Bonjour à tous,
Je viens de passer trois semaines en Egypte dont une à guider un peu un ami dans sa découverte. Afin de lui assurer une découverte de bonne qualité, j’ai fait appel aux guides mentionnés par Béatrice dans son CR. Je n’ai pas eu une aussi bonne expérience qu’elle avec ces guides.
Depuis Paris, j’ai contacté le même jour, environ 12 jours avant notre départ, les trois guides indiqués dans le CR de Béatrice. Voici donc mon CR . Je précise que Béatrice indiquait les tarifs à la journée de ces guides, soit 50 euros et que dans mes emails de prise de contact, j’ai, à chaque fois, dit que j’avais cru comprendre que le tarif était de 50 euros la journée et était-ce bien le cas ? Ces guides ont été contacté pour visiter le Caire copte, églises, synagogue, musée d’art copte.
1er guide : Ramez Nicola. Il me répond assez vite mais m’indique dans le même email que le tarif est de 65 euros avec voiture et chauffeur. Outre le fait que préfère circuler en taxi, je sais très bien, pour avoir vécu au Caire et y séjourner chaque année, que la course en taxi jusqu’au quartier copte me coutera 3 euros. Je réponds donc à Ramez Nicola que je n’aurai pas besoin de voiture et chauffeur et que si son tarif de guide est bien de 50 euros, je serai ravie de faire appel à ses services. Plus jamais eu la moindre nouvelle.
2ème guide : Le Prince Nader. Message envoyé le même jour, en me présentant, expliquant qu’il avait guidé Béatrice, indiquant ce que je voulais faire, etc… Jamais eu la moindre réponse.
3ème guide : Ayman Sedrak. Il se trouve que 48 heures après l’envoi de ces messages de prise de contact, il y a eu l’horrible attentat d’Alexandrie dans une église copte. J’étais déjà en contact avec Ayman qui avait répondu en premier lieu très rapidement et agréablement. Naturellement, après l’attentat, je lui ai envoyé mes condoléances, lui ai fait part de notre horreur à tous, etc… Une petite correspondance a donc suivi.
Finalement nous rencontrons Ayman (qui, je le précise, est copte - ce pour quoi je l’avais choisi, le CR de Béatrice faisant part de son satisfaction d’avoir eu affaire à des guides réellement pénétrés de leur foi et de leur appartenance en quelque sorte…) qui vient nous prendre à notre hôtel. Nous partons donc tous les trois en taxi (que nous réglons bien sûr) à Coptic Cairo.
Bien que j’ai fait parvenir à Ayman, à sa demande, une liste précise des monuments que je voulais faire visiter à mon ami, il nous a finalement fait visiter ce qui l’arrangeait, à savoir ce qui ne nécessitait pas trop d’effort, tout se trouvant dans un rayon de trois cent mètres à pied. Nous avons donc visité l’église suspendue et l’église de Marie (que personnellement je connaissais déjà), avons rapidement pénétré dans le cimetière copte (ravissant), passé vite fait à la synagogue et pour finir le musée copte, où il nous a laissé dès l’entrée au prétexte - fallacieux ce jour-là puisque nous étions quasiment seuls dans le musée - que les guides n’entraient pas dans le musée pour ne pas parler les uns sur les autres. Mon ami a ensuite, avec le recul, fortement regretté de ne pas avoir été accompagné car nous n’avons pu que défiler devant des vitrines comportant une iconographie sommaire…
En sortant, je lui demande où on peut manger, il est alors 14 heures et nous avons démarré vers 10h30, il m’indique un restaurant “très bon”… dans lequel il se fera manifestement un plaisir d’être invité.
50 euros la journée est un tarif exhorbitant pour l’Egypte. Quand j’ai raconté à un ami à moi, guide lui-même, mais pas francophone, oui j’ai oublié de dire que Ayman est francophone et parle parfaitement le français, que je payais son collègue 50 euros, il a failli s’étranger. 50 euros c’est environ le salaire mensuel d’un instiuteur. 40% des Egyptiens vivent avec 1 euros par jour.
Ayman nous aurait sans doute fait visiter d’autres choses dans la même journée si nous le lui avions demandé mais bof, on n’a pas eu envie.
Après ça, mon ami est reparti en France le 20 janvier eet moi je suis restée. Le 25 janvier a été le jour de la grande manifestation de Tahrir. Une chose unique et extraordinaire que cette révolution égyptienne. Quoiqu’il en soit et pour en revenir au sujet, lorsque je suis au Caire, je séjourne toujours au centre -ville, précisément entre Tahrir et Talaat Harb, chacune des places étant distantes d’environ 400 mètres, même pas. Le 2 et 3 février, notamment, jour où les nervis de Moubarak sont venus semer la terreur, blessés et morts dans la rue, c’est devenu épique, et notamment pour moi. C’était le moment où les étrangers commençaient à être pointés du doigt, propagande de la télé et presse, un classique mais cru par beaucoup, bref, tout ça est complexe et compliqué. Il m’est arrivé quelques bricoles, assisté à des trucs effrayants et tout ça. Mais mon ami, de Paris, s’inquiétait. N’oublions pas que les communications téléphoniques ont été coupées pendant plus de 24 heures et que n’avons plus eu d’Internet pendant plusieurs jours. Après les nouvelels des violences se sont répandues en Europe… Mon ami a signalé ma présence au quai d’Orsay… Toujours est -il que de Paris, il a appelé Ayman - il avait noté son téléphone - pour lui dire que j’avais sans doute des ennuis, pouvait-il m’appeler, ou m’envoyer un mail dès qu’Internet serait rétabli. Il a appelé Ayman plusieurs fois.
Cet homme ne m’a jamais passé le moindre coup de fil ni envoyé le moindre sms. Pas plus qu’il n’a envoyé le moindre email, ne serait-ce que pour savoir si ça allait et si tout allait bien. Les Egyptiens sont des gens extrêmement gentils et qui aident énormément les autres. Lorsque je suis très difficilement rentrée au Caire après quelques jours en dehors, parce qu’il y a vait des barrages partout, que plus de bus ni taxis ne circulaient, que les chauffeurs éventuellement privés étaient terrorrisés, je me suis retrouvée à Tahrir en pleine manifesttation, un gros truc encore, des manifestants m’ont prise en charge, m’ont fait traverser la place avec mon sac à roulettes, ils m’ont laissé leur n° de tél en me disant d’appeler s’il y avait le moindre problème. Deux heures le gars qui 'mavait laissé son n° m’a même appelée pour savoir si j’étais bien rentrée, en sécurité, etc…
Ayman, en cette période extrêmement difficile (rappelons tout de même que cette révolution s’est faite et bien faite mais qu’il y a quand même eu plus de 300 morts), où la solidarité était de mise partout, ne n’est jamais manifesté d’aucune façon que ce soit et malgré les appels, sans doute pathétiques, depuis la France de mon camarade de voyage.
Nous ne l’avons pas non plus trouvé particulièrement intéressant en tant que guide et ceci n’a rien à voir avec cela.
Par ailleurs, et pour en revenir au CR de Béatrice, CR que j’ai beaucoup apprécié comme tout un chacun ici, sans parler de la forme de générosité qu’il y a à l’avoir envoyé à tous ceux qui en ont fait la demande, je crois que son “circuit” à elle est très très dense… Une obligation sans doute quand on a peu de temps, du tourisme certainement mais pas certain, cependant, que cela permette de réellement faire connaissance avec cette ville fascinante qu’est Le Caire.
Cordialement à tous, et bon séjour en Egypte. Allez-y, tout reprends son cours normal maintenant, il n’y a plus aucun danger et les Egyptiens ont plus que jamais besoin de nous.