Hanoï ou les secrets de la longévité

Le quartier des 36 rues et corporations

Le quartier des 36 rues et corporations
Olivier Page

À la différence d’Hô Chi Minh-Ville (Saigon), Hanoi, l’ancienne capitale de l’Indochine française, conserve un formidable patrimoine d’époque coloniale. Curieusement, il a été peu abîmé par les guerres et les turpitudes de l’histoire. Même lors des bombardements de Noël 1972 (15 000 tonnes de bombes américaines en 12 jours d’attaque), les monuments historiques ont été épargnés, car les avions de Nixon visaient les cibles militaires et stratégiques.

À mesure que je me dirige vers le cœur urbain de la cité, j’ai le sentiment de remonter dans le temps, et d’aller bel et bien vers les origines de la ville, vers son secret. Un vieux dicton ne dit-il pas « Ha Noi, ba muoi sau pho phuong », « Hanoi, avec ses 36 rues et corporations » ? Ce quartier de marchands et d’artisans dessine un triangle situé sur la rive nord du lac Hoan Kiem, miroir d’eau douce dans lequel Hanoi regarde son destin depuis des siècles. Ce « noyau dur » historique de la capitale conserve, tant bien que mal, son style et sa mesure humaine. Pour éviter qu’il ne vende son âme aux diables de l’immobilier, il est prévu de l’inscrire sur la liste du patrimoine de l’humanité de l’Unesco.

Je déambule à pied, imaginant à quoi pouvait ressembler la ville autrefois avec ses ribambelles d’artisans, de boutiquiers, de petits métiers : ferblantiers, joailliers, calligraphes, charpentiers, boutiquiers ambulants, fabricants d’objets en rotin ou en cuir, sans oublier les vendeurs d’éventails, d’objets votifs, de laques, de soieries, de nattes, de papier, de pipes… Un monde clos bourdonnant d’activité, générateur de richesses, où chaque village des environs de Hanoi apportait son énergie, ses produits, ses habitants et ses coutumes.

La vieille maison du 87, rue Ma May (l’ancienne rue du rotin) fut habitée par plusieurs générations de commerçants. Au changement de régime en 1954, elle fut partagée entre cinq familles exerçant diverses activités : un tailleur, un professeur d’arts martiaux, un épicier et un fonctionnaire. Vendue, puis restaurée dans le cadre du projet Asia Urbs (Union européenne) avec l’aide des mairies de Toulouse et de Bruxelles, elle a été classée par le comité populaire de Hanoi. Je m’y arrête pour goûter au calme des patios intérieurs, sobrement arrangés et fleuris. C’est un beau témoin bien restauré du vieux quartier de Hanoi. Dans le futur, d’autres maisons ou ensembles d’immeubles suivront cet exemple de réhabilitation.

Texte : Olivier Page

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