Carte d'identité Égypte

- Superficie : 1 001 449 km² (le territoire est composé à 97 % de désert !).
- Population : 95 millions d’habitants (estimation 2017).
- Densité : 91,16 hab./km².
- Capitale : Le Caire (plus de 20 millions d’habitants).
- Langue : l'arabe.
- Monnaie : livre égyptienne.
- Régime politique : présidentiel.
- Chef de l’État : Abdel Fattah al-Sissi (depuis mai 2014).
- Indice de développement humain (espérance de vie, éducation, niveau de vie) : 0,69. Rang mondial : 111 sur 188 pays.
- Revenu mensuel moyen : environ 1 200 LE (60 €).
- Sites classés au Patrimoine de l’Unesco : le Caire islamique, Memphis et la région des pyramides de Guizèh à Dahchour, la vallée des Baleines (Wadi al Hitan), Thèbes antique et sa nécropole, les monuments de Nubie d'Abou Simbel à Philae, et la zone de Sainte-Catherine.

Économie

Avec 14,1 millions de visiteurs en 2010, le tourisme représentait 15 % du PIB. Depuis, le secteur a chuté, entraînant des dizaines de milliers de licenciements économiques, et des répercussions sur tous les emplois induits (construction, matériaux, entretien des bateaux de croisière, agences prestataires...).
La reprise peine à s’amorcer car plusieurs attentats ont eu des conséquences dramatiques. Cependant, les 6 premiers mois de 2017 sont très encourageants. La clientèle russe qui avait boudé l’Égypte fin 2015 revient principalement à Hurghada et Sharm el-Sheik, une clientèle chinoise aussi bien en groupes qu’en individuels envahit la vallée du Nil et le gouvernement égyptien vient d’annoncer la suppression des visas pour les ressortissants marocains, algériens et tunisiens, espérant générer ainsi un flux touristique en provenance des pays du Maghreb.

Viennent ensuite les transferts des Égyptiens émigrés, les droits de passage du canal de Suez et les ressources énergétiques (la découverte de gisements de gaz en Méditerranée devrait mettre l’Égypte à l’abri jusqu’en 2080 - ce qui n’est pas le cas pour le pétrole, que le pays importe désormais, déséquilibrant de manière significative la balance commerciale).
Et enfin, la précieuse aide américaine (suspendue en 2013 et 2014 en raison du coup d’État contre Mohammed Morsi, reprise à partir de 2015), qui s’élève tout de même à 1,3 milliard de dollars par an (essentiellement de nature militaire).
D’ailleurs, Abdel Fattah al-Sissi s’est rapidement rendu à Washington après l’élection de Donald Trump.

Malgré un ralentissement très net entre 2011 et 2013, la croissance se redresse depuis la fin 2014. Elle a atteint 4,2 % en 2015. Pour 2017-2018, l’Égypte vise 5 % de croissance. L’inflation, en revanche, se maintient à un taux élevé (autour de 10 %).

L'agriculture

L'agriculture est un des piliers de l'économie égyptienne, puisque le tiers de la population vit de cette activité, qui ne représente toutefois que 14 % du PIB. On cultive principalement le coton, le blé, le maïs et le riz encore de façon traditionnelle. Il est aujourd'hui question d'introduire plus de mécanisation dans le cadre d'un développement durable.

Aujourd'hui, les spécialistes soulignent que l'Égypte a certes développé son agriculture mais n'a pas mis en place de politique alimentaire, prenant en compte son explosion démographique.
De plus, au niveau de l’irrigation, le gaspillage est colossal. Or, tous les pays du bassin du Nil font pression pour réduire la quote-part de l’Égypte, et l’Éthiopie construit son « barrage de la Renaissance ».

En 2008, le pays a souffert d’une pénurie de pain dans les boulangeries d’État, provoquant grèves et manifestations.
Le problème du pain est crucial et hautement symbolique.

L'armée

L'armée pèse aussi de tout son poids sur l'économie. Elle détient de nombreuses entreprises publiques (eau, industrie pétrolière, construction, hôtellerie). D'autre part, les multiples guerres qui ont secoué l'histoire récente et les investissements massifs dans l'appareil sécuritaire ont largement grevé les finances. Depuis les accords de Camp David en 1978 scellant la paix avec Israël, les États-Unis fournissent 1,3 milliard de dollars par an à l'Égypte.

Vers une modernisation de l'économie

Depuis la présidence d'Anouar el-Sadate (1970-1981), le pouvoir égyptien s'est engagé dans une libéralisation de l'économie, détricotant le modèle socialiste imposé par Nasser.

Le chantier de la modernisation de l’économie égyptienne passera impérativement par une stabilisation politique.

Une croissance à deux vitesses

Au bas de l'échelle sociale, on continue à utiliser le système des cartes d'approvisionnement dans les magasins d'État subventionnés. Quant aux soins médicaux, ils sont toujours réglés selon le revenu des malades.

Ces inégalités flagrantes ont favorisé le développement des organisations religieuses, comme les Frères musulmans.

Plus que jamais, le pays fonctionne à deux vitesses. Une caste de parvenus accapare les richesses nées des politiques de libéralisation, quand la majorité de la population voit sa situation économique stagner, voire se détériorer. Ainsi, par-delà les aspirations politiques, les revendications sociales ont été au cœur de la révolution de janvier-février 2011.

2011-2014 – révolution, incompétence d’État
et crise économique : les conséquences

Avant de voir le pays redémarrer sur de nouvelles bases, le peuple égyptien risque de traverser plusieurs années très rudes. La chute du tourisme - estimée entre 60 et 80 % en moyenne - en chiffre d’affaires (l’un des trois premiers revenus nationaux) touche 30 % de la population égyptienne.

La fuite des capitaux a été importante. L’émigration est en forte hausse. Depuis début 2013, la livre égyptienne a déjà perdu 25 % de sa valeur par rapport au billet vert, au marché noir. Les Égyptiens ne peuvent quasi plus obtenir de devises dans les banques, et les cours flambent sur le marché parallèle. Les réserves en devises de l’État fondent comme neige au soleil et les investissements étrangers se raréfient.

Au lendemain de la destitution de Mohammed Morsi, les puissances du Golfe ont mis la main à la poche (notamment pour affirmer leur présence aux côtés de l’armée égyptienne.

Début 2014, le gouvernement a revalorisé le salaire minimum du secteur public de 700 à 1 200 LE (de 35 à 60 €).

2014-2015 : l’ère des grands projets

L’élection du président Al-Sissi fait entrer l’Égypte dans une nouvelle ère économique. Les investissements redémarrent et 2014 est une année de reprise pour l’activité boursière. À partir de mai, l’État commence une dévaluation encadrée de la livre égyptienne pour laisser glisser doucement la monnaie face au dollar. Il s’attaque à un certain nombre de grandes réformes économiques : augmentation des prix de l’énergie, révision des impôts et taxes, modification du système des aides alimentaires...

Pendant l’été 2014, le projet du second canal de Suez est lancé avec une souscription populaire à laquelle les Égyptiens répondent immédiatement positivement. Ce chantier devrait générer 1 million d’emplois.

De grands travaux sont lancés dans tout le pays : ponts, routes... Le président Al-Sissi multiplie les voyages officiels pour redonner confiance aux États et investisseurs étrangers. Le tourisme connaît un léger mieux en 2014.

Février 2015 marque un tournant dans les relations bilatérales France-Égypte, car le pays des pharaons acquiert 24 avions Rafale. Ce contrat hautement symbolique confirme la position de la France comme partenaire stratégique.
En mars 2015, l’État égyptien organise une conférence économique sans précédent à Sharm el-Sheikh :

Si le gouvernement semble être sur tous les fronts pour redresser l’économie, la route reste longue et la remontée s’avère pénible. La stabilité pérenne du pays sera la condition sine qua non pour favoriser une reprise économique.

2016, une dévaluation inévitable

À l’époque de Moubarak, alors que l’Égypte connaissait un taux de croissance fort, le FMI estimait déjà que la livre égyptienne était surévaluée. Après une révolution et plusieurs crises politiques, le cours de la monnaie américaine s’est envolé sur le marché noir. Parallèlement, aucune devise n’est délivrée par les banques depuis 2015. La tension est montée d’un cran lorsque l’État a fait fermer plus de la moitié des bureaux de change.

Finalement, la bulle a explosé et l’État a dévalué sa monnaie de 48 % fin 2016. Conséquence immédiate : l’inflation a fait flamber tous les prix sans provoquer l’augmentation des salaires. En 2017, on ne trouve toujours pas de devises dans les banques, l’euro est quasi à 20 LE (contre 10 LE il y a 2 ans), l’État renforce ses réglementations d’importation pour dissuader les petits importateurs ; la classe moyenne s’appauvrit de jour en jour.

Droits de l'homme

« Un type fantastique » : c’est par ces mots que le nouveau président américain Donald Trump a qualifié le président égyptien Al-Sissi, lors de sa visite à Washington en avril 2017. Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, à la suite d’un coup d’État, le maréchal Al-Sissi, devenu président en 2014, n’a pourtant rien fait pour mériter ce qualificatif. Arrestations en masse, banalisation de la peine de mort, étouffement de toutes les libertés, à commencer par celle de la presse.

L’Agence de sécurité nationale (ASN), pilier répressif du pouvoir, est à l’origine de centaines d’arrestations arbitraires et de nombreuses disparitions. Particulièrement visés, les radicaux islamiques ou désignés comme tels, dont les Frères musulmans. Plusieurs milliers d’entre eux sont toujours derrière les barreaux, et plusieurs centaines ont été condamnés à mort.
Torture, exécutions extrajudiciaires, procès collectifs : le régime impose sa propre terreur sur la société civile.Journalistes, blogueurs, défenseurs des Droits de l’homme, humoristes : la répression touche tous ceux qui émettent un avis critique. Les homosexuels font aussi partie des catégories « dangereuses ».

Le régime prend naturellement prétexte de la lutte contre le terrorisme pour se justifier. Mais la répression et la consolidation du pouvoir d’Al-Sissi n’ont en rien amélioré la situation sécuritaire. Dans le Sinaï, l’organisation État islamique semble s’être solidement ancrée et des centaines de policiers et militaires ont été tués dans des attaques et attentats-suicides.
Enfin, les tensions interreligieuses ont repris de plus belle, et les coptes égyptiens sont de nouveau la cible directe des intégristes islamistes.

Enfin, les femmes sont toujours très discriminées en Égypte, où la pratique des mutilations génitales féminines est répandue. Le gouvernement y a répondu à sa manière, en durcissant les peines de prison, passées de 2 ans à 15 ans de détention maximum, pour les personnes pratiquant l’excision, mais aussi pour les personnes « accompagnant » les jeunes filles.

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