Dans le désert du Thar
Bada Bagh © Claude Hervé-Bazin

À Jaisalmer, on touche aux confins de l’Inde. Le Pakistan n’est plus très loin et les routes s’époumonent bientôt dans le désert, jusqu’à se faire rues de poussière.

De courtes balades mènent aisément aux jolis cénotaphes des maharajahs alignés sur une crête à Bada Bagh (photo), aux jardins et au temple jaïn d’Amar Sagar, puis à la vieille capitale, Lodruva, où un autre de ces sanctuaires s’enorgueillit d’un étonnant honneur : un grand cobra habiterait ses fondations. Deux fois par jour, on le nourrit rituellement de lait, dans l’espoir, peu raisonnable, de le voir surgir.

Plus avant, la nature reprend pour de bon ses droits. Kuldhara et Khaba ne sont plus que ruines, villages abandonnés en une nuit, affirme la légende, après que le maharajah de Jaisalmer eut exigé d’eux des impôts si accablants qu’ils ne pouvaient être payés. Le vent y souffle en toute liberté, gommant peu à peu les murs éventrés en les recouvrant de sable.

Plus loin encore, s’étendent des champs de dunes. Celles de Sam ont trop perdu de leur quiétude et de leur virginité. Celles de Khuri, un peu moins envahies, ondulent, corpulentes, aux portes mêmes de la bourgade. Le rituel voudrait qu’on les gravisse à dos de dromadaire. Cahin-caha, la bête s’approche.

Mais pour atteindre le sommet, c’est à pied qu’il faut terminer l’ascension. Deux pas en avant, autant en arrière… Un petit effort, encore, et voici le panorama qui se révèle, grandiose, tandis que le disque orangé disparaît gentiment derrière l’horizon.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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