de clochettes, tambours, masques de cire – un modèle typiquement binchois, protégé par l’Office européen des brevets (!) –, chapeaux de plumes d’autruche (véritables) montés de buses (en carton)… Dans le martèlement des sabots, tout ce beau monde converge vers la Grand-Place.

Le clou des festivités reste peut-être le lancer d’oranges des Gilles sur l’assistance. La coutume veut que le public ne leur renvoie pas les agrumes : c’est un cadeau !

Sachez enfin qu’être Gille implique d’être né à Binche ou d’y vivre depuis au moins cinq ans. Eh oui, l’honneur de porter les plumes d’autruche ne revient pas au commun des mortels… Le soir venu, la ville en liesse s’embrase aux lumières des feux d’artifice et de Bengale, dans les rafales des tambours.


:: Autres folies carnavalesques

Au chapitre des déguisements pas piqués des vers, signalons encore les masques aux cornes de bouc du carnaval des busós à Mohács, en Hongrie (lui aussi classé au Patrimoine immatériel de l’humanité).

Ceux qui s’intéressent à la politique souriront des masques et chants satiriques du carnaval de Bâle (Basler Fasnacht), tandis que ceux qui aiment rêver en prendront plein les mirettes : c’est le plus grand rassemblement de lanternes d’Europe.

Les amateurs de chevaux iront quant à eux en Sardaigne pour chercher la clameur du public à la Sartiglia d’Oristano, l’un des plus beaux carnavals sardes. Cette course de chevaux doublée d’une épreuve d’habileté promet un cortège de montures rutilantes, dont les cavaliers doivent décrocher des étoiles avec leurs épées. Comme quoi, bon nombre de fantaisies carnavalesques ont de quoi nous faire rêver un peu…

Marie Borgers
Photo : Office du Tourisme de Binche
Mise en ligne le 9 février 2012



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