Yallah ! l'Égypte dans deux jours

Forum Égypte

Yallah!,


nous sommes enfin prêts. Dans deux jours, nous embarquons avec nos (grands) enfants de 22 et 15 ans. Sur la suggestion de l’aîné, nous allons leur faire découvrir l’Égypte, un pays qui nous avait attirés à plusieurs reprises (voir ce lien Longuiaucaire | PPT , par exemple, le récit de la seule fois où je m’y suis rendu seul) avant de le délaisser pour diverses raisons. D’où le souhait de nos enfants de le découvrir en notre compagnie.

Ayant l’âge de nos artères désormais, il n’est à priori plus question de faire un périple « roots », bien que ce soit en partie ce qu’ils souhaitent. Mais nous n’avons pas l’intention de dormir sur les toits des hôtels n’ayant plus de chambres à proposer, comme nous en avions fait l’expérience (bon, c’était pas cher question budget par contre, ahah).

J’ai fait ma petite sélection de livres dans la bibliothèque, acheté la version la plus récente du guide Gallimard, mais je ne saurais me passer de mon guide bleu de 1986, qui contient une mine d’infos exhaustives sur tous les sujets et dont les versions plus récentes me déçoivent, plus expurgées et n’ayant pas ce style suranné teinté d’un léger relent de colonialisme « La faiblesse et la mauvaise répartition des ressources hôtelières ne permettent, à moins de s’accommoder de gîtes extrêmement modestes ou de se faire héberger par quelques notables etc. »

Wael nous attend à l’aéroport, Minna nous attend à Alexandrie. Hôtels et Airbnb sont réservés jusqu’à Louxor. Au-delà, il nous reste quand même une part d’imprévu pour encore 4 nuits (Assouan ? Fayoum ?), on se laissera, j’espère, guider par nos envies et notre état d’esprit du moment, ainsi que nos réflexes retrouvés de voyageurs en Égypte.

Vous pourrez me poser d’éventuelles questions à notre retour (nous n’avons pas l’intention d’être les yeux rivés sur nos smartphones et connectés à ce forum durant le voyage), après le 4 janvier. Et si j’en ai le courage, je publierai par la suite un petit quelque chose en ligne pour conserver et partager des souvenirs.

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Merci de votre message !
Beau projet , nous vous suivons en pensée …

Bonne fin d’ année !

Bon voyage et super séjour.
Profitez en bien :+1:

Bonjour,

4 jours …
Et si vous mettiez vos maillots de bain dans les valises?
La Mer Rouge fait partie des quelques endroits du monde où les coraux sont encore vivants et très colorés et où avec un masque et des palmes ( qu’on peut toujours louer dans un centre de plongée) on peut voir aussi en choisissant bien son endroit des tortues, des raies, éventuellement des dauphins et toute la richesse de la faune marine …

Bonnes vacances …

Bonjour à vous,
Profitez un max , je vous souhaite de passer un beau séjour.
J’ai un doute que votre guide bleu de 1986 puisse vous servir, car beaucoup de choses ont depuis le temps, mais on ne se sépare pas de quelque chose que l’on aime , je possède le guide Arthaud de 1991 et de temps à autre je le relit d’un bout à l’autre.
Aussi bonne fêtes de fin d’année à vous quatre .
Thoutmosis


Petit clin d’oeil depuis l’(immense) appartement que nous louons à Madame Shahira à Maadi. Hâte de voir (et vous dévoiler si vous êtes sages) la vue que nous découvrirons depuis la terrasse demain matin.Et merci aux gentils messages reçus, Joyeux Noël à toutes et tous.

Bonjour à vous,
Cela à l’air sympa :grinning: , profitez un max et bon Noël
Thoutmosis

Arrivée à Assouan, j’ai une question pour les pros du routard, comment remonter au Caire? J’hésite entre avion (selon le prix) , train de nuit (57 dollars/pers), bus (mais pas infos si ça existe). Microbus et chauffeur ? (Mais à priori cher en bakshish police sur le trajet Assouan Louxor voire interdiction car je veux partir le soir, rouler de nuit)?. Si vous avez conseils je suis preneur.

Le bus existe, allez à la gare des autobus pour vous renseigner.
En autocar, vous pouvez voyager de nuit sans problème.
Il s’arrête toutes les 3 heures environ dans des cafétérias et il y a 2 chauffeurs qui conduisent en alternance.

Merci je me suis rabattu sur le train.

Bonjour à Vous,
D’accord avec Aset, pour reserver vos billets au moins 24 à 48 avant le départ, c’est préférable, pour être certain d’avoir une place. Et effectivement le train est plus confortable, vous pouvez si en places assises, mettre vos sièges face à face du moins en première classe.
Thoutmosis

Bonjour,
non avec chauffeur vous ne pouvez rouler la nuit en tant qu’étrangers.
Seul, en principe aucun problème et jamais eu de problème avec bakchich aux contrôles, jamais eu besoin d’en donner .
Thoutmosis

C’est pas cool alors, car sur le trajet Louxor Assouan, les flics ont abusé avec mon chauffeur. Par contre rouler de nuit en moyenne Égypte avec chauffeur est possible sans problèmes et avec très peu de contrôles check-points. Nous sommes partis du Caire at 10pm avec 2 chauffeurs pour arriver à 6h le lendemain à Abydos, et entrer les premiers dans le site à 7heures. Très bonne expérience par ailleurs mais heureusement que les chauffeurs ont prêté leurs galabia à ma femme et ma fille ( pour les protéger du froid).

Bonjour à vous,
Comme je le dit toujours rien n’est uniformisé en Egypte, pour le moyenne Egypte, content de savoir que l’on peut rouler de nuit avec un chauffeur . Et donc vous avez traversé toute la région, c’est bon à savoir . Et oui pour le froid surtout à cette période, je me souvient les nuits glaciales en 2013, il y a fait moins 1° certaines nuits et nous avons quelques polairs pour les soirées , mais malgré cela et les braséros dans le jardin de l’hôtel, on a dû nous couvrir d’un plaid :rofl: :joy: c’est cocasse quand on raconte cela à des amis n’ayant jamais été en Egypte.
Thoutmosis

Le face à face a été possible en 2e classe :wink:.

Bonjour à vous,
Content que cela a été possible, étant donné que je n’étais pas certains pour la deuxième classe (jamais regardé, en plus nous sommes que deux) donc pas voulu donner une mauvaise info.
Passez un très bon séjour, en moyenne 25° la journée, c’est déjà mieux d’ici :joy: .
Bonne année 2025 :champagne:
Thoutmosis

Voilà, à l’aéroport, c’est fini…si vous avez des questions d’ordre pratique n’hésitez pas.Pour le budget il me faudra attendre une petite semaine pour faire mes comptes, pour le récit c’est plutôt en mois qu’il faudra compter, mais j’ai bien l’intention de le rédiger.,@ Thoutmosis merci pour les vœux.

Bonjour à vous,
Pas de problème c’est un plaisir, donc profitez un max.
Thoutmosis

bonjour, finalement quel a éteé votre programme svp ça pourrait nous intéresser
merci

Je suis désolé je n’avais pas vu ce message j’y aurais bien volontiers répondu.

Je viens de retrouver ce post, un an déjà, grosse nostalgie, j’espérais repartir en solo ce Noël mais pour diverses raisons ça ne s’est pas fait je n’ai pas dit mon dernier mot pour février cependant. J’aurais été incapable de vous faire un compte rendu synthétique à l’époque, trop à raconter, aujourd’hui ma mémoire s’est estompée c’est plus facile.

Le trajet méritait à lui seul un petit paragraphe. Nous sommes partis avec Royal Jordan ; j’avais pris les billets à l’avance pour payer moins cher. Résultat : après de multiples changements d’horaires, nous nous retrouvons avec une correspondance assez longue de six heures à l’aéroport d’Amman. Mais surprise : comme beaucoup de voyageurs ont râlé, on décide finalement d’emmener un certain nombre d’entre nous, en transit vers différentes destinations, dans un hôtel. Là, un superbe buffet nous attend, et nous pouvons tranquillement nous reposer après une bonne douche. C’était la première bonne surprise du voyage.

Nous atterrissons à l’aéroport du Caire et nous ne reconnaissons rien : cela fait presque vingt ans que nous ne sommes pas revenus. On reconnaît bien là la « patte » du maréchal Sissi et ces aménagements dont on entend tant parler : tout a été modernisé. Il est une heure du matin, mais l’aéroport est bondé ; plusieurs longs-courriers viennent d’arriver et le passage au contrôle des passeports s’avère un peu long.

Toujours parmi les nouveautés par rapport à nos précédents séjours, on se balade avec un smartphone désormais, je vais à un kiosque Vodafone pour acheter une carte SIM pendant que ma femme et mes enfants vont sur le parvis pour repérer notre éventuel chauffeur. Effectivement, ils me confirmeront plus tard qu’Ahmed Ismail nous attendait avec une grande pancarte sur laquelle était écrit « Monsieur Guillome ». Je regrette vraiment d’avoir raté ça. Sur le parvis, c’est un énorme bazar,il est temps de s’extirper de là. Nous sautons dans le minibus… et nous filons.

Premier arrêt dans une station service où nous attend Wael qui m’a organisé tous mes trajets de Basse-Égypte. Je me déleste de quelques billets de 100 euros, il m’avait proposé de le payer soit en euros, soit en livres, mais les euros étaient clairement à mon avantage, ça donne l’idée de combien la livre égyptienne n’est pas stable en ce moment.

Nous pouvons enfin prendre la route en direction d’Alexandrie. Il fait nuit et nous empruntons la route du désert, pas forcément la plus passionnante. Pourtant, malgré la fatigue, il est difficile de dormir : tout juste parvient-on à somnoler. Nous sommes tellement contents d’être là, tellement heureux de pouvoir observer, sentir, réaliser que nous sommes en Égypte. Lorsque nous approchons d’Alexandrie, toujours plongés dans la nuit, on devine déjà l’activité industrielle en périphérie de la ville ainsi que l’intense activité agroalimentaire.

Vu l’heure, nous n’avons pas à affronter les embouteillages, et très vite nous nous retrouvons en plein centre-ville, dans des ruelles qui sentent véritablement la métropole hisorique égyptienne, avec sa poussière et sa patine du passé. Les rues sont mal éclairées ; on devine plus qu’on ne voit, mais malgré tout, apparaissent déjà ces silhouettes laissant deviner l’ architecture typique de l’Alexandrie des XIXᵉ et XXᵉ siècles, ces vestiges un peu ténus d’un héritage colonial, d’une architecture composite aux influences multiples.

Notre hôtel s’appelle Alexander the Great Hotel ( ahah). Nous l’avons beaucoup aimé pour de nombreuses raisons. C’est une sorte de petite pension dont les fenêtres donnent soit sur la rue Al-Askoff, soit sur la cathédrale de l’annonciation. Notre chambre sera en fait dans un immeuble juste à côté, au quatorzième étage, dans un appartement. Nous ne nous y attendions pas du tout, mais nous sommes ravis de ce choix : il nous offre un panorama superbe sur l’ouest du centre ville et le complèxe Sainte-Catherine notamment la cour de l’école plus qu’animée en journée aux récréations et jusqu’à pas d’heure par les ados amateurs de foot.

Voilà je suis prêt à raconter la suite ici sinon … j’ai au moins démarré mon récit je peux le continuer pour moi :slight_smile:

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On attend la suite avec impatience…
Pour info il y a un aéroport à Alexandrie

Nous avons fait le choix d’atterrir au Caire pour des raisons bassement pécuniaires c’était nettement moins cher.

Concernant notre séjour à Alexandrie nous avons essentiellement écumé Mansheya et Dowtown.

Les souvenirs qui nous restent un an après pèle mêle et en en oubliant :

Notre ascenseur qui déclamait le coran

La variété des paliers de notre immeuble ( nous avons descendu une fois les 14 étages à pied) certains dans un style très baroque.

Les jus de fruit de la rue Ahmed Ourabi

L’improbable bâtiment de l’université francophone Leopold Sedar Senghor je l’ai imaginé datant de l’époque nasserienne avant d’apprendre qu’il ne datait que des années 90.

Les taxis antediluvien lada jaune et noir.

Les spécificités linguistiques, les microbus sont appelés Mashroua ( et les taameya qu’on appelle falafels)

Le tram quasi monument historique avec lequel nous sommes allés au centre commercial San Stephano (très bonne salade grecque au snack qui donne sur la terrasse).

Les poissonniers de la rue Ismail Mahana qui ont invité mon fils à danser avec eux ( succès garanti !!)

L’institut français d’Alexandrie et sa rue trop léchée trop restaurée à mon gout , l’impression qu’il y a désormais une sorte d’uniformité dans l’architecture moyen orientale voire mondiale, que les spécificités des lieux sont gommées au profit d’une standardisation sans âme. Seul point positif que j’ai noté ( bon j’admets que je suis un vieux schnock) c’est qu’une demi-heure après la pluie le sol en est sec ce qui est loin d’être le cas des rues plus roots de Mansheya.

Mansheya justement j’ai trouvé ce quartier avec un charme indéfinissable des traces fugaces d’une Alexandrie cosmopolite aux diverses influences, pour un romantique nostalgique comme moi c’est du pain béni, les cafés immenses, les façades incroyables je n’ai pas vraiment les mots pour exprimer ce charme dégagé, il ne vous reste qu’à vous y rendre vous-même sur place. Mention spéciale pour le souk, qui donne une impression d’authenticité.

La bibliothèque est incroyable , l’expo permanente , les expos temporaires ( plaisir de voir les oeuvres d’Adam Hennein , je ne suis pas un inconditionnel de ses sculptures mais je trouve son travail de peinture notamment sur papyrus remarquable).

Nous avons terminé notre séjour par une promenade dans les jardins du palais Montazah, le matin du 24, avant de quitter Alexandrie et de prendre la route du Caire. Sur le trajet, j’avais prévu une petite surprise pour ma femme… mais cela fera l’objet du prochain message. Il faudra juste me laisser un peu de temps pour le rédiger.

P.S. de tout notre périple qui était plus que chouette, c’est Alexandrie qu’on aura préférée chacun pour des raisons différentes.

Re-merci. Très intéressant car j’habite Alexandrie une partie de l’année et n’en ai pas du tout la même vision…
Je n’aime pas du tout !
Les villas avec jardin sont remplacées par d’hideux immeubles sans plan d’urbanisme, le bord de mer est devenu inaccessible à cause de toutes ces cafétérias, etc etc…
On attend la suite toujours avec impatience ! Merci

Ayant un an de retard je ne suis plus à un jour près…

Ahmed Ismaïl, notre chauffeur de l’aller, par ailleurs un vrai dandy, vient nous récupérer à l’hôtel. Nous sommes le 24 décembre et j’ai prévu un arrêt aux monastères du Wadi Natroun une surprise pour ma femme. Léger sourire en constatant qu’Ahmed Ismaïl qui na jamais eu l’occasion de s’y rendre stresse alors que le site se trouve pourtant à quelques kilomètres seulement de l’axe principal entre Alexandrie et Le Caire qu’il a emprunté des dizaines si ce n’est des centaines de fois. On ne sait pas encore que les chauffeurs détestent sortir de leurs zones de confort…

La visite du monastère tombe à propos ce 24 décembre même si les coptes ne fêtent pas Noël à cette date, la visite du monastère est un plaisir. Le cadre en soi, bien sûr, est particulier, hors du temps. dépouillé de l’extérieur, avec ses bâtiments relativement sobres l’intérieur est à peine plus chargé. Nous avons la chance qu’un moine parfaitement francophone soit disponible pour échanger et nous expliquer l’histoire et la liturgie du lieu.

Nous repartons pour le Caire et nous arrivons à Guizeh pour la nuit, nous arrivons devant les pyramides de Gizeh et le GEM, petite pause pour les observer , j’ai fait le choix de ne pas les visiter durant notre séjour car trop chronophage et pas le genre de lieux que nous souhaitons investir, je n’en conserve pas un souvenir impérissable et il y a plus agréables comme pyramides à découvrir ( ce n’est que mon avis).

Nous arrivons à l’appartement que nous louons à Maadi sur la corniche , très facile à trouver car c’est dans l’immeuble où au rez-de-chaussée il y a la boutique Adidas ( très utile dans un pays où on n’a pas confiance dans les GPS ahah). Nous disons au revoir à Ahmed Ismaïl que nous ne reverrons plus. De tous nos chauffeurs c’est le seul anglophone que nous aurons eu, j’avoue que c’était pas plus mal pour nos premiers jours en Égypte , nous maîtrisons tous les 4 à des degrés divers l’anglais, pour l’égyptien dialectal il n’y a que moi qui ai de (très) vagues notions.

Nous avions réservé à Tawlet Yvonne un restaurant libanais de Maadi pour le 24 au soir, on sent qu’on est dans la “bonne société”.

Le lendemain matin nous avons la visite de la propriétaire ( francophone) qui nous a gentiment amené un petit déjeuner de la chaine de streetfood Zööba à qui je demande des explications sur cet immense appartement que nous louons ( 200 m2, beaucoup trop grand , épuisant presque). Ce qui m’interpelle c’est le mobilier , constitué presqu’exclusivement de meubles anciens qui proviennent d’extrême-Orient. Elle m’explique qu’il appartenait à sa maman qui était une autrice de romans d’amour qui remportait un grand succès dans le monde arabe ( pas pensé à lui demander son nom) qui vivait là sans quasiment jamais sortir de l’appart, à rédiger ses romans, en écoutant de la musique ( elle me fait même remarquer qu’il y a des enceintes incrustées dans les murs de chaque pièce) et qu’elle adorait effectivement l’Asie de l’Est.

Sa maman étant morte du Covid en 2021 elle le loue désormais. J’ai choisi cet appart sur photos pour sa large baie vitrée qui donne un super panorama sur le Nil, l’île de Maadi et la nécropole memphite ( on distingue les pyramides de Guizeh, Saqqarah et Dashour malgré la brume ) mais…je n’ai pas pris en compte que la corniche c’est très très bruyant ( klaxons) quasi 24/24 ce qui est un paradoxe pour un quartier aussi calme que Maadi. Conseil si vous souhaitez louer, cherchez la vue mais dans des rues plus en retrait dans le quartier, sinon si le bruit ne vous gênez pas l’appart est super.
A suivre, Darb al Ahmar, Al-Gamaliyya, Bal el Khalq, Dowtown Saqqarah et Dashour.

Nous prenons un taxi ou un Uber, je ne me souviens plus exactement. Toujours dans la séquence nostalgie : les taxis ne sont plus noir et blanc, mais pour la plupart uniquement blancs , modèles asiatiques, coréens ou chinois, je ne sais pas trop. En tout cas, adieu les vieilles 304 peugeot.

On passe devant Fustat, que nous n’aurons malheureusement pas le temps de visiter. J’avais connu cet espace lorsqu’il était encore un immense dépotoir peuplé de potiers qui cuisaient leurs productions au bois (enfin, au pneu pour être honnête). Lors de mon dernier séjour en 2006, il restait encore quelques survivants de cette époque, mais on sentait déjà que le quartier était en pleine mutation. En soi, ce serait une bonne raison de revenir faire un séjour approfondi au Caire pour découvrir comment il a été transformé.

Nous nous faisons déposer à la mosquée d’Ibn Tulun. Le programme de la journée est de suivre le trajet de l’ancienne rue El Muizz , artère principale du Caire mamelouk et ottoman, jusqu’à Bab el-Futuh et de se perdre dans Darb el-Ahmar.

Toujours pêle-mêle :

Le palais de l’émir Taz , qui s’est patiné depuis sa restauration. Comme son billet est couplé avec celui de la mosquée et madrasa Sunqur al-Sa’di , école de danse Soufi notamment nous la visitons aussi. Nous prenons le temps de découvrir les ateliers d’artisans, notamment les brodeurs et tisserands.

La visite de la mosquée Sâlih Tala’i nous a marqués, déjà parce qu’esthétiquement elle est singulière, dernier vestige de l’architecture fatimide, et que son esthétique, notamment ses tirants en bois, présente des décors végétaux qui me semblent similaires à ce que l’on trouve dans les décors romans en Occident.
Mais ce que nous retenons surtout, c’est que nous avons eu des explications par une dame dans une tenue improbable : d’une quarantaine d’années, cheveux roses, jogging et grosses écharpes fuchsia, non voilée. On se serait cru revenus à l’époque de Véronique et Davina , qui nous racontait, dans un mélange d’égyptien et d’anglais, comment l’imam Al-Hussein a été décapité. C’est pour ce genre de moments baroques que j’adorerai toujours voyager en Égypte.

Une fois passés Bab Zuweila, l’ambiance change : c’est beaucoup plus léché, il y a même des pavés au sol, et on rencontre de plus en plus de groupes d’Occidentaux comme nous. Nous prenons le temps de nous perdre dans le souk juste avant le complexe Al Ghouri , qui donne vraiment une sensation de dédale où se perdre et de remonter le temps jusqu’aux époques médiévales.

Un petit détour par Al-Azhar , que les filles visiteront non sans qu’on leur ait fait enfiler des jupes par-dessus leurs pantalons et couvrir la tête avec des articles prévus à cet effet pour les nombreux visiteurs. Photo souvenir à déclencher des sourires.

Puis nous traversons la rue Al-Azhar , qui sépare Darb al-Ahmar de Gamaleya et qui, par son trafic incessant et ses grilles en fer au centre, constitue une véritable frontière entre les deux quartiers. Pas téméraires, nous empruntons le passage souterrain pour débarquer devant la mosquée El-Hussein , à côté de Khan el-Khalili .

Je n’ai jamais aimé Khan el-Khalili : déjà il y a trente ans, j’avais l’impression que c’était Disneyland, et cela ne s’est pas amélioré. Dommage, car si ce lieu est classé, c’est qu’il mérite le coup d’œil, mais je me demande comment on peut vraiment en profiter. Bref, de temps en temps, il me faut faire mon commentaire de vieux schnock. Pour autant, nous ne faisons pas l’impasse : nous adorons les bijoux, et là, c’est une certitude on peut en trouver plus que n’importe où ailleurs en Egypte.

Nous peinons à trouver un atelier (les boutiques, évidemment, ça ne manque pas), mais finalement nous en dénichons un à l’étage. Le contraste est saisissant avec l’agitation des ruelles en dessous. Nous prenons notre temps (deux heures au bas mot) pour choisir tranquillement bagues et bracelets, observer les ouvriers joailliers, discuter avec eux et, bien sûr… négocier plus ou moins habilement (il y a plus doué que moi pour ça). De temps en temps, nous sommes interrompus par des rabatteurs qui amènent des touristes contre commission, classique…

Une fois satisfaits, on 'est offerts des trésors, c’est le 25 décembre, après tout, l’occasion de se faire plaisir, nous continuons à suivre l’axe médiéval sud-nord en direction de Bab el-Futuh et Bab el-Nasr . Au fur et à mesure que l’on s’éloigne du Khan, l’ambiance paraît plus sympathique. Je n’ai pas aimé pendant quelques dizaines de mètres les interactions avec les commerçants, et je comprends mieux pourquoi on lit tant de commentaires négatifs sur les premières impressions des touristes qui n’ont eu droit qu’à cela.

Notre déambulation se termine en douceur à l’approche des remparts nord et de la mosquée Al-Hakim . Tout cet espace est complètement réhabilité ; j’ai l’impression, quitte à paraître saugrenu, d’être à Aigues-Mortes , avec cette même sensation de mix patrimoine/tourisme.

Inutile de préciser que nous étions claqués et que nous avons regagné Maadi pour nous poser dans notre appartement, plus grand que notre maison en France.

je continue mon récit tant que je ne me fais pas taper sur les doigts.

Le lendemain, nous prenons le métro jusqu’à la place Tahrir. Nous laissons ma femme et mon fils au futur ancien musée égyptien, tandis que ma fille et moi prenons un taxi pour nous rendre au Musée d’art islamique. Nous y admirons de magnifiques œuvres, allant des manuscrits aux textiles et aux objets décoratifs en divers matériaux, présentées soit de manière chronologique, soit de façon thématique selon les époques et les supports. On ne ressent pas de saturation : on ne croule pas sous les objets, le choix des pièces exposées semble très approprié. De plus, à un moment, une jeune guide s’est spontanément proposée de nous consacrer un quart d’heure de commentaires en anglais, en nous laissant choisir ce qui éveillait notre curiosité ; cela a vraiment ajouté au plaisir de la visite. En revanche, la boutique s’est révélée assez décevante : elle n’est pas vraiment en adéquation avec les collections, ce qui m’a laissé un peu sur ma faim. C’est plutôt à la librairie de l’Université américaine que l’on trouve de quoi compléter la visite et illustrer l’art islamique, par exemple.

Nous retrouvons ma femme et mon fils à Bab el-Khalq, eux aussi enchantés par leur visite. Il y a vraiment de quoi être impressionné, même si le futur transfert de certaines œuvres vers le GEM est toujours en cours, ce qui crée, d’après eux, une ambiance un peu particulière. Ils ont tout de même pu admirer la palette de Narmer et bien sûr l’incontournable Toutankhamon.

La suite de la journée se déroule en une déambulation tranquille en direction de Downtown, à l’exception du passage par Attaba Square, avec un marché si dense et animé que j’en ai eu mal à la tête. Nous rentrons assez vite nous reposer à Maadi. Le soir, ma femme et moi ressortons pour aller voir les derviches à la Wakala el-Ghuri : toujours aussi fascinant. Puis, ma femme insiste pour que nous testions le McDo de Maadi, ce qui relève presque de l’exploit car je ne fréquente jamais ce genre d’endroit. Pour être honnête :
1 c’est pas bon, mes enfants me disent même qu’en France c’est meilleur.

2 C’est cher en regard de ce qu’on peut s’offrir en street food en Egypte même à Maadi.

3 ce sera la seule fois où nous aurons eu vaguement mal au ventre, bref rien ne vaut un koshary ahah

Le lendemain, nous quittons notre appartement et c’est un nouveau chauffeur qui nous attend : il s’appelle Sammy (Mohammed en réalité, mais il faut bien distinguer les innombrables Mohammed d’Égypte !). C’est un vieux Saoudien extrêmement sympathique, qui prend les nids-de-poule avec une lenteur très appréciable. Nous partons pour Saqqarah, où nous visitons le site en faisant volontairement l’impasse sur la pyramide elle-même pour nous consacrer davantage aux mastabas, notamment ceux de Ti, de Mereruka, etc.
À noter qu’au cours de la visite, je repère un excellent guide francophone que je me permets d’interrompre pour prendre ses coordonnées.

Avant de quitter Saqqarah, nous visitons le musée Imhotep : une excellente surprise, le musée est très bien conçu. Les musées consacrés à l’Égypte ancienne me donnent parfois l’impression de crouler sous une masse d’objets imposants présentés sans réelle cohérence, au point de provoquer une sorte d’indigestion. Ici, rien de tout cela : le musée est moderne, la muséographie pertinente, le parcours clair et la compréhension des objets présentés très fluide. En prime, on peut y voir la momie de Mérenrê et découvrir la salle dédiée à Jean-Philippe Lauer, qui nous replonge dans l’ambiance des grandes recherches archéologiques de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Bref, une visite vraiment chouette !

On se presse ensuite pour pouvoir visiter Dahchour, un site qui m’était totalement inconnu. L’endroit est très agréable, pas oppressant du tout, avec pratiquement aucun vendeur de babioles (peut-être grâce à l’horaire ?).
Nous commençons par la pyramide rhomboïdale : c’est assez sportif — mais c’est pour ça qu’on est venus ! Les couloirs sont raides, bas de plafond ; on descend, on remonte, on repart encore avant d’atteindre enfin la chambre funéraire principale, au bout d’une bonne dizaine de minutes. L’expérience était vraiment intéressante et, de mémoire, beaucoup moins oppressante que lorsque j’étais entré dans celle de Meïdoum.

La pyramide rouge ne nous attire pas : nous sommes trop fatigués. Mon fils, lui, s’offre le plaisir d’une visite en solo, sans aucun autre visiteur (le site est sur le point de fermer). Pendant ce temps, nous discutons tranquillement avec d’autres touristes tout aussi peu motivés que nous pour y pénétrer, ainsi qu’avec leurs guides égyptologues, toujours pleins de bons conseils.

À la fermeture du site, nous raccompagnons la dame des toilettes et son fils jusqu’à leur arrêt de bus, quelques kilomètres plus loin, puis nous rentrons au Caire, où nous sommes provisoirement SDF. On se fait déposer à Bab el-Futuh ; nos bagages restent dans le minibus. Nous passons alors quelques heures à déambuler à nouveau entre le secteur de Ghouri, Bab Zuweila, puis dans la partie nord de Gamaleya. Là, je me fais tailler la barbe : dans un minuscule salon à peine plus grand qu’une cabine téléphonique (j’exagère à peine), le jeune hipster qui s’en occupe me propose un truc j’ai pas très bien compris quel était l’ustensile à vapeur utilisé mais bref on va appeler ça un peeling pour me rendre le visage net et sans le moindre point noir . Fou rire garanti ! Et bien sûr, il refuse que je paie ; je parviendrai quand même à glisser quelques billets discrètement sur son comptoir.

Il est 22 h : il est temps de retrouver notre minibus. Sammy cède la place à nos nouveaux chauffeurs, Abu Omar et Abu Mahmoud (Mohammed et Mohammed, évidemment), et l’aventure peut commencer car nous partons pour un périple nocturne direction… Abydos .

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Bonjour ,je découvre votre journal ,et je le trouve "super ", nous partons en Mars (premier voyage en Egypte ) . Avez vous gardé les coordonnées de vos chauffeurs ? Merci

Bon préparatif dans ce cas !! Oui pas de problème je reprécise toutefois que Wael est anglophone et ne comprend pas le français par contre sa devise est “anytime anywhere” et je l’ai effectivement constaté et j’en ai été satisfait.

La suite…

Nous voici donc partis pour Abydos avec Abu Omar et Abu Mahmoud deux quadragénaires qui semblent s’entendre comme deux larrons en foire, des airs de voyous qu’ils surjouent, mais adorables. On parvient tant bien que mal à se comprendre malgré la barrière de la langue, partager des heures de musique aura aidé. Le périple a un petit goût d’aventure, il fait nuit c’est la route du désert c’est on ne peut plus droit, nous parvenons tant bien que mal à somnoler par passades. Petit arrêt au milieu du trajet dans une cafétéria improbable au niveau de Sohag et nous finissons par parvenir à Abydos peu avant 6h. Le temple n’ouvre qu’à 7 heures ce qui nous laisse le temps de trouver un vendeur de petit déjeuner baladi et de se lâcher avec nos chauffeurs sur le foul les tameyas , cébettes et autres aubergines grillées tandis que la petite bourgade s’éveille, les enfants vont à l’école etc.

A 7 heures la billetterie n’est pas prête mais on nous laisse entrer tous les 6 ça fait plaisir de partager la visite avec eux, et bien entendu nous avons le temple pour nous seuls .

L’abord du site, parking et bâtiment d’accueil est en cours d’aménagement quasi terminé même, et ensuite on traverse une cour où les premiers rayons du soleil sont bienvenus, pour parvenir à des salles hypostyles (les premières que voient mes enfants) du temple de Séthi Ier, aidé par mon antique guide bleu on part à la recherche des diverses scènes et hiéroglyphes en relief, notamment les fameuses tables d’Abydos dans un couloir à proximité des chapelles qui font office de naos (si j’ai bien tout compris).

Plus à l’ouest se trouve l’Osiréon monument qui est source de fantasme pour tous les ésotéristes inspirés par le mythe d’Osiris ( résurrection). Les vestiges présentent un aspect massif, anguleux avec au centre une symbolisation de la butte d’où a émergé la création de la vie et du cosmos et par extension d’où est nait à nouveau Osiris après que son frère l’ait tué. Que les spécialistes d’égyptologie du forum du routard soient indulgents si j’ai mal interprété.

Plus au nord le temple de Ramses II est bien moins conservé que celui de son père et nécessite plus d’imagination pour en deviner l’aspect il y a 3300 ans. Grâce aux plans de nos guides papier on arrive malgré tout à s’en faire une idée, et il s’y trouve encore des reliefs d’offrandes aux dieux, et également la célébration de l’incontournable bataille de Qadesh que Ramses présente comme un victoire mais qui s’y j’ai bien compris a surtout eu le mérite d’éviter une terrible défaite voire une conquête de territoires égyptiens par les Hittites, mais en bon propagandiste l’ami Pa-ramesou a su se mettre en valeur en valeur en héros valeureux et victorieux tout cela grâce à la bienveillance et la protection du panthéon égyptien.

Nous restons deux bonnes heures à visiter le temple qui s’est encore peu rempli pour l’instant mais on ne parvient pas à resquiller , on nous fait payer les tickets à la sortie, bien tenté…

Direction Denderah maintenant que nous atteignons au bout de deux heures, il commence à faire bon ce n’est plus le même climat que au Caire et encore moins Alexandrie. Une fois arrivé j’utilise google trad pour expliquer en étant certain qu’ils comprennent à nos chauffeurs que nous allons probablement rester trois bonnes heures ici et qu’ils peuvent trouver un endroit un peu moins sordide que le parking pour se reposer.

Le temple de Denderah est un site de grande dimension, au plan on ne peut plus classique : Pylône Cour Salles hypostiles Naos Chapelles annexes. Par contre il n’est “que” ptolémaïque à la différence de ce que nous avons vu à Abydos. La salle hypostyle est célèbre pour ses reliefs et décors peints dont la peinture a subsisté jusqu’à nous, les chapiteaux hathoriformes, le ciel etc, il y a aussi des couloirs un peu secrets et labyrinthiques à découvrir pour jouer à Indiana Jones. L’accès au toit ( je crois qu’il a fallu payer un supplément j’ai oublié) vaut le coup pour profiter du panorama , avoir une autre vision du site et profiter du soleil de fin Décembre en Haute Égypte.

On retrouve Abu Omar et Abu Mahmoud, la prochaine étape est censée être notre hôtel sur la rive Ouest de Louxor mais je suis surpris par l’intinéraire que nous prenons par la rive est et je fini par comprendre pourquoi on passe par Quena , en fait nos deux chauffeurs sont originaires d’ici, c’est la raison pour laquelle Wael les a choisis pour notre périple, ils vont pouvoir dormir dans leurs familles cette nuit avant de repartir demain et ils tiennent à nous présenter leurs amis et cousins. On fait donc une halte dans une petit café avec mobilier rural en roseau, l’un des cousins est anglophone ce qui nous permet d’échanger avec un peu plus de vocabulaire que mon pauvre lexique égyptien. Nous repartons ensuite pour notre hôtel et arrivons juste à temps pour faire des selfies ensemble devant les colosses de Memnon, avant que l’accès au parking ne soit fermé aux véhicules.

Notre hotel est juste à côté, le Nour el Gourna, je suppose qu’il est connu sur ce forum.

Nous sommes enchanté à nouveau car c’est exactement l’ambiance qu’il nous fallait, les chambres sont au premier avec des terrasses, le bâtiment est en brique-terre, assez rustique mais confortable, le mobilier en partie en roseau comme ma femme adore. le bâtiment donne sur un minuscule hameau à l’ambiance rurale avec four et école coranique et façades sur lesquelles sont peints les aventures des générations précédentes à l’occasion du pèlerinage à la Mecque, puis au-delà le temple d’Amenophis III.

J’ai gardé le meilleur pour la fin, la cuisine est excellente et de plus nous n’avons rien mangé quasiment depuis le petit déjeuner du matin donc le canard à l’orange , le riz les patates, les aubergines etc nous n’en avons fait qu’une bouchée. Les midis le restaurant est pris d’assaut par de nombreux touristes français. Après le repas nous rencontrons le jeune Ehab qui nous prend en charge nos trajets et projets pour la Haute Égypte et nous mettons d’accord sur le programme à venir. La suite ? Dodo tout simplement.

Désolé pour l’absence de photos nous en avons pris peu ou plutôt personnelles, ainsi que quelques vidéos.

Je me lève tôt, j’apprécie le cadre au lever du soleil, mais je reste perplexe devant le trafic incessant de minibus à 6 h du matin, avant de comprendre, bien plus tard, que ce sont les personnes qui vont faire de la montgolfière au petit matin. Ce sera d’ailleurs un spectacle assez esthétique à observer une fois qu’ils auront décollé.

Ehab vient nous chercher et nous amène à la Vallée des Rois pour 8 h 30 et… choc : c’est le boxon, il n’y a pas d’autre mot. Une quantité extraordinaire de bus, un bâtiment d’accueil immense avec une cohue pas possible, limite foire d’empoigne au guichet. On observe ça avec une certaine distance, mais je ne peux m’empêcher d’avoir la nostalgie de mes diverses venues dans les années 90 et notamment à Noël 97, trois semaines après un attentat au bilan humain terrible au temple d’Hatchepsout, où la vallée n’était investie que par quelques petits groupes de voyageurs comme nous. C’est-à-dire qu’en une demi-journée nous n’avions croisé qu’une petite centaine de visiteurs au maximum et avions passé une heure dans la tombe de Thoutmôsis III, en n’ayant été dérangés qu’une seule fois par un couple. À l’époque, il me semble qu’il n’y avait qu’une petite guitoune à l’entrée pour acheter ses tickets. Bref, il me faut admettre que j’ai vieilli

De mémoire, nous avons visité trois tombes : Ramsès III, Ramsès IV et Mérenptah.
Sur ce forum, ces tombes sont bien mieux décrites que je ne le ferais, mais pour résumer :
les dimensions sont gigantesques, avec 100 à 200 mètres de profondeur. Les scènes au mur et au plafond sont assez claires à saisir (pas sûr qu’on y serait parvenu sans nos guides papier cependant). En gros, le pharaon, c’est le meilleur, il fait tout pour plaire aux dieux et il constitue de super stocks pour vivre sans peine dans sa demeure d’éternité.

Au retour de la Vallée des Rois, on s’arrête dans le petit musée-maison d’Howard Carter.

L’ambiance est bien restituée, nous avons beaucoup aimé cette visite : on se croit revenu un siècle en arrière grâce au mobilier, à la scénographie et aux objets exposés, notamment le labo photo et le bureau. À nouveau, je ne trouve pas vraiment les mots, mais c’était une visite agréable et sympathique.

Il y a également, dans le jardin, une reconstitution du tombeau de Toutankhamon ; cela permet de mesurer son petit volume par rapport aux tombes des pharaons ayant eu un long règne. À noter aussi, à proximité de ce lieu, des graffitis avec des slogans hostiles à Carter : visiblement, certaines cicatrices ne sont pas refermées…

L’après-midi, nous avons visité la Vallée des Nobles : autre ambiance mais thématique similaire à la Vallée des Rois. Les espaces sont plus confinés, mais l’esthétique des décors est variée, voire exceptionnelle, comme le très, très célèbre relief de la tombe de Ramose. Je ne m’étends pas sur le sujet, il y a ici des pros qui décrivent cela bien mieux que moi.

Puis nous sommes allés à Deir el-Medineh, en nous contentant de la visite des tombes par manque de temps. Nous en sommes ressortis avec une impression de visite et de découverte plus agréables que dans la Vallée des Rois. Pourquoi ? Déjà parce qu’il n’y a pas grand monde ; ensuite tout simplement parce que certaines tombes sont vraiment très bien conservées et leur iconographie est claire et directe. L’artisan avait la maîtrise technique du travail à réaliser mais peu d’espace pour l’exécuter, donc il est allé à l’essentiel pour représenter le Livre des Morts, le « jugement », le voyage dans l’au-delà. De plus, il n’avait pas à s’embarrasser de propagande, à la différence d’un puissant. Bref, une visite utile pour s’imprégner, sans bousculade, de l’esprit funéraire de l’Égypte antique.

Une fois les sites fermés, Ehab nous mène à un magasin de coton. C’était sur sa proposition la veille que nous nous étions mis d’accord sur le fait que cela nous intéressait et, effectivement, nous nous sommes fait plaisir : chacun a trouvé son bonheur. Ensuite, nous sommes allés à Dra Abu el-Naga, dans une boutique-factory d’albâtre. Nous avions prévenu Ehab qu’il risquait de ne pas toucher une commission importante avec nous, car nous ne sommes pas particulièrement fans d’albâtre, mais il avait insisté. Nous voici donc chez Abu Eich, qui, je suppose, est également connu sur ce forum.

Nous n’avons effectivement pas acheté grand-chose, et probablement trop cher, mais à force de fouiner, notamment dans ce qui nous a été présenté comme l’ancienne boutique de l’époque du grand-père, ma femme et moi avons fini par dénicher notre bonheur : en ce qui me concerne, une sorte de palette à fard en pierre noire dans laquelle est gravé un scarabée. J’aime bien l’esthétique de l’objet : on le croirait sorti d’une BD d’Hugo Pratt. Ma femme trouve, elle, une petite boîte cylindrique en pierre noire également, sur laquelle est gravée une tête de Néfertiti (musée de Berlin), assez belle.

On est restés jusqu’à pas d’heure chez ce Abu Eich dont je suis tombé complètement sous le charme : un personnage burlesque, digne d’un film à la De Funès, commerçant, plus ou moins polyglotte,jusqu’au bout des ongles, véritable moulin à paroles. J’ai là aussi du mal à décrire mon ressenti, mais repenser à lui me donne systématiquement le sourire, et c’est bien parce que autre chose était prévu que nous ne sommes pas restés manger, comme il nous l’avait proposé.

Le soir, je dors à l’hôtel (j’ai accumulé de la fatigue, je dors très mal depuis un mois et le voyage n’a rien arrangé) et Ehab amène ma femme et mes enfants à Louxor pour la suite de la soirée, visiter le souk et observer le temple illuminé.

Je n’ai qu’un an et un jour de retard pour mon récit…

Le lendemain, je reste à l’hôtel et dans ses environs avec ma fille, tandis que le frère d’Ehab (celui-ci étant occupé avec un client à Assouan) prend en charge mon fils et ma femme pour les amener au temple de Karnak. Nous quittons l’hôtel en fin de matinée et récupérons ma femme et mon fils pour partir ensuite vers le sud.

Ils nous décrivent une ambiance apocalyptique, avec des nuées de cars et une salle hypostyle complètement envahie ; mais, pour autant, ils estiment que la visite en valait la chandelle. J’ai une pensée émue en repensant à mes diverses visites il y a 25–30 ans, et notamment ce Noël 97 : je revois mon pote Loïc en train de jongler dans cette salle hypostyle entièrement à notre disposition. Les temps changent…

Avec notre chauffeur, je parlemente tant bien que mal (il ne parle pas un mot d’anglais) pour lui expliquer que je veux aller en face des temples d’Horemheb, à Gebel el-Silsileh, sur la rive est donc. Ça a été assez fastidieux : il avait du mal à comprendre mon idée saugrenue, mais au final nous parvenons là où je souhaitais me rendre, en terminant le trajet vers le Nil à pied sur un kilomètre.

L’ambiance est complètement rurale le long des champs cultivés par les fellahs : les digues, les ânes, les canaux… et nous arrivons au Nil. Naïf que j’étais, j’espérais trouver une felouque pour traverser, mais de felouques il n’y en a point (je crois que sur ce coup-là, j’étais quand même assez optimiste, ahah). Mais nous n’avons pas été déçus, car là se trouve une nécropole de la 18ᵉ dynastie, surveillée par deux gardiens avec qui nous passons un long moment. On a même survécu au thé avec l’eau du Nil, et nous avons savouré l’instant, parce que Gebel el-Silsileh, c’est assez magique comme endroit et s’il y avait bien un lieu que je comptais absolument montrer à mes enfants c’était bien celui-ci.

Je me console même en voyant le défilé de dahabeyas en face, au temple d’Horemheb : je me dis qu’on aurait eu une ambiance complètement différente de celle-ci. Ici, c’est paisible, on ressent mieux la magie du lieu. Gebel el-Silsileh a vraiment quelque chose de particulier : le paysage semble presque hors du temps, les falaises resserrent le Nil.Voir les gardiens prier en toute simplicité sur ces blocs de grès ajoute à cette sensation de “hors du temps”. Je me demande s’ils en ont eux-mêmes conscience. En tout cas, ça me tenait vraiment à cœur de m’arrêter ici, car, quelle que soit la rive, l’endroit est absolument magique, même si, une fois encore, je n’ai pas vraiment les mots pour l’exprimer.

Sur le trajet retour à pied vers notre minibus on est moins discrets on a été repérés depuis longtemps par les fellahs qui engagent la conversation, deux membres de la police touristiques aussi nous ont repérés sur leurs motos , je me demande ce qu’a bien pu leur répondre notre chauffeur qui patientait au milieu de nulle part(" j’ai une famille de touristes français qui font n’importe quoi …" probablement)

Arrivés ensuite à Assouan nous sommes déposés au débarcadère de la navette pour l’île Elephantine, ma femme et mes enfants nous y ont réservé un Airbnb ( je commençais à en avoir marre de faire le tour opérator et leur en avais laissé la tâche) dont nous sommes entièrement satisfaits à proximité de l’embarcadère, avec salon sur la terrasse et vue sur la basilique d’Assouan. A suivre…

Je vais abréger la fin de mon récit ; à sa relecture, je me rends compte qu’il n’est pas vraiment dans le ton de ce forum. Je refais donc un pêle-mêle en tentant d’être synthétique.

En quelques lignes : être à Assouan, et plus particulièrement dans cette maison nubienne sur l’île d’Éléphantine, correspondait à l’idée que nous souhaitions pour ces deux jours, « chill », comme disent mes enfants ; nous en avions bien besoin.

Dernière incursion dans le tourisme de masse : île de Philae.
Visite du musée nubien.
Long moment paisible au temple de Khnoum en fin de journée, seul avec ma fille, littéralement à 300 m de notre Airbnb.
Souk arpenté à de multiples reprises, début des emplettes en prévision du retour en France.
Grosse animation sur la corniche le 31 décembre.
Journée en felouque le 1er janvier, première cataracte et repas nubien (excellent !) dans le village de Nagel Goulab.

Train de nuit Assouan–Le Caire en 2e classe, toujours une jolie occasion d’interactions diverses avec les voyageurs.

Arrivée avec à peine 1 h 30 de retard à la toute récente, néo-pharaonique et « sissiesque » gare de Bashteel. Wael et Abu Omar nous attendent et nous mènent dans notre dernier Airbnb à Zamalek (super appart à nouveau). Nous avons sympathisé et sommes restés en contact avec Menna, la propriétaire.
Une journée à Zamalek, dans une tout autre ambiance que celles vécues précédemment, avec un vaste choix de boutiques pour les emplettes (Mobacco Cotton, librairie Diwan, drogueries, etc.).

Le dernier jour, nous nous sommes fait déposer au parc Al-Azhar ; c’était un vendredi, donc nous avions l’écho des appels à la prière qui montaient jusqu’à nous, une dernière carte postale sonore. Nous avons longé le parc, la madrasa Sultan Hassan, puis sommes allés une dernière fois à Darb-el-Ahmar / Gamaleya, et il a ensuite été temps d’aller à l’aéroport.

Je me garde un tout petit dernier message à venir pour un bilan de ces 15 jours passés beaucoup trop rapidement…

Euh… le forum a un ton ?
En fait, le ton d’un CR ne dépend pas du forum, mais uniquement de celui qui le redige, et aucun problëme pour ce CR.

J’ai bien compris qu’il n’y en avait pas beaucoup, mais une petite photo par ci par là, aurait un peu éclairci le récit.
Jdç, jdr…

Ayant emprunté à moto l’axe Alexandrie Louxor il y a bien longtemps, à l’époque de nombreux panneaux rappelaient qu’il était interdit de quitter la route principale. L’interdiction est peut-être encore en vigueur?

Merci pour ces CR de voyage particulièrement intéressants.
Pour l’Osiréion, c’est tout à fait ça…
Justement, le forum devrait avoir plus de récits comme le vôtre et moins de pub…
Merci encore

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