Un voyage dans les Small Isles

Forum Écosse

Nous découvrons un peu plus bas les poneys, descendants des poneys qui vivaient dans les Highlands et dans les îles à la fin de l’âge glaciaire. Ils n’auraient guère su

bi de croisements dans l’île.

U

ne petite averse de grésil, et nous descendons sur Harris.

Nous avions plusieurs raisons de nous rendre à Harris : traverser l’île et voir de plus près les sommets de l’île, alors que nous n’avions pu faire en 2013 que des promenades à proximité du loch Scresort sur le sentier de l’aigle et celui de la loutre. Mais il s’agit aussi de voir le mausolée de la famille Bullough, et, sur la recommandation du randonneur kayakiste rencontré en 2012 au bord du loch Hourn , retrouvé cette année dans l’île de Muck, de voir les deux niveaux de la plage de Harris, témoins des effets de la fonte de la calotte glaciaire qui recouvrait l’île .
Nous ignorions au départ l’intérêt des poneys de l’île de Rum. nous n’avons pas vu les “wild goats”. Une autre fois, peut-être…
Le mausolée de la famille Bullough est imité de l’architecture gréco-romaine, avec des colonnes doriques. Il est très incongru dans cet environnement. Peut-être le mégalomane Bullough songeait-il aux temples grecs de Delphes, ou de Sicile, d’où l’on voit au long la mer (ici, la mer est à proximité immédiate).Toujours est-il que ce mausolée est la seconde version du mausolée de la famille Bullough à Harris. La première version ayant été comparée par un visiteur sarcastique à un “lavatory” messieurs, George Bullough, vexé, l’aurait fait démolir. Il en subsisterait un mur. Nous l’ignorions. Si nous l’avions su ,nous l’aurions cherché .

On voit bien plusieurs niveaux (s’agit-il de ces témoins de la fonte de la calotte glaciaire et du soulèvement

de l’île?)

La rivière a-t-elle creusé cette gorge pour rejoindre la mer lorsque l’île s’est soulevée après la fonte de la calotte glaciaire?

Le mausolée et les Cuillins.

Photo prise près du mausolée.

Le mausolée, .

vu de face

Photo prise près du mausolée.

Une dernière photo de la baie de Harris, à une dizaine de kilomètres du port.

Nous ne sommes pas seules à Harris . Les dames qui prélevaient de la terre sont là, d’autres personnes aussi. Ce n’est pas la foule tout de même . Nous prenons le chemin du retour, sous un temps au beau fixe désormais jusqu’à notre retour en France. Nous revoyons les fameux poneys, puis le troupeau de vaches highlandaises. Le taureau est maintenant couché au milieu de la route. Visiblement, il garde son territoire. Je le contourne par derrière, saluant au passage un veau inoffensif ,couché lui aussi, mais à l’habit bien négligé. L’imprudente Théodorine, qui marche assez loin devant moi, est partie photographier le taureau. Il a soufflé , paraît-il. Ce n’est pas bon signe. Nous pouvons nous réjouir que l’affaire ne se soit pas terminée plus mal.
Revenues à la bifurcation (nous avons au passage jeté u nregard dans la direction de la baie de Kilmory , notre destination du lendemain) , nous contactons nos proches, puisqu’il y a du réseau (nous sommes à 150 mètres d’altitude, juste en face de Mallaig). J’apprends de Cyrus, très affecté ,que Lady Hamilton des gouttières a fugué, sans explication, et qu’elle ne lui a pas donné de nouvelles. Ses soupirants éplorés,en revanche , sont là . Je ne doute pas qu’ils ne trouvent matière à consolation grâce à la générosité de Cyrus qui tient pour eux table ouverte. Revenues à Kinloch , nous traînons un peu , puis nous rejoignons notre logis. La vue du réchaud continue à nous remplir d’une satisfaction intense.

Photo prise au même endroit que précédemment.

Le taureau est toujours là . Lors de notre premeir passage, il était debout et regardait la pente.

Un veau au pelage original.

Prudemment, j’ai pris la photo de (trop) loin.

Notre destination lendemain matin . Au fond les Black Cuillins de Skye.

La visite de Kinloch Castle doit conclure notre séjour dans l’île de Rum.

Pour notre dernier jour ,nous avons prévu de nous rendre le matin à Kilmory (16 kilomètres en aller retour) pour les cerfs et pour la vue sur les Black Cuillins. Le temps dans l’île de Canna ne nous a pas permis de l voir Skye aussi bien que nous aurions pu le souhaiter. Ellerestait grise et embrumée.Le temps ,cette fois-ci est fort beau et clair.
Nous nous levons plus tôt qu’ à l’accoutumée, profitant pour la seconde fois d’un petit déjeuner chaud . Notre plaisir tout de même est un peu gâché par la prise de conscience du fait que la cartouche de gaz est bien pleine. Il nous faut absolument résoudre ce problème au plus tard à Glasgow.D’autre part , en ce qui me concerne, j’ai un peu d’inquiétude pour une cheville, accidentée en randonnée à cause d’une racine de genêt traîtresse vingt ans plus tôt . J’avais continué à marcher pendant huit jours comme un dahu avec mon gros sac, méconnaissant les risques, et voulant ignorer la nature du mal, heureusement sans séquelles apparentes par la suite. Elle a commencé à se rappeler à mon bon souvenir la veille et je m’interroge sur la suite. Nous partons malgré tout tôt, avant huit heures, ,et d’un bon pas.

Un paysage de lande spongieuse caractéristique de l’île de Rum.

Depuis plus de cinquante

ans, des scientifiques mènent des recherches sur le comportement et la dynamique des populations de cerfs de l’île. Les cerfs ,qui avaient disparu de l’île de Rum à la fin du 18 ème siècle ont été réintroduits au milieu du 19è mesiècle pour le plaisir des chasseurs. Ils sont protégés dans le glen Kilmory.

Dès l’entrée du

glen, nous apercevons nettement les Black Cuillins.

Le programme de cette matinée nous paraissant un peu léger, nous faisons une petite incursion sur le chemin du glen Shellesder et de Guirdil bothy et nous grimpons hors sentier

une partie des pentes du Minishal. Nous abandonnons assez vite: le terrain est assez pénible à cause de la végétation ,et la vue ne se dégage pas suffisamment rapidement pour nous inciter à persister.

Nous rejoignons le glen Kilmory, et nous observons cette végétation caractéristique.

Très vite, nous découvrons les premiers cerfs.

Aussitôt, ils prennent la fuite.

Nous nous sommes observées de loin, et elle a fini par poser ,sur fond de Black Cuillins.

Quand nous arrivons à Kilmory, une bonne partie de la côte de Skye se dévoile à nos yeux. Tout à droite, c’est peut-être le Nord de la presqu’île de Duirinish.

J’ai regrettté de ne pouvoir les identifier avec certitude. S’agissait-il de la presqu’île de Duirinish?

Pas de doute cette fois: il s’agit bien des Black Cuillins.

A Kilmory, les cerfs sont partout. Nous les avons observés du haut d’un rocher, au dessous de nous près de la mer. Ils nous ont d’abord regardés avec inquiétude ,puis se sont habitués ànotre présence. Nous étions seules ,avec les cefs ,et seulement quelques voiles blanches à l’horizon

Théodorine, qui collectionne les sables , a voulu prendre un petit échantillon du sable rose de Kilmory. Nous avons vu alors d’étranges rochers.

Cette sublime plage de Kilmory, le lieu de pique nique préféré de la reine Elisabeth naviguant à bord du Britannia, était le lieu où lady Monica Bullough faisait laver son linge, jugeant que la lessive n’avait pas sa place à proximité du château. Le linge faisait donc le trajet entre Kinloch et la blanchisserie de Kilmory. La reine actuelle n’a apparemement pas été rebutée par le souvenir d’une activité aussi prosaïque.

Faute de yacht royal, après avoir fait un tour au vieux cimetière de Kilmory ,nous revenons, à Kinloch ,comme le linge propre et amidonné de Lady Monica, par le chemin du glen Kilmory et du glen Kinloch.Je traîne de plus en plus la patte sur le chemin du retour, ma cheville me fait souffrir, tandis que l’infatigable Théodorine rêve de faire ce chemin en courant. Nous remarquons quelques ajoncs en fleurs dans le glen Kilmory. Les boutons des rhododendrons commencent à s’entrouvrir à Kinloch ,au bord du loch Scresort.
Nous avons encore le temps ,avant l’arrivée du ferry de visiter le château de Kinloch et de reprendre nos sacs déposés dans la chaufferie du bunkhouse.
Nous commençons par attendre l’ouverture de la visite dans le jardin du château.

On voit ici , non seulement les Black uillins, mais les Red Hills.

Kinloch Castle est le château construit par George Bullough.

On comprend pourquoi George

Bullough a fait transporter 250000 tonnes de terre pour créer les jardins du château.

C’est le premier château que nous visitons en Ecosse. malgré plusieurs passages à Edimbourg, Nous n’avons pas visité les châteaux, préférant d’abord parcourir la ville. Nous les visiterions si nous y restions huit jours. Kinloch castle ne m’a guère séduite lors de mon premier passage dans l’île : je n’étais guère attirée par son style, et le mur du parc est plutôt délabré. Mais nous avons le temps nécessaire pour nous y intéresser cette fois-ci, et cette visite s’impose après celle du mausolée de Harris .Les heures et durée de visite sont d’ailleurs étudiées pour permettre à ceux qui repartent de ne pas manquer le ferry.La visite, après celle du mausolée ,et le voyage à Kilmory où lady Monica faisait laver son linge ,vaut la peine . Elle permet de mieux faire connaissance avec l’extravagant personnage qu’était George Bullough ,et finalement , c’est assez beau.
Contrairement à ce que nous pouvions supposer, il y a pas mal de visiteurs,qui se présentent: la plupart sont arrivés par le ferry, le jour même (le ferry passe ensuite à Canna et les récupère à son retour de Canna avant de repartir pour Mallaig). Ils se répartissent en deux catégories: des personnages plus ou moins crottés à gros souliers, comme nous , et des personnes âgées ou très âgées (quatrième et cinquième âge) dont certaines sont transportées par un véhicule électrique qui vient les prendre en charge au port. Seniors confirmées néanmoins valides (surtout Théodorine, puisque je boîte lamentablement après les 16 kilomètres du matin augmentés de quelques suppléments), randonneuses à la semelle douteuse, nous appartenons à ces deux catégories à la fois. Nous n’avons pas eu la possibliité de faire laver et amidonner nos vêtements à la blanchisserie de Lady Monica , et seul un oeil perspicace peut déceler notre élégance et notre distinction naturelle. On ous prie donc, à l’entrée d uchâteau ,comme l’ensemble des vulgaires walkers, barbares amateurs de hills ,de bogs ,et autres lieux bien différents d’une salle de bal, d’ôter nos chaussures et de mettre à la place des chaussons avant d’entrer ,et l’o n nous divise en deux groupes ,tant l’affluence est grande.

La salle des trophées de chasse et du piano.

L’île de Rum ,après l’échec de l’élevage des moutons ,est devenue un territoire de
chasse pour aristocrates (c’est le cas aussi ,je crois, de tous les lieux qui portent dans les highlands le nom de “forest”, même en l’absence de tout arbre ,et elle a finalement été achetée par John Bullough ,le père de George.
Le père et le grand père de George ont fait fortune dans l’industrie des machines textiles. George (1870- 1939), s’est signalé surtout par une remarquable aptitude à dépenser. La bibliothèque du château de Kinloch contient, paraît-il,des livres tachés d’encre révélateurs de son ardeur au travail pendant ses études. Il a ensuite manifesté un intérêt remarquable pour la chasse ,les courses de chevaux ,le cricket ,bref toutes les occupations dignes d’un personnage distingué ,passions qu’i l partageait avec la belle Monica de la Pasture (une sorte de bergère de Lammermuir, en somme, aimant les blanchisseries solitaires), une descendante d’aristocrates français immigrés ,qu’i lavait épousée après qu’elle eut divorcé d’avec son premier mari . Des mauvaises langues prétendent qu’elle aurait été la maîtresse d’une altesse royale, mais ce serait pure calomnie.Si george Bullough a été annobli, c’est parce qu’il mis son yacht, le Rhouma à la disposition de son pays au moment de la guerre des Boers et accueilli ensuite les blessés à Kinloch castle pour qu’ils s’y rétablissent. Ce furent les premiers occupants du château. Il s’est comporté également correctement pendant la première guerre mondiale, mais la guerre n’est-elle pas un loisir aristocratique tout comme la chasse?

Photo prise dans la salle du piano.

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