Dans mon récit intitulé Dans les montagnes de l’ouest de l’Ecosse, j’ai raconté comment , pour notre premier voyage ,nous avions marché de Bridge of Orchy à Inverie, presque sans solution de continuité , avant de découvrir les Black Cuillins de l’île de Skye .
J’avais été un peu déçue par le West Highlands Way : une seule montée de col, c’était trop peu par rapport à nos habitudes de randonneurs familiers des Alpes et des Pyrénées . Trop de chemins par ailleurs ,et pas suffisamment de sentiers . Le parcours Glenfinnan Inverie était plus intéressant , mais nous avions tout au plus deviné l’emplacement du loch Arkaig en raison des conditions météorologiques ,et nous n’avions vu qu’une toute petite partie du loch Nevis lors de notre passage à Sourlies . Le plus beau moment de ce voyage avait finalement été la traversée d’Inverie à Mallaig, avec passage par Tarbert , qui nous avait permis de profiter du spectacle de montagnes dominant la mer . Nous avions apprécié l’isolement du Knoydart lors de ce premier voyage , j’avais repéré sur ma carte Ordnance Survey l’existence d’un sentier conduisant d’Inverie à Kinloch Hourn en longeant le loch Hourn à partir de Barrisdale et j’avais regretté que nous ne puissions nous y intéresser , à moins de renoncer à tout passage dans l’île de Skye .
Un an plus tard, je suis tombée par hasard sur le récit d’une Suissesse qui avait parcouru seule le Cap Wrath Trail . J’ai ainsi découvert l’existence de cet itinéraire , bien que ce terme d’itinéraire ne soit pas exact . L’objectif du Cap Wrath Trail , c’est en effet de traverser les Highlands de Fort William à l’extrême Nord de l’Ecosse . Libre à chacun , en fait, de choisir son parcours , en fonction de ses préférences ou de ce qui lui paraît faisable . L’Ecosse n’a pas l’équivalent de nos grands GR jalonnés de refuges gardés . Les “Long distance walks” pour reprendre les termes du site Walkhighlands que je ne connaissais pas à cette époque, ne sont pas du tout obligatoirement des itinéraires balisés . Ils peuvent emprunter des “tracks” ,c’est-à-dire des chemins plus ou moins carrossables, des “paths” , c’est -à - dire des sentiers qui peuvent dans certains cas n’être qu’un pointillé sur la carte , utile en ce sens qu’il indique une direction, ou comporter des sections hors sentiers qui peuvent étre pentues ,plus ou moins glissantes ou le plus souvent très spongieuses . Il existe des "long distance walks " sans surprises autres que celles que réserve la météo ,comme le West Highlands Way ou le Great Glen Way, bien balisés et qui n’empruntent guère que de vrais chemins . Mais ce n’est pas le cas du Cap Wrath Trail où le hors sentier dans la lande spongieuse n’est pas rare , où il faut franchir des gués, où les abris sont très rares ,de même que les points de ravitaillement . Les clearances ont fait des Highlands un grand désert où l’aventure commence dès que l’on s’éloigne du bitume , d’autant plus que souvent il n’y a pas de couverture réseau . Nous avions l’habitude, avec celui que j’appelle dans mes récits Robin Hood de Fontainebleau Sherwood ,un encadrant bénévole du Club Alpin Français , de faire beaucoup de hors sentier et de bivouaquer sous la tente ou à la belle étoile , de mon côté je construisais souvent mes itinéraires à partir des cartes lorsque je partais à deux ou en tout petit groupe . L’idée du Cap Wrath Trail ne pouvait que me séduire , d’autant plus qu’il s’agit d’une idée que chacun peut concrétiser à sa maniière .
A suivre































































































































































































































































