Barcelone hors des sentiers battus

Barcelone hors des sentiers battus
Vue de Barcelone et de l'Observatoire depuis le Tibidabo © Irina Papoyan - stock.adobe.com

Associée à Gaudí, à la plage et à la fête, Barcelone est aussi une cité verte, où il fait bon marcher à l’ombre des pins et des palmiers pour explorer des aspects moins connus de la capitale catalane.

N’hésitez pas, par exemple, à grimper sur l’une de ses nombreuses collines pour découvrir la ville d’en haut. À 20 minutes en métro de la Place de Catalogne, laissez-vous emporter par la beauté d’un monastère, enfilez vos baskets pour courir sur l’ancienne route de l’eau et partez à la découverte d’un jardin de cactus unique au monde.

Romantiques, insolites, uniques, voici 5 balades pour redécouvrir l’une des villes les plus touristiques d’Europe.

Tibidabo par le chemin des écoliers

Tibidabo par le chemin des écoliers
Eglise de Sagrat Cor © dmtz77 - stock.adobe.com

L’église perchée sur la montagne de Tibidabo, c’est un peu la tour Eiffel des Catalans. Un lieu emblématique qui annonce l’arrivée dans la ville de Gaudí.

Pour atteindre cette montagne (512 m), il faut se rapprocher du parc de la Collserola, le poumon vert de Barcelone, et prendre le tram bleu. Mis en circulation en 1901, ce tramway longe la magnifique avenue de Tibidabo, bordée de maisons modernistes, jusqu’au funiculaire.

Quelques minutes plus tard, l’église de Sagrat Cor surgit de la forêt de pins et de chênes-lièges. Sa façade imposante n’est qu’une illusion, car l’intérieur ressemble à une petite chapelle tapissée de mosaïques 19e. Face à l’église, le parc d’attractions du Tibidabo, un des premiers d’Espagne.

Il ne faut pas hésiter à s’enfoncer dans les chemins balisés de la montagne Collserola en direction de l’observatoire de Fabra sous l’ombre des pins parasols. Inauguré en 1904, cet observatoire est l’un des plus anciens en Europe et sans doute l’un des plus intéressants, car il est encore en activité. Des études climatologiques, sismiques et astronomiques sont réalisées toute l’année (visites de l’observatoire les dimanches et les jours fériés).

Prenez le temps de vous attarder dans ce lieu paisible avant de rejoindre la carretera de las Aguas un peu plus bas. Une artère plus connue des Barcelonais que des touristes, où les sportifs et les promeneurs du dimanche se retrouvent. Sur cette ceinture verte traversée par les deux sources qui alimentent en eau la ville, Besos et Llobregat, les points de vue sont uniques.

N’hésitez pas à demander à un promeneur le bon chemin pour redescendre au pied du funiculaire de Tibidabo. C’est là que vous pourrez rejoindre à pied en 15 min à peine la torre Bellesguard (visite sur rendez-vous). Cette œuvre oubliée de Gaudí est aussi une des plus surprenantes. En s'inspirant d’un château médiéval, Gaudí réussit la prouesse d’associer des motifs d’art nouveau à un style néo-gothique assez austère. Insolite et loin des circuits touristiques !

Poble Nou, le quartier numérique tendance

Poble Nou, le quartier numérique tendance
Tour Glories © Nejron Photo - Adobe Stock

Surnommé « le Manchester Barcelonais », ce quartier coincé entre la place Glories et la plage est aujourd’hui émaillé d’entrepôts transformés en galeries et en concept stores. Dans les années 1840-50, les premières fabriques textile d’Indiennes et de céramiques s’installèrent ici, à l’extérieur des murailles de Barcelone. Au coin des rues émergent d’anciennes cheminées en brique, preuve d’une activité économique jadis trépidante.

Dans cet imbroglio de friches, d’immeubles modernistes et de tours modernes, il est assez facile de se repérer grâce au quadrillage des rues. La balade commence sur la place Glories, face au musée du Design, dans la partie de Poble Nou appelée 22@, un espace urbain né dans les années 2000 dédié à la technologie et à l’innovation.

Inauguré en 2014, le Disseny Hub est facilement reconnaissable avec ses allures d'agrafeuse. Plus intéressant pour son architecture et ses volumes intérieurs que pour ses collections consacrées au design, ce bâtiment autosuffisant couvert en zinc et en verre fait face à la tour Glories construite par Jean Nouvel. Décriée par les Barcelonais lors de sa construction, cette tour plus connue sous le nom « d’Agbar », s’illumine de mille feux la nuit.

Plus on s’enfonce dans ce quartier en direction de la mer, plus la balade est surprenante. À proximité de la fondation d’art contemporain Vila Casas installée dans une ancienne manufacture surgit la majestueuse tour Melia Sky dessinée par Dominique Perrault. Quant au Média TIC, cube sculptural orné de coussins translucides prévus pour filtrer la chaleur, il est devenu en quelques années le fer de lance de ce quartier « zéro énergie ». 

Autour, gravitent de nouveaux bâtiments accueillant des start-ups. Les espaces de coworking poussent comme des champignons et de nouveaux cafés-restaurants voient le jour. L’espace Valkiria, carrer Pujades, est l’un de ces lieux où il est agréable de prendre un café.

Sarrià, en passant par le monastère de Pedralbes

Sarrià, en passant par le monastère de Pedralbes
Monastère de Pedralbes © JackF - stock.adobe.com

Dernier village rattaché à Barcelone en 1921, Sarrià est un havre de paix où règne une ambiance « tranquila » comme disent les Espagnols. À la sortie du ferrocarril (le RER local), un ancien palais moderniste, la Casa Orlandai, transformée en maison de la culture. Autour, des petites rues piétonnes cernées de places arborées convergent jusqu'à la rue commerçante calle Major. Dans les rues Duquessa d'Orléans et Monterols, des hôtels particuliers entourés de jardins se succèdent.

À Sarrià, les familles se saluent et les personnes âgées se retrouvent sur les bancs du jardin Santa Amelia. Les jours fériés, les habitants se précipitent devant la pâtisserie Foix pour acheter de délicieux « Brazo de Gitano » et des panellets croustillants.

Au 19e siècle, les Catalans fortunés venaient l’été à Sarrià pour profiter de la fraîcheur des montagnes. Aujourd'hui, les habitants partent le week-end dans leur résidence secondaire au bord de la mer et le quartier se vide. Mieux vaut faire cette balade le matin un jour de la semaine, lorsque les boutiques sont ouvertes et les terrasses remplies. 

En continuant vers le lycée français, les ruelles se transforment en avenues ponctuées d'immeubles en brique des années 70 et de bâtiments néoclassiques en pierre de taille. De grands jardins pourvus de piscines sont gardés jalousement par des « porteros » soucieux de la tranquillité des résidents.

La montée jusqu'au monastère de Pedralbes est sportive, mais vaut le détour. Le long d'une ravissante place médiévale, le cloître se découvre à l'extrémité ouest de l'église. À quelques pas de l'avenue d'Esplugues, ce vaste ensemble gothique sur trois étages et centré sur un jardin est une bulle de fraîcheur au cœur de la ville.

 Fondé en 1326 par le roi Jacques II d’Aragon à la demande de son épouse la reine Elisenda de Montcada, le monastère est maintenant un musée d’art religieux dont une partie est occupée par des clarisses. Dans l’église, des concerts et des messes rythment les journées bien tranquilles d’une communauté hors du temps.

Horta Guinardo, du mont Carmel jusqu’au labyrinthe

Horta Guinardo, du mont Carmel jusqu’au labyrinthe
Bunkers del Carmel © RusskyMaverick - stock.adobe.com

Les bunkers del Carmel commencent tout juste à être connus même s’ils restent assez difficiles d’accès en transports en commun. La vue à 360° se mérite ! Vestiges de la dictature franquiste, ces bunkers constituaient l’un des principaux postes de défense de la ville, comme le présente un petit musée sur place. On devine encore l’emplacement des quatre canons installés là pendant la guerre d’Espagne.

Aujourd’hui, cette plateforme naturelle est devenue un point de rencontre très fréquenté par la jeunesse catalane qui vient prendre un verre au coucher du soleil. À vos pieds, la ville de Barcelone et ses bâtiments emblématiques : la tour Agbar, la Sagrada Família, l’avenue Diagonal. La vue est époustouflante.

En redescendant la rue principale bordée de maisons blanchies à la chaux, le quartier d’Horta ne tarde pas à se dessiner. Dans les rues pentues, les petites maisons de bric et de broc se succèdent laissant place à d’anciennes fermes « can Fargas », « can Soler »...

Traversé jadis par de nombreuses sources, le quartier connut son âge d’or à l’époque de l’industrialisation lorsque les laveries s’installèrent à proximité de l’eau. Il a gardé de nombreux espaces verts dont le fameux parc du labyrinthe d’Horta. Après avoir franchi le périphérique surnommé « la ronda de Dalt », l’entrée du parc se trouve à côté de l’ancien palais de la famille Desvalls, un curieux bâtiment néoclassique avec des détails mauresques.

Dessiné en 1792 par l’ingénieur italien Domenico Bagutti pour le marquis de Llupia et d’Alfarras, le jardin d’Horta est le plus ancien de Barcelone et aussi le moins connu. Son labyrinthe de cyprès est une pure merveille célébrée notamment par certains cinéastes dont Tom Tykwer, l’auteur du film Le Parfum. Entre les pavillons classiques, les pièces d’eau, les grottes et les cascades, le jardin coule des jours tranquilles. Enchanteur !

Poble sec et le jardin des cactus

Poble sec et le jardin des cactus
Jardin des cactus © Pablo Debat - stock.adobe.com

Plus connu dans les années 40 comme le « petit Paris » du fait de ses nombreux cabarets, bars et théâtres, Poble Sec est resté un quartier populaire et bohème à deux pas de la place d’Espagne. Une des scènes de la danse contemporaine de Barcelone a élu domicile dans l’ancien pavillon de l’exposition universelle de 1929 mercat de les Flors. Un bâtiment presque aussi emblématique que la salle du théâtre Apolo située avenue Paral Lel et inaugurée en 1904.

À Poble Sec, n’hésitez pas à pousser la porte des bars (sauf ceux de la calle Blai, beaucoup trop touristiques). Dans certaines arrière-boutiques transformées en scènes éphémères se produisent des acteurs amateurs, comme au bar Tinta Roja (carrer de la Creu del Mollers), où une troupe française se produit régulièrement.

Au mois de juillet, la fête de Poble Sec bat son plein. Les rues s’illuminent de « correfocs » (feux d’artifice), le son de la sardane (danse locale) et des bastoners (spectacle de bâtons) résonne sur les places. C’est le moment de découvrir ces fameux « castellers » (châteaux humains) inscrits depuis 2010 au patrimoine immatériel par l’Unesco.

En remontant le passage de Montjuic en direction du parc du mirador, un panneau indique les jardins de Costa i Llobera à côté des jardins Miramar. L’entrée est gratuite. Créés en 1970 et baptisés du nom d’un auteur majorquin, ces jardins de plus de 800 cactus et d’arbres subtropicaux présentent les espèces les plus exotiques de la planète, allant des régions désertiques aux zones de haute montagne. Un voyage en terre lointaine qui offre une vue incroyable sur le port marchand de Barcelone.

Fiche pratique

Retrouvez les bons plans, adresses et infos pratiques dans le Routard Barcelone en librairie.

Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Barcelone.

Lire également notre article Où sortir à Barcelone ?
Office de tourisme de Barcelone

Office du tourisme de la Catalogne
Aller à Barcelone
Plusieurs vols directs depuis la France avec Vueling, Iberia, Air France et easyJet. Également liaison en TGV depuis Paris, Lyon, Marseille et Toulouse. Réservez votre billet d’avion

Adresses

- Hôtels Praktik : cette chaîne d'hôtels espagnols (Barcelone et Madrid) regroupe à Barcelone quatre hôtels thématiques: Bakery, Rambla, Garden, Vinoteca. À chacun son style ! Pour les gourmands, le Bakery (boulangerie au rez-de-chaussée) s’impose ! Pour les férus de patrimoine, l'hôtel Rambla, niché dans un ancien hôtel particulier, est idéal. À la fois design avec un petit côté très barcelonais dans les matériaux, ils sont tous situés dans l’Eixemple, un quartier chic de Barcelone.

- Bar Tomas : Carrer Major de Sarrià, 49. Parmi les meilleures « patatas bravas » de Barcelone ! Fondantes et délicieusement piquantes avec leur sauce aïoli teintée de quelques gouttes de sauce chili, les « Bravas » de Tomas méritent un détour ! Dans la rue principale de Sarrià, le bar est facilement reconnaissable grâce à son store vert. À l’intérieur, quelques tables en diagonales surmontées de posters vintage. Chez Tomas, tout est authentique, même le serveur qui prépare les patatas bravas. Trente-cinq ans de maison et pas une ride !

- El Sortidor : Plaça del Sortidor 5. L’un restaurants modernistes emblématiques de Barcelone. Passé le caractère authentique du lieu, avec son ancienne propriétaire Filomena Pagès qui se fit connaître pendant la guerre d’Espagne, la cuisine affiche de belles saveurs catalanes revisitées : escargots, lapin, fèves, haricots blancs de Santa Pau, escalivadas (légumes cuits au four), canelons... accompagnés du fameux pan con tomate. Bon profit !

- Palo Alto Market : Calle Pellaires, 30-38. Le premier week-end de chaque mois, le Palo Alto market ouvre ses portes dans le quartier de Poble Nou. Le lieu, une ancienne usine réhabilitée qui abrite des galeries, des ateliers de designers et une cantine, se transforme pendant 2 jours en un joyeux mélange de boutiques éphémères et de food trucks plutôt bios et vegan. Installé dans une charmante cour ombragée, l’endroit est idéal pour partager une bière en écoutant un concert pendant que les enfants jouent.

- Valkiria : Carrer de pujades, 126, Planta Baja. Pour être au cœur de la mouvance créative barcelonaise, rien de tel qu’un petit tour du côté de la cafétéria Valkiria, un espace de coworking situé dans Poble Nou. En dehors des tables rondes qui sont régulièrement organisées, l’espace accueille un petit bistrot branché idéal pour un déjeuner sur le pouce.

Trouvez votre hôtel à Barcelone

Texte : Barbara Divry

Mise en ligne :

Catalogne Les articles à lire

Services voyage