Rhodes, une ville forteresse
Rhodes Palais des Grands Maîtres - Claude Hervé-Bazin

Blanches aux heures chaudes, miel au couchant, les murailles de la vieille ville de Rhodes emprisonnent un dédale de ruelles imprégnées du passage des siècles. Nées avec la cité grecque au 5e siècle av. J.-C., elles portent la marque indélébile des chevaliers de Saint-Jean.

L’ordre hospitalier, devenu ordre militaire dans le chaos de la reconquête de la Terre sainte par les musulmans, trouva refuge à Rhodes en 1309, après avoir arraché l’île à l’Empire byzantin. Pour la première fois dans l’histoire, un ordre religieux devenait souverain.

Les chevaliers constituèrent une flotte puissante, qui fondait sur tout ce qui pouvait ressembler à un infidèle : petits États ottomans d’Asie Mineure, navires de commerce comme de pèlerins. Peu à peu, l’action militaire se mua en guerre de course.

Les raids sur les villes musulmanes se multiplièrent, tandis que certains capitaines de galères se mirent à revendre leurs prisonniers comme esclaves... Quelques-uns semblent même avoir arraisonné et pillé des bâtiments chrétiens !

Pour parer aux représailles, Rhodes s’enveloppa des plus belles fortifications d’Europe, maintes fois renforcées pour résister aux armes nouvelles : 4 km de périmètre, huit portes et une douve.

En 1465, chaque section des remparts, baptisée « rideau », fut confiée à la garde de l’une des huit « langues » de l’ordre, constituées en fonction de l’origine des chevaliers. Les plus exposées, à l’ouest, tenues par les Aragonais et les Anglais, furent renforcées par des murs épais de 12 m !

Texte : Claude Hervé-Bazin

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