Symi, la grandeur des capitaines
Symi - Claude Hervé-Bazin

Moins d’une demi-heure après avoir quitté le port de Rhodes, le ferry de la Blue Star abaisse le drapeau grec pour hisser les couleurs turques – le temps de traverser les eaux territoriales du grand voisin. Quinze minutes plus tard, le pavillon hellène reprend sa position.

Ancrée dans des eaux réputées dangereuses, au creux d’une longue pince de crabe formée par la côte anatolienne, l’île de Symi a traversé les siècles sans qu’on ne la remarque guère.

L’entrée dans la rade n’en est pas moins spectaculaire. Ses flancs, couronnés par de hautes collines dessinant un amphithéâtre, sont tapissés de demeures jaune pastel et blanches aux toits de tuiles rouges, précédées de fiers frontons néoclassiques.

On l’a oublié, mais Symi a été riche. Deux activités remontant à l’Antiquité ont fait la fortune de ses armateurs : la pêche aux éponges et les chantiers navals, d’où sortirent les trières de la guerre de Troie comme les galères des chevaliers.

Le long escalier du Kali Strata entame son ascension vers Ano Simi, la ville haute. Aux façades repeintes de jaune, d’ocre ou de rose succèdent des murs éventrés, des portes et fenêtres d’un emblématique bleu grec, un portail qui menace ruine.

Ici court une vigne vierge, là s’amarre un balcon de fer forgé. Les marches se ramifient, s’emmêlent les pinceaux – les visiteurs aussi. Enfin, l’effort est récompensé : le regard domine le port, la mer, fait de l’œil au vieux château des chevaliers.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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