Patmos, l’île de l’Apocalypse
Patmos Monastère Saint-Jean - Claude Hervé-Bazin

Leros, Lipsi… le ferry poursuit sa remontée du Dodécanèse, atteignant Patmos, l’une de ses îles les plus petites et solitaires.

C’est dans cette lointaine colonie pénitentiaire romaine que saint Jean, déporté par l’empereur Domitien, aurait eu la vision de l’Apocalypse. L’apôtre, alors très âgé, y aurait passé seize mois, vivant dans une grotte. Il y aurait dicté à l’un de ses disciples ce texte foisonnant de catastrophes et de gloires célestes…

Au fil des siècles, la grotte s’est transformée en chapelle, éclairée par des lampes en argent vacillantes. Au-delà, toute l’île s’est couverte de sanctuaires.

Le grand monastère Saint-Jean, à l’apparence de forteresse médiévale, fut fondé en 1088 au sommet de l’île, d’où il domine le village d’Hora. Au fil des siècles, ses moines s’enrichirent grâce au commerce maritime. Ils obtinrent même de certains pirates des pourcentages sur leurs prises en échange de promesses de paradis !

La bibliothèque contient près d’un millier de manuscrits enluminés datant des débuts du christianisme et de l’époque byzantine. L’Évangile de saint Marc, du 5e ou 6e siècle, est rédigé en lettres d’argent sur vélin pourpre, ses titres et noms sacrés inscrits en or.

Le plus ancien manuscrit autographe connu des Dialogues de Platon, longtemps conservé en ces murs, a été dérobé par un voyageur en 1801... Au-dessus de la porte de la bibliothèque, il est pourtant inscrit : « Garde le contenu avec plus d’attention que ta vie »...

Texte : Claude Hervé-Bazin

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