Randonnée dans les Highlands de l'Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest

Forum Écosse

Kyle of Lochalsh n’a pas grand charme , mais c’est le point de départ de la ligne de chemin de fer pour Inverness, c’est l’entrée du pont de Skye, donc c’est un lieu de passage important .

A Kyle of Lochalsh . Vue sur Kyleakin, à l’autre extrémité du pont de Skye

A Kyle of Lochalsh . Vue sur le pont de Skye

Arrivés à Kyle of Lochalsh, nous avons plusieurs objectifs: nous ravitailler, trouver une fiche horaire de la ligne Kyle of Lochalsh-Inverness (nous sommes en 2012 et je n’ai pas, à cette époque, accès à internet sur mon téléphone ) et trouver un pub accueillant, pour manger et boire de la bonne ale.C’est la fin de la matinée . Nous réussissons à renouveler nos provisions , il faut que nous tenions jusqu’à Torridon ou Kinlochewe, mais impossible de trouver du lait en poudre pour accompagner nos flocons d’avoine du matin . Nous nous rendons ensuite à la gare où un train à vapeur exceptionnel semble prêt à partir . Ce train à vapeur va nous occuper un bon moment mais nous avons notre temps et nous aimons les trains. Nous avons tout loisir d’observer la locomotive, les compartiments ,et les manoeuvres avec force panaches de fumée . Ce train va en fait avoir un certain nombre de problèmes, il va tomber en panne et il retardera le train régulier que nous devons prendre jusqu’à Strathcarron , mais nous aurons notre fiche horaire.

Photos Cyrus

A suivre

Notre fiche horaire obtenue , nous nous mettons en quête d’un pub . Nous trouvons finalement un hôtel restaurant bien situé, au bord de la mer . Nous croyons voir du personnel à l’intérieur , mais il reste fermé . C’est pour nous une déception . Depuis Inverie , nous nous contentons de notre austère nourriture de marcheur et nous aspirions à manger et boire à l’écossaise .

Le restaurant de la déception .

Après avoir pris dehors et dans le vent notre frugal repas, nous nous dirigeons à nouveau vers la gare . Nous aurons la satisfaction d’y trouver de l’ale et de pouvoir enfin nous installer confortablement dans le train .

A suivre

De Kyle of Lochalsh à Strathcarron

L’itinéraire classique du Cap Wrath Trail, après Shiel Bridge et Morvich , sur la grand route où nous avons pris le bus , passe par les chutes de Glomach . Nous aurions sans doute été capables de passer , nous avons tous emprunté des sentiers très exposés et étroits dans le Vercors ou en Chartreuse en particulier , mais ce sont des sentiers secs . Les terrains boueux ou le rocher mouillé, c’est glissant . D’autre part, j’ai lu qu’il y avait un passage de gué potentiellement dangereux . D’autre part, je redoute que nous ne subissions des intempéries, grosse pluie, grand vent ou même neige .Comme je suis la conceptrice du projet, je ne veux pas engager mes compagnons sur un parcours que je n’estime pas suffisamment sûr, d’autant plus que je suis la plus mauvaise du groupe , et que je ne franchis certains passages qu’en suivant les autres, parce que je n’ai pas l’intention de rester bloquée .
Il nous faut impérativement rejoindre le glen Carron pour poursuivre vers le Nord . Donc la solution bus puis train m’a paru préférable .
Nous allons effectuer un trajet d’une trentaine de kilomètres entre Kyle of Lochalsh et la gare de Strathcarron , située un peu à l’Est de l’extrémité du loch Carron . Deux ans plus tôt , nous sommes allés jusqu’au bout de la ligne , à Inverness, mais nous n’avons presque rien vu du paysage, à cause de la météo . Cette fois-ci, il fait plutôt beau, le train n’est pas rapide et nous avons tout loisir de prendre des photos . Le paysage est très intéressant . Nous longeons le loch Carron jusqu’à son extrémité , avec le plus souvent une vue directe sur la mer .

Photos Cyrus

A suivre

Nous arrivons ensuite en vue de Lochcarron , nous apercevons au loin les hauteurs d’Appelcross avec le bealach na Bà, et enfin à la gare de Strathcarron où nous allons descendre .

Vue sur les montagnes d’Appelcross

On peut sur ce détail de la photo précédente, observer une partie du tracé de la route du bealach na Bà

A suivre

Deuxième partie

De Strathcarron à Kinlochewe

A la gare ,de Strathcarron, le post office, qui fait épicerie, vend de belles cartes postales mais pas de lait en poudre .

Nous partons en direction de la rivière Carron, à la recherche d’un lieu de camp, et très vite, nous trouvons un emplacement favorable, au milieu des ajoncs, sous des aubépines géantes, sur le chemin de Coulags. La rivière Carron est toute proche, mais nous ne voulons pas boire de son eau . Il y a des habitations en amont de la vallée et nos pastilles pour purifier l’eau ne sont pas suffisantes .
Je me souviens que Iain- Phradaig qui ne s’exprime plus malheureusement sur ce forum, m’a recommandé le Spar de Loch Carron, et je pars en expédition avec Théodorine acheter du lait en poudre à Loch Carron, laissant les deux hommes monter les tentes et préparer les fourneaux.
Nous avons sous-estimé la distance qui nous sépare par la route du Spar de Lochcarron . Il n’est pas du tout situé pour nous à l’entrée de ce village qui s’étend en longueur au bord du loch nous devrons marcher à peu près 10 kilomètres pour l’aller - retour, dont plusieurs sur une route fréquentée . Nous y achetons la dernière boîte de lait en poudre disponible, mais aussi du saumon fumé, des fruits, des pommes et des fraises, du fromage blanc et un excellent cake pour nous faire pardonner notre longue absence, et surtout 6,5 litre d’eau ,.Je vais porter à cet effet une bouteille de 5 litres en plastique .Bien que nous ayons toutes les deux refusé la tentation de nous arrêter au pub situé sur notre trajet , ces messieurs, au bout de deux heures trente, commençaient à s’inquiéter à notre sujet. Ils nous apprennent qu’ils ont eu à faire face héroïquement à l’arrivée de moutons indignés que nous ayons squatté leur lieu de repos favori . La soirée, avec ce festin, sera plaisante, au milieu des ajoncs en fleurs .

Photo Cyrus

Environs du camp

Le camp , juste après notre arrivée . Au centre la gamelle dont le couvercle est lesté par une pierre et la bouteille de 5 litres d’eau .

Préparatifs d’un festin

Tente de notre Whymper

Notre palace pour deux (une vraie suite avec cuisine et office )

Le camp au matin .

Photos Cyrus

A suivre

Mise en garde .
Le paravent de Cyrus ne doit pas faire l’objet d’une imitation . On ne voit ici que du papier aluminium fermé par une pince à linge mais d’une part , la fermeture n’est que partielle et doit laisser passer l’air, d’autre part, l’inventeur a également créé un dispositif de sécurité pour éviter une éventuelle surchauffe qui n’est pas visible ici . Enfin , il n’utilisait le réchaud qu’ à faible puissance et il se réservait le monopole de son installation . Si ces précautions ne sont pas prises, cela peut devenir vraiment dangereux . Notre Robin Hood de Fontainebleau Sherwood, toujours impatient et téméraire , s’en vit rapidement interdire l’usage … En ce qui me concerne , je n’ai jamais sollicité l’ honneur de l’employer et je n’y fus pas incitée .

Le lendemain, les paresseux que nous sommes ne démarrent guère avant dix heures .L’itinéraire que nous allons emprunter entre le Glen Carron et Kinlochewe n’est pas celui que préconise le guide du Cap Wrath trail. J’ai écarté le passage par le Coulin Pass parce que nous souhaitons un itinéraire plus montagne et je souhaite voir le loch Torridon.
Nous partons sous le soleil ,ce qui nous met de bonne humeur, en direction de Coulags, sur un chemin d’abord, sur la route ensuite, ce qui est moins plaisant, et qui doit l’être encore moins actuellement avec la mode de la “North Coast 500” qui ne fait qu’utiliser les rares routes classqiues des Highlands . En chemin , nous rencontrons les moutons que Cyrus et notre Whymper ont éloignés la veille . Apparemment, à en juger avec le calme avec lequel ils broutent, ils n’ont pas été durablement traumatisés par l’incident de la veille .

Photo Whymper

Je crois reconnaître à gauche une montagne visible du train au fond du loch Carron . Le Glas Bheinn ?

Coulags

Le pont de Coulags, où nous quittons la route . Photo Whymper

A Coulags, nous trouvons sans problème le bon chemin qui va nous conduire au bealach na Lice, d’où nous devrons descendre sur Annat, à l’extrémité Sud du loch Torridon . Sitôt le chemin trouvé, nous faisons une petite pause destinée à fêter la fin du parcours sur la route et à ajuster notre équipement .

Nous rencontrons, comme ce sera le cas plusieurs fois,des randonneurs écossais d’un certain âge, pour ne pas dire d’un âge certain (cela semble chose fréquente en Ecosse comme en Suisse, beaucoup moins en France). Bref, ils me paraissent plus âgés que nous, et cela nous conforte dans nos espérances pour l’avenir. La pause terminée, nous entamons la montée du bealach na Lice , à 35O mètres d’altitude , sur un agréable sentier de montagne .

A suivre

Le chemin monte très progressivement , comme on peut le voir sur les photos qui suivent ;

Photo Cyrus

Photo Whymper

Photo Cyrus

Photo Whymper

Regard en arrière

Le temps se gâte un peu, nous marchons sur ce chemin depuis trois kilomètres environ lorsque nous arrivons à une cabane de chasseurs, bien aménagée. Cyrus va nous faire clairement comprendre qu’il souhaite manger assis dans cette cabane, à l’abri (il est midi, nous sommes partis assez tard, paresseux que nous sommes) et je décide malgré ma profonde réprobation morale de ne pas contrarier mon spécialiste des fourneaux, inventeur de paravents, de stabilisateurs de réchauds ,cuisinier, monteur de tentes, réparateur de bâtons, dompteurs d’objets récalcitrants en tous genres. C 'est une très belle cabane , mais il y fait très froid . Pourtant, conformémént à nos habitudes, nous prenons notre temps .

Arrivée à la cabane de Coulags .

Les arts de la table style randonnée.

Photos Cyrus

A suivre

Nous nous attardons trop, comme d’habitude, nous avons bien dû rester une heure trente dans cette cabane . Le temps (weather et time tout à la fois) ne nous permet pas d’opter un kilomètre plus loin pour le sentier du bealach a’ Coire Gairbh, un col plus élevé que le bealach na Lice qui nous permettrait de faire la moitié du circuit du Maol Chean - Dearg en rejoignan plus loin l’itinéraire initial au niveau du loch an Eoin . Nous atteignons ensuite un assez joli petit loch , le loch Coire Fionnaraich

Photo Whymper

Loch Coire Fionnaraich

A suivre

Nous reprenons notre montée après le loch Coire Fionnaraich . Peu avant l’arrivée au sommet du bealach na Lice , nous laissons à droite le chemin du bealach Ban ,qui permettrait soit de faire une boucle qui nous conduirait à Drochaid Coire Lair *et de là à la gare d’Achnashellach sur la ligne Kyle of Lochalsh Inverness soit, par un itinéraire qui doit comporter un passage hors sentier, de descendre sur le glen Torridon au niveau de la Ling Hut. Je me proposais de revenir dans le secteur Torridon Kinlochewe en 2020 pour explorer ces passages . Une semaine avant notre départ, ce fut le confinement .

Regard en arrière sur le loch Coire Fionnaraich . Photo Whymper

Regards en arrière sur la montée . Photos Cyrus

Arrivée au bealach na Lice

Photo Whymper

  • Nous partirons l’année suivante en 2013 de la gare d’Achnashellach et nous passerons par Drochaid Coire Lair pour rejoindre le glen Torridon et Kinlochewe .

A suivre

De l’autre côté du bealach na Lice, le paysage est fort beau, désolé, quasi lunaire près du Loch an Eoin .

Début de la descente du bealach na Lice

Photos Whymper

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Loch an Eoin

Photo Whymper

Photo Cyrus

Loch an Eoin et Maol Chean-dearg

A suivre

Poursuivant notre route au delà du loch an Eoin, nous apercevons pour la première fois les falaises du Liathach qui domine le glen Torridon sur son versant Nord et nous arrivons en vue d’un petit loch , le lochan Domhain .


Au fond, le Liathach


Photo Whymper


Photo Whymper


Photo Whymper

Photo Whympe


Photo Whymper
“bog” avant le gué

Un gué problématique en cas de gros débit du cours d’eau , qui draine les eaux du loch an Eoin et du lochan Domhain . Nous avons eu la chance tout au long de cette randonnée de n’avoir aucun problème de gué , tout comme en 2010 .

A suivre

Nous poursuivons notre descente et la vue se dégage à droite sur la vallée d l’Abhainn Thrail, affluent de la rivière Torridon .

Photo Whymper

Bientôt , nous voyons apparaître au loin l’extrémité du loch Torridon . Le but est visible, mais nous avons encore un certain nombre de kilomètres à parcourir .

Falaises du Liathach à gauche , Beinn Eighe à droite dans les nuages

Au fur et à mesure que nous descendons , la vue sur le glen Torridon devient de plus en plus belle .Les falaises du Liathach et à droite celles du Beinn Eighe m’évoquent vaguement celles du canyon d’Arazas , dans les Pyrénées espagnoles . Les Highlands présentent une grande diversité de paysages, même si le spongieux y domine partour où le terrain n’est pas rocheux .
A l’ Ouest ,en continuant à descendre , nous découvrons le Beinn Alligin dominant le loch Torridon au Nord Ouest , et de longs promontoires rocheux issus de la péninsule d’Appelcross, qui dans la lumière étrange d’un après-midi pluvieux prennent une apparence quasi fantastique.

A droite, au fond du loch ,les maisons de Torridon .

Arrivée sur Annat . A gauche, des promontoires issus de la péninsule d’Applecross

La descente sur Annat ,en cette fin d’étape , m’a paru longue , nous avons déjà marché pendant une vingtaine de kilomètres mais nous ne nous arrêtons guère au bas de la descente à cause des averses qui se succèdent et nous ne sommes pas encore arrivés au but .Nous devons emprunter la route pour rejoindre Torridon en contournant l’extrémité du loch , nous ne savons pas encore où nous allons passer la nuit et nous commençons à être trempés . Bien que l’ étape n’ait pas été difficile , nous commençons à aspirer au repos , et nous rêvons de dormir au sec .

A suivre

Nous quittons donc Annat pour parcourir les deux kilomètres qui nous séparent de l’auberge de jeunesse de Torridon . Nous passons sans nous arrêter devant le terrain de camping ,situé à l’entrée du village, au pied du Liathach .Nous rêvons de pub, de bière, de haggis, de tourte à la viande ou de fruits de mer selon les préférences de chacun, de nuit confortable au chaud et de faire sécher nos affaires (pourquoi pas même une lessive, luxe suprême ! ) mais à notre grande déception, l’AJ est pleine, non pas de jeunes sportifs, mais de vieux, peut-être ausssi vieux que nous, mais eux ils sont venus en voiture ! Il n’y a pas de place pour nous quatre, l’un d’entre nous devrait aller dans un bed and breakfast à l’autre bout du village, et dans l’auberge de jeunesse, on sépare les hommes et les femmes Nous souhaitons rester tous ensemble . Nous nous résignons donc à nous installer sur le campsite officiel, mais je suis franchement déçue. Le camping est gratuit en 2012 , il y a quelques ornières provoquées par les roues des véhicules . Les douches sont gratuites . Je n’ai pas le souvenir d’en avoir fait usage …
A Torridon, je me sens fatiguée, parce que dépitée. Je me retire dans mes appartements . Ce soir , la précieuse que je suis ne recevra pas dans sa ruelle . Cyrus est venu avec quelqiues partitions, un negro spiritual, deux Nocturnes et un canon de Mozart, mais je refuse une répétition chorale sous la tente, prétextant que je dois consulter les cartes pour le jour suivant. Nous avons effectivement une décision à prendre.
Le temps s’annonce vraiment mauvais pour le lendemain, les problèmes de tendinite de notre Whymper ne s’arrangent pas .C’est rarement le cas lorsqu’on marche beaucoup, que le temps est humide et que l’on boit peu parce qu’il fait froid .
J’avais formé le projet de rejoindre Kinlochewe en passant au Nord du glen Torridon . Je rêvais de passer par la vallée de l’Allt Coire Mhic Nobuil , passage situé entre le Bheinn Alligin et le Liathach, de rejoindre ennsuite le sentier qui conduit au loch Coire Mhic Fearchair et d’atteindre de là en tout terrain le sommet du Bheinn Eighe Mountain Trail par un passage nommé Maol Cheannan . Nous aurions suivi ensuite la vallée de l’Allt Toll a Ghiubhais . De là , le pony track de Kinlochewe nous conduirait au but . C’était assurément très intéressant , mais très ambitieux, et cela aurait réclamé pour nous un bivouac, et des conditions météo favorables . Eventuellement nous pourrions ne réaliser que la moitié de ce parcours en revenant sur le glen Torridon à proximité de la Ling Hut .
Il y a du tous terrains qui peut être difficile, une rivière dont , loin de tout , le passage peut être impossible, nous risquons le brouillard, notre progression a de fortes chances d’être très lente, et trouver un lieu de camp intermédiaire n’est pas évident . Il nous faut aussi songer à la fin de notre randonnée .Nous sommes arrivés le mardi 24 Avril au soir à Torridon et nous devons absolument prendre le bus à Poolewe le 30 Avril au matin à 8h05 . Or il faut toujours prévoir une marge en cas d’imprévu .
Il y a deux autres solutions , un itinéraire maritime par Lower Diabaig, Red Point et Gairloch, mais trop de marche sur la route à la fin . Nous pouvons enfin rejoindre Kinlochewe directement par le glen Torridon. Peu glorieux, désagréable et même dangereux si la circulation est intense (ce n’est pas le cas à cette époque à la fin du mois d’Avril ,en 2012 ) mais c’est facile . Nous pouvons même emprunter le car de ramassage scolaire.
Finalement, mes compagnons décident de rejoindre Kinlochewe directement, mais à pied, par la route. Le car de ramassage scolaire part trop tôt à leur gré, et nous sommes là pour marcher.

La moitié de le salle de réception, avant rangement .

Photos Cyrus

A suivre

C’est la fin de la matinée lorsque nous nous décidons à partir . Nous avons seulement à marcher sur une distance de 10 miles et nous ne risquons pas de nous perdre . Pourtant, le parcours de Torridon à Kinlochewe sera notre retraite de Russie . Le vent souffle souvent en rafales, si fortes que Théodorine et moi, nous sommes parfois déséquilibrées, malgré nos bâtons . Ces messieurs, quant à eux, résistent mieux. Il tombe du grésil et la présence des voitures et camions que nous croisons par intermittence sur cette "single track "n’est pas un plaisir . La première section de notre parcours est vraiment pénible, rien n’arrêtant le vent d’Ouest qui nous arrive de la mer . Cela va s’arranger plus loin quand la route va tourner et que nous serons protégés par les falaises du Liathach et du Sena Mheallan .


Photo Cyrus.
“Bog” dans le glen Torridon . Au fond, le loch Torridon .

Liathach
Photo Cyrus

Regard en arrière

Photos Cyrus

Accès à Coire Dubh Mor entre Liathach et Bheinn Eighe ? On peut rejoindre par là soit Coire Mhic Nobuil entre Bheinn Alligin et Liathach , soit le loch Coire Mhic Fearchair .
Photo Cyrus

Terrain "boggy "

Photo Cyrus

Continuant notre avancée , nous arrivons aux environs du loch Clair, où débouche le chemin du Coulin Pass .

A suivre

Nous progresserons finalement plus rapidement que prévu . On marche beaucoup plus vite sur le bitume que dans une tourbière, tous les cours d’eau étant franchis sur un pont, nous ne mourrons pas noyés dans la Beresina. Nous nous apercevrons tout de même lorsque le temps s’améliore (relativement) que le paysage est beau.

Photos Cyrus

Regard en arrière sur le Liathach

Loch Clair

Photos Cyrus

Comme nous commençons à nous habituer aux étapes interminables, nous n’en croyons pas nos yeux quand nous arrivons à Kinlochewe.

A suivre

Kinlochewe, c’est comme Lochcarron, un village de moins de deux cents personnes, mais c’est un lieu où passent en 2012 ,un jour sur deux, un bus pour Achnasheen, sur la ligne de chemin de fer Kyle of Lochalsh Inverness, et aussi des bus scolaires pour Torridon et Poolewe ou Gairloch (voir à ce sujet le site de Stagecoach ) . C’est aussi un point de ravitaillement. Je crois avoir lu sur internet qu’il y avait une sorte d’auberge de jeunesse, à quelques kilomètres (peut-être une illusion de ma part) D’après la carte, il y a un terrain de camping . En ce temps-là, il n’est pas encore question de North Coast 500, fin Avril, il n’y a pas d’affluence mais nous ne voyons à notre arrivée que des pancartes signalant des B&B fermés .
Pour l’heure, nous avons faim, nous n’avons mangé que très légèrement à cause de la pluie, et à vrai dire, il ne nous reste plus guère que des pains Wasa légers . De mauvais esprits de la bande de Robin Hood de Fontainebleau Sherwood, notre maître de randonnée - bivouac en tout terrain, appellent le Wasa en général “basalte”, d’autres le Wasa léger “Wasa carton”.Théodorine et moi, contre l’avis de Cyrus, avons acheté du Wasa léger parce que, les tranches étant plus minces, elles sont plus nombreuses dans le paquet qui dure donc plus longtemps .Par souci de ne pas décrier les pains suédois en général, ni le Wasa en particulier (les concurrrents ou génériques de Wasa ont des caractéristiques semblables ), je dois dire par honnêteté que selon Alain Ducasse (d’après un article paru dans le journal “Elle”), rien n’égale sur le plan gastronomique une tranche de Wasa accompagnée de pâté Henaff. Aucun de nous ne conteste les qualités des pains suédois, mais au bout de quelques jours de pain Wasa, on rêve de baguette croustillante et de mie de pain moelleuse .Nous rêvons aussi de bière, depuis Kyle of Lochalsh. Chaque année, quand nous randonnons, dès le premier jour, nous commençons à imaginer ce que pourrait être le banquet final ou le repas de la réunion photos. J’ai lu avec intérêt dans Vers l’Antarctique de Shackelton, que ce grand homme que nous admirons beaucoup, Cyrus et moi , ne cessait avec ses compagnons d’évoquer les repas extraordinaires qu’ils feraient à leur retour. J’ai vraiment beaucoup de sympathie pour Shackelton . Il fait un éloge vibrant et légitime du chocolat, il voit dans la guitare un objet de première nécessité lorsqu’il faut abandonner l’“Endurance”, déclare ouvertement détester la présence d’un petit caillou sous son sac de couchage en se comparant à la princesse au petit pois d’Andersen (Cyrus est comme Shackelton un prince au petit pois), et évoque avec un réalisme remarquable le désagrément que l’on éprouve lorsqu’on doit dormir dans un sac de couchage mouillé. Bref, j’aime Shackelton.
A l’entrée de Kinlochewe, il y a un banc mouillé. Sans hésiter, les deux premiers s’y affalent, suivis par les deux autres. Nous prenons alors conscience que nous sommes devant le Whistle Café, d’où sort un homme qui nous adresse en riant des propos que nous ne comprenons pas . Le lieu, ô miracle, paraît ouvert .

A suivre

Nous entrons dans le Whistle stop café, une construction extérieurement modeste, mais l’intérieur est charmant. Il y fait bon, et nous déposons près de l’entrée nos sacs dégoulinants et nos bâtons, tout notre attirail de marcheurs. Une dame bien aimable nous accueille, nous demande d’où nous venons, si nous savons où nous allons passer la nuit. Bien entendu, nous n’en savons rien, c’est d’ailleurs pour nous l’une des règles du jeu (en ce temps-là , c’était plus facile) que de ne rien réserver, moyens de transport mis à part quand c’est indipensable.“You are crazy!”, sera son seul commentaire, mais dit sur un ton tel que nous nous sentons accueillis et compris. Elle évoque pour nous une servante de Molière admonestant ses maîtres insensés . En plein milieu d’après-midi , elle nous servira d’excellents breakfasts (ventre affamé n’a pas d’horaire). En ce qui me concerne , je me susi régalée d’une tourte au boeuf Angus . Nous prendrons aussi des scones, accompagnés de “traditional ginger beer”. Le Whistle stop café, pour nous, c’est mieux que Bocuse. Et cette dame nous indique l’hôtel qui comporte un bunkhouse, où nous trouverons de la place. Cette réconfortante pause terminée, nous partons pour le bunkhouse .

Photo Cyrus
La photo a été prise le lendemain , où notre Whymper a enlevé ses guêtres avant d’entrer .
Le Whistle Stop Café de Kinlochewe aurait fermé depuis . Il aurait été remplacé par un établissement semblable à Torrridon .

A suivre

Le bunkhouse est attenant à l’hôtel de Kinlochewe, qui fait également pub . C’est là que nous allons payer nos nuitées . Comme on nous annonce un temps exécrable pour le lendemain. nous décidons d’y passer deux nuits L’hôtel affiche sur sa porte que les “walkers” sont les bienvenus.

Le post office

Photos Cyrus

Le bunkhouse de l’hôtel n’est pas très grand, mais il a une cuisine très bien équipée, où l’on mange à son aise, et une salle où l’on peut sécher ses vêtements . Quand nous arrivons, vers 16h, le dortoir est à moitié occupé par des dormeurs, et nous nous efforçons d’être (relativement) silencieux .Ils vont dormir très longtemps encore, quasiment sans interruption jusqu’au lendemain. Nous apprendrons que ce sont des kayakistes qui se sont épuisés à ramer contre le vent. La vie sauvage dans les Highlands nécessite décidément une certaine énergie.

Juste en face du bunkhouse (on fait vite le tour de Kinlochewe), il y a un arrêt de bus et le post office, un lieu étonnant. ce n’est pas seulement la poste. On y trouve du ravitaillement (beaucoup de choix) , des cartes de randonnée, des cartes postales, fort belles, des sprays anti-tiques, de la corde à linge pour randonneurs, des chaussures de montagne, en résumé tout ce que peuvent souhaiter ceux qui, comme nous ont adopté volontairement une existence de pauvre hère. Nous n’avons pas vu pareille abondance depuis Lochcarron . Ce n’est pas tout, il y a une seconde épicerie à la station service. L’accueil sera partout très aimable. Devant tant d’opulence, nous ne saurons pas trop où donner de la tête, Théodorine et moi, nous oublierons de racheter du beurre, cherchant vainement des kippers, nous nous contenterons de deux petites boîtes de maquereaux, ce qui nous vaudra lors des trois derniers jours des critiques sévères. Mais pour le moment, l’humeur est à la liesse.

A suivre

Aux dernières nouvelles, à la suite d’un sinistre dû à une rupture de canalisation, il ne serait plus possible de loger au bunkhouse de l’hôtel de Kinlochewe . Il n’est pas dit qu’il s’agit d’une fermeture définitive mais on peut avoir des doutes .Les bunkhouses me paraissent actuellement avoir une fâcheuse tendance à disparaître alors qu’ils étaient la providence des randonneurs au long cours .

A suivre

Le lendemain, le temps est toujours mauvais. Nous décidons cependant de marcher, nous sommes là pour ça, et nous décidons donc de parcourir le Beinn Eighe Mountain Trail, un petit circuit qui devrait nous procurer une belle vue sur le Loch Maree et le Slioch d’une part, et sur la zone que nous aurions dû parcourir entre Torridon et Kinlochewe, plus précisément sur sa partie la plus délicate, entre le loch Coire Mhic Fearchair et Kinlochewe, si les circonstances ne nous avaient pas fait renoncer à notre programme initial.
Nous nous rendons au départ du circuit par la route de Kinlochewe à Poolewe . Elle longe le loch Maree mais la circulation ne rend pas le parcours plaisant . Lorsque nous parvenons au début du circuit , nous trouvons un espace aménagé avec des panneaux explicatifs sur la région, la faune, la flore, la géologie, qui nous promettent même une plaisante “midgeless walk” à l’intérieur d’un bâtiment.

J’ai déjà lu dans le Guide du Routard que les midges affectionnent les rives du Loch Maree. Nous découvrirons les jours suivants qu’il en est de même pour les tiques. Pour l’heure, les midges ne sont pas encore nées, ou pas encore en âge de nuire .
Un panneau met en garde contre les passages glissants, les ravins, etc. Pou corser un peu les choses, notre Whymper décide que nous monterons par l’itinéraire le plus facile et que nous descendrons . par l’itinéraire le plus raide alors que l’on nous conseille de faire l’inverse .

A suivre

L’itinéraire est bien balisé, la montée est relativement raide, mais aisée, et , de notre point de vue , mais c’est subjectif, vraiment sécurisée. Nous découvrons en haut un paysage désolé , totalement inhospitalier, quasi lunaire, parsemé de tout petits lochs dont l’un s’appelle d’ailleurs "Lunar loch " La montée nous a procuré malgré la brume, de belles vues sur le Loch Maree, puis arrivés au sommet, à 550 mètres d’altitude, sur le passage du Maol Cheannan* et les montagnes qui le dominent, mais le froid , le mauvais temps, et la brume vont nous dissuader d’essayer de descendre dans cette zone pour rejoindre Kinlochewe par un autre chemin. Nous nous contenterons de manger rapidement à l’abri d’un rocher , et dans le brouillard ,pour nous protéger autant que faire se peut d’un vent glacial .

Vue sur le glen Bianasdail , vallée de l’Abhainn Fasaigh, déversoir du lochan Fada . Un circuit possible , mais qui peut poser des problèmes à partir de Kinlochewe décrit sur le site Walkhighlands (les deux branches de ce circuit peuvent être empruntées par le Cap Wrath Trail) Je n’ai pas testé l’itinéraire par le glen Bianasdail . Nous sommes passés par l’autre branche du circuit un an plus tard en 2013 .
https://www.walkhighlands.co.uk/torridon/lochan-fada.shtml

Vue sur le Slioch enneigé

Quelques uns des pins calédoniens du bas de la montée

Photos Whymper

Il nous faut gravir cette pente (le sentier était bon )

Photos Cyrus

  • Ce passage , préconisé peu de temps par un guide du Cap Wrath Trail ,devrait permettre théoriquement de rejoindre len tout terrain e loch Coire Mhic Fearchair puis Kinlochewe. Impossible en cas de crue de l’Allt Toll a Ghiubais , très long, et difficile pour des raisons multiples (terrain ,isolement, orientation, sans compter les joies de la météo écossaises …) De toute manière, outre des conditions météos favorables indispensables, un bivouac intermédiaire nous aurait été nécessaire .

A suivre

Frigorifiés par un vent glacial insupportable, nous prenons donc juste le temps de manger très légèrement avant de redescendre le plus rapidement possible par le circuit balisé . L’appel du Whistle Stop café est irrésistible et l’emporte sur toute autre considération.
L’itinéraire de retour est beaucoup plus raide que le précédent , il est prévu pour la montée . Un court passage où il est utile de s’aider des mains. rien de très méchant cependant par bonne visibilité à condition de bien suivre les cairns et de faire attention à ne pas déstabiliser les pierres .

Notre Whymper m’attendant au cairn .

Photos Cyrus

Plus bas, nous retrouvons la forêt de pins calédoniens (il n’y en a plus beaucoup en Ecosse ) et les panneaux du Beinn Eighe Center au bord de la route . Nous apprenons que l’eau du loch Maree était censé guérir les fous, en les plongeant dans l’eau froide du loch peut-être même les fous de notre espèce,comme l’ insinue notre Whymper .

Nous revenons ensuite sans encombre par la route à Kinlochewe, heureux de nous être dégourdi les jambes et nous finirons l’après-midi au Whistle Stop Cafe .
La soirée s’est ensuite passée calmement dans notre gîte . Les kayakistes , dont notre Whymper , le jour de notre arrivée, avait envié les combinaisons étanches, étaient partis .
Le lendemain devait commencer la dernière partie de notre randonnée, dans la région située à l’Est du loch Maree, souvent désignée par l’expression de Great Wilderness .

Fin de la deuxème partie

A suivre

Troisième partie

De Kinlochewe à Poolewe

Dès notre premier voyage en Ecosse il y deux ans, j’ai été attirée par le Knoydart, et j’ai rêvé de la région nommée Great Wilderness, qui s’étend au Nord-Est du Loch Maree jusqu’à la route qui va du Little Loch Broom aux Falls of Measach . C’est une région montagneuse inhabitée à l’exception de petites localités à sa périphérie , avec de beaux sommets et de beaux lochs, à en juger par Google images. J’ai repéré sur ma carte Ordnance Survey au 50000ème un sentier qui permettrait de se rendre de Kinlochewe à Poolewe . Il nous reste trois jours pour atteindre le terme de notre randonnée , de manière détendue, et nous aurons la chance d’avoir une temps de plus en plus favorable, les derniers jours sans une seule goutte de pluie. Peut-être ai -je employé à tort l’expression de Fiesherfield Forest dans le titre de ce carnet de voyage . Il s’agirait plutôt de la Letterewe Forest , située immédiatement à l’Est du loch Maree qui lui est attenante .
La “North Coast 500”, appellation récente d’un itinéraire qui ne fait qu’emprunter des routes qui existe depuis longtemps, réussite du marketing touristique aux effets très controversés, longe la rive Ouest du loch Maree . Ceux qui l’empruntent ne voient guère les montagnes au pied desquelles elle passe , en revanche, il leur est difficile de ne pas apercevoir le Slioch . Je m’étonne que leur curiosité ne les pousse pas à s’ intéresser à la rive Est q’un sentier historique ( ancien sentier de facteur ou de cercueils , je crois avoir lu les deux) parcourt sur une longue distance avant de franchir un col et de permettre de rejoindre Poolewe sur la côte , au niveau des très célèbres jardins d’Inverewe . C’est un itinéraire splendide . Ma conviction personnelle est qu’il est beaucoup plus intéressant esthétiquement de marcher sur une distance nécessairement plus restreinte que de faire des centaines de kilomètres sur le bitume
Nous avons eu de la chance de bénéficier de très bonnes conditions météo , de traverser l’Abhainn Fasaigh sur un pont encore utilisable, de ne pas avoir de problème de passage de gués, l’itinéraire nous a donc paru facile . Il aurait pu en être tout autrement .

A suivre

Après une seconde nuit calme et réparatrice à Kinlochewe, nous partons d’assez bonne heure, nous franchissons la rivière et nous nous dirigeons vers Incheril , où se séparent notre itinéraire et celui qui se dirige vers les Heights of Kinlochewe .

Photo Whymper


Photo Cyrus
Incheril et le Slioch enneigé

Nous rencontrons des moutons broutant une prairie ensoleillée d’où nous verrons le massif du Beinn Eighe sans pour autant bien identifier les lieux que nous avions explorés la veille .

En quittant Incheril . Photo Whymper

Vue sur le massif du Beinn Eighe . Photo Whymper

Photo Cyrus

Une rencontre

Photo Cyrus

Photo Whymper

Photos Whymper

Désormais, nous suivons la rive Est du loch Maree jusqu’à Letterewe

A suivre

Poursuivant notre route, nous arrivons bientôt au pont qui franchit l’ Abhainn an Fhasaigh, la rivière qui coule dans le glen Bianasdail bien visible au Sud du Slioch lors de notre marche de la veille, glen qui continue jusqu’au lochan Fada, un lieu magnifique que nous avons découvert l’année suivante . J’ai cru comprendre il y a quelques années que ce pont était hors d’usage mais apparemment il aurait été rétabli . C’était prévisible parce que le sentier de la voie la plus classique du Slioch à partir de KInlochewe commence juste après ce pont . Un peu plus tard, le sentier se perd dans une grande prairie qui occupe un petit cirque au pied du Slioch . Au milieu est visible la cascade du torrent qui draine toutes les eaux de ce versant du Slioch . Nous allons devoir faire un détour dans cette prairie pour trouver un passage aisément guéable . Par bonheur , ce n’est pas une période de crue et ce ne sera pas un vrai problème . Dans le cas contraire , ce serait un obstacle infranchissable .

Abhainn an Fhasaigh . Photos prises du pont par Cyrus

Regard en arrière sur notre itinéraire . Photo Cyrus

Cirque au dessous du Slioch . Regard en arrière . Photo Cyrus

Photo prise dans le cirque situé au dessous du Slioch, partiellement visible à gauche de la photo . Nous avons traversé le torrent pas très loin de la cascade .

Après avoir traversé cette grande prairie , nous avons dû emprunter un passage rocheux et boueux où le sentier s’effaçait , mais il n’y avait pas là de quoi nous dissuader de continuer notre route .

Photo Cyrus

Nous retrouvons ensuite un vrai sentier et un paysage plus ouvert .

Photo Cyrus

A suivre

Bivouac au dessus du loch Maree
Nous continuons à progresser assez paresseusement le long du loch, d’autant plus que la beauté du paysage nous incite à nous attarder . Nous ne souhaitons pas passer le col dès ce soir pour atteindre le bothy de Carnmore . Nous trouvons finalement peu avant Furnace , un cottage qui dépend de Letterewe, un beau lieu de camp, une terrasse boisée au dessus du Loch Maree, pas trop humide ,à part un passage bien spongieux près de ma tente… Nous y arrivons tôt , et après nous être approvisionnés dans un petit cours d’eau situé un peu plus loin , nous passerons un délicieux après-midi de farniente, occupé notamment à chanter à trois voix, Cyrus étant ténor, et notre Whymper basse.Théodorine se joint à moi pour assurer la partie soprano (elle n’est pas encore assez sûre d’elle pour assurer seule une partie). La partie soprano 2 des Nocturnes de Mozart est chantée par Cyrus qui pense qu’un ténor pest en mesure de la chanter .
Journée parfaite en apparence, sauf que nous prenons conscience que nos provisions diminuent beaucoup (insouciance de ma part au moment des achats à l’idée que nous allons retrouver sous peu la civilisation) et que nous apercevrons le lendemain que ce lieu paradisiaque était infesté de tiques.

Découverte du lieu de bivouac

Je pars ensuite avec Cyrus un peu plus loin à la recherche de l’eau

Retour au lieu du camp où les tentes sont montées .

Photo Cyrus

Notre camp est situé juste en face de la rivière Grudie

Moi Calamity , en pleine activité à côté de ma tente
Photo Cyrus (détail )

A suivre

Le lendemain matin commence une journée qui sera dans l’ensemble bien ensoleillée . Il a gelé la nuit cependant , alors que nous ne sommes guère au dessus du niveau de la mer .
Nous profitons une dernière fois de ce lieu de bivouac magnifique , la vue sur le Tripple Buttress (il s’agit des montagnes qui dominent le loch Coire Mhic Fearchair ) étant exceptionnelle . Le terrain était tout de même passablement marécageux et nous sommes deux , Whymper et moi, à avoir déjà récolté un certain nombre de tiques . En ce qui me concerne , j’en avais déjà nourri une sans m’en apercevoir, vraisemblablement pendant plusieurs jours, jusqu’à notre arrivée à Kinlochewe . La présence de nombreux cerfs est synonyme de prolifération de tiques .


Le camp au matin . Photo Whymper

On voit sur cette photo le Tripple Buttress . Je pense que le loch Coire Mhic Fearchair est logé entre les deux sommets que l’on aperçoit . La vallée de la rivière Grudie (on ne voit ici que son début ) se dirige face à nous . un sentier sur la carte Ordnance Survey au 50000ème part dans cette direction de Bridge of Grudie, sur la route Kinlochewe Poolewe , avant de se perdre dans un secteur vraisemblablement très marécageux . La zone à la surface curieusement moutonnée se nomme Maol Cheannan . Il faut la traverser, hors sentier , puis franchir une rivière qui peut être redoutable avant de rejoindre un col proche du sommet du Beinn Eighe Mountain Trail pour rejoindre Kinlochewe . Rien d’évident a priori .

A suivre

Ce neuvième jour, dans un cadre magnifique, sera marqué par les tiques et par la famine, si j’en juge par l’attitude de souffrance discrète que ces messieurs vont afficher jusqu’à la fin . Pas de reproches ouverts et violents, mais une dignité pathétique savamment jouée, une plainte à vous tirer des larmes dont le thème récurrent sera : 25 grammes de maquereau par personne et par jour (en négligeant bien évidemment la bonne réserve de muesli et de flocons d’avoine dont nous disposons encore, sans parler de quelques autres provisions). Il est vrai malgré tout que je vais instituer, avec le soutien de Théodorine, une dictature de salut public dans la gestion des stocks.
Nous avons d’abord une vue magnifique et très étendue sur les montagnes du Sud et sur les zones lacustres de l’Ouest et du Nord Ouest.

Photo Cyrus

Vue sur le Tripple Buttress et la vallée de la rivière Grudie

Regard en arrière sur le Slioch . Photo Cyrus

Peu avant Letterewe, nous devons franchir une petite gorge . Finalement , il n’y eut pas de problème .

Enfin, nous arrivons à Letterewe .

A suivre

Letterewe, c’est une toute petite localité située sur la rive Est du loch Maree . Un bac privé la relie à la rive Est . Letterewe estate , c’est tout le domaine qui s’y rattache . Letterewe Forest ,c’est le même domaine , mais il ne faut pas s’y attendre à d’immenses forêts . D’une manière générale, ce terme s’applique à d’immenses étendues désertes où les possesseurs de ces domaines peuvent se livrer aux plaisirs aristocratiques de la chasse . Les forêts de pins calédoniens n’existent plus qu’à l’état de résidus, comme sur la rive Ouest du loch Maree ou dans le Glen Affric . Les forêts de pins ont en effet été surexploitées pour fournir les mâts de la marine britannnique et les clearances ont chassé les fermiers des Highlands .A ce sujet , je viens de découvrir une troisième fonction du sentier par lequel nous sommes arrivés ici . Ce serait un ancien chemin de transhumance . De nos jours, on ne voit pas sur la rive Est du loch Maree d’animaux d’élevage depuis Incheril, à part aux abords immédiats de Letterewe. L’élevage des moutons que les propriétaires terriens ont voulu développer après les clearances n’a dans l’ensemble pas réussi dans les grandes immensités spongieuses et on ne voit des moutons dans les Highlands que dans les zones les plus sèches et les plus civilisées . Leurs pattes n’aiment pas l’excès d’humidité .

Je fournis ici le lien utile aux routards qui veulent fuir le surtourisme et passer des vacances dans le confort , dans une maison d’un certain charme avec vue sur le lac . Je ne peux malheureusement pas préciser les prix ni comment on peut y échapper aux tiques et aux midges, des esthètes qui affectionnent tout particulièrement la région du loch Maree.

En ce qui nous concerne, nous n’avons fait que passer , en regardant la maison de loin . Notre objectif, c’était en effet un hébergement plus modeste, dépendant lui aussi du domaine, Carnmore bothy , mais il nous fallait d’abord faire l’ascension du bealach Mheinnidh, à près de 500 mètres d’altitude . C’est un parcours sur un sentier de montagne que je qualifierai personnellement de facile .

En quittant Letterewe

Photo Cyrus

Peu à peu la vue s’élargit, et près du col nous avons une vue extraordinaire sur les montagnes de Torridon enneigées , au delà du loch Maree, pour nous seuls . Nous n’avions d’ailleurs vu persenne depuis que nous avions quitté Kinlochewe .

Photos Cyrus

Continuant notre ascension, nous arrivons au col .

Théodorine approchant du col

Photo Cyrus

Arrivée au col

Photo Whymper

Au col

A suivre

Descente sur Carnmore

Les paysages que nous découvrons de l’autre côté du col ne sont pas inférieurs à ceux que nous quittons . Ce fut vraiment une journée exceptionnelle . Arrivés au bealach Mheinnidh, nous découvrons le Fionn Loch, et, au delà de grandes étendues lacustres, la mer. Nous sommes vraiment désormais dans la région nommée Great Wilderness . Avec le Knoydart, autre grand espace sauvage, ce sera le souvenir le plus marquant de ce second voyage .

Nous descendrons lentement vers le Fionn Loch, Théodorine et moi., ce sentier n’a rien de difficile pour les habitués de la randonnée en montagne mais Théodorine ramasse des cailloux dont elle remplit son sac . Elle m’explique les différences entre les roches et me montre même de la jadéite (si j’ai bien compris le nom). Rien ne nous presse, car nous voyons bientôt la digue qui sépare le Fionn Loch du Dubh Loch

Regard en arrière sur le col . Photo Whymper

Photos Cyrus

Au loin la mer . Photo Whymper

Fionn loch

Photo Cyrus

Photos Whymper

Nous arrivons en vue de la digue de Carnmore , qui sépare Fionn loch et Dubh loch

Photo Cyrus

Détail de la photo précédente . On aperçoit le senteir qui se dirige au dessus du Dubh loch vers l’ A ’ Maighdean et , beaucoup plus loin, le bothy de Shenavall .

A suivre

Nous arrivons enfin au bas de la descente (près de 500 mètres de dénivelé puisque nous sommes pratiquement au niveau de la mer ). Les eaux du Fionn Loch s’écoulent dans une rivière qui se jette dans la mer dans la baie de Gruinard.Théodorine s’arrête pour poser son sac , vraisemblablement pour y ranger ses cailloux .

Nous arrivons ensuite à une sorte de plage .


Photo Cyrus

Cette longue plage se prolonge jusqu’à la digue qui sépare Dubh loch et Fionn loch . la digue aurait été construite sur ce banc de sable . Nous nous engageons sur la digue pour rejoindre Carnmore .

Photo Cyrus

Regard en arrière sur la digue et le bealach Mheinnidh que nous venons de descendre .

Au delà de la digue .

Regard en arrière sur le col et la digue .

Vue sur le Dubh loch . Au fond, le sommet enneigé de l’ A’ Mhaighdean, le munro le plus isolé d’Ecosse

Nous nous éloignons du Dubh loch , un magnifique lac de montagne situé au niveau de la mer et nous arrivons enfin en vue de Carnmore .

Photo Cyrus

Carnmore fait partie du domaine de Letterewe . Notre Whymper s’imagine quelques instants que Carnmore bothy est cette belle maison blanche . Il est le seul à le dire mais je crois bien que les trois autres ont eu la même pensée

Photo Cyrus

En fait, il s’agit du pavillon de chasse du domaine de Letterewe dont la location peut intéresser les nouveaux “routards” amoureux de la solitude .

Nous sommes très surpris de découvrir cette belle maison, qui semble inoccupée en ce moment. Aucune route ne permet de l’atteindre. Nous avons déjà vu il y a deux ans des cas semblables sur les rives du Loch Nevis . Les propriétaires se rendent en bateau dans leur maison. Nous avons été très étonnés, cette année, le second jour, de retrouver à Kinloch Hourn le fermier de Barrisdale alors que nous ne l’avions pas rencontré sur le chemin : il avait dû vraisemblablement naviguer sur le loch Hourn.
Inquiets d’abord à la vue de cette maison ( où installer notre camp ? )nous apprenons par une pancarte que nous sommes les bienvenus à quelque distance, et que nous pouvons profiter d’une cabane .

Nous découvrons, secrètement un peu déçus, que Carnmore bothy qui appartient aussi au domaine , est l’ancienne étable de Carnmore mise à la disposition des randonneurs .

Photo Cyrus

L’étape est terminée . Nous arrivons enfin à la porte .

A suivre

Soirée à Carnmore

Nous entrons dans la cabane, mise gracieusement à notre disposition . L’intérieur que l’on peut qualifier d’assez rustique , ne correspond pas exactement aux normes des refuges de montagne français actuels mais il existe fort heureusement encore , en France aussi , quelques cabanes assez plaisantes , comme le refuge des frères Aymar ,au bord de l’estany Llat, dans le secteur du lac des Bouillouses . J’y ai plusieurs fois passé la nuit avec Cyrus, lorqu’il y avait de l’orage .

Carnmore bothy est plus vaste . C’est un autre style .

Photos Cyrus

Il y a deux beaux lits (presque )tout neufs, mais l’un est déjà occupé .

Photo Whymper

Nous décidons donc de nous établir à l’extérieur , et nous montons nos tentes .

A suivre

Comme je l’ai dit précedémment, un lit est déjà occupé . Il a été pris par une jeune belge flamande qui semble tout droit sortie d’un tableau de Botticelli. Elle est là, seule pour quelques jours, pendant que son époux, militaire, est en mission, décidée à grimper plusieurs munros. Comme nous, elle est venue ici parce que c’était un un endroit très sauvage. Je lui parle donc de Knoydart et du Ladhar Bheinn qui pourrait l’intéresser .
Nous la verrons grimper gracieusement sur un petit rocher et s’étirer avec des gestes semblables à ceux d’une danseuse dans les rayons du soleil couchant. Un spectacle presqu’irréel dans ce cadre sauvage.
Les tentes installées , nous devons nous procurer de l’eau . Il y a un petit fossé où coule de l’eau à proximité immédiate, mais nous préférons la prendre dans un endroit plus sûr , dans un petit torrent au cours rapide descendant directement de la montagne . La recherche de l’eau , un peu en aval, nous permettra d’admirer le site avec du recul . C’est vraiment un très bel endroit, même pour des gens aussi difficiles que nous . Je crois que nous n’avons rien vu de plus beau en Ecosse que le parcours entre Kinlochewe et Carnmore . Seules la baie de Barrisdale et les Small Isles à mes yeux peuvent à ce jour l’ égaler .

Le fossé où nous n’avons pas voulu prendre de l’eau .

Carmore lodge vu des environs de Carnmore bothy . Au fond , le sommet enneigé de l’A Mhaigdhean .

![Ecosse (355)site de carnmore bothy|666x500]

(upload://7JMBXHVAD0NGzZcGmbFMvSoVVii.jpeg)

En revenant de la corvée d’eau .

Nous passerons une partie de la soirée avec la jeune belge . Nous lui offrons du thé, elle partage avec nous sa mousse au chocolat lyophilisée . Ces messieurs prétendument affamés l’ont apitoyée , non pas en déplorant ouvertement leur sort , mais Cyrus déploie de forts habiles stratégies pour attirer la compassion . Restés seuls , nous répéterons nos chants.
Nous verrons arriver un randonneur écossais, le soir. Il dormira tard, alors que nous la verrons partir d’un bon pas au soleil levant.

A suivre

En revenant de la corvée d’eau . Au loin, Carnmore Bothy, Carnmore Loodge et l’ A Mhaigdhean .

A suivre

Carnmore et ses environs c’est un lieu que je qualifierai de sublime mais notre soirée et le début de notre dernier jour de randonnée sont marqués par la découverte des tiques que nous avons vraisemblablement attirées sur les rives du Loch Maree . Nous en avons fait une moisson supplémentaire (j’exagère à peine ) à Carnmore . Notre jeune Flamande connaît elle aussi les tiques, elle a même dû être soignée pour la maladie de Lyme . En ce qui me concerne, la tique tardivement découverte à Kinlochewe m’a laissé une trace suspecte pour laquelle j’ai consulté à mon retour .
Notre Whymper et moi-même nous sommes les plus atteints. Nous en avons chacun ramassé une quinzaine, et pourtant, nous sommes habillés des pieds à la tête de vêtements protecteurs. Théodorine n’a dû en attirer qu’une ou deux au cours de cette randonnée, et Cyrus aucune. Il est un peu vexé de ne pas être apprécié par les tiques, alors qu’il a beaucoup d’affection pour tout le monde animal. Ces tiques sont pour la plupart très petites, mais très solidement fixées, et difficiles à extraire, les tire-tiques que j’ai apportés ne sont pas très adaptés pour des insectes aussi petits.
Nous avons passé à Carnmore la nuit du 29 au 30 Avril . Il n’y avait pas de midges encore parce que nous avons eu deux nuits de gel nocturne . La région du loch Maree ,absolument magnifique ,est infestée non seulement de tiques , mais aussi de midges ,dès que les températures sont plus clémentes . J’ai remarqué au cours de mes voyages successifs en Ecosse que la saison des midges commençait avec l’éclosion des rhododendrons . Je ne crains pas que la région nommée Great Wilderness soit envahie par le surtourisme . Les intempéries, les tiques, les midges, l’absence de réseau , des gués et tourbières redoutables (nous n’avons pas eu à en affronter mais il y en a ailleurs sur d’autres itinéraires), et le caractère sommaire des hébergements , peuvent dissuader beaucoup de s’y rendre . Les nombreux touristes sur la North Coast 500 ne font que la contourner rapidement , ignorant ce qu’ils perdent . C’est peut-être très bien ainsi .

A suivre

Mon grand regret au sujet de ce voyage est que nous n’ayons pas exploré le sentier qui partait au dessus du Dubh loch dans la direction de l’A Mhaigdhean . Nous avons été trop paresseux alors que nous aurions pu avoir des vues plus belles encore . C’est là un itinéraire qui traverse la Fisherfield Forest , rejoint le bothy de Shenavall puis Corrie Halie , pas loin des chutes de Measach . J’avais le projet de revenir ici en 2020 ainsi qu’à Torridon . Tout était prêt pour notre départ . Le confinement a mis fin à nos projets . Cet itinéraire de Poolewe à Corrie Hallie n’est pas facile d’après ce que j’ai lu Il ne faut pas se perdre et les gués de Shenavall peuvent être redoutables
La dernière journée de notre randonnée bénéficiera d’un temps magnifique, sans une seule goutte de pluie . Nous allons d’abord repasser la digue , mais avec la lumière du matin, tout ce que nous avions vu la veille est différent . Je n’ai absolument pas modifié les couleurs des photos . Il ne faut pas avoir peur en Ecosse d’attendre que le paysage change au gré des heures .

Dubh loch au matin

Fionn loch vu de la digue

A suivre

Le chemin qui nous conduit à Poolewe est dans l’ensemble excellent . Il longe les montagnes à notre gauche , tandis qu’à droite s’étend l’immensité marécageuse qui entoure le Fionn loch . Un secteur sur la carte porte le nom peu engageant de Bad Bog .Heureusement nous sommes sur un terrain solide sur lequel notre progression serait rapide si nous ne prenions pas le temps de nous retourner de multiples fois pour voir les montagnes qui entourent les environs de Carnmore .

Notre chemin ,au pied des montagnes

L’A Maighdhean et un autre sommet de la Fisherfield Forest

Regards en arrière

Photo Whymper

Regard en arrière . Photo Cyrus .

A suivre

Nous continuons à marcher dans la direction de Poolewe, en abandonnant progressivement les montagnes puis les grands marécages voisins du Fionn Loch .

Photos Whymper

Le terrain va devenir plus accidenté lorsque nous arriverons en vue du loch Kernsary et de la mer .

A suivre

Première apparition du loch Kernsary à l’horizon . Photo Cyrus

Nous arrivons en vue d’un bois .
Photo Cyrus

Photo Whymper

En approchant du bois . Au loin le loch Kernsary . Tout au fond, la mer . Photo Cyrus

Avant de pénétrer dans le bois, nous devons franchir un obstacle , une haute barrière à cerfs . Ces messieurs, qui sont passés les premiers, se divertissent en nous regardant passer cet obstacle, avec nos sacs à dos et nos bâtons . Curieusement, ils ne se sont pas photographiés mutuellement dans cet exercice …

Photos Cyrus

Photo Whymper

La traversée de la forêt sera bien désagréable . Le large chemin est coupé par des mares d’eau mêlée de purin, qui nous contraignent à des exercices d’équilibre sur ses bords .Un peu plus loin , il est couvert de paille, de crottin, et de croquettes pour bétail, sans doute destinés à combler des ornières .Une horreur infecte qu’il nous faut traverser, pas une belle et bonne et sauvage tourbière.

A suivre

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