Le meilleur de l’Égypte

Agnès Debiage
par Agnès Debiage

29 novembre 2019

Egypte Abou Simbel
Abou Simbel © Michael - stock.adobe.com

Elle est un rêve de voyageur avec ses pharaons, ses temples et tombeaux aux bas-reliefs gravés et colorés, ses pyramides, véritables demeures d’éternité posées le long du Nil, ce fleuve millénaire et source de vie. Ce n’est pas un hasard si on surnomme l’Égypte Oum El Dounia, « la mère du monde » en arabe.

Ce grand pays désertique qui correspond à la superficie de la France et de l’Allemagne réunies, dont les 100 millions d’habitants occupent moins de 5 % du territoire, s’ouvre généreusement sur deux mers : la Méditerranée au nord et la mer Rouge à l’est avec des fonds sous-marins parmi les plus beaux du monde.

Arriver au Caire, c’est poser le pied en Orient. Sur cette terre qui a vu défiler des millénaires de civilisations richissimes (des pharaons à l’Empire ottoman), on rencontre un peuple gai et généreux, mais on s’immerge aussi dans un capharnaüm aussi déroutant que passionnant.

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Le meilleur de l’Égypte : Le Caire

Le Caire Mosquée Sultan Hassan
© AlexAnton - stock.adobe.com

Le Caire, mégapole qui dépasse les 20 millions d’habitants, est polluée, surpeuplée, bruyante, mais elle déborde de vie pour celui qui se laisse entraîner, charmer, surprendre. La « ville aux 1 000 mosquées » résonne cinq fois par jour à l’unisson lors des appels à la prière. Suivez-nous sur les pas de Khéops, de Moïse, de Saladin…

Le centre-ville du Caire

Le Caire Musée des Antiquités égyptiennes
Musée des Antiquités égyptiennes © matiplanas - stock.adobe.com

Direction tout d’abord le centre-ville (West el balad comme disent les Égyptiens), dont les immeubles haussmanniens du 19e siècle rappellent cet âge d’or (1850-1950) tant idéalisé dans la littérature. Loin des grandes rues, on y découvre toute une vie de quartier, avec ses marchands ambulants et ses petits métiers.

Sur la célébrissime place Tahrir, dont on ne voit plus aucune trace de la révolution de 2011, se dresse le musée des Antiquités égyptiennes. Celui où tous les plus beaux trésors de l’art pharaonique sont regroupés (Toutankhamon, bijoux, statuettes, momies, stèles…) devrait se faire voler la vedette avec l’ouverture prochaine du Grand Egyptian Museum près des pyramides. Mais, pour l’instant, il demeure un incontournable d’une visite de la capitale.

À proximité, coule le Nil, large et puissant. Ses ponts qui permettent de passer d’une rive à l’autre et d’accéder à ses deux îles (Gezira ou Manial) sont de vrais goulots d’étranglement pour cette circulation déjà dense et désordonnée.

Le quartier copte

Le Caire Eglise Sainte-Barbara
Eglise Sainte-Barbara © efesenko - stock.adobe.com

Après les pharaons, reprenons le fil de l’Histoire, pour découvrir une Égypte chrétienne. On peut rejoindre le quartier copte en métro depuis la place Tahrir (descendre à la station Mar Girgis). Ce petit quartier calme, où résonnent quotidiennement les cloches, aurait abrité la Sainte Famille dans une grotte sous l’église Saint-Serge.

Le joli musée copte recèle des trésors de cette période. Il est entouré par l’église El Moallaqah (la suspendue), l’église Saint-Georges plus récente, dont une petite salle, en bas à droite des escaliers, permet aux fidèles de simuler la Passion du Christ. Depuis la rue, un grand escalier en pierre descend vers un dédale de ruelles pavées et bordées par les églises Saint-Serge, Sainte-Barbara et la synagogue Ben Ezra.

Le Caire islamique

Egypte Le Caire Khan-el-Khalili market
Marché Khan el Khalili © merydolla - stock.adobe.com

Rendez-vous dans l’ancienne ville fortifiée, jadis ceinte de remparts. Le cœur de ce quartier est le Khan el Khalili, le grand bazar du Caire où les marchands déploient mille stratagèmes pour attirer votre attention dans toutes les langues. Autour de ces quelques rues très commerçantes, plein de petits métiers manuels subsistent et si l’on a du temps, les découvertes sont toujours surprenantes.

Les trésors architecturaux de l’art islamique sont pour beaucoup concentrés dans ce périmètre : mosquées, caravansérails, khan, anciennes demeures restaurées, hammam et le musée des Textiles ponctuent la balade de la longue rue Mouiz Li Din Allah, qui part de la porte Bab el Futuh vers celle opposée de Bab Zoueila. Au passage, ne manquez pas la visite de la célèbre mosquée Al Azhar, qui est depuis 970 la plus ancienne université du monde musulman.

Tout proche, dans la wekalet El Ghuri, a lieu, les lundi, mercredi et samedi à 19 h 30, le magnifique spectacle des derviches tourneurs. À pied, on peut aller jusqu’au musée d’Art islamique, situé rue Port Saïd.

La citadelle du Caire

Egypte Le Caire Citadelle
Citadelle du Caire © efesenko - stock.adobe.com

Perchée sur un promontoire, elle domine la mégapole qui s’étale à ses pieds. Saladin, qui la fit construire au 12e siècle, prit en 1173 le titre le Sultan d’Égypte. Mais les grandes transformations et la construction de la mosquée inspirée de celles d’Istanbul remontent à l’époque de Mohamed Ali, le fondateur de l’Égypte moderne.

En contrebas de la citadelle, les deux mosquées du Sultan Hussein et d’Er Rifaï peuvent se visiter, et l’on vous conseille de continuer jusqu’à la mosquée Ibn Touloun, l’une des plus anciennes de la ville, dont le minaret est unique.

Zamalek

Le Caire Île de Gezira
Île de Gezira © Givaga - stock.adobe.com

Dans la partie nord de l’île de Gezira, Zamalek est un quartier chic, commerçant, aux belles ambassades abritées dans de petits palais et des demeures de style, et aux nombreux restaurants.

Originellement, le palais de Gezira (aujourd’hui l’hôtel Marriott) avait été construit par le khédive Ismaïl en l’honneur de l’impératrice Eugénie, venue inaugurer le canal de Suez en 1789, et dont on dit qu’il était amoureux. À côté, l’immense Gezira Sporting Club existe depuis 1882 : hippodrome, golf, trois piscines, tous les sports s’y pratiquent.

Les pyramides de Gizeh

Egypte Pyramides de Gizeh
Pyramide de Guizeh © Pius Lee - stock.adobe.com

Il faut traverser la ville pour s’émerveiller devant les trois grandes pyramides de Gizeh : Khéops, Khéphren, Mykérinos et le Sphinx.

Khéops (4e dynastie, -2600 av. J.-C.), la plus haute, domine, du haut de ses 146 m, tout le plateau de Gizeh. C’est la dernière des 7 Merveilles du monde antique encore debout. Plus de 20 années furent nécessaires pour construire ce tombeau d’éternité qui accueillit la momie du pharaon.

Egypte Sphinx
Sphinx © PixAchi - stock.adobe.com

Jadis, un temple funéraire et un mur d’enceinte entouraient cette sépulture. Le Sphinx, taillé sur place, daterait de la même époque. L’intérieur des pyramides se visite, mais elles ne sont jamais toutes ouvertes en même temps. La barque solaire de Khéops, découverte en 1954 à proximité de la pyramide, est exposée dans un musée sur place.

Le soir, les pyramides sont illuminées de mille feux, avec le spectacle son et lumière qui retrace l’histoire de ces monuments et de leurs pharaons. Le futur Grand Egyptian Museum (GEM), qui devrait ouvrir ses portes en 2020, se trouvera à environ 2 km du plateau de Gizeh.

Le meilleur de l’Égypte : les environs du Caire

Sortir de la ville pour mieux approfondir l’Égypte pharaonique, permet de découvrir la palmeraie qui borde le désert de sable. À l’automne, les paysans grimpent à mains nues, le long de ces troncs élancés pour récolter les dattes. Le canal Mariouteya qui borde la route vous guide vers l’ancienne capitale de l’Égypte.

Memphis

Egypte Memphis Ramses II
Statue couchée de Ramsès II © Nudda - stock.adobe.com

Jadis, il y avait des temples, des sanctuaires, des armées, des artisans, quelque 18 000 personnes y vivaient. Toute la cour du royaume qui entourait pharaon résidait à Memphis, première capitale du pays, sous l’Ancien Empire.

Aujourd’hui, face à la statue couchée de Ramsès II, il faut une très grande imagination pour tout remettre en perspective. Sauf si vous réalisez que l’immense et richissime site de Saqqarah, dans le désert, n’est autre que la nécropole de cette ville de Memphis.

Saqqarah

Egypte Pyramide de Saqqarah
Pyramide de Saqqarah © Daniel Fleck - stock.adobe.com

Au milieu de tous les tombeaux de Saqqarah, dont le plus ancien date de la Ire dynastie, se dresse la première pyramide d’Égypte, construite par le talentueux architecte Imhotep pour le pharaon Djéser (-2600 av. J.-C.). Sa forme dite à degrés est immédiatement reconnaissable.

Elle faisait partie d’un ensemble architectural doté d’une longue colonnade et de deux vastes cours, le tout bordé par un mur d’enceinte. Mais au total, ce sont plus d’une vingtaine de pyramides qui s’élevaient jadis dans cette nécropole.

Certains tombeaux et mastabas sont encore magnifiquement décorés de bas-reliefs sculptés et parfois même en couleurs qui en disent long sur les us et coutumes de l’époque.

Les mastabas de Mérérouka, Kagemni et Ti sont parmi les incontournables. Le Sérapéum, nécropole des taureaux sacrés, où ceux-ci étaient inhumés avec tout leur mobilier funéraire dans des tombeaux taillés dans le granit, est impressionnant par sa taille.

Saqqarah connut deux grandes périodes, l’Ancien Empire et le Nouvel Empire, mais fut délaissé au Moyen Empire lorsque la capitale du pays s’installa à Thèbes (Louxor).

Le musée Imhotep, à l’entrée du site, recèle de magnifiques statues et pièces archéologiques retrouvées sur le site. Il est né de la volonté d’un archéologue français, Jean-Philippe Lauer, qui a consacré sa longue vie à fouiller le site de Saqqarah.

Depuis 150 ans, les archéologues fouillent en permanence ce lieu qui est loin d’avoir livré tous ses secrets. Il ne se passe pas une année sans que des découvertes majeures soient annoncées. Les sables ont enfoui des trésors inestimables que les hommes tentent de faire ressurgir.

Dahchour

Egypte Pyramide de Dahchour
Pyramide de Dahchour © abao592 - stock.adobe.com

À une quinzaine de kilomètres plus au sud, c’est à Dahchour que la mode des pyramides prit son envol. Les architectes expérimentèrent plusieurs techniques et développèrent leurs connaissances pour faire évoluer le modèle à degrés (Saqqarah) vers une pyramide aboutie à faces lisses (Gizeh).

La pyramide rhomboïdale fut la première tentative. Son aspect un peu affaissé fut corrigé dans la construction de la pyramide rouge, qui tient son nom du calcaire coloré utilisé. Trois pyramides se visitent désormais sur le site qui en compte plus d’une dizaine (pas toujours identifiables).

En 2017, on découvrit ici même une nouvelle pyramide qui daterait de -3700 av. J.-C. et en 2019, des sarcophages furent mis au jour.

Le meilleur de l’Égypte : Alexandrie

Egypte Alexandrie
Alexandrie © javarman - stock.adobe.com

Alexandrie, ville créée par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C., a fait rayonner l’Égypte en Méditerranée : on évoque son mythique phare détruit au 14e siècle, sa bibliothèque, haut-lieu de savoir, la civilisation gréco-romaine qui s’y est développée, le souvenir de Cléopâtre…

La plupart des grands voyageurs qui ont foulé le sol égyptien sont arrivés en bateau dans le port d’Alexandrie. Et quelques célébrités y sont nées : Moustaki, Omar Charif, Demis Roussos, Nagui…

Cette immense baie a accueilli des Grecs, Italiens, Juifs, Levantins, Arméniens, Français, Anglais, notamment entre 1850 et 1950 qui ont enrichi culturellement le patrimoine de la ville. Le fameux roman de Lawrence Durrell Le Quatuor d’Alexandrie dresse un admirable portrait de l’Alexandrie cosmopolite d’antan.

Aujourd’hui, la cité de 5 millions d’habitants est un peu en dehors des circuits touristiques. Pourtant, elle réserve de belles surprises aux voyageurs de passage.

Les sites à voir à Alexandrie

Egypte Alexandrie Fort de Qaitbay
Fort de Qaitbay © tynrud - stock.adobe.com

La Bibliotheca Alexandrina abrite un Musée archéologique qui expose des trésors d’époque gréco-romaine notamment retrouvés dans les eaux du port et en baie d’Aboukir. L’exposition permanente Impressions d’Alexandrie donne une bonne idée de cette cité cosmopolite aux 18e et 19e siècles.

Longer la baie jusqu’au fort de Qaitbay, en contrebas duquel ont lieu les fouilles archéologiques sous-marines du phare d’Alexandrie. C’est le quartier des pêcheurs et du marché aux poissons.

Les Catacombes de Kom-el-Chouqafa laissent entrevoir un pan de l’histoire et, tout près, s’élève la Colonne de Pompée.

Le centre-ville mérite une belle balade à pied, les façades, les cafés, les villas rappellent un passé pas si lointain. Incontournable, le Musée national présente ses collections d’art et d’archéologie. Et on attend tous la réouverture du Musée gréco-romain. Le théâtre gréco-romain, entre le centre-ville et la gare, est un témoignage supplémentaire de ce passé très riche.

À l’autre bout de la ville, le musée des Bijoux de la famille royale donne un aperçu du faste de la royauté en Égypte. Et un peu plus loin, le palais de Montazah (ne se visite pas), dans le parc du même nom, était l’une des résidences royales avec la plage privée.

Alexandrie est une jolie parenthèse dans un voyage en Égypte, loin des pharaons, mais au cœur de l’histoire de la Méditerranée. On peut y aller en train depuis Le Caire, même pour une rapide journée.

Le meilleur de l’Égypte : la vallée du Nil

Egypte Nil
Le Nil © manuela_kral - stock.adobe.com

Le Nil, plus grand fleuve d’Afrique, traversant 11 pays, vient terminer sa course en Égypte. Véritable source de vie, il a permis le développement de la civilisation pharaonique et les plus beaux temples jalonnent son cours. Il irrigue la bande fertile du Nil parfois étroite de quelques kilomètres seulement, pour se ramifier, au nord, telle une fleur de lotus, puis se jeter dans la Méditerranée.

Visiter la vallée du Nil, c’est s’immerger dans cette civilisation richissime, mais aussi découvrir l’Égypte des campagnes, plus authentique, qui vit à un rythme plus lent.

Louxor

Egypte Temple de Louxor
Temple de Louxor © Givaga - stock.adobe.com

Louxor se trouve à 700 km au sud du Caire. L’imposant temple de Louxor s’élève en bordure du fleuve au milieu de la ville. On y célébrait une fois par an la fête d’Opet, symbolisant la fécondation et la fertilité des terres nourries par le limon. La statue du Dieu Amon rejoignait alors celle de Mout, son épouse, pour enfanter leur fils Khonsou.

La grande colonnade est imposante, tout comme l’allée des Sphinx qui mène jusqu’au temple de Karnak. L’obélisque de la place de la Concorde à Paris, offert par Méhémet Ali à la France, provient de ce temple. Derrière s’étire la ville de Louxor, sa gare et son souk, très touristique, mais bien approvisionné.

Le musée de Louxor recèle des trésors pharaoniques découverts sur place et jouit d’une très belle muséographie. Tout proche, mais plus anecdotique, le musée de la Momification permet de comprendre comment les anciens Égyptiens conservaient leurs illustres défunts.

Egypte Karnak
Temple de Karnak © VladFlorin - stock.adobe.com

Au nord de Louxor, le site de Karnak, immense, avec ses temples, enceintes, chapelles, son lac sacré, est incontournable… Difficile à appréhender par sa taille, il en demeure un lieu d’exception dédié à la triade thébaine. Le soir venu, un son et lumière fait revivre plusieurs pages de l’histoire antique du pays.

En fin d’après-midi, entre deux visites et une balade au souk, on peut s’offrir un tea time au Winter Palace Hotel, dont l’élégante terrasse fait face à la rive ouest où le soleil se couche.

Louxor est le point de départ vers les temples de Denderah et Abydos au nord. Prévoir la journée complète pour cette excursion.

Rive ouest du Nil et la nécropole thébaine

Egypte Colosses de Memnon
Colosses de Memnon © Patryk Kosmider - stock.adobe.com

Thèbes (Louxor) fut la capitale des pharaons et face à elle, sur la rive ouest, se développa la nécropole thébaine, avec ses tombeaux enfouis dans le sous-sol des vallées des rois, des reines, des nobles, des artisans, ses temples décorés et ses trésors qui continuent d’attirer des générations d’archéologues. Un ferry local traverse le Nil à longueur de journée et les taxis vous attendent sur la rive ouest, pour vous emmener vers ces lieux mythiques.

Les Colosses de Memnon trônent immuables en bordure de la route à côté des restes épars du temple d’Aménophis III, chantier de fouilles et de découvertes très actif.

Commençons par la vallée des Rois, assez éloignée, où se trouvent les plus célèbres tombeaux des pharaons. Creusée de trous un peu partout, cette nécropole royale de 63 tombes abrite la célèbre tombe de Toutankhamon, découverte avec tout son trésor en 1922.

La tombe de Séthi Ier est richement décorée de fresques et peu visitée. Certaines tombes ferment en alternance, donc renseignez-vous sur place. Notre palmarès de tombeaux à visiter inclut ceux de Ramsès III (KV11), Tausert et Seth Nakht (KV 14) et la tombe de Merenptah (KV 8). Celle de Ramsès IV est très belle, mais un ticket spécial est nécessaire pour la visiter.

Egypte Temple de la reine Hatchepsout
Temple de la reine Hatchepsout © rayints - stock.adobe.com

Encadré de montagnes, le Temple de la reine Hatchepsout avec ses grandes terrasses et ses multiples colonnes fut surnommé le « sublime des sublimes ». Ses fresques retracent les grandes étapes de la vie de cette femme de caractère et de pouvoir.

La vallée des Nobles, où étaient enterrés les dignitaires et hauts fonctionnaires, est surprenante, car les habitations étaient construites au-dessus des sépultures. Seules une dizaine de tombes sur les 400 identifiées sont ouvertes au public.

On arrive ensuite à la vallée des Reines, dont le joyau est la tombe de Nefertari, l’épouse de Ramsès II. Les fresques murales en couleurs sont exceptionnellement bien conservées et illustrent le voyage vers l’au-delà de Nefertari.

Gardons pour la fin de journée le temple de Medinet Habou, la lumière y est tellement belle lorsque le soleil décline. Ramsès III y voulut un temple funéraire grandiose qui garde encore de beaux restes.

Assouan

Egypte Assouan
Assouan © Alexeiy - stock.adobe.com

Assouan, la plus grande ville du sud de l’Égypte, est aussi la porte de l’Afrique. La population, majoritairement nubienne, tente de conserver sa culture populaire, ses traditions, les façades décorées de ses maisons…

Avec la construction du barrage d’Assouan, qui débuta dans les années 60, la majorité de la Nubie égyptienne fut ensevelie sous les eaux du lac Nasser et ce peuple, déplacé de force, perdit ses terres, ses maisons et une part importante de son patrimoine.

Sous la pression des archéologues et de la communauté internationale, l’Unesco organisa le sauvetage des monuments de Nubie, dont les illustres temples de Philaë et d’Abou Simbel.

Assouan, c’est avant tout le Nil et son harmonieux ballet de felouques. Au programme : découvrir l’île Éléphantine, encore très agricole, l’île Kitchener et son jardin botanique, voguer jusqu’à la rive ouest, dominée par le mausolée de l’Aga Khan, tout en marbre blanc (ne se visite pas). Les plus courageux grimperont jusqu’au monastère de Saint-Siméon et les autres préfèreront siroter un thé en bordure de ce fleuve mythique où le temps semble s’être arrêté.

La longue rue du souk d’Assouan, parallèle à la corniche, s’anime le matin lorsque les femmes font leur marché et en fin d’après-midi, quand la chaleur retombe un peu. L’un des meilleurs moyens de comprendre l’histoire de cette région, c’est de visiter le musée de la Nubie, ouvert jusque tard le soir.

D’Assouan au lac Nasser

Egypte Temple de Philae
Temple de Philae © WitR - stock.adobe.com

Consacrez une journée en dehors d’Assouan pour découvrir plusieurs sites en commençant par l’obélisque inachevé, au milieu des carrières d’Assouan qui fournirent le célèbre granite rose qu’on retrouve dans beaucoup de monuments en Égypte.

L’ancien barrage sur le Nil, datant du début du 20e siècle, permit d’assécher certaines terres pour développer les cultures. Mais Nasser vit les choses en grand en décidant de la construction du haut barrage d’Assouan (plus au sud), qui régula le cours du fleuve, supprima les crues du Nil, ensevelit une partie de la Nubie et donna naissance à une vaste étendue d’eau jusqu’au Soudan : le lac Nasser. Ce barrage permet de fournir de l’électricité à tout le pays, ce qui en a favorisé le développement.

Une fois au Haut Barrage, si vous avez le temps, faites un crochet par le temple de Kalabchah. Et gardez le meilleur pour la fin : le fabuleux temple de Philae, dédié à la déesse Isis, qui fut construit au 3e siècle av. J.-C. Très bien conservé, il fut lui aussi sauvé des eaux par l’Unesco. Les bas-reliefs du temple sont exceptionnels, le kiosque de Trajan est un lieu naturel de contemplation et, le soir venu, tout s’illumine le temps d’un son et lumière.

Le meilleur de l’Égypte : en croisière sur le Nil

Egypte Felouques
© Dagmar Richardt - stock.adobe.com

Voguer sur ce fleuve millénaire reste une expérience magique. La palmeraie s’étire le long des rives, encadrée par le désert. Depuis le bateau, les couleurs s’enchaînent comme par magie, le bleu profond du Nil, le vert puissant de ces milliers de palmiers dattiers, le beige sable du désert écrasé sous le soleil et le bleu éclatant d’un ciel pur.

La vie des campagnes se déroule sous vos yeux : les ânes trottent vers les champs, les paysans en longues gallabeyas vaquent à leurs travaux quotidiens, les femmes portent avec fierté leur panier sur la tête et les enfants en uniforme reviennent de l’école du village.

Les croisières partent de Louxor (parfois d’Esna, un peu plus au sud, après l’écluse) ou d’Assouan et naviguent dans les deux sens. Les bateaux de croisière se sont développés avec le boum du tourisme, mais de plus petites embarcations à voile, appelées dahabeya ou sandal, intimes et authentiques, ont la faveur des voyageurs individuels les plus fortunés.

Les temples en bordure du Nil sont autant d’escales agréables. Du nord au sud : Esna, Edfou et Kom Ombo rythmeront votre croisière.

Le meilleur de l’Égypte : la Nubie et Abou Simbel

Egypte Temple de Kalabshah
Temple de Kalabshah © YuricBel - stock.adobe.com

Plusieurs possibilités s’offrent aux voyageurs pour découvrir cette région. Le temple de Kalabchah peut se visiter depuis Assouan, puis on s’envole vers Abou Simbel pour un ou deux jours. Certains préfèrent une croisière sur le lac Nasser, question de flâner au fil du Nil.

Peu de bateaux naviguent, tous d’un très bon confort avec en prime des arrêts dans des temples inaccessibles autrement et surplombant le lac. On préfère la croisière au départ d’Assouan (elle démarre au sud du barrage), car l’arrivée en bateau sur Abou Simbel est tout simplement magique !

Le lac Nasser est très poissonneux et les fameux crocodiles du Nil y ont encore droit de cité. Certaines criques restent paradisiaques et la nature, totalement sauvage, est préservée.

Le temple de Kalabchah débute le programme des croisières, mais on peut s’y rendre également en voiture. C’est le premier temple à avoir été démonté lors du sauvetage des monuments de Nubie et déplacé de 40 km. L’actuel temple date de l’empereur Auguste, mais il fut élevé sur les restes de deux temples antérieurs. Il est dédié à Mandoulis, un dieu nubien qui intégra la légende osirienne.

Egypte Temple de Wadi El Seboua
Temple de Wadi El Seboua © shootdiem - stock.adobe.com

La navigation permet d’atteindre le temple de Wadi El Seboua. Son nom signifie « la vallée des lions », en raison d’une allée de sphinx. Le temple garde quelques jolis restes, dont une série de statues de Ramsès II.

Il faut marcher un peu dans le désert pour rejoindre le temple de Dakka, dédié au dieu Thot. De la terrasse supérieure du temple, la vue est panoramique sur le lac.

Le bateau fera ensuite escale au temple d’Amada, le plus ancien de toute la Nubie. Sur place, on visite également le temple de Derr et le tombeau de Pennout, tous déplacés pour être sauvés des eaux. Au milieu du lac, la citadelle de Qasr Ibrim ne se visite pas, mais on la voit depuis le bateau, c’était une place forte qui permettait de surveiller les expéditions dans la région.

Egypte Abou Simbel Temple de Ramses II
© tmatiplanas - stock.adobe.com

Puis on atteint la dernière escale, tant attendue. Les deux temples d’Abou Simbel se dressent en bordure du lac Nasser, absolument majestueux.

Le grand est le temple de Ramses II : le pharaon, un brin mégalo, y est présent partout, en façade, sur les colonnes et évidemment héros de toutes les fresques. Le petit temple est un hommage à son épouse tant adulée, Nefertari.

Le sauvetage de ces monuments a été spectaculaire : ils ont été découpés en 1 095 blocs, dont certains de 15 tonnes, qui furent déplacés 60 m plus haut. On vous recommande de visiter le site très tôt le matin (il ouvre à 6 h), si possible avant l’affluence touristique, l’idéal étant de passer la nuit dans un hôtel proche du site, la veille.

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