Hanoï ou les secrets de la longévité

La fête du Têt à Hanoi

La fête du Têt à Hanoi
Olivier Page

Dans la rue Hàng Ma, la rue des objets votifs en papier, je dois ralentir mon pas, car la foule est plus dense. Nous sommes à l’avant-veille de la fête du Têt (le nouvel an vietnamien). Les Vietnamiens envahissent cette rue afin d’y acheter le nécessaire pour décorer leurs maisons, embellir l’autel familial dédié aux ancêtres, offrir des cadeaux aux amis et aux proches. Les trottoirs et la chaussée débordent d’éventaires et d’échoppes qui vendent des pendentifs, des lampions, des guirlandes, des affichettes, des calendriers astrologiques. La plupart sont d’un rouge éclatant, la couleur du bonheur dans la sagesse bouddhiste, tandis que les autres brillent de tous leurs ors. Les Hanoïens portent des grosses branches de pêchers aux fleurs roses, ou des branches de pruniers aux fleurs jaunes, celles-ci étant les plus recherchées pour fleurir l’intérieur des maisons.

Le 17 février 2007, s’est ouverte l’année du cochon, d’où le nombre d’éventaires présentant des petits cochons roses, rouges, ou blancs. Le cochon est un signe favorable dans l’astrologie vietnamienne : c’est un animal nourricier, patient et endurant, qui peut sauver l’homme en cas de guerre ou de disette. Car tout est bon dans le cochon.

Dans les pagodes et les temples, on brûle de l’encens et du santal. J’observe une dame qui brûle des faux dollars sur un autel encombré de fruits et de bouteilles (de bière, et même de vin vietnamien produit à Dalat). Il y a aussi des bonbons. En fait, cette cérémonie de « l’adieu aux dieux lares » est censée marquer le voyage vers le Ciel de l’esprit de la Terre. Ce dernier s’en va faire un rapport annuel (favorable ou défavorable) sur les vivants. Il en rendra compte au tout-puissant Empereur de Jade, sorte de Zeus de la mythologie vietnamienne.

La nuit est tombée. Hanoi vit des heures d’effervescence et de liesse populaire, sans doute les plus intenses du cycle annuel des festivités. Dans un bar au bord du lac Hoan Kiem, j’attends maintenant que le feu d’artifice illumine la nuit, marquant à minuit pile l’entrée dans la nouvelle année, celle du porc. Sur les trottoirs, des familles allument des feux dans lesquels elles jettent des objets en papier pour chasser les mauvais esprits et accueillir convenablement les âmes des ancêtres sur terre. Bonne année du cochon !

Texte : Olivier Page

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