La Pologne, de Varsovie aux Sudètes

L’ancien ghetto de Varsovie

L’ancien ghetto de Varsovie
Olivier Page

Impossible de comprendre Varsovie sans passer par l’ancien quartier juif. Avant la Seconde Guerre mondiale, la capitale polonaise rassemblait une importante communauté juive (350 000 personnes, soit environ 30 % de la population totale). À Varsovie avant 1939, un habitant sur trois était juif ! Elle était devenue la quatrième ville juive du monde après New York, Chicago et Moscou. Pour les juifs, la Pologne fut pendant près de sept cents ans une terre d’accueil (malgré des massacres et des pogroms fréquents) avant de devenir l’enfer de la Shoah entre 1939 et 1945.

Le 15 novembre 1940, en application des lois raciales et antisémites prônées par Hitler, les nazis établirent le ghetto de Varsovie, un espace de 307 ha en pleine ville, entouré sur 18 km par un mur haut de plus de 3 m, coiffé par des barbelés. Dans ce périmètre furent emprisonnés environ 450 000 juifs de Varsovie, mais venant aussi d’autres villes du pays. Du 22 juillet au 12 septembre 1942, environ 300 000 juifs ont été arrêtés et transportés dans des wagons à bétail depuis l’Umschlagplatz au camp de Treblinka où ils ont été exterminés.

Hormis une synagogue, quelques pans de murs du ghetto, et des monuments commémoratifs, il ne reste quasiment rien aujourd’hui de ce quartier. Mais la force de la mémoire juive polonaise demeure intacte. Quelques survivants ont témoigné de l’horreur : Martin Gray, auteur de Au Nom de tous les miens, et le romancier français Marek Halter, qui s’échappa avec ses parents par les égouts de Varsovie pour se réfugier dans le camp russe. Je pense aussi au héros du film de Roman Polanski Le Pianiste, adapté du livre de Wladyslaw Szpilman.

Texte : Olivier Page

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