Inde : le Rajasthan, au pays des maharajas

Jaisalmer, la cité dorée

Jaisalmer, la cité dorée
Temple à Jaisalmer © Claude Hervé-Bazin

En bus, en train, il faut absolument rejoindre Jaisalmer, dont la citadelle se hisse au-dessus du désert comme un navire sur des eaux poussiéreuses. Cette ville haute est un petit miracle, enserrant dans ses 5 km de remparts un méli-mélo de venelles, de maisons croulantes et de havelis (palais) aux façades merveilleusement ciselées. Il y a là une austère demeure de maharajah (Rajmahal), haute de sept étages, veillant une placette où, par deux fois, les maharanis préférèrent s’immoler plutôt que de tomber aux mains de l’ennemi – une coutume qui a pour nom johar.

Il y a aussi, à deux pas, un ensemble de temples jaïns incroyables. Ils s’amarrent les uns aux autres, leur pierre sculptée de 1001 merveilles, dont les statuettes de tirthankaras (prophètes) – au nombre de 666 dans chaque sanctuaire. Plus que les hindous, les jaïns font de la non-violence leur maxime. Ils refusent d’attenter à la moindre vie animale, fut-elle fourmi ou simple moustique.

Enrichis par le trafic des caravanes, les Jaïns formaient jadis une communauté de commerçants prospères à Jaisalmer. C’est l’un d’eux qui fit bâtir, dans la ville basse, la Patwah-ki-Haveli. Il ne fallut pas moins de soixante années de travaux pour achever ces cinq maisons attenantes, destinées à chacun de ses cinq fils… Les façades ne sont que pierre ouvragée et jarokhas (oriels).

À l’intérieur, les salles dissimulent des caches, où les propriétaires plaçaient leurs économies et la plus précieuse de leurs marchandises : l’opium. La Nathmal-ki-Haveli, à deux pas, et la Salam Singh-ki-Haveli sont précédées d’une paire d’éléphants de pierre, signalant la résidence d’un premier ministre. Le temps a passé, mais le faste demeure, entre ornements géométriques et miracle d’une loggia comme suspendue dans les airs.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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