La Pologne, de Varsovie aux Sudètes

Sur les pas de Chopin à Zelazowa Wola

Sur les pas de Chopin à Zelazowa Wola
Olivier Page

Une part de l’âme de la Pologne s’appelle Frédéric Chopin(1810-1849). En 2010, le monde de la musique fêtera en grande pompe le bicentenaire de sa naissance. Sur la route de Poznan, à une soixantaine de kilomètres de Varsovie, je m’arrête à Zelazowa Wola, modeste village où le génie musical a vu le jour le 22 février 1810. Une allée ombragée par des arbres centenaires mène à un charmant petit manoir aux murs blancs, enfoui dans les frondaisons vertes d’un immense jardin, lieu idéal pour oublier l’agitation de Varsovie. Le manoir apparaît comme dans un conte de fées, la survivance d’une époque révolue, le XIXe siècle. Cette demeure inspirée a traversé les turpitudes de l’histoire sans en souffrir. Comme si c’était un lieu intouchable et sacré. Des touristes japonais en pèlerinage artistique, installés sur des bancs en plein air, écoutent une émouvante composition au piano, dont les notes magiques envahissent les buissons et les taillis, ce qui rend le lieu encore plus romantique.

Le manoir de Zelazowa Wola appartenait au comte Skarbek auprès duquel Nicolas Chopin, d’origine lorraine, était précepteur. Il avait tourné le dos à la France qu’il ne souhaitait plus revoir. Il épousa Jusina Krzyzanowska, une polonaise originaire de Mazovie, qui était la dame de compagnie de la comtesse. Frédéric Chopin – sorte de bi-national avant la lettre – est donc né de cette rencontre « franco-polonaise ». Après avoir passé son enfance dans ce cadre champêtre, il gagne Varsovie, puis Paris. De son existence, à peine quarante ans de vie, il a passé la première partie en Pologne et la deuxième en France aux côtés de George Sand, son égérie. Un destin foudroyant que celui de ce musicien universel admiré dans le monde entier. Ses polonaises, ses mazurkas et ses nocturnes sont si belles qu’elles semblent avoir été composées par une main divine.

George Sand ne disait-elle pas de Chopin : « Sa bonté, sa gentillesse, et sa patience me mettent mal à l’aise, il est trop subtil, trop raffiné et d’une nature trop parfaite pour vivre longtemps » ? Le compositeur meurt jeune. Selon sa volonté, son corps est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris et son cœur enfermé dans une urne de l’église Sainte-Croix de Varsovie.

Texte : Olivier Page

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