Géographie
96 % des Égyptiens vivent le long du Nil (ainsi que sur la route des caravanes, dans les oasis du désert libyque).
Le Nil prenant sa source dans le sud et se jetant dans la Méditerranée au nord, la Haute-Égypte correspond à la partie sud du pays et la Basse-Égypte, à la partie nord.
La Nubie débute au sud d'Assouan et continue jusqu'à la frontière soudanaise. Une partie de la Nubie égyptienne est aujourd'hui recouverte par les eaux du lac Nasser, constituées à la suite de la construction du haut barrage inauguré en 1970.
Le désert recouvre 97 % de la superficie du pays. On distingue trois grandes zones désertiques.
- Le désert libyque : il est ponctué par une série d’oasis (Kharya,
Dakhla, Farafra, Bahareyya), les 3 premières formant la Nouvelle Vallée. Il est parfois
rocheux, parfois noir, parfois blanc. À l’ouest des oasis, commence la grande
mer de sable (sables mouvants et zones particulièrement dangereuses).
- Le désert arabique : entre le Nil et la côte de la mer Rouge,
c’est un ensemble de massifs entrecoupés de wadi (vallées) qui se termine
par une longue chaîne montagneuse. Seuls les Bédouins (qui vivent du côté de
la mer Rouge) connaissent ce véritable labyrinthe.
- Le désert du Sinaï : sa géographie est faite de dunes et
de montagnes érodées par le vent et sillonnées par des
oueds profonds qui connaissent des crues sporadiques. Le point culminant de l'Égypte se situe dans cette péninsule : c'est le mont Sainte-Catherine (2 642 m), qui dépasse donc le mont Moïse (ou mont Sinaï), avec ses 2 285 m.
Climat
Le climat égyptien est méditerranéen sur la côte d'Alexandrie, semi-désertique à la hauteur du Caire et complètement désertique dans le grand Sud.
Notre saison préférée est l'automne (de fin septembre à fin novembre). Les températures oscillent alors entre 25 et 35 °C du nord au sud, le soleil est omniprésent, et Alexandrie n'est pas encore sous la pluie.
Pendant l'hiver (de mi-décembre à fin février), Alexandrie est exposée au vent et à de fortes pluies, Le Caire affiche une grisaille tristounette, la mer Rouge se rafraîchit, et les nuits dans le désert peuvent être glaciales, notamment dans le Sinaï. Seules les régions de Louxor et d'Assouan restent inondées d'un soleil qui réchauffe les après-midi. Mieux vaut prévoir une veste chaude pour Le Caire et le Sinaï, ainsi qu'un parapluie pour Alexandrie. En Égypte, le chauffage n'existe presque pas, et seules les climatisations ont une fonction chauffage.
Le printemps (mars-avril) est tardif et pas vraiment une saison intermédiaire. On passe très rapidement de l'hiver à l'été. C'est la saison des vents et surtout du khamsin (un vent de sable brûlant qui souffle deux ou trois fois dans la saison).
L'été est placé sous le signe d'une chaleur caniculaire, humide sur la côte méditerranéenne et très sèche dans le Sud. Vous devrez adapter le programme de vos journées en commençant très tôt le matin et en faisant une pause en milieu de journée. À Assouan et en Nubie, il peut faire jusqu'à 50 °C !
Les hôteliers augmentent les prix en hiver et accordent des réductions en été (seule exception : Alexandrie).
Le Nil
La vie de l'Égypte, jusqu'à la construction du haut barrage d'Assouan (terminé en 1970), était réglée en fonction du Nil et de ses crues fertilisantes. En juin, le fleuve commençait à monter, puis, dans la seconde quinzaine de juillet, il gonflait pour atteindre son maximum fin octobre. On mesurait alors la hauteur de la crue à l'aide des nilomètres, et les autorités fixaient, en fonction de ce niveau, le montant des prochains impôts. La décrue s'étalait ensuite jusqu'au mois de janvier où le fleuve regagnait son lit, et les paysans leurs champs.
On sait que toutes les premières civilisations sont nées d'un fleuve, source de fertilité des terres. Les crues ont permis de renforcer l'autorité des pharaons. Il fallait, en effet, un système très centralisé et très autoritaire afin de stocker la nourriture pendant les trois mois d'inondation.
Il existe une légende selon laquelle, dans l'Égypte ancienne, chaque année au 15 août, les pharaons célébraient la crue en jetant une jeune fille dans le fleuve : c'était la « fiancée du Nil ». Plus tard, les Arabes supprimèrent cette pratique, mais la coutume demeura et, à la place d'une jeune fille, on lançait des poupées habillées en mariée. En 1965, avec la construction du barrage d'Assouan, le Nil a vu disparaître ses crues qui rythmaient la vie agricole depuis la nuit des temps, ses fêtes, et aussi sa « fiancée ».
Une source de vie tarissable ?
Il reste un fleuve vital, car il permet des cultures dans un environnement hostile et désertique. Aujourd'hui, le Nil fait vivre environ 300 millions d'Africains, une population qui devrait doubler d'ici 2025. Le problème de l'eau est crucial en Égypte à cause de l'augmentation de la population et du développement industriel. Près de 87 % de l'eau du Nil utilisée sert à l'irrigation des cultures. On estime qu'environ la moitié de l'eau utilisée est gaspillée et que 10 milliards de m3 d'eau s'évaporent annuellement du lac Nasser.
Depuis 1997, l'Égypte s'est lancée dans une nouvelle aventure : créer un « second Nil » en creusant le long canal Toshka qui permettra l'irrigation d'une « Nouvelle Vallée », parallèle au Nil, et passant par les oasis de Kharga, Dakhla et Farafra.