Randonnée dans les Highlands de l'Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest

Forum Écosse

Dans mon récit intitulé Dans les montagnes de l’ouest de l’Ecosse, j’ai raconté comment , pour notre premier voyage ,nous avions marché de Bridge of Orchy à Inverie, presque sans solution de continuité , avant de découvrir les Black Cuillins de l’île de Skye .
J’avais été un peu déçue par le West Highlands Way : une seule montée de col, c’était trop peu par rapport à nos habitudes de randonneurs familiers des Alpes et des Pyrénées . Trop de chemins par ailleurs ,et pas suffisamment de sentiers . Le parcours Glenfinnan Inverie était plus intéressant , mais nous avions tout au plus deviné l’emplacement du loch Arkaig en raison des conditions météorologiques ,et nous n’avions vu qu’une toute petite partie du loch Nevis lors de notre passage à Sourlies . Le plus beau moment de ce voyage avait finalement été la traversée d’Inverie à Mallaig, avec passage par Tarbert , qui nous avait permis de profiter du spectacle de montagnes dominant la mer . Nous avions apprécié l’isolement du Knoydart lors de ce premier voyage , j’avais repéré sur ma carte Ordnance Survey l’existence d’un sentier conduisant d’Inverie à Kinloch Hourn en longeant le loch Hourn à partir de Barrisdale et j’avais regretté que nous ne puissions nous y intéresser , à moins de renoncer à tout passage dans l’île de Skye .
Un an plus tard, je suis tombée par hasard sur le récit d’une Suissesse qui avait parcouru seule le Cap Wrath Trail . J’ai ainsi découvert l’existence de cet itinéraire , bien que ce terme d’itinéraire ne soit pas exact . L’objectif du Cap Wrath Trail , c’est en effet de traverser les Highlands de Fort William à l’extrême Nord de l’Ecosse . Libre à chacun , en fait, de choisir son parcours , en fonction de ses préférences ou de ce qui lui paraît faisable . L’Ecosse n’a pas l’équivalent de nos grands GR jalonnés de refuges gardés . Les “Long distance walks” pour reprendre les termes du site Walkhighlands que je ne connaissais pas à cette époque, ne sont pas du tout obligatoirement des itinéraires balisés . Ils peuvent emprunter des “tracks” ,c’est-à-dire des chemins plus ou moins carrossables, des “paths” , c’est -à - dire des sentiers qui peuvent dans certains cas n’être qu’un pointillé sur la carte , utile en ce sens qu’il indique une direction, ou comporter des sections hors sentiers qui peuvent étre pentues ,plus ou moins glissantes ou le plus souvent très spongieuses . Il existe des "long distance walks " sans surprises autres que celles que réserve la météo ,comme le West Highlands Way ou le Great Glen Way, bien balisés et qui n’empruntent guère que de vrais chemins . Mais ce n’est pas le cas du Cap Wrath Trail où le hors sentier dans la lande spongieuse n’est pas rare , où il faut franchir des gués, où les abris sont très rares ,de même que les points de ravitaillement . Les clearances ont fait des Highlands un grand désert où l’aventure commence dès que l’on s’éloigne du bitume , d’autant plus que souvent il n’y a pas de couverture réseau . Nous avions l’habitude, avec celui que j’appelle dans mes récits Robin Hood de Fontainebleau Sherwood ,un encadrant bénévole du Club Alpin Français , de faire beaucoup de hors sentier et de bivouaquer sous la tente ou à la belle étoile , de mon côté je construisais souvent mes itinéraires à partir des cartes lorsque je partais à deux ou en tout petit groupe . L’idée du Cap Wrath Trail ne pouvait que me séduire , d’autant plus qu’il s’agit d’une idée que chacun peut concrétiser à sa maniière .

A suivre

Nous étions quatre à marcher de Bridge of Orchy à Inverie , tous les quatre issus du même groupe de randonneurs grimpeurs de la forêt de Fontainebleau, celle que j’appelle Théodorine , à cause de Théodore Monod , parce qu’elle est naturaliste de formation, l’Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches , l’une des plus anciennes membres de la bande de notre Robin Hood , où je fus admise en 1979, bien qu’elle soit plus jeune que moi , et mon Cyrus Smith privé, un vrai génie du bricolage , qu’il pratique moins pour son utilité que parce qu’il a pour lui sa fin en lui-même . J’étais la quatrième, la plus mauvaise sur le terrain , mais je suis très à l’aise lorsqu’il s’agit de construire un itinéraire à partir de cartes ou d’étudier les possibilités offertes par les transports en commun .
Le projet de repartir en Ecosse prit forme à l’automne 2011 .L’Archiduchesse avait jugé la traversée du Knoydart un peu trop pénible . Elle n’était pas partante pour une nouvelle aventure . Je lui trouvai un remplaçant, un autre encadrant du Club Alpin Français qui assistait ou remplaçait notre Robin Hood , ,ayant l’expérience de l’alpinisme , que j’appelle dans mes carnets de voyage “notre Whymper”. Nous serions donc quatre , encore presqu’ infatigables . Je voulais que nous soyons quatre , pour qu’en cas d’accident , jamais personne ne se retrouve seul , mais que quelqu’un puisse rester avec la personne accidentée et les deux autres partir chercher du secours .

A suivre

Le principe d’une seconde randonnée en Ecosse étant posé, il fallut choisir la date . En 2010 , nous avions marché durant la première quinzaine de Juin . Avec le recul, je pense que nous avions bénéficié d’un beau temps exceptionnel mais nous avions subi un jour une sévère attaque de midges . Donc décision a été prise de partir pendant la seconde quinzaine d’Avril et de terminer début Mai .
Il restait à déterminer l’itinéraire . Pour notre première randonnée, en guise de documentation , je n’avais guère que les cartes . Le topoguide du West Highlands Way n’était pas parvenu avant notre départ à la librairie du Vieux Campeur . En Avril 2012 , j’avais trouvé le livre intitulé North to the Cape . A trek from Fort William to Cape Wrath ayant pour auteurs Denis Brook et Phil Hincliffe mais l’ itinéraire décrit passait au départ par le Great Glen, plus à l’Est que je ne le souhaitais ,alors que je voulais voir des lochs maritimes. D’autre part, il ne comportait pas suffisamment de cols à mon gré . J’examinais alors si nous ne pourrions pas repartir du Knoydart*, plus précisément d’Inverie pour progresser ensuite vers le Nord après avoir longé le loch Hourn à partir de Barrisdale . Mon problème était de savoir où passer après Kinloch Hourn . J’envisageais diverses possibilités, dont celle de passer par le loch Quoich puis de rejoindre Cluanie Inn . Je cherchais malgré tout s’il n’y aurait pas de solution plus directe (je crois bien que Bonnie Prince Charlie en avait trouvé une après Culloden ). Je découvris finalement une réponse à la question que je me posais dans la lecture d’un blog intitulé "My walking world de David Preston "Backpacking Inverie to Shiel Bridge
Il y avait là une description précise et bien illustrée du passage du loch Hourn au loch Duich par le bealach Coire Mhalagain dans la presqu’île de Glenelg. Nous commencerions donc par là . Après , nous aviserions au fur et à mesure , en fonction de notre vitesse de progression , car nous avions toutes les cartes nécessaires et j’avais étudié plusieurs options entre lesquelles nous pourrions choisir le moment venu . Finalement , nous sommes allés d’Inverie à Poolewe en passant par Torridon et Kinlochewe . J’ai fait un récit de cette aventure dans mon carnet de voyage de 2012 intitulé *Randonnée d’Inverie à Poolewe *, mais sans possiblité d’y insérer des photos . C’est la raison pour laquelle j’ai jugé utile de reprendre ce texte avec les modifications qui me paraissent nécessaires .

*Le passage par le Knoydart est peut-être devenu aujourd"hui l’itinéraire le plus classique du Cap Wrath Trail ,depuis la publication du livre de Iain Harper Walking the Cape Wrath Trail mais il n’était pas encore paru en 2012 .

Peu de temps avant notre départ pour l’Ecosse sauvage, je reçus un coup de téléphone d’une personne mandatée par la mairie de Paris (je n’ai pas vérifié ) me proposant un dispositif d’alarme, propre à rassurer une personne de mon âge, qui me permettrait d’alerter les secours (pompiers, voisins ) en cas d’accident , en quelque lieu que je me trouve . J’ eus le plus grand mal à lui faire comprendre que cela ne m’intéressait pas , que j’affectionnais tout particulièrement les lieux peu accessibles où la couverture réseau était inexistante . Cette proposition me mit en joie . On ne m’a plus jamais rien proposé depuis .

Avant de commencer le récit, je crois utile de préciser le matériel emporté .
Notre Whymper avait une tente légère , Théodorine aussi , une MSR achetée pour la circonstance, par correspondance, pour laquelle elle avait reçu en prime un reblochon . Elle vint sans le reblochon, dont profita vraisemblablement son époux. Le reblochon a disparu, mais la tente est encore en service à ce jour .
En ce qui me concerne, je ne voulus plus de la vieille tente canadienne de Cyrus emportée en 2010 ,achetée des dizaines d’années auparavant au Vieux Campeur , remarquablement solide, mais dont la fermeture éclair présentait une défaillance qui contraignait les occupants à ramper de façon humiliante pour entrer et sortir . J’achetai donc une tente MacKinley Venture 3 de 25 kilos, avec deux absides dont une très grande . Il pleut dans les Highlands Nous pouvions cuisiner à l’abri , ce “nous” collectif étant incarné par le seul Cyrus, en sa qualité de Vatel de nos randonnées bivouac particulièrement soucieux de ne manger que des pâtes al dente. Mais elle nous permettrait aussi de nous réunir tous les quatre le soir à l’abri des intempéries, pour discuter du jour suivant , et même chanter à plusieurs voix . Cyrus, qui sentait naître en lui une vocation de chef de choeur de randonneurs, était venu avec un lot de partitions, avec en particulier les Nocturnes de Mozart .
Les contrôles de 2012 n’étant pas ce qu’ils sont aujourd’hui (ou est-ce parce que nous prenions un bus Eurolines ? ) , nous avions non seulement réchaud et opinel ,mais aussi des cartouches de gaz . Nous pourrions ainsi nous rendre le plus directement possible de Paris à Inverie
Les points de ravitaillement étant rares sur notre route et la poste-épicerie d’Inverie étant vraisemblablement fermée à notre heure d’arrivée , nous partirons de France avec trois
bonnes journées de ravitaillement, notamment 3,4 kg de fruits secs et 8 paquets de Wasa. Pas de lyophilisé, cher et peu gatronomique, mais de la purée, des pâtes, du muesli, et deux grosses boîtes d’un générique de Vache qui rit (la gestion du stock est très facile: deux vaches qui rit par personne et par jour). En revanche , pas de fonds de placard périmés comme en 2010 où j’avais eu la déception de m’apercevoir le premier soir que le vieux paquet de céréales, surplus d’une randonnée de notre Robin Hood, découvert grâce à une fouille archéologique , , était devenu impropre à la consommation .
Nous prenons des pilules pour traiter l’eau .
Nous prenons nos vêtements de montagne habituels et des bâtons de marche, bien utiles pour passer les gués et indispensables pour sonder les tourbières (ou s’en extraire …)
J’ai choisi de prendre un ciré (lourd, mais étanche). Mes compagnons
verront leurs vieux gore-tex réimperméabilisés se transformer en
passoires après le second jour de pluie.
Nos sacs sont lourds (plus de 15kg au départ avec le matériel de
camping et le ravitaillement). Nous ne sommes pas adeptes de la
randonnée ultra-légère MUL, mais des mulets à l’ancienne.
Les moyens de transport:
Je donne les prix de l’époque
Paris Londres aller-retour en autobus Eurolines 70 euros par personne.
4 pass ferroviaires euroflexipass pour 3 jours de libre circulation sur
tout le réseau britannique (nous aurons droit en prime à un 4ème jour
pour période creuse: 130 euros par personne) Nous prendrons les wagons-lits du Caledonian Sleeperentre Londres et Glasgow et Edimbourg et Londres: 65 euros pour chaque trajet par personne, soit un budget train +bus eurolines de 330 euros
par personne . Il faudra y ajouter 10 livres par personne de traversée
en bateau Mallaig-Inverie par Sea bridge Knoydart un court trajet en
bus Shiel Bridge - Kyle of Lochalsh, et au retour le trajet en bus Poolewe-Inverness .
En 13 ans , le prix des transports n’a pas explosé pour nous parce que nous ne prenons plus le Caledonian Sleeper. Nous prenons des billets Eurostar suffisamment longtemps à l’avance et nous voyageons de jour . Mais pour le prix des pass ferroviaires de 2010, nous n’avons plus désormais que deux jours de libre circulation et plus de prime d’une journée pour période creuse .
Nous sommes fort chargés , nos sacs font au départ plus de 15 kilos . Nous ne sommes pas des randonneurs MUL mais des mulets et des mules à l’ancienne, de ceux qui , dit-on , ont permis de gagner la bataille du Mont Cassin.

A suivre

Le jour du départ , nous nous retrouvons tous les quatre à la gare routière de Paris Galliéni, à l’atmosphère assez glauque, mais d’un confort remarquable si on la compare à celle de Hanovre, par exemple, où l’on peut attendre le bus sous la pluie et en plein vent. J’ai choisi des trajets comportant une traversée en ferry. Je n’aime pas la traversée par letunnel : on doit rester à l’intérieur du le bus qui lui-même est enfermé dans une sorte de container ,si bien que l’on a vraiment l’impression d’être un poisson dans une boîte de conserve.Sur le ferry, on peut tester les gâteaux anglais, observer les évolutions des oiseaux de mer, et le trafic de la Manche. Un peu long cependant. La prochaine fois, si prochaine fois il y a, nous pensons prendre Eurostar.

Photo Cyrus

Photo Théodorine


Notre Whymper ,Théodorine et moi .
Photo Cyrus


Falaises de Douvres . Photo Whymper

Fin de la traversée
Photos Théodorine

A suivre

Le passage à Londres sera peu agréable: nous aurons du mal à trouver le métro à London Victoria, nous mettrons beaucoup de temps à acheter des tickets de métro, la connaissance de la langue anglaise et de Londres de l’Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches nous manque . Nos énormes sacs auront du mal à se caser dans les voitures du métro londonien, bien moins spacieuses que celles de laRATP, et le fastfood graillonnant de London Euston nous laissera des souvenirs plus persistants que souhaité . Seul épisode amusant dans le style de Jacques Tati, l’attente sur un banc devant les toilettes: elles sont payantes, il y a des tourniquets mais certains ne fonctionnent pas . Il faut avoir la monnaie, et il y a des appareils pour changer la monnaie, mais tous sont en panne. Il y aussi un tourniquet ouvert. Les mauvais plaisants désoeuvrés que nous sommes vont passer une bonne demi - heure à observer la conduite des Britanniques qui passent, qui se font prendre au piège, et restent beaucoup plus disciplinés que les Parisiens. Un seul d’entre eux passera par le passage resté ouvert.

Nous passerons la nuit dans un vrai lit dans le Caledonian Sleeper . Les compartiments des gentlemens sont séparés de ceux des ladies . Les couloirs sont étroits, mais nous sommes dans un wagon - lit . Il ya même un lavabo et même une serviette de toilette offerte . C’est le luxe, d’autant plus que le matin nous avons droit à un café ou à un thé accompagné d’un shortbread !


Photo Théodorine


Le compartiment de ces messieurs .
Photo Whymper


Moi, Calamity, veillant sur le fourbi collectif à la descente du Caledonian Sleeper .
Photo Whymper

A Glasgow, il pleut et nous devons changer de gare . Nous prenons cependant le temps de saluer la statue de Walter Scott placée au sommet d’une colonne dans le square situé à côté de la gare et très vite, nous prenons le train pour Mallaig .

George Square et la colonne de Walter Scott . Pour l’importance historique de Walter Scott, voir le carnet de voyage précédent intitulé Dans les montagnes de l’Ouest de l’Ecosse

Photos Théodorine


Photo Cyrus

A suivre

La ligne Glasgow Fort William Mallaig que nous allons emprunter a pour appellation officielle "West Highlands line " . On l’appelle aussi la ligne de chemin de fer jacobite parce qu’elle traverse entre Fort William et Mallaig des lieux qui ont été fréquentés par Charles Edouard Stuart, "Bonnie prince Charlie ", fils de celui que ses partisans nommaient Jacques III d’Angleterre et d’ Irlande et Jacques VIII d’ Ecosse, mais c’est aussi la ligne de chemin de fer que les aventures d’ Harry Potter ont rendue célèbre . Lors de notre premier voyage , deux ans auparavant , nous l’avions empruntée seulement entre Glasgow et Bridge of Orchy et Fort William et Glenfinnan . Cette fois-ci, nous allons la suivre pour la première fois dans son intégralité .

Il pleuvait à Glasgow mais nous aurons de la chance après notre départ . La pluie cesse rapidement . Nous longeons d’abord l’estuaire de la Clyde avant de suivre la rive Est du Gare loch

Estuaire de la Clyde

Dumbarton

Estuaire de la Clyde . A l’horizon à gauche, Port Glasgow et Greenock . A droite l’entrée du Gare Loch

Gare loch
Nous remontons le Gare loch jusqu’à son extrémité et nous rejoignons peu de temps après la rive Est du très beau loch Long, un véritable petit fjord dominé à son extrémité Nord par les Alpes d’ Arrochar

Loch Long

Loch Long et Alpes d’Arrochar .
Très peu de temps après avoir atteint l’extrémité du loch Long, la voie ferrée suit la rive Nord Ouest du loch Lomond

Nous longeons le loch Lomond dominé par le Ben Lomond enneigé .

A l’extrémité du loch Lomond, nous entrons dans le glen Falloch , que nous allons remonter jusqu’à Crianlarich où se séparent deux branches de la West Highland Line , la branche de l’ Ouest dessert Oban . Notre train prend la branche Nord ,en direction de Fort William .

Crianlarich
Photo Cyrus

Nous poursuivons notre route jusqu’à Tyndrum puis Bridge of Orchy . Certains paysages ne m’évoquent mes Highlands cantaliennes .

Tyndrum

![IMG_0163 - Copie Vu du train près de Tyndrum_|690x372

(upload://hMlpIw2Petgp8ajcaVDESrevPN1.jpeg)

La voie ferrée longe la route Glasgow Fort William ainsi que le West Highlands Way sur lequel nous avons tout loisir, en raison de la lenteur du train, d’observer des randonneurs jusqu’à Bridge of Orchy .

A suivre

Deux ans plus tôt , comme je l’ai exposé dans mon récit intitulé Dans les montagnes de l’Ouest de l’Ecosse, nous sommes descendus à la gare de Bridge of Orchy , transformée en 2012 en dortoir pour les randonneurs qui parcourent le West Highlands Way . En témoignent à gauche de la photo les chaussures mouillées en train de sécher .

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Cette fois-ci , au lieu de partir à pied vers le Nord en direction de Glencoe (on pourrait d’ailleurs s’y rendre par un bus Citylink, nous continuons vers le Nord Est . C’est un parcours très intéressant parce qu’on traverse une zone très sauvage ,Rannoch Moor , qui n’est (très partiellement ) accessible que par une route en cul-de -sac desservant la gare de Rannoch Station.
Il s’agit là d’une région extrêmement marécageuse , qui peut être très dangereuse dont l’observation m’est fort utile quand j’emprunte ce tronçon de la ligne . Cela donne des indications sur l’état du moment de l’immense éponge saturée d’eau que sont les Highlands.


Loch Tulla

Entre Bridge of Orchy et Rannoch Station

“Bog” écossais . Pour les amateurs …
La voie ferrée (la ligne est à voie unique )est construite sur la tourbière . Le train roule lentement (crainte de voir la voie et la rame s’enfoncer dans la tourbière

Je donne d’aussi nombreuses photos de ce parcours parce qu’elles donnent à voir l’incroyable spongiosité des terrains des Highlands qui constituent, avec une météo qui peut être vraiment difficile , et des pentes raides fort glissantes , la principale difficulté de la
randonnée en Ecosse lorsqu’on se risque hors des grands itinéraires balisés n’empruntant que des tracks ou des sentiers très aménagés.

A suivre

Après avoir dépassé Rannoch Station , nous poursuivons notre route en passant par Corrour Station, la gare la plus isolée du Royaume-Uni, située près du loch Ossian et le loch Treig.

Corrour Station, la gare de Poudlard pour les lecteurs des aventures d’ Harry Potter, n’est pas accessible par la route . Un long itinéraire qui doit poser pas mal de problèmes, en raison de l’isolement et de la spongiosité du terrain la relie à l’extrémité du glen Nevis . Le loch Ossian (du nom du barde Ossian ?), entouré d’une forêt , est visible au loin sur cette photo prise l’année suivante . Il existe une auberge de jeunesse isolée, accessible à pied à partir de la gare , à proximité immédiate du loch Ossian . Pour les amoureux du bog et de la solitude .
David Balfour, le héros de Stevenson , fuit les Redcoats dans cette lande spongieuse , avant de trouver refuge dans la cage de Cluny, sur les pentes du Ben Alder, d’où l’on domine le loch Ossian .


Je pense que les montagnes enneigées situées au loin font partie du massif du Ben Nevis .

Loch Treig


Loch Treig
Le loch Treig est un lac de barrage .

Quuelque temps plus tard, nous retrouvons la civilisation à Spean Bridge, dans le sillon calédonien qui relie Inverness à Fort William ,occupé par l’interminable loch Ness et le loch Lochy . Nous longeons le massif du Ben Nevis .


Peu après , nous arrivons à Fort William

A suivre

La section suivante de la ligne Glasgow Mallaig est beaucoup mieux connue de ceux qui veulent visiter l’Ecosse . Le célèbre train à vapeur que les fans d’Harry Potter vont voir passer sur le viaduc de Glenfinnan (pour Glenfinnan et son viaduc, voir Dans les montagnes de l’Ouest de l’Ecosse ) limite son trajet à la section Fort William Mallaig . J’ai vu ce fameux train à chacun de mes passages sur la ligne Glasgow Mallaig ,que ce soit en gare de Fort William, à Mallaig , ou en le croisant .
Peu après avoir quitté Fort William ,nous franchissons le canal calédonien qui permet d’aller de Fort William à Inverness en reliant les grands lochs .

Nous effectuons à nouveau le trajet Fort William Glenfinnan comme en 2012 mais nous poursuivons au delà en longeant une série de lochs .


Eigg à gauche, Rum au centre , à droite la pointe de Sleat ,qui fait partie de la côte syd de Skye vues d’Arisaig .

Nous arrivons à Arisaig d’où se découvre à nous une vue extraordinaire sur Eigg et Rum qui font partie des Small Iles , et sur l’île de Skye .
Peu de temps après, c’est Mallaig, où nous descendons du train et où la grande aventure va commencer , avec la traversée du loch Nevis pour rejoindre Inverie, le point de départ de cette randonnée qui va nous conduire jusqu’à Poolewe .

A la gare de Mallaig
A droite , Théodorine , masquée par son énorme sac, le sac de Cyrus , abandonné sur le sol , avec son demi-matelas mousse (c’est plus léger ) Au premier plan à droite, l’ombre de notre Whymper , considérant la scène avec un regard gogueard, au premier plan , moi, Calamity , fort occupée avec mon sac ou mes lacets de chaussure . Le sac plastique doit contenir nos vivres qui doivent tenir au minimum jusqu’à Shiel Bridge .

Photo Cyrus

A suivre

A Mallaig, Whymper et Cyrus auront la chance d’apercevoir un phoque, attiré par l’arrivée d’un bateau, mais apparemment déçu par l’absencde poisson. Nous nous promenons près du port en attendant l’arrivée de notre petit bateau pour Inverie. Vraiment, un petit bateau une douzaine de mètres de long).Nous avons dû réserver en téléphonant de Paris auprès de la compagnie Seabridge Knoydart dont je ne suis pas sûre qu’elle assure un trafic régulier avec Inverie .En 2010 comme en 2019 , nous avons voyagé avec la compagnie Western Isles . Nous serons cinq passagers et un container. Il y a là une dame qui voyage avec des plantes et en particulier plusieurs caisses de pins destinés à la plantation et il ne reste plus beaucoup de place. Nous ferons la traversée du Loch Nevis en nous tenant au bastingage, au milieu des embruns. La brume nous empêchera cette fois-ci de voir le sommet du Sgurr na Cicche, le “Cervin de Knoydart”. En revanche, nous verrons très bien le Sgurr na Choinnichean, qui chapeaute curieusement Inverie.


De gauche à droite : Théodorine , notre Whymper avec les provisions, et moi Calamity .
Photo Cyrus

Juste en arrière de la cabane de Knoydart ferry, on aperçoit la publicité pour le pub d’Inverie .

Le centre de Mallaig ,tout proche de la gare et du port .

Photos Cyrus

Photo Théodorine

A suivre

Ce bateau est un petit peu trop petit pour nous .

Le ferry pour Skye

Notre bateau , avec le container destiné à l’épicier d’Inverie .

L’espace intérieur pour les passagers

Théodorine et moi , assises à côté du container , admirant le loch Nevis

![Ecosse (82)|666x500](upload://gfiKu8sEg2f0tJhTP8yuzI9DVPT.jp

Inverie , au pied du Sgurr na Choinnichean

Inverie , capitale du Knoydart
Deuxième maison à gauche : le pub .
Le véhicule rouge est en stationnement devant la poste-épicerie

A l’arrivée

Photos Cyrus

A suivre

Le débarquement du container de l’épicier a été un peu laborieux. Mais toute la vie locale dépend ici du ravitaillement par la mer.
Revenir à Inverie, c’est pour nous un pélerinage. J’en rêvais depuis deux ans. cette fois-ci, l’atmosphère est printanière, il y a des jonquilles, des poules près du port. Aucun touriste. Le pub The old Forge, où sont bienvenus les randonneurs, les kayakistes, les musiciens, les anarchistes, et les politiciens est toujours là. Nous nous rendons d’abord au Bunkhouse. Pas de midges cette fois-ci sur le parcours, sublime avec lavue sur les Cuillins de Rum. Près du Bunkhouse, des chevaux. Sur la porte, une affiche. Il y a deux ans, c’était “keep the door close for the midges”, cette fois-ci, c’est “keep the door close for the birds”.D’après l’affiche, les oiseaux entrent dans le Bunkhouse, parce qu’ils ont faim, et ils se blessent parce qu’ils deviennent fous à l’intérieur. Il n’y a personne pour nous accueillir, seulement un mot aimable: inscrivez-vous, faites comme chez vous, et payez en mettant l’argent dans la boîte. Il y a une bibliothèque dans le dortoir (nous ysommes seuls), un cheval viendra nous observer par la fenêtre.


Le bunkhouse . L’accueil est au fond

Notre dortoir en 2012 . Les dortoirs portent les noms des sommets du Knoydart .

La cuisine , en 2012

Photos Cyrus

Nous continuons notre pélerinage en allant manger au pub un repas du soir anticipé . Nous allons passer devant la cabine téléphonique, puis la poste ,avant d’arriver au pub .

Photo Théodorine

Devant la poste . Photo Théodorine

L’entrée du pub .
Photo Cyrus

Nous sommes fort bien accueillis au pub , et c’est très bon , comme en 2010 . Nous y buvons de l’excellente ale . Je commande pour ma part de la bière des "Seven Men " , en souvenir des sept hommes qui avaient lutté pour s’emparer des terres de lord Brocket ,le lord nazi propriétaire du territoire .

A suivre

Le repas terminé, comme nous avons du temps devant nous , nous décidons de faire une promenade au dessus du village . Mais notre départ est retardé par Cyrus, grand ami de tout ce qui porte poils ou plumes qui va entrer en longue conversation avec un chien puis des poules .Fort heureusement ,il ne dispose pas de nos provisions, et ne peut donc les dilapider en les offrant à ses nouvelles relations.

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Photo Whymper

Notre promenade va nous conduire dans un bois, d’où nous aurons une vue intéressante sur la baie mais nous n’apprécions pas trop de voir sortir de terre de nouvelles constrictions dont nous craignons qu’elle ne dégrade la beauté des lieux

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Enfin , nous rentrons à notre gîte , profitant de la très belle lumière du soir .

Photo Whymper

PhotoThéodorine


A l’arrière-plan , les Cuillins de Rum . Photo Théodorine

Le lendemain doit être le jour du grand départ .

A suivre

Nous avons passé une bonne nuit dans nos lits du bunkhouse de la Fondation Knoydart . Nous quittons notre gîte vers 9 heures car il nous est toujours difficile de nous lever très tôt et de nous préparer rapidement, en renonçant à nos conversations matinales agrémentées de plaisanteries sur les sujets les plus divers . Nous prenons pour partir le même chemin que celui par lequel nous étions arrivés en 2010 de Glenfinnan par Strathan à l’extrémité du loch Arkaig et Sourlies bothy tout au fond du loch Nevis et nous arrivons à un poteau indicateur .


Ce poteau comporte une mise en garde . Nous sommes informés pour le cas où nous l’ignorerions que nous entrons dans une zone potentiellement dangereuse , que nous devons être expérimentés, équipés de façon adéquate et capables de nous débrouiller sans assistance (il n’y aura pas de couverture réseau ) . La bifurcation se situe sensiblement plus loin .
Une fois n’est pas coutume, je vais donner un schéma de l’itinéraire que nous allons suivre jusqu’à Poolewe .Il est l’oeuvre de notre Whymper . *

map

Nous passons un portillon .

Photo Whymper

Adieu au monde civilisé et en route pour l’Aventure !

  • Par souci de l’exactitude historique, je précise que cet itinéraire est le résultat d’une série de choix effectués au gré des circonstances comme on le verra au cours de ce récit .

A suivre

Première partie . D’Inverie à Ratagan

D’Inverie à Barrisdale

Début de matinée idyllique à Inverie. Il fait beau, alors que la météo n’annonçait rien de bon et qu’elle prévoit des “thunderstorms” pour le troisième jour. Les oiseaux chantent. Nous entendrons souvent le coucou.Quelques moucherons volètent, mais ce ne sont pas des midges. Nous gagnons le sentier d’abord commun au Mam Meadall et au Mam
Barrisdale, passons au pied du monument de la famille Brocket,celledu lord sympathisant du nazisme jadis propiétaire des lieux maintenant détenus par la Fondation Knoydart . Ce passage nous avait paru beaucoup plus long il y a deux ans, à la fin d’une longue étape, et il y avait des midges.

Photo Cyrus

Deux cimetières ?
Photo Théodorine


Regards en arrière . Au fond la baie d’Inverie sur le loch Nevis

Monument de la famille Brocket . C’est après le monument que les itinéraires pour Sourlies Bothy, Strathan (à l’extrémité du loch Arkaig) puis Glenfinnan * et Barrisdale se séparent . La branche de droite rejoint Sourlies bothy par le mam Meadail, la branche de gauche que nous allons prendre rejoint le loch Hourn à Barrisdale .

  • Voir *Dans les montagnes de l’Ouest de l’Ecosse

A suivre

Nous empruntons donc le glen An Dubh Lochain en remontant le cours de la rivière inverie . C’est d’abord un large chemin semi-carrossable , un “track” parfois boueux ou carrément interrompu par une très grande flaque qui nous contraint à marcher au bord sur la pente .
Nous constatons aussi que les berges de la rivière semblent souffrir de ses crues

A droite le glen Meadail, à gauche le glen An Dubh Lochain

Dans le glen An Dubh Lochain . Le col vers lequel nous nous dirigeons est le glen Barrisdale

Photo Whymper
Dans le glen An Dubh Lochain . Au loin, le col vers lequel nous nous dirigeons, le Mam Barrisdale .

A suivre

Nous continuons à remonter la vallée et nous arrivons à un petit loch, le loch An Dubh Lochain . Notre chemin parfois coupé par une mare, va le longer jusqu’à son extrémité .


Photo Whymper

Photo Whymper


A l’horizon, Mam Barrisdale et Luinne Bheinn


En regardant vers l’aval . Photos Cyrus

Photo Théodorine

Luinne Bhein
Nous faisons une halte pour observer un étrange rocher plissé .


Théodorine va observer de près le rocher
Photo Whymper


Photo Théodorine
On peut comparer ce rocher avec celui que nous avions vu deux ans plus tôt au cours de la descente dans le glen Meadail .

Photo Cyrus

Après le loch , le chemin fait place à un sentier qui s’élève peu à peu vers le col .
Nous nous arrêterons pour manger au dessus du Loch Dubh-Lochain,
un peu avant le col, dans la pente. Lorsqu’un groupe, même réduit
s’installe, déballe son sac pour s’habiller, trouver de quoi manger, le
coin de montagne se transforme aussitôt en capharnaüm, ce dont je fais
une fois de plus la remarque, bien que j’aie une bonne part de
responsabilité dans l’affaire. C’est habituellement, pour Robin
de Fontainebleau-Sherwood et les esprits les plus éclairés par les
lumières de la science de sa bande, l’occasion de déplorer la
croissance de l’entropie dans l’univers, mais notre Whymper nous
informe que l’on vient enfin de capturer un démon de Maxwell! Nous
pourrions donc enfin espérer la fin du désordre, si tant est que ce
démon de Maxwell puisse être bienfaisant, mais nous approchons du Loch
Hourn, le loch de l’enfer en gaélique, d’après ce que j’ai lu, un loch
qui aurait,lui, un monstre authentique, pas un monstre de pacotille
comme celui du Loch Ness.Je ne suis donc pas sûre que tout ceci soit de
bon augure, je n’oublie pas la prévision météo de “Thunderstorms”
que j’ai lue à Paris avant le départ.

Dans l’ascension du col

Pause repas près du col


Arrivée au col .
Photo Whymper

Cyrus au col
Au loin le Saadle

A suivre

La fin de l’ascension du col ( 449 mètres d’altitude a été agrémentée d’une petite averse .Initialement, je pensais que nous pourrions envisager un petit aller-retour sur les pentes du Luinne Bheinn qui culmine à 938 mètres, selon la carte Harvey au 40000ème que j’ai achetée en 2010 à Fort William et sauvée de la tourbière de Sourlies (une très bonne carte, plastifiée, qui ne fond pas sous la pluie , et que j’apprécie beaucoup, d’autant plus qu’elle comporte aussi le loch Quoich et une bonne partie de l’itinéraire du Glen Affric Kintail Way, mon projet actuel .Nous avons au col une véritable impression de montagne, alors que nous sommes à moins de 500 mètres .Mais la température et la visibilité ne nous donnent pas l’envie d’explorer les pentes de la montagne . Nous aurions eu tort de nous plaindre de conditions météo défavorables . Nous sommes un 20 Avril et il ne serait pas du tout étonnant de recevoir une averse de neige .Nous décidons sans tarder de descendre sur la baie de Barrisdale au bord du loch Hourn, le loch de l’Enfer.

Tout au fond, le Saadle . Nous passerons le surlendemain un col situé à droite .

Photo Whymper . Au bas de la descente, la baie de Barrisdale


Photo Whymper

Débouché du glen Undalainn ? Le glen Undalainn est emprunté par les marcheurs du Cap Wrath Trail venant de Sourlies Bothy , qui veulent éviter Inverie et remontent le cours de la rivière Carnach avant de rattraper un sentier qui conduit de Barrisdale au loch Quoich .

Glen Barrisdale . Un sentier empruntant le glen Barrisdale permet lui aussi de rejoindre le loch Quoich . Le secteur du loch Quoich est , avec l’île de Rum , l’endroit le plus pluvieux d’Ecosse (3 mètres d’eau par an ) . La route de Kinloch Hourn dessert également le loch Quoich .

Nous arrivons maintenant au terme de la descente, à Barrisdale .

Photo Cyrus

A suivre

A Barrisdale

Arrivés à Barrisdale,*1 où se trouvent à la fois bothy et campsite, nous délibérons pour savoir si nous allons plus loin. Notre Whymper et moi-même, nous souhaiterions continuer pour abréger l’étape suivante, d’autant plus que nous entendons le bruit d’un groupe électrogène. Il y a déjà une tente sur le terrain de camping officiel (une livre la nuit), et le bothy est déjà plein, mais Cyrus veut absolument que nous testions sans tarder le montage de la tente que je viens d’acheter et nous nous inclinons.
Séance de montage de tentes. Pas trop de problèmes pour la tente neuve, malgré une toile très tendue et des arceaux qu’il faut courber dangereusement, Cyrus fait des réflexions dubitatives sur la finesse des ficelles et des sardines de la tente ultra-légère de notre Whymper ,mais c’est la tente de Théodorine qui donne du souci . La toile, récemment lavée, semble avoir rétréci, un arceau casse, le plus important, et cela dès le premier soir ! Est-ce la malédiction du Loch Hourn ? La catastrophe pourtant, n’est pas totale, ma tente se révèle très vaste, Cyrus etmoi, nous pourrions accueillir Théodorine, mais une solution parfaite sera trouvée: ma tente a été vendue avec un bout d’arceau pour réparation, et les arceaux étant de même section d’une tente à l’autre,le toujours très ingénieux ingénieur Cyrus réparera l’arceau de Théodorine *2. Il est temps d’ailleurs, car cette fois-ci c’est une vraie douche que le ciel nous envoie. Tout le monde viendra s’abriter chez nous, et nous nous féliciterons du confort 3 étoiles de notre palace.


Barrisdale River et loch Hourn . Photo Cyrus

La ferme de Barrisdale et l’angle du bothy au premier plan . A l’arrière-plan , le loch Hourn .

L’arceau cassé . Photo Whymper

La tente après réparation . Cyrus et notre Whymper dissertant sur les faiblesses des tentes trop légères .
Photo Théodorine


De droite à gauche : la tente de Théodorine, celle de notre Whymper et mon palace trois étoiles .

De mon palace, vue sur un sac à dos en tenue de nuit ( enveloppé dans un sac poubelle )

Intérieur du palace

*1 Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire , Barrisdale est un lieu où un chef jacobite aurait été assigné à résidence .
*2 Lors de notre dernière randonnée en Ecosse, dans les îles de Raasay et Skye, à l’automne 2025 , cette réparation tenait toujours .

A suivre

Le montage des tentes terminés, nous nous intéressons aux alentours immédiats de notre camp .


Pointe du Ladhar Bheinn à l’arrière-plan .


Bothy de Barrisdale au premier plan . Le bâtiment de la ferme est à l’arrière .


Photo Cyrus

Il y a là des poules , qui vont occuper un bon moment Théodorine, et surtout Cyrus .

Cyrus tentant vainement d’engager la conversation avec les poules .

Photos Théodorine

Le soir tombe , nous sommes passés du loch du Ciel au loch de l’Enfer, mais, l’âme pure , nous nous endormons du sommeil des justes .

Photo Théodorine

A suivre

De Barrisdale à Kinloch Hourn

La journée qui s’ouvre sera l’une des plus belles de toutes nos randonnées en Ecosse . Le sentier que nous allons suivre , le long du loch Hourn, qui n’est accessible qu’à son extrémité , à Kinloch Hourn, que par une toute petite route, est vraiment magnifique . De surcroît, il fait beau . Je crois me souvenir que ce sentier est un ancien chemin de cercueil ,c’est-à-dire un sentier destiné à transporter les morts jusqu’à leur sépulture .
Pour les sentiers historiques , on peut consulter les sites relatifs aux “heritage paths”

J’ai bien dormi malgré le démon de Maxwell. J’ai eu chaud dans mon
vieux duvet, je me félicite d’avoir pour cette randonnée investi dans
un “sac à viande” pour employer le vocabulaire raffiné des montagnards,
un sac à viande en soie, tout blanc, tout neuf, qui, selon mes
compagnons charitables, me fait ressembler à un gros ver blanc.Le
groupe électrogène s’était arrêté tôt dans la soirée, donc Whymper
était satisfait. Ce matin, il ne pleut pas, et ,tandis que nous
mangeons notre pâtée matinale à base de muesli, de flocons d’avoine et
de lait en poudre, nous voyons un grand troupeau de cerfs
traverser la prairie. Je tente de les photographier et de les filmer,
mais un trop tard .

Nous partons pour la rive du loch Hourn, nous
rencontrons des chevaux et des moutons (nous avions vu très peu
d’animaux domestiques ou sauvages en Juin 2010) et nous avons bientôt
une vue extraordinaire sur le Loch Hourn et le Laddhar Beinn, le grand
Munro du Knoydart.

La pointe enneigée est le sommet du Ladhar Bheinn (1020m) dominant la baie de Barrisdale
Photo Théodorine

Ladhar Bheinn et baie de Barrisdale
Photo Théodorine

A suivre

A suivre

Notre itinéraire commence par longer sur un kilomètre environs la baie de Barrisdale vers le Nord sur un large chemin avant d’emprunter à l’Est un sentier qui suit la rive Sud du loch Hourn jusqu’ à son extrémité . La baie de Barrisdale, dominée par le Ladhar Bheinn, un munro de 1020 mètres d’altitude, avec ses îlots rocheux, est l’un des plus beaux lieux d’Ecosse qui soient . Je ne crains pas , en écrivant cela , à supposer d’ailleurs que mon récit ait des lecteurs, qu’elle soit un jour envahie par le tourisme de masse . Il y a sans doute une affluence très relative de grimpeurs attirés par le Ladhar Bheinn ou de randonneurs qui font le Cap Wrath Trail , mais on doit rester loin d’une invasion touristique . Pour arriver à Barrisdale , il faut soit, comme nous l’avons fait, traverser le loch Nevis puis marcher à partir d’Inverie et passer un col , soit prendre la toute petite route de Kinloch Hourn (parfois victime d’éboulements) et suivre le long sentier côtier que nous allons emprunter. Il faut de toute manière un certain nombre d’heures de marche , avec une météo capricieuse , même pendant la "belle saison ", ou plutôt la saison la moins froide, où l’on a le plaisir d’être accompagné par les midges et de récolter des tiques. Le loch Hourn fait encore moins partie des incontournables que le loch Nevis, alors que c’est peut-être le plus beau loch maritime d’Ecosse (seul le loch Nevis , à mon avis , peut rivaliser avec lui ) Le Knoydart , à peine mentionné par les guides touristiques, restera , je pense, définitivement contourné par les rodetripeurs pressés qui ne veulent rien rater et aspirent à voir le maximum de choses en parcourant le maximum de kilomètres . Quant aux gros bateaux de croisière qui déversent leurs cargaisons de touristes , ils risqueraient fort de connaître le sort des navires de l’Invincible Armada en s’embrochant sur les îlots rocheux du loch Hourn .
Nous avons commis une erreur en suivant notre beau chemin vers le Nord jusqu’à son terme, le “port” de Barrisdale , où seuls de petits bateaux peuvent accoster . Nous avons dû rebrousser chemin de 400 mètres environ pour trouver notre sentier . Cela n’a pas été du temps perdu . La baie de Barrisdale change constamment au gré des changements de lumière .

Au fond à droite , le plus haut sommet est le Bheinn Sgritheall qui domine Arnisdale .


Vue sur le Ladhar Bheinn dont le sommet est dans les nuages

Photo Whymper

Vue sur le Ladhar Bheinn

Crête du Ladhar Bheinn

A nouveau le Ladhar Bheinn

A suivre

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Port de Barrisdale . Photos Théodorine


Photo Cyrus

Nous nous apercevons que nous nous sommes trompés . Il faut faire demi-tour .

Photo Whymper

Après une montée assez raide , nous débouchons au dessus du loch sur le sentier qui va longer sa rive Sud.

Ce sera un sentier magnifique de bout en bout .

A suivre

Le chemin qui longe le loch, avec malgré tout un certain nombre de montées et de descentes est magnifique , on en oublie qu’il est par moments bordé par des à pics lors de passages étroits ,faciles, bien que ce ne soit pas le moment de trébucher. Il faut prendre garde à la bruyère qui peut masquer un peu la situation . En revanche , les petits cours d’eau à franchir ne nous posent pas de problèmes, il y a parfois des ponts , et les gués sont aisés à traverser car il n’a pas dû beaucoup pleuvoir récemment . Mais des gués faciles peuvent devenir dangereux ou même infranchissables à la suite de fortes pluies .


Photo Cyrus

Photo Cyrus

Photo Théodorine

Photos Whymper

Nous pensons à nouveau au démon de Maxwell, et notre Whymper, pour nous instruire, nous parle des chats morts-vivants de Schrödinger et des jumeaux de Langevin, dont l’un vieillit et l’autre ne vieillit pas puisqu’il se déplace à la vitesse de la lumière. Le Loch Hourn tout entier se peuple pour moi de créatures infernales se déplaçant à lavitesse de la lumière dans des remous en anneaux de Moebius, et le soleil fait place régulièrement à de micro-averses, qui, je le crains,n’augurent de rien de bon pour le lendemain.

A suivre

Une distance d’une dizaine de kilomètres seulement sépare Barrisdale de Kinloch hourn . Nous allons pourtant mettre près de six heures à la parcourir . Tout nous incite à la flânerie . La température est clémente, il n’y a guère de vent . Pas de midges . La beauté des lieux nous pousse au farniente et nous nous soucions peu de l’avenir .

Photos Cyrus

Photo Whymper
Au fond à gauche le Ladhar Bheinn . On voit bien également le détroit de Caolas Mor

Photo Cyrus

Photo Théodorine

Photo Théodorine . La maison isolée de Runival est visible derrière le grand arbre

Photo Cyrus

A suivre

C’est dans ces parages que nous allons rencontrer sur le sentier trois Ecossais, deux adultes et un enfant . Ils sont venus ici pour faire du kayak de mer . D’après leurs dires, ils rencontrent pour la première fois des Français dans ces parages . Nous discutons quelque temps avec eux . Trois ans plus tard , Théodorine et moi, nous les avons rencontrés par hasard au port de l’île de Muck o ù nous allions embarquer pour l’île d’Eigg. Ils venaient de leur côté faire du kayak de mer et nous ont reconnues . Comme nous pensions n’avoir rien pour allumer notre réchaud, ils nous ont donné un vieux briquet . J’ai raconté cet épisode de nos aventures dans mon carnet de voyages de 2015 intitulé Un voyage dans les Small Isles.

A suivre

Après Runival, notre chemin grimpe en s’écartant un peu de la côte avant de redescendre, vraisemblablement pour éviter des rochers .

Photos Théodorine

Photo Cyrus

On voit à gauche l’obstacle rocheux que nous avons dû surmonter par le haut .

On voit ici pour la première fois a fond à gauche la crête du Saddle et de Forcan Ridge qui domine l échancrure en V du bealach Coire Mhalagain que nous allons emprunter le lendemain .Au centre à l’horizon , le Sgurr na Sginne sur les pentes duquel nous allons un peu nous égarer . Le très large col me semble être le bealach an Toiteil . Ces deux cols permettent de rejoindre la route du glen Shiel .

Au bord du loch Hourn, vue sur Skiary où se trouvait le B&B le plus isolé d’ Ecosse (je ne sais s’il esixte encore )

Skiary . Au fond le Ladhar Bheinn
Photo Cyrus

Skiary . Photo Théodorine

A suivre

Nous ne sommes plus très loin désormais de Kinlochhourn, ce qui signifie l’extrémité du loch
Hourn (nous sommes deux ans plus tôt passés par Kinlochleven et d’ici peu de jours nous nous ferons étape à Kinlochewe) . Le loch Hourn , de moins en moins large s’appelle désormais le loch Beag .

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Cette photo de Théodorine montre la rive opposée, sur laquelle nous nous sommes égarés le lendemain, nous rendant à la maison visible en face avant de revenir en arrière et de monter presque droit dans la pente pour rejoindre le bon itinéraire au niveau d’une ligne à haute tension .)

Photo Théodorine

Arrivée à Kinloch Hourn

Entrée dans Kinloch Hourn

Nous passons le pont et nous sommes accueillis par des cerfs .

Photo Théodorine

A Kinloch Hourn . Photo Whymper

A suivre

Il est à peu près 16 heures à notre arrivée . Nous nous installons au camping officiel, désert, sans toilettes ouvertes à cette époque de l’année , mais payant (une livre), où nous suscitons l’étonnement des cerfs. L’un d’entre eux s’approche même beaucoup pour voir à qui il a affaire et je ne suis pas du tout sûre de la pureté de ses intenttions . Nous allons malgré tout lui faire comprendre que nous ne sommes pas gens à nous laisser intimider . La possession de bâtons nous donne une certaine crédibilité .Vexé, il part en nous tournant le dos .

Photo Théodorine

Photos Whymper

Nous montons donc nos tentes pour la nuit . Des chevaux vont à leur tour nous rendre visite mais ils se comporteront très correctement envers nous . Cyrus et moi avons le souvenir de certains chevaux des Dolomites qui sous prétexte d’amabilités voulaient absolument mettre le museau dans notre gamelle de porridge collective . Pas de familiarités déplacées de la part des chevaux de Kinloch Hourn .

Photos Cyrus

Vue du camp sur le loch Hourn. Photo Cyrus

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Nous aurons la surprise de retrouver le fermier de Barrisdale à Kinloch Hourn sans comprendre par où il a pu passer . Nous ne l’avons pas rencontré sur le sentier . Il n’y a pas de route entre Barrisdale et Kinloch Hourn . Est-il venu en bateau alors que nous étions couchés ? Cela reste pour nous un mystère .
L’étape du jour était une étape courte et facile , magnifique de bout en bout . C’est vraiment l’un des plus beaux souvenirs de tous mes voyages en Ecosse .
La journée du lendemain s’annonce beaucoup plus diffcile . Par bonheur, un habitant du lieu nous dit que l’on ne prévoit pas de tempête
J’hésitais beaucoup sur la suite de l’itinéraire: passer sur Arnisdale et commander le bus Arnisdale-Shiel Bridge qui circulait deux jours par semaine à la demande en cette saison? (De nos jours cette solution n’est plus possible . Il n’y a de plus de bus pour Arnisdale en 2026, d’après mes recherches . D’autre part j’ignore ce qu’est 'état actuel du sentier ) Passer sur le Loch Quoich puis Cluanie Inn ?
Emprunter le Bealach Aoidhailean pour gagner le bothy de Suardalan puis Shiel Bridge? Cela risquait d’être bien boueux et les deux solutions que je viens de citer risquaient de présenter des gués problématiques . Nous opterons finalement pour la solution la plus élégante et la plus difficile, le passage direct sur Shiel Bridge par le Bealach Coire Mhalaghain, à 700 mètresd’altitude, tout près du Saddle, et le Meallan Odhar. Nous nous couchons tôt, en décidant de nous lever à 6h30 pour partir à 8h30, c’est-à-dire tôt pour les paresseux que nous sommes.

A suivre

De Kinloch Hourn à Shiel bridge et Ratagan ou du loch Hourn au loch Duich .

En quittant KInloch Hourn, nous faisons nos adieux au Knoydart pour entrer dans la péninsule de Glenelg . L’étape à venir , qui doit nous ramener à la civilisation , à la grande route qui joint Fort William à l’île de Skye est une étape sérieuse .
Contrairement à ce que j’ai écrit dans mon introduction , le topoguide du Cap Wrath Trail North to the Cape en indique bien le trajet, en surcharge d’un extrait de carte au 25millième, mais nous possédons ce topoguide depuis très peu de temps . C’est en fait du blog de David Preston que j’ai tiré bien avant l’idée que cette étape était faisable par conditions météo favorables et en l’absence de neige et de glace .
Au cours de cette étape encore, nous aurons recours à la carte Harvey au 40000ème Knoydart. Kintail. Glen Affric, plus précise que les cartes Ordance Survey au 50millième, accompagnée de toutes sortes de renseignements et d’une carte géologique .
Nous savons que nous aurons 700 mètres de dénivelé positif et tout autant de dénivelé négatif , nous partons du niveau de la mer et nous finissons au niveau de la mer, le loch Hourn et le loch Duich étant tous les deux des lochs maritimes . Mais il y aura aussi une section hors sentier dans l’ascension du col , un passage à trouver pour rejoindre le Meallan Odhar , un problème pour trouver la meilleure façon possible de descendre en tout terrain dans Coire Caol , un long passage de tourbière en fond de vallée, et pour finir un gué à passer pour rejoindre un bon chemin dans le glen Undalain . Mais nous nous sentons capables de nous lancer dans cette aventure .

Nous nous sommes un peu trompés en sortant du village,(il aurait vraisemblablement fallu pousser un portail, mais nous avons craint d’envahir une propiété privée, et nous nous sommes retrouvés trop loin ,à l’autre bout du village . Nous avons perdu du temps, mais cela nous a malgré tout permis d’admirer le Loch Hourn sous un autre angle.

Corvée quotidienne du départ . Comment faire tenir tout son fourbi dans son sac?

Photo Théodorine


Arrivés ici, nous prenons conscience du fait que nous nous sommes trompés .

Nous avons alors suivi une trace d’animaux, un peu raide, le long d’une clôture, pour rejoindre la ligne à haute tension qui sert de repère . Cette ligne vient du Loch Quoich et suit le sentier en passant après par le bealach Aoidhailean. Nous avons trouvé un bon chemin que nous avons suivi un cert ain temps, laissant de côté l’itinéraire du bealach Coire Sgoireadail et du bealach Duibh Leac, par lequel on peut rejoindre le Glen Shiel à Malagan Bridge. Je dis alors à mes compagnons de songer à Bonnie Prince Charlie poursuivi par les Tuniques rouges dans ce secteur. Les jacobites passaient par la montagne, tandis que leurs poursuivants se tenaient, si j’ai bien compris, plus prudemment au fond des glens . Peut-être craignaient-ils de se rompre les os. Théodorine me suggère alors d’adopter un chat rouquin et de l’appeler Redcoat.

Photo Cyrus . Nous avons rejoint la ligne à haute tension

Photo Cyrus

Photo Whymper . Loch Hourn

Regard en arrière

Photos Cyrus

La direction que nous allons abandonner . Nous ne voulons ni aller à Arnisdale, ni prendre le bealach Aoidhailean en continuant à suivre la ligne à haute tension

Etude de carte . Recherche d’une bifurcation sur la droite

Le début de l’étape est facile, mais c’est après, d’après le topoguide, que les choses plus sérieuses commencent.

Photo Cyrus

Nous avons bifurqué et nous nous sommes égarés en suivant des lacets conduisant au Sgurr na Sginne . Il nous faut donc rejoindre la direction prévue en tout terrain .

A suivre

Nous avons bien pris la bonne bifurcation pour quitter le chemin qui longe la ligne à haute tension , mais comme je l’ai dit plus haut , la vue d’une série de beaux lacets séduisants m’incite à oublier de consulter la carte . Ces lacets conduisent en effet au Sgurr na Sginne alors que nous devons d’abord contourner la base du Sgurr na Sginne pour remonter la vallée de l’Allt’ Coire Mhalagain jusqu’au col situé entre le Saddle et le Sgurr na Sginne
Nous nous apercevons de notre erreur en débouchant sur une croupe herbeuse, nous descendons donc en tout terrain pour rejoindre le cours de l’Allt Coire Malhagain . Cette erreur (peut-être 100 mètres de montée inutile) nous a cependant permis vraisemblablement d’éviter une zone tourbeuse un peu pénible .

Photo Whymper

Nous rejoignons donc l’Allt ’ Coire Mhalagain . Le col s’ouvre devant nous . Il ne nous reste plus qu’à l’atteindre , comme nous le pouvons . Il n’y a pas de sentier et c’est raide . Par chance, il n’y a ni neige, ni grand vent , ni grosse pluie . Et nous savons que ce n’'est que la première difficulté jusqu’au grand chemin terminal . Je compte pour rien nos erreurs, que nous aurions pu éviter avec un peu plus d’attention .

A gauche le Saddle , à droite les pentes du Sgurr na Sginne

Photos Whymper

Avant d’entreprendre la montée , nous faisons une petite pause à côté de la rivière .

A suivre

La montée vers le col, sur la rive Est de la rivière et le terrain est de plus en plus raide. Le topoguide dit que c’est vraiment raide, mais à peine du scrambling. Ce n’est pas difficile, mais c’est franchement pénible avec un gros sac, et je peine dans la fin de la montée. Théodorine aussi, bien qu’elle participe assez régulièrement à des marathons. il faut dire que nos sacs dépassent le quart de notre poids, assez largement dans son cas. L’arrivée au col occupé par un minuscule loch, où les hommes nous ont précédées, à l’aise, ne sera pas très agréable. Le temps s’est gâté. Nous sommes accueillies par une averse de grésil. Il y a du vent. Nous avons froid. Il y a un peu de neige sur le Saddle .

Le col, vu de la rivière

Photo Whymper


Le petit loch du col . Photo Cyrus .
A l’horizon, les Five Sisters of KIntail qui dominent l’autre versant du glen Shiel

Photo Théodorine ;
Au premier plan, Forcan Ridge . Il nous faudra prendre brièvement l’itinéraire ded sn ascension pour trouver la suite de notre itinéraire , sur la droite .

A suivre

A notre arrivée au col, j’ai le soulagement de voir qu’il y a de la visibilité, et je repère tout de suite le passage en descente très progressive qu’il faut emprunter à l’ouest sous le Sgurr na Forcan (le Saddle, est en arrière) pour rejoindre le sentier de crête qui conduit au Meallan Odhar. J’ai été grandement aidée pour cela par le récit avec photos trouvé sur internet dans “My walking world” de David Preston. Le souvenir de deux photos très précises ne me laisse aucun doute. Il s’agit de repérer dans le pierrier une ligne de grosses pierres où passe ce que l’on voudra bien faute de mieux appeler un sentier . Mais comme je l’ai dit précédemment , il nous faudra d’abord monter légèrement pour trouver ce passage .
Très vite le brouillard arrive et la visibilité n’est qu’intermittente .C’est le "fine weather " que nous a annoncé un habitant de Kinloch Hourn . Cela signifie en fait que nous n’aurons pas de grosse tempête .Nous nous restaurons très rapidement et après avoir fait quelques photos, nous reprenons un parcours dont nous devinons qu’il ne sera pas très facile .


Vu du col . La vallée dépourvue de sentier qui conduit directement à Mhalagain bridge , sur la route du glen Shiel . Au fond, les Soeurs de Kintail


Photo prise à proximité à peu de temps d’intervalle , par Théodorine . Cette photo traduit bien l’ambiance .

Sgurr na Forcan . On devine par endroits la ligne de grosses pierres


Vu du col . Le loch Duich, but de l’étape . C’est sur un îlot du loch Duich que s’élève Eilean Donan Castle

Cela fait déjà cinq heures que nous sommes partis . Nous ne sommes pas particulièrement rapides et on voit que nous sommes loin de notre but .

A suivre

Nous trouvons assez facilement le point de départ du passage dans le pierrier situé sur le flanc du Sgurr na Forcan en nous élevant un peu au dessus du col et nous entamons notre traversée . C’'est en fait un chemin vraiment peu confortable fait de très grosses pierres irrégulières entre lesquelles il y a de larges intervalles . Nous ne risquons pas de le perdre en raison de la présence d’une sorte de muret mais il faut faire preuve de prudence . Glisser ou tomber au risque de se faire une entorse ou une fracture serait particulièrement fâcheux dans cet environnement . Fort heureusement , nous atteignons assez vite un sentier de crête beaucoup plus confortable d’où nous dirigeons vers le Meallan Odhar . Ce sentier bifurque sur l’autre versant quand il arrive au bealach na Craoibhe (bealach = col en gaélique)et rejoint Malagan Bridge sur la route du glen Shiel


Sur la crête en direction du Meallan Odhar . Le sentier passe ensuite sur le côté Ouest du Meallan Odhar un peu au dessous de la crête

Vue côté Ouest sur le Saadle

Photo Cyrus

Photo Cyrus . Vue sur le glen Shiel .

Photo Whymper . Vue sur le glen Shiel . On peut voir distinctement la route en fond de vallée

Sur le flanc Ouest du Meallan Odhar . On devine l’emplacement du bealach na Craoibhe

Nous sommes dépassés par des montagnards écossais rapides qui descendent du Saddle, peu chargés . Ils vont certainement suivre le sentier jusqu’au fond du glen Shiel . Mais nous allons bifurquer avant . Alors qu’ils vont descendre côté Est au bealach na Craoibhe , nous n’irons pas jusqu’au col . Notre Whymper , comme on le voit sur les photos suivantes examine la pente . Il y a des barres rocheuses qu’il faut éviter et il cherche donc à déterminer le meilleur passage . Par bonheur, nous bénéficions d’une belle éclaircie .

Photo Théodorine

Photo Théodorine . Sentier à flanc Ouest du Meallan Odhar . On voit à gauche la grande échancrure du bealach na Craoibhe

Notre Whymper trouve finalement l’itinéraire de descente hors sentier vers la rivière Allt a’ Coire Chaoil, qui va nous permettre de descendre une pente herbeuse sans grand risque .


Photo Whymper

Nous devons suivre jusqu’au bout cette vallée pour atteindre notre objectif, le loch Duich .

Vue sur le Saddle avant la descente . Photo Whymper .

A suivre

En 2025, en me rendant dans l’île de Skye*, j’ai eu la chance de passer en voiture un jour de très beau temps dans le glen Shiel et, malgré l’absence d’arrêt, j’ai pu faire des photos du versant Est du Meallan Odhar et du sentier qui relie le bealach na Craoibhe à Malagan Bridge dans le glen Shiel .


Si j’identifie ici avec un quasi certitude le bealach na Craoibhe à droite du Meallan Odhar , le Meallan Odhar et la pointe du Saddle ou de l’un des sommes proches, je tiens pour une hypothèse plausible que nous ayons suivi en 201 2 la crête située en contrebas et à gauche de la pointe (Sfurr na Forcan , Saddle ? )qui émerge à l’horizon . Le bealach Coire Mhalagain serait situé dans la direction de l’échancrure de gauche .

  • Carnet de voyage 2025 . *Raasay et Skye . Midges, brouillard, déluge et tempête sur les îles *

A suivre

Nous n’avons plus qu’à descendre jusqu’à Shiel Bridge mais nous sommes encore loin d’être arrivés parce que jusqu’au bas de la vallée où nous trouverons un large chemin, nous allons devoir traverser une vaste tourbière . Il nous faudra encore trois heures pour parvenir en vue de Shiel Bridge . Je ne possède qu’une seule image de ce parcours, en dehors de l’itinéraire vu d’en haut , une photo prise par notre Whymper regardant en arrière . Nous étions beaucoup trop occupés à ne pas nous embourber .

La descente vers la rivière est facile, tellement même que, trop décontractée, je glisse sur une dizaine de mètres sur la boue couverte d’herbe et me retrouve peu glorieusement par terre . Heureusement la boue est moelleuse. Le topoguide nous engage à prendre le plus vite possible la rive Ouest de la rivière pour éviter d’avoir soit deux torrents à traverser , soit une rivière plus importante après leur confluent . (On devine l’emplacement du confluent sur la photo )Nous allons alors entamer un long parcours de traversée de tourbière, qui nous contraint à contourner sans cesse des passages trop humides. Nous perdons beaucoup de temps.

Détail de photo Whymper

Toutes ces stries ont été formées par l’écoulement des eaux .Il nous faut franchir d’innombrables “burns”, occupés par de l’eau plus ou moins stagante ou de la boue, masquée souvent par une végétation plus verte que la végétation environnante . A la fin de ce parcours , nous commençions à posséder une certaine expérience …

Lorsue nous arrivons au confluent des deux rivières qui se réunissent pour former l’Allt Undalain, nous sommes assez fatigués. Nous devons franchir un gué pour rejoindre le chemin situé sur la rive Ouest de l’Allt Undalain, la rivière principale , dont la vallée débouche sur notre gauche . Je vois avec soulagement que son débit est modeste . Dans le cas contraire , on peut se retrouver piégé . C’est un vrai risque à prendre enconsidération , si le débit des cours d’eau est important .Cyrus ,qui déteste se mouiller les pieds, habituellement très habile dans la traversée des gués, effectue une petite chute sans gravité .Nous sommes tous tombés au moins une fois depuis la descente du col . En ce qui me concerne , je n’essaie pas de traverser en passant d’une pierre à l’autre, j’entre sans hésiter dans l’eau avec mes chaussures . C’est rapide , efficace , et patauger ne me gêne pas . La fin de l’étape, sur un bon chemin pourtant, nous paraîtra interminable. Il pleut maintenant assez sérieusement de façon continue , notre Whymper souffre d’une tendinite, et il accusera la carte de confondre les miles et les kilomètres.


Près de Shiel Bridge

Lorsque nous arriverons enfin à Shiel Bridge, le camping officiel nous paraîtra peu accueillant, peut-être à tort , mais après une telle étape, mouillés, nous n’avons pas envie de monter les tentes sous la pluie, nous aspirons au confort . Nous choisissons unanimement de tenter notre chance à l’auberge de jeunesse de Ratagan . Je ne suis pas totalement sûre qu’elle soit ouverte, et je redoute qu’elle soit pleine, mais nous décidons de faire trois kilomètres supplémentaires. Nous arriverons finalement à 20 heures vraiment fourbus et mouillés. ,alors que nous sommes partis le matin avant 9 heures . Il ya de la place et nous sommes très aimablement accueillis. C’est un vrai bonheur pour nous de nous retrouver au chaud et au sec. Nous sommes finalement heureux tous les quatre du choix de cette étape, qui nous a permis de saisir un peu mieux la réalité de la montagne écossaise.

A suivre

Ratagan est une belle auberge de jeunesse,située juste au bord du loch Duich, et accueillante pour les jeunes de 7 à 77 ans *dont nous faisons partie. Nous n’avons guère faim, bien que nous n’ayons mangé que légèrement, dans le froid et la pluie au bealach Coire Mhalagain vers 13h, mais nous mourons de soif. Nous avions négligé de renouveler notre provision d’eau au cours de cette descente qui s’est révélée beaucoup plus longue que prévu .Théodorine nous explique doctement que les tendons se déshydratent très vite, d’où la tendininte de notre Whymper. Moralité: prenez le temps de boire de l’eau bien froide, même lorsqu’il pleut et que vous êtes transis de froid.
Nous avons soif assurément, mais depuis notre départ d’Inverie, nous rêvons de bière. Aucun pub bien sûr à Barrisdale. Tout était fermé à Kinloch Hourn. Heureusement nous trouvons de la très bonne ale dans l’auberge de jeunesse. Cela contribue à notre euphorie . Je vais commander pour mon compte personnel une pinte de bière (d’habitude, je me contente d’une demi-pinte, en partageant une demi-pinte supplémentaire avec Cyrus , et uniquement dans des conditions de ce genre) . Il faut bien fêter notre victoire . Mais je n’ai pas pris la précaution de manger avant de commencer à boire . Je vais m’apercevoir en me levant de table , à la fin de notre modeste repas, que j’ai de sérieux problèmes d’équilibre . Je réussis malgré tout à n’en rien laisser paraître , à me tenir digne et à me diriger en ligne droite vers l’escalier que je gravis avec succès grâce à une rampe qui me rappelle les câbles des vie ferrate des Dolomites . Notre dortoir est confortable et nous y sommes seuls . Nous sommes tous les quatre réellement fatigués . Les trois autres vont se coucher directement au mépris des règles de l’hygiène que nous suivons de façon très minimale depuis notre départ d’Inverie . Héroïque, je décide de redescendre prendre une douche . Mais je dois manquer de lucidité et je réussis à tremper ce qui me tient lieu à la fois de sous-vêtements contre le froid et de pyjama . Ce serait un moindre mal si je n’avais pas en même temps inondé la salle de bains. Je vais donc passer un bon moment à éponger , malgré mon état . Le lendemain, je me lèverai avant les autres pour finir ce travail .

Moralité :
Toujours boire même quand il fait froid .
Après une longue étape , ne jamais commencer à boire de la bière à jeun !

Des esprits plus austères ou plus soucieux de la santé publique diraient que toute boisson alcoolisés est à prohiber de façon inconditionnelle . Je tends à penser que leur position évoluerait après plus de onze heures de marche en terrain écossais .

*Mon expérience personnelle me permet d’attester que les auberges de jeunesse admettent désormais les jeunes jusqu’à 777 ans .

Fin de la première partie

A suivre,
La parution de ce récit reprendra dans une semaine

Nous avons tous passé une excellente nuit à l’auberge de jeunesse de Ratagan . La fatigue et la bière nous ont fait dormir comme des souches . Le sentiment de culpabilité dû à l’inondation de la salle de bains fait que ,contrairement à mes habitudes, je me suis réveillée et levée la première, pour effacer les traces de ma maladresse . Initialement, j’avais envisagé de continuer sur Killilan par le Sgurr an Airgid,et Coire Dhuinnid, avec un petit tronçon hors sentier, dans les tourbières probablement. Il me paraît plus sage, vu notre état présen ( le mien, c’est certain, mais les autres ne trouveront rien à redire à la proposition) ,de rejoindre directement le Glen Carron par le bus jusqu’à Kyle of Lochalsh, puis le train jusqu’à Strathcarran.

L’auberge de jeunesse de Ratagan est construite au bord du loch Duich sur la rive Sud . Eilean Donan Castle est accessible à partir de la rive opposée.

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Photos Cyrus

La cuisine est vaste et bien équipée . Cyrus est particulièrement impressionné par le nombre de planches à découper, distinctes selon qu’il s’agit de découper des légumes ,de la viande ou du poisson alors que nous ne sommes pas habitués à de tels raffinements . A part notre groupe, il semble bien qu’il n’y ait à l’auberge que trois ou quatre personnes ,des vieux comme nous . Sur les murs, des dessins d’enfant, et le Notre Père , pour que nous puissions commencer notre journée avec de pieuses pensées .

Photos Cyrus

Nous avons beaucoup apprécié cette auberge , d’autant plus que nous l’avions bien méritée .

A suivre

Nous quittons Ratagan le lendemain à 10h (c’est le dernier délai), et nous faisons jusqu’à Shiel Bridge un trajet sur la route moins arrosé et beaucoup plus plaisant que la veille. Le loch Duich est beau, mais beaucoup moins que le loch Nevis et le loch Hourn, qui sont à ce jour à mes yeux les plus beaux lochs maritimes d’Ecosse, dans leur magnifique isolement. La vue du bitume, m’afflige toujours, même sur les petites routes. Nous n’aurons pas le temps de chercher l’épicerie de Shiel bridge. Nous prenons presqu’aussitôt arrivés le bus pour Kyle of Lochalsh, en apercevant au passage Eilean Donan Castle, qui, après le Knoydart et notre belle étape de la veille, me paraît encore plus décevant qu’il y a deux ans. Je pense vraiment que ceux qui ciculent en voiture, plutôt que de visiter ce château reconstruit, devraient prendre le col de Ratagan pour aller admirer, le Loch Hourn à Arnisdale, et marcher ensuite jusqu’à Corran, d’où l’on doit voir fort bien Barrisdale et le Laddhar Beinn.Mais j’espère très égoïstement que ce conseil ne sera guère suivi, pas plus que celui de se rendre à Kinloch Hourn pour marcher en direction de Barrisdale. J’ai trop aimé le loch Hourn pour souhaiter qu’il soit victime d’une invasion touristique ;à vrai dire peu risquée .

En route vers Shiel Bridge . Au fond , les Soeurs de Kintail

Photo Cyrus

Regard en arrière sur Ratagan et le loch Duich . Eilean Donan Castle est situé loin sur la rive opposée . La petite route sur laquelle nous marchons doit permettre de voir le château sous un autre angle .

Loch Duich et Soeurs de Kintail

Regard en arrière sur le loch Duich

Arrêt de bus de Shiel Bridge sur la grand - route Fort William ou Inverness Skye

Poteau signalant la petite route par laquelle nous arrivons . Elle se sépare en deux branches dont l’une suit le loch Duich et l’autre rejoint Glenelg et Arnisdale et Corran par le Mam Ratagan . Un petit ferry relie Glenelg à Skye .

Eilean Donan Castle vu du bus Citylink

Nous descendons du bus à Kyle of Lochalsh où nous devons prendre le train pour Strathcarron .

A suivre

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