Drapeau Égypte

Carte d'identité Égypte

- Superficie : 1 001 449 km² (le territoire est composé à 97 % de désert !).
- Population : 85 millions d’habitants (estimation 2014).
- Densité : 74,10 hab./km².
- Capitale : Le Caire (presque 20 millions d’habitants en 2012).
- Langue : l'arabe.
- Monnaie : livre égyptienne.
- Régime politique : présidentiel.
- Chef de l’État : Abdel Fattah al-Sissi depuis mai 2014.
- Indice de développement humain (espérance de vie, éducation, niveau de vie) : 0,662. Rang mondial : 112 sur 187 pays.
- Revenu mensuel moyen : environ 1 200 LE (120 €).
- Sites classés au Patrimoine de l’Unesco : le Caire islamique, Memphis et la région des pyramides de Guizèh à Dahchour, la vallée des Baleines (Wadi al Hitan), Thèbes antique et sa nécropole, les monuments de Nubie d'Abou Simbel à Philae, et la zone de Sainte-Catherine.

Économie

Les premiers revenus du pays sont fournis par le tourisme. Avec 14,1 millions de visiteurs en 2010, il représentait 15 % du PIB. Depuis, le tourisme a chuté, entraînant des dizaines de milliers de licenciements économiques dans ce secteur, et aussi des répercussions sur tous les emplois induits (construction, matériaux, entretien des bateaux de croisière, agences prestataires...).
En 2012, le ministère égyptien du Tourisme a sorti des statistiques qui se voulaient rassurantes (11,2 millions d’entrées), mais faussées par l’arrivée en masse des réfugiés Libyens, Syriens et Palestiniens, considérés comme des touristes !
Viennent ensuite les transferts des Égyptiens émigrés, les ressources énergétiques et les droits de passage du canal de Suez, sans oublier la précieuse aide américaine (essentiellement de nature militaire).
Mais la crise économique mondiale et le retour des 13 000 Égyptiens qui vivaient en Libye a changé la donne. De plus, dans un contexte de dévaluation de la livre, les Égyptiens préfèrent garder leur argent à l’étranger par sécurité.

L'Égypte assure globalement son autosuffisance énergétique. La découverte de gisements de gaz en Méditerranée devrait la mettre à l'abri jusqu'en 2080 (2025 pour le pétrole).
Ces ressources, primordiales, représentaient près de 20 % du PIB et permettaient de maintenir un taux de croissance parmi les plus élevés d'Afrique. Mais cette tendance dynamique s’est nettement ralentie depuis 2011, la croissance a atteint 2,2 % en 2013 (le FMI prévoit 2,7 % pour 2014). L’inflation s’envole (autour de 10 % en 2013) et la dévaluation de la monnaie locale devrait accentuer ce mouvement. En 2013, le déficit budgétaire du pays culminait à 13,7 % du PIB.

La place de l'agriculture...

L'agriculture est un des piliers de l'économie égyptienne, puisque le tiers de la population vit de cette activité, qui ne représente toutefois que 14 % du PIB. On cultive principalement le coton, le blé, le maïs et le riz encore de façon traditionnelle. Il est aujourd'hui question d'introduire plus de mécanisation dans le cadre d'un développement durable.

Aujourd'hui, les spécialistes soulignent que l'Égypte a certes développé son agriculture mais n'a pas mis en place de politique alimentaire, prenant en compte son explosion démographique.
De plus, au niveau de l’irrigation, le gaspillage est colossal. Or, tous les pays du bassin du Nil font pression pour réduire la quote-part de l’Égypte, et l’Éthiopie construit son « barrage de la Renaissance ».

En 2008, le pays a souffert d’une pénurie de pain dans les boulangeries d’État, provoquant grèves et manifestations.
Le problème du pain est crucial et hautement symbolique.

... et celle de l'armée

L'armée pèse aussi de tout son poids sur l'économie. Elle détient de nombreuses entreprises publiques (eau, industrie pétrolière, construction, hôtellerie). D'autre part, les multiples guerres qui ont secoué l'histoire récente et les investissements massifs dans l'appareil sécuritaire ont largement grevé les finances. Depuis les accords de Camp David en 1978 scellant la paix avec Israël, les USA fournissent 1,55 milliard de dollars par an à l'Égypte.

Vers une modernisation de l'économie

Depuis la présidence d'Anouar el-Sadate (1970-1981), le pouvoir égyptien s'est engagé dans une libéralisation de l'économie, détricotant le modèle socialiste imposé par Nasser.

Le chantier de la modernisation de l’économie égyptienne passera impérativement par une stabilisation politique.

Une croissance à deux vitesses

Au bas de l'échelle sociale, on continue à utiliser le système des cartes d'approvisionnement dans les magasins d'État subventionnés. Quant aux soins médicaux, ils sont toujours réglés selon le revenu des malades.

Ces inégalités flagrantes favorisent le développement des organisations religieuses, comme les Frères musulmans.

Plus que jamais, le pays fonctionne à deux vitesses. Une caste de parvenus accapare les richesses nées des politiques de libéralisation, quand la majorité de la population voit sa situation économique stagner, voire se détériorer. Ainsi, par-delà les aspirations politiques, les revendications sociales ont été au cœur de la révolution de janvier-février 2011.

2011-2014 – révolution, incompétence d’État
et crise économique : les conséquences

Avant de voir le pays redémarrer sur de nouvelles bases, le peuple égyptien risque de traverser plusieurs années très rudes. La chute du tourisme - estimée entre 60 et 80 % en moyenne - en chiffre d’affaires (l’un des trois premiers revenus nationaux) touche 30 % de la population égyptienne.

La fuite des capitaux a été importante. L’émigration est en forte hausse. Depuis le début 2013, la livre égyptienne a déjà perdu 25 % de sa valeur par rapport au billet vert, au marché noir. Les Égyptiens ne peuvent quasi plus obtenir de devises dans les banques, et les cours flambent sur le marché parallèle. Les réserves en devises de l’État fondent comme neige au soleil et les investissements étrangers se raréfient.

Au lendemain de la destitution de Mohamed Morsi, les puissances du Golfe ont mis la main à la poche (notamment pour affirmer leur présence aux côtés de l’armée égyptienne.

Début 2014, le gouvernement a revalorisé le salaire minimum du secteur public de 700 à 1 200 LE (de 70 à 120 €) et s’est fixé des objectifs réalistes pour favoriser un début de reprise en 2014-2015, à condition que la situation politique soit stable, ce qui n’est pas acquis pour l’instant.

Droits de l'homme

Après la chute du gouvernement Moubarak, puis celle du gouvernement islamiste dirigé par le Frère musulman Mohamed Morsi le 3 juillet 2013, la Constitution a été suspendue et Adly Mansour nommé président par intérim.
Mais de l’avis de tous, c’est surtout l’armée qui est revenue au pouvoir. L’armée, qui n’a d’ailleurs pas hésité, pour « rétablir l’ordre », à faire tirer sur des manifestations organisées par les Frères musulmans. Avec des bilans parfois très lourds.
Plusieurs centaines de Frères musulmans, dont l’organisation a été de nouveau interdite, ont par ailleurs été condamnés à mort dans des « procès de masse sans précédent dans l’Histoire récente », selon l’ONU.
Et s’il fallait une preuve supplémentaire de l’intransigeance du pouvoir en place, le groupe du 6-Avril, un des principaux groupes ayant mené à la chute de Moubarak - et majoritairement constitué de citoyens laïcs -, a été également interdit.

D’autres exactions ont été commises par des manifestants de part et d’autre, à commencer par de nombreuses agressions sexuelles à l’encontre de femmes.
Les événements récents ont considérablement attisé les clivages qui déchirent la société égyptienne. Des conflits très durs entre musulmans et chrétiens coptes (10 % de la population) ont eu lieu. Les villes du canal de Suez (Port-Saïd, Suez, Ismaïlia, etc.) sont également toujours instables. Dans le Sinaï, des affrontements extrêmement violents entre djihadistes et forces de l’ordre ont également fait de nombreux morts, même si, selon l’armée, la zone serait aujourd’hui « sécurisée ».
Rappelons enfin que durant toute la période post-Moubarak, les cours militaires ont fonctionné à plein régime, emprisonnant tous ceux qui contestaient de près ou de loin le régime (blogueurs, journalistes, etc.).
Hyper-favori des sondages, le maréchal al-Sissi a été élu logiquement président à l’issue des élections de mai 2014, qui ont marqué théoriquement le retour à l’ordre constitutionnel.
Mais personne n’est dupe, et, aujourd’hui plus que jamais, c’est l’armée qui est aux commandes en Égypte.




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