Tout commence à Jaipur
Hawa Mahal © Claude Hervé-Bazin

C’est à l’aube qu’il faut se lever pour rencontrer le pays de nos imaginations : une Inde intemporelle, dont les façades rosées s’éveillent doucement sous un soleil pas encore assassin. Dans Johari Bazar, les devantures des joailliers, des merciers, des vendeurs de tissus et de chaussures sont encore toutes tirées. Ils ne débutent vraiment leur journée que vers 10h30, 11h, au gré d’un premier chaï bien épicé.

Au grand carrefour de Tripolia Bazar, une œuvre fragile se dresse au-dessus de l’artère : Hawa Mahal, le si bien nommé Palais des Vents. C’est le maharajah Sawai Pratap Singh qui en ordonna la construction en 1799, pour mieux aérer ses femmes et concubines en été – et leur permettre de deviner le monde à travers le treillis de pierre de ses façades ajourées. Vue de la rue, cette drôle de pièce montée, enchâssée d’une quarantaine de jarokhas (oriels), ne laisse guère deviner son étroitesse : 4-5 m tout au plus au 5e étage, bastion d’où se révèle la cité.

On doit la couleur de bonbon qui nimbe Jaipur (photo) au prince de Galles – ou, plus exactement, à ceux qui, en 1876, repeignirent tout ce que la ville comptait de bâtiments pour mieux l’accueillir. Ils firent aussi bâtir un fort bel édifice, avant même de se demander ce à quoi il servirait. Près d’un siècle et demi plus tard, l’Albert Hall Museum n’a guère bougé : on y pénètre encore par un tourniquet victorien, avant d’admirer ses collections d’artisanat et de miniatures alignées dans de vénérables vitrines en bois. Pour le reste, la nostalgie coloniale s’arrête là : l’Inde, guère friande de ses années passées sous la férule britannique, s’ingénie à les oublier.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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