Chicha
Pourquoi ne pas essayer au moins une fois la chicha, cette grande pipe à eau que l'on fume pour quelques livres, entre hommes, dans les petits estaminets ? Attention ! Les Égyptiens de moins de 18 ans n'y sont plus admis (campagne anti-tabac oblige !).
La chicha, très populaire en Égypte, n'a pas de vertus hallucinogènes puisqu'il s'agit de tabac. En revanche, des études scientifiques ont montré que la pipe à eau était plus nocive que la cigarette.
Fumer la chicha le soir est un excellent moyen d'avoir une vie sociale pour un grand nombre d'hommes égyptiens. Tandis que les femmes restent à la maison, eux se retrouvent autour d'un thé et d'une chicha pour commenter l'actualité, traiter de petites affaires, ou tout simplement discuter de la pluie et du beau temps.
Fêtes et jours fériés
Les Égyptiens ne manquent pas une occasion de faire la fête. Viennent s'ajouter aux jours officiellement fériés, les fêtes musulmanes, coptes et pharaoniques.
- Les jours fériés : le 1er janvier (Jour de l'an), le 25 avril (restitution du Sinaï), le 1er mai (fête du Travail), le 18 juin (jour de la Libération commémorant le 18 juin 1956, date à laquelle les Britanniques se retirèrent d'Égypte), le 23 juillet (jour de la révolution de 1952), le 6 octobre (fête nationale), le 24 octobre (jour national de Suez) et le 23 décembre (fête de la Victoire). Ces jours sont théoriquement fériés, mais beaucoup d'employés travaillent. Seule la fête nationale est unanimement chômée, cette « victoire » contre Israël étant la plus grande fierté du pays.
- Ramadan : 11 août 2010.
- Aïd el-Fitr : 10 septembre 2010. La fête marque la fin du jeûne du ramadan. Au moins 3 jours fériés.
- Aïd el-Adha (fête du Mouton) : 28 novembre 2009 et 17 novembre 2010. Cette fête, qui a lieu 70 jours après la fin du ramadan, dure 3 ou 4 jours pendant lesquels tout est fermé.
- Nouvel An musulman (muharram) : 18 décembre 2009 et le 8 décembre 2010.
- Mouled en-Nabi : 26 février 2010. On célèbre le jour de la naissance du Prophète. À cette occasion, un grand défilé au Caire part de la mosquée du sultan Hassan et se termine devant la mosquée El-Azhar. Généralement, les enfants reçoivent des sucreries.
- Les fêtes coptes : 7 janvier (Noël, devenu un jour férié pour tous), 19 janvier (Épiphanie), 21 mars (Annonciation) et la pâque copte (fête mobile), qui est la célébration la plus importante de l'année pour la communauté copte. Les fêtes coptes tombent rarement en même temps que les fêtes catholiques romaines. Le Noël et la Pâque coptes sont, depuis 2003, des jours fériés officiels pour tout le pays.
- Les fêtes pharaoniques : Cham el-Nessim (signifie littéralement « respirer la brise ») est la fête du Printemps, systématiquement fériée. C'est le grand pique-nique national où plus de 50 millions d'Égyptiens occupent tous les espaces verts du pays. À cette occasion, on mange du fessikh, poisson cru conservé dans le sel (chaque année, des centaines de personnes meurent de botulisme ou sont victimes de graves intoxications alimentaires). Cette fête se déroule le lundi de la Pâque copte.
Les 17 et 18 juin : Leilat en-Nokta (la fête de la Goutte), qui célébrait autrefois l'arrivée de la crue du Nil.
À Louxor, 2 à 3 semaines avant le début du ramadan : Mouled Abou el-Haggag (ancienne fête d'Opet) ; une superbe procession part du temple de Louxor et arbore dans la ville une barque décorée qui rappelle celle du dieu Amon. À ne manquer sous aucun prétexte si vous êtes dans les environs.
Religion
Les Cinq Piliers de l'islam
Il s'agit d'obligations fondamentales : la profession de foi, la prière, l'aumône
légale, le pèlerinage à La Mecque et le jeûne du ramadan.
- La profession de foi (chahada) : on doit la réciter
chaque jour à l'heure de la prière et au moment de la mort pour se voir ouvrir
les portes de l'au-delà.
En résumé : « Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah, et Mahomet est son prophète ».
- La prière (salât) : elle a lieu cinq fois par
jour. L'heure de la prière est annoncée par le chant (azân) du muezzin ; cet appel est aujourd'hui
diffusé par haut-parleurs. Elle devient obligatoire dès la puberté.
- L'aumône légale (zakat) : impôt permanent permettant
de se purifier de la possession des biens de ce monde, réputés impurs. Elle
représente en principe 2,5 % du revenu, et elle est destinée à aider les plus
défavorisés.
- Le pèlerinage à la Mecque (hadj) : obligatoire
au moins une fois dans la vie, mais les dispenses sont nombreuses.
Le pèlerinage comprend un certain nombre de rites.
- Le jeûne du mois de ramadan : obligatoire à partir de l'âge
de la puberté, sauf pour les femmes enceintes, les malades et les voyageurs.
Attention, ceux-ci doivent le pratiquer à leur retour. L'abstinence s'étend
à tous les aliments liquides et solides, à la fumée du tabac et à tout acte
sexuel. On doit rester pur de l'aurore au coucher
du soleil.
Le ramadan en Égypte
Pour les voyageurs, c'est une période intéressante mais qui rend la logistique parfois difficile.
La journée du jeûneur
commence tôt, lorsque le mesaharati passe dans les rues pour annoncer
qu'il faut se dépêcher de manger avant que le soleil n'apparaisse. Puis le jeûneur
peut se recoucher pour se lever un peu plus tard que d'habitude.
Entre 14 h
et 16 h, il faut rentrer chez soi le plus vite possible.
Quelques minutes avant la rupture du jeûne, les retardataires foncent parfois dangereusement.
Puis retentit
le signal tant attendu, donné par les mosquées. Au Caire, un coup de
canon est tiré depuis la citadelle pour annoncer le début de l'iftar
(le petit déjeuner). Pour les plus démunis ou ceux qui ne peuvent
pas rentrer chez eux, de grandes tables sont dressées dans la rue. Car le ramadan
est avant tout une période de générosité et de partage, durant laquelle tous
les musulmans vivent l'espace de quelques heures ce que les pauvres endurent
toute l'année.
Pendant l'iftar, tout s'arrête : les rues sont désertes, avant que l’animation
ne reprenne de plus belle. Car, le soir, on sort, on s’attarde aux terrasses
des cafés, on se promène, on fait les magasins… Et l’animation
dure ainsi tard dans la nuit jusqu’au sohour, le dîner.
Les horaires des boutiques, administrations et musées changent à
cette période.
Les autres pratiques religieuses
- La circoncision : c'est une tradition en Orient ; la loi religieuse
ne l'impose pas absolument. C'est plutôt une mesure d'hygiène qui prend ici
un sens tout particulier car, comme le baptême catholique, cela marque l'entrée
du jeune garçon dans le monde des croyants. L'opération est effectuée en général entre 2 et 5 ans.
- Les purifications ou ablutions : le croyant ne peut accomplir
la prière sans s'être purifié, en se protégeant des souillures ou en les éliminant.
Avant de toucher ou de lire le Coran, les ablutions sont recommandées. Mais
le Livre Saint signale qu'en cas de pénurie d'eau (dans le désert par exemple)
on peut se purifier avec du sable.
- Les aliments prohibés : ce sont la chair de certains animaux
(porc, mulet, âne), des carnassiers (mammifères et oiseaux), certains
reptiles, ainsi que le sang de tous les animaux. La viande doit être absolument
exsangue pour être consommée.
- La fête de l'Aïd el-Adha (ou Grand Baïram) : c'est
la fête du Mouton, manifestation religieuse et sociale très importante.
Elle a lieu tous les ans et commémore le sacrifice d'Abraham. En souvenir, chaque
famille sacrifie son mouton ou achète du mouton en morceaux la veille. C'est
aussi prétexte à exprimer l'unité familiale et à réunir tout le monde. La veille
de l'Aïd el-Adha, le jour même et le lendemain, les institutions ne fonctionnent
évidemment pas. La fête a lieu deux mois et dix jours après la fin du ramadan.
Savoir-vivre et coutumes
- Les Égyptiens adorent se saluer et se perdre dans des salamalecs à n'en plus
finir. Les hommes s'embrassent entre
eux et ce, sans aucune équivoque. N'embrassez jamais une Égyptienne
en guise de bonjour. Cela peut être ressenti comme une atteinte personnelle
et une mise en cause de sa moralité.
- Quand des hommes se promènent dans la rue en se donnant la main ou le bras, c'est une manifestation d'amitié.
- Évitez toute marque d'affection en public, les amoureux égyptiens sont très
prudents à ce sujet car un baiser peut coûter cher si la police s'en mêle.
- Lorsque vous complimentez quelqu’un sur un nouveau vêtement, un
bijou, une voiture… on vous répondra immanquablement etfaddal(i),
ce qui signifie « je t’en prie, prends-le ». C’est une
pure politesse et surtout, n’acceptez jamais.
- Dans les administrations, les gares, le métro, les cinémas, vous verrez souvent deux files : d'un côté les hommes, de l'autre les femmes. Ne vous dressez pas contre cette pratique sexiste.
- Les Égyptiens sont très fiers de leur pays, alors évitez tout sujet de conversation qui vous amènerait à le critiquer. Autre sujet très sensible : la religion.
- Ayez une tenue décente. Évitez les shorts en ville, le torse-nu
sur les sites, les épaules dénudées, les minijupes, et les tenues locales. Les Égyptiens
trouvent cela ridicule.
- Les gamins jettent parfois de petits cailloux, pas pour blesser mais pour attirer votre attention : utilisez khalass (« ça suffit »).
- Lorsque vous offrez un cadeau à un ou une Égyptien(ne), ne soyez pas surpris s'il n'est pas ouvert devant vous. C'est une marque de politesse.
- Autant les Égyptiens se saluent pendant des heures, autant ils sont d'une impolitesse choquante au volant de leur voiture et feindront de ne point vous voir alors que vous venez de les laisser passer !
- Les jeunes filles peuvent paraître très aguicheuses avec leurs sourires, leurs clins d'œil... Pas d'équivoque, c'est un jeu de séduction qui ne dure que le temps d'un regard. D'ailleurs, lorsque vous les croisez, elles ne se retournent jamais. Les Égyptiens (surtout jeunes) sont très dragueurs.
Égypte ancienne : la vie au quotidien
Malgré toutes les découvertes, les égyptologues n'ont qu'une connaissance partielle de cette époque. Ce savoir s'est construit notamment grâce aux représentations dans les tombes.
De nombreux aspects de la vie pharaonique demeurent obscurs. Un grand nombre d'objets funéraires sont parvenus jusqu'à nous, mais relativement peu d'éléments tirés du quotidien. Les représentations sont par ailleurs idéalisées. Sont souvent représentées les scènes d'enterrement, puis le passage devant les dieux, et des rivières aux multiples bras et replis. On voit aussi souvent des couples au travail.
Seuls les riches avaient le loisir (et l'argent) de décorer leurs tombeaux. Par conséquent, les témoignages de la vie quotidienne des Égyptiens se révèlent avant tout à travers la vision des notables retranscrite par les artistes sur les murs des tombes.
Le travail des champs et les corvées
Pendant les trois saisons - inondation, hiver (semailles), été (récolte) -, la majorité de la population est occupée à des travaux agricoles. La société est très hiérarchisée. Le surplus de la récolte est conservé dans des greniers en prévision des jours de disette, ou exporté. L'esclavage est rare, mais les serfs nombreux.
Pendant la crue du Nil qui rend le travail aux champs impossible, les ouvriers sont occupés à des tâches collectives - construction de pyramides, de temples et, surtout, pour que le système se perpétue, aménagement de digues et de canaux. Le système implique des contremaîtres techniciens, des fonctionnaires supérieurs, organisateurs et « nobles », mais aussi des prêtres pour se libérer l'esprit.
La famille
C'est la valeur fondamentale. Les riches se marient, les pauvres vivent en concubinage.
Le mariage arrangé se pratique beaucoup, mais l'amour est à la mode. La bigamie officielle est très rare. Mais un foyer riche compte une femme, des servantes et un harem de danseuses acrobates et chanteuses à la disposition du mari. L'épouse s'entend bien avec toutes ces autres femmes, puisque c'est elle que le mari aime et emmène partout avec lui.
Cette société matrilinéaire, où l'on voue un culte démesuré à la mère, apporte peut-être aussi une petite compensation à l'épouse.
Les enfants sont adulés, puis vient l'âge de l'apprentissage au cours duquel le père enseigne sa spécialité à son fils.
Pourquoi les momies ?
Scandalisés à l'idée que leur monde puisse disparaître, les Égyptiens font tout leur possible pour le faire revivre dans l'au-delà. Selon eux, l'homme est constitué de plusieurs éléments : le corps, le ka (principe animateur de la vie), l'âme, l'ombre et le nom. Au moment de la mort, ces éléments dispersés doivent être réunis pour assurer une nouvelle vie. Le corps doit donc être conservé par-delà le temps, ce que permet la technique de momification. Ce processus long et complexe réservé aux nobles et notables ne sera abandonné qu'au début de l'ère chrétienne.