La nouvelle Jérusalem
Rhodes Rue des Chevaliers - Claude Hervé-Bazin

C’est dans le Collachium, au nord de la vieille ville, superbement conservée, que résidait l’ordre. Le quartier s’agence autour de la rue des Chevaliers, bordée par la plupart des auberges des différentes langues – dont celle de France, typiquement gothique.

À l’une des extrémités de l’artère, l’hôpital (15e) répartit ses salles autour d’une cour à arcades. À l’autre bout, le palais des Grands Maîtres, souligné de créneaux et de tours, a été outrancièrement restauré par les architectes mussoliniens, durant l’occupation italienne du Dodécanèse. Une plaque dans l’entrée y fait référence à la « 18e année de l’ère fasciste » (1940) !

À l’approche du port, le vicus judeorum, vidé de sa substance par les nazis, n’est plus habité que par une quarantaine de juifs. Présents sur l’île dès l’Antiquité, ils furent pourtant jusqu’à 5 000. La belle synagogue Kahal Shalom, bâtie en 5338 (comprenez 1577), a été restaurée.

Au sud de la vieille ville, le quartier turc, l’un des derniers carrés musulmans de Grèce, abrite une communauté de 3 000 personnes. La plus grande de ses cinq mosquées, au minaret élancé, est consacrée à Soliman le Magnifique, le sultan qui, en 1522, arracha l’île aux chevaliers…

Ces derniers, au nombre de 500, livrèrent une résistance acharnée durant cinq mois, avant de devoir capituler devant les 200 000 soldats ottomans. Soliman, impressionné par leur comportement héroïque, autorisa les 180 survivants à quitter Rhodes avec tous leurs trésors et leur prêta même des bateaux !

Texte : Claude Hervé-Bazin

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