Désolé pour l’absence de photos nous en avons pris peu ou plutôt personnelles, ainsi que quelques vidéos.
Je me lève tôt, j’apprécie le cadre au lever du soleil, mais je reste perplexe devant le trafic incessant de minibus à 6 h du matin, avant de comprendre, bien plus tard, que ce sont les personnes qui vont faire de la montgolfière au petit matin. Ce sera d’ailleurs un spectacle assez esthétique à observer une fois qu’ils auront décollé.
Ehab vient nous chercher et nous amène à la Vallée des Rois pour 8 h 30 et… choc : c’est le boxon, il n’y a pas d’autre mot. Une quantité extraordinaire de bus, un bâtiment d’accueil immense avec une cohue pas possible, limite foire d’empoigne au guichet. On observe ça avec une certaine distance, mais je ne peux m’empêcher d’avoir la nostalgie de mes diverses venues dans les années 90 et notamment à Noël 97, trois semaines après un attentat au bilan humain terrible au temple d’Hatchepsout, où la vallée n’était investie que par quelques petits groupes de voyageurs comme nous. C’est-à-dire qu’en une demi-journée nous n’avions croisé qu’une petite centaine de visiteurs au maximum et avions passé une heure dans la tombe de Thoutmôsis III, en n’ayant été dérangés qu’une seule fois par un couple. À l’époque, il me semble qu’il n’y avait qu’une petite guitoune à l’entrée pour acheter ses tickets. Bref, il me faut admettre que j’ai vieilli
De mémoire, nous avons visité trois tombes : Ramsès III, Ramsès IV et Mérenptah.
Sur ce forum, ces tombes sont bien mieux décrites que je ne le ferais, mais pour résumer :
les dimensions sont gigantesques, avec 100 à 200 mètres de profondeur. Les scènes au mur et au plafond sont assez claires à saisir (pas sûr qu’on y serait parvenu sans nos guides papier cependant). En gros, le pharaon, c’est le meilleur, il fait tout pour plaire aux dieux et il constitue de super stocks pour vivre sans peine dans sa demeure d’éternité.
Au retour de la Vallée des Rois, on s’arrête dans le petit musée-maison d’Howard Carter.
L’ambiance est bien restituée, nous avons beaucoup aimé cette visite : on se croit revenu un siècle en arrière grâce au mobilier, à la scénographie et aux objets exposés, notamment le labo photo et le bureau. À nouveau, je ne trouve pas vraiment les mots, mais c’était une visite agréable et sympathique.
Il y a également, dans le jardin, une reconstitution du tombeau de Toutankhamon ; cela permet de mesurer son petit volume par rapport aux tombes des pharaons ayant eu un long règne. À noter aussi, à proximité de ce lieu, des graffitis avec des slogans hostiles à Carter : visiblement, certaines cicatrices ne sont pas refermées…
L’après-midi, nous avons visité la Vallée des Nobles : autre ambiance mais thématique similaire à la Vallée des Rois. Les espaces sont plus confinés, mais l’esthétique des décors est variée, voire exceptionnelle, comme le très, très célèbre relief de la tombe de Ramose. Je ne m’étends pas sur le sujet, il y a ici des pros qui décrivent cela bien mieux que moi.
Puis nous sommes allés à Deir el-Medineh, en nous contentant de la visite des tombes par manque de temps. Nous en sommes ressortis avec une impression de visite et de découverte plus agréables que dans la Vallée des Rois. Pourquoi ? Déjà parce qu’il n’y a pas grand monde ; ensuite tout simplement parce que certaines tombes sont vraiment très bien conservées et leur iconographie est claire et directe. L’artisan avait la maîtrise technique du travail à réaliser mais peu d’espace pour l’exécuter, donc il est allé à l’essentiel pour représenter le Livre des Morts, le « jugement », le voyage dans l’au-delà. De plus, il n’avait pas à s’embarrasser de propagande, à la différence d’un puissant. Bref, une visite utile pour s’imprégner, sans bousculade, de l’esprit funéraire de l’Égypte antique.
Une fois les sites fermés, Ehab nous mène à un magasin de coton. C’était sur sa proposition la veille que nous nous étions mis d’accord sur le fait que cela nous intéressait et, effectivement, nous nous sommes fait plaisir : chacun a trouvé son bonheur. Ensuite, nous sommes allés à Dra Abu el-Naga, dans une boutique-factory d’albâtre. Nous avions prévenu Ehab qu’il risquait de ne pas toucher une commission importante avec nous, car nous ne sommes pas particulièrement fans d’albâtre, mais il avait insisté. Nous voici donc chez Abu Eich, qui, je suppose, est également connu sur ce forum.
Nous n’avons effectivement pas acheté grand-chose, et probablement trop cher, mais à force de fouiner, notamment dans ce qui nous a été présenté comme l’ancienne boutique de l’époque du grand-père, ma femme et moi avons fini par dénicher notre bonheur : en ce qui me concerne, une sorte de palette à fard en pierre noire dans laquelle est gravé un scarabée. J’aime bien l’esthétique de l’objet : on le croirait sorti d’une BD d’Hugo Pratt. Ma femme trouve, elle, une petite boîte cylindrique en pierre noire également, sur laquelle est gravée une tête de Néfertiti (musée de Berlin), assez belle.
On est restés jusqu’à pas d’heure chez ce Abu Eich dont je suis tombé complètement sous le charme : un personnage burlesque, digne d’un film à la De Funès, commerçant, plus ou moins polyglotte,jusqu’au bout des ongles, véritable moulin à paroles. J’ai là aussi du mal à décrire mon ressenti, mais repenser à lui me donne systématiquement le sourire, et c’est bien parce que autre chose était prévu que nous ne sommes pas restés manger, comme il nous l’avait proposé.
Le soir, je dors à l’hôtel (j’ai accumulé de la fatigue, je dors très mal depuis un mois et le voyage n’a rien arrangé) et Ehab amène ma femme et mes enfants à Louxor pour la suite de la soirée, visiter le souk et observer le temple illuminé.