Nemrod d’opérette
Réserve de Sariska © Claude Hervé-Bazin

Les princes indiens possédaient tous, jadis, de vastes domaines destinés à la chasse. Il en va ainsi du maharajah d’Alwar, cette grosse bourgade perdue au nord-est de Jaipur. Pour être bien sûr de ne pas rater ses cibles, il fit aménager un poste de tir à moins de 20 m d’un point d’eau…

Englobant une partie des monts Aravalli, la réserve de Sariska (photo) est aujourd’hui gérée par le Fonds râjasthâni pour la faune. Celui-ci tente de sauver les tigres (5 individus au dernier compte), en encourageant financièrement les villageois à déménager. Le succès reste limité, mais la faune est nombreuse : antilopes, cervidés, singes en pagaille, familles entières de paons, et parfois même, une panthère.

Le maharajah de Bharatpur se fit, lui aussi, tailler un territoire de chasse aux portes mêmes de sa ville, en détournant les eaux de deux rivières, pour mieux attirer canards et gibier d’eau. Les lieux, toujours inondés artificiellement deux fois l’an, à la faveur de la mousson d’été, forment aujourd’hui le parc national de Keoladeo, réputé dans le monde entier auprès des ornithologues amateurs.

Si la rarissime grue de Sibérie a cessé de faire le voyage depuis quelques années, on y rencontre encore, les bonnes années, une multitude d’aigrettes, hérons, spatules, cigognes, marabouts et autres échassiers. L’hiver, la horde ailée, fuyant les frimas du nord de l’Asie, est telle qu’elle emplit l’air d’un brouhaha de caquètements et criaillements.

Tout au bout de la piste, accessible en vélo, un panneau rappelle les exploits du maharajah et de ses hôtes prestigieux, duc d’Edimbourg, vice-rois britanniques, shahs d’Iran et d’Afghanistan, roi du Népal. À chaque coup de fusil, des dizaines d’oiseaux tombaient comme des fruits mûrs.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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