Carte d'identité Égypte

- Superficie : 1 001 449 km² (le territoire est composé à 97 % de désert !).
- Population : 89 millions d’habitants (estimation 2015).
- Densité : 74,10 hab./km².
- Capitale : Le Caire (20 millions d’habitants).
- Langue : l'arabe.
- Monnaie : livre égyptienne.
- Régime politique : présidentiel.
- Chef de l’État : Abdel Fattah al-Sissi (depuis mai 2014).
- Indice de développement humain (espérance de vie, éducation, niveau de vie) : 0,662. Rang mondial : 112 sur 187 pays.
- Revenu mensuel moyen : environ 1 200 LE (141 €).
- Sites classés au Patrimoine de l’Unesco : le Caire islamique, Memphis et la région des pyramides de Guizèh à Dahchour, la vallée des Baleines (Wadi al Hitan), Thèbes antique et sa nécropole, les monuments de Nubie d'Abou Simbel à Philae, et la zone de Sainte-Catherine.

Économie

Avec 14,1 millions de visiteurs en 2010, le tourisme représentait 15 % du PIB. Depuis, le secteur a chuté, entraînant des dizaines de milliers de licenciements économiques dans ce secteur, et des répercussions sur tous les emplois induits (construction, matériaux, entretien des bateaux de croisière, agences prestataires...).
Viennent ensuite les transferts des Égyptiens émigrés, les droits de passage du canal de Suez et les ressources énergétiques (la découverte de gisements de gaz en Méditerranée devrait mettre l’Égypte à l’abri jusqu’en 2080 - ce qui n’est pas le cas pour le pétrole, que le pays importe désormais, déséquilibrant de manière significative la balance commerciale).
Et enfin, la précieuse aide américaine (suspendue en 2013 et 2014 en raison du coup d’État contre Mohammed Morsi, reprise à partir de 2015), qui s’élève tout de même à 1,3 milliard de dollars par an (essentiellement de nature militaire).

Malgré un ralentissement très net entre 2011 et 2013, la croissance se redresse depuis la fin 2014 et pourrait même atteindre 3,2 % en 2015, tandis que la Bourse affichait en septembre 2014 un niveau record. L’inflation, en revanche, se maintient à un taux élevé (autour de 10 % en 2014).

L'agriculture

L'agriculture est un des piliers de l'économie égyptienne, puisque le tiers de la population vit de cette activité, qui ne représente toutefois que 14 % du PIB. On cultive principalement le coton, le blé, le maïs et le riz encore de façon traditionnelle. Il est aujourd'hui question d'introduire plus de mécanisation dans le cadre d'un développement durable.

Aujourd'hui, les spécialistes soulignent que l'Égypte a certes développé son agriculture mais n'a pas mis en place de politique alimentaire, prenant en compte son explosion démographique.
De plus, au niveau de l’irrigation, le gaspillage est colossal. Or, tous les pays du bassin du Nil font pression pour réduire la quote-part de l’Égypte, et l’Éthiopie construit son « barrage de la Renaissance ».

En 2008, le pays a souffert d’une pénurie de pain dans les boulangeries d’État, provoquant grèves et manifestations.
Le problème du pain est crucial et hautement symbolique.

L'armée

L'armée pèse aussi de tout son poids sur l'économie. Elle détient de nombreuses entreprises publiques (eau, industrie pétrolière, construction, hôtellerie). D'autre part, les multiples guerres qui ont secoué l'histoire récente et les investissements massifs dans l'appareil sécuritaire ont largement grevé les finances. Depuis les accords de Camp David en 1978 scellant la paix avec Israël, les USA fournissent 1,3 milliard de dollars par an à l'Égypte.

Vers une modernisation de l'économie

Depuis la présidence d'Anouar el-Sadate (1970-1981), le pouvoir égyptien s'est engagé dans une libéralisation de l'économie, détricotant le modèle socialiste imposé par Nasser.

Le chantier de la modernisation de l’économie égyptienne passera impérativement par une stabilisation politique.

Une croissance à deux vitesses

Au bas de l'échelle sociale, on continue à utiliser le système des cartes d'approvisionnement dans les magasins d'État subventionnés. Quant aux soins médicaux, ils sont toujours réglés selon le revenu des malades.

Ces inégalités flagrantes ont favorisé le développement des organisations religieuses, comme les Frères musulmans.

Plus que jamais, le pays fonctionne à deux vitesses. Une caste de parvenus accapare les richesses nées des politiques de libéralisation, quand la majorité de la population voit sa situation économique stagner, voire se détériorer. Ainsi, par-delà les aspirations politiques, les revendications sociales ont été au cœur de la révolution de janvier-février 2011.

2011-2014 – révolution, incompétence d’État
et crise économique : les conséquences

Avant de voir le pays redémarrer sur de nouvelles bases, le peuple égyptien risque de traverser plusieurs années très rudes. La chute du tourisme - estimée entre 60 et 80 % en moyenne - en chiffre d’affaires (l’un des trois premiers revenus nationaux) touche 30 % de la population égyptienne.

La fuite des capitaux a été importante. L’émigration est en forte hausse. Depuis début 2013, la livre égyptienne a déjà perdu 25 % de sa valeur par rapport au billet vert, au marché noir. Les Égyptiens ne peuvent quasi plus obtenir de devises dans les banques, et les cours flambent sur le marché parallèle. Les réserves en devises de l’État fondent comme neige au soleil et les investissements étrangers se raréfient.

Au lendemain de la destitution de Mohammed Morsi, les puissances du Golfe ont mis la main à la poche (notamment pour affirmer leur présence aux côtés de l’armée égyptienne.

Début 2014, le gouvernement a revalorisé le salaire minimum du secteur public de 700 à 1 200 LE (de 82 à 141 €).

2014-2015 : l’ère des grands projets

L’élection du président Al-Sissi fait entrer l’Égypte dans une nouvelle ère économique. Les investissements redémarrent et 2014 est une année de reprise pour l’activité boursière. À partir de mai, l’État commence une dévaluation encadrée de la livre égyptienne pour laisser glisser doucement la monnaie face au dollar. Il s’attaque à un certain nombre de grandes réformes économiques : augmentation des prix de l’énergie, révision des impôts et taxes, modification du système des aides alimentaires...

Pendant l’été 2014, le projet du second canal de Suez est lancé avec une souscription populaire à laquelle les Égyptiens répondent immédiatement positivement. Ce chantier devrait générer un million d’emplois.

De grands travaux sont lancés dans tout le pays : ponts, routes... Le président Al-Sissi multiplie les voyages officiels pour redonner confiance aux États et investisseurs étrangers. Le tourisme connaît un léger mieux en 2014.

Février 2015 marque un tournant dans les relations bilatérales France-Égypte, car le pays des pharaons acquiert 24 avions Rafale. Ce contrat hautement symbolique confirme la position de la France comme partenaire stratégique.
En mars 2015, l’État égyptien organise une conférence économique sans précédent à Sharm el-Sheikh :

Si le gouvernement semble être sur tous les fronts pour redresser l’économie, la route reste longue et la remontée s’avère pénible. La stabilité pérenne du pays sera la condition sine qua non pour favoriser une reprise économique.

Droits de l'homme

Avec l’arrivée du maréchal Al-Sissi, l’Égypte semble revenue à son point de départ : l’armée contrôle de nouveau la situation. Pire, la situation sécuritaire s’est encore aggravée, et la répression qui a suivi le coup d’État, provoquant la destitution de Mohammed Morsi, a fait plus de 1 400 morts.
Théoriquement, le retour à l’ordre constitutionnel est garanti, mais avec une opposition harcelée et/ou interdite d’existence légale, plus personne ou presque ne vient contester ouvertement Al-Sissi. Devenu président en juin 2014, celui-ci a encore intensifié la répression à l’encontre, entre autres, des Frères musulmans, désormais interdits d’activité.

Les islamistes ne sont pas les seuls concernés par cette chasse aux sorcières, et des dizaines d’opposants libéraux qui ont contribué à la chute de Moubarak ont également été arrêtés et jugés, la plupart du temps par des cours militaires, dont le champ de compétence a été élargi. À l’instar d’Alaa Abdel Fattah, condamné à une peine de 5 ans de prison. Journalistes, blogueurs, défenseurs des Droits de l’homme, humoristes : la répression touche tous ceux qui émettent un avis critique à l’encontre du pouvoir. Les homosexuels font aussi partie des catégories « dangereuses ».

Les seuls à bénéficier d’une relative clémence sont les anciens partisans du raïs (Hosni Moubarak), dont de nombreuses condamnations ont été revues à la baisse, voire annulées. Hormis quelques procès pour la forme, l’impunité des forces de l’ordre est quasi générale, tout comme pour les auteurs d’agressions sexuelles durant les manifestations.

Le régime prend naturellement prétexte de la lutte contre le terrorisme pour justifier la poursuite de cette répression. De nombreux attentats ont effectivement eu lieu ces derniers mois, et dans le Sinaï, en dépit des propos rassurants de l’armée, les affrontements entre djihadistes et forces armées font toujours régulièrement des morts.
Enfin, si le retour à un système autoritaire a permis une pause dans les agressions à l’encontre des coptes (de 6 à 10 % de la population), ces derniers sont toujours visés par les islamistes. En 2011, les manifestants demandaient « du pain, la liberté et la justice sociale ». Grâce à une réforme des subventions sur le pain, la première des revendications est globalement satisfaite aujourd’hui. Pour les deux autres... les Égyptiens attendront.

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