:: Dubrovnik, séduisante en toutes saisons
Dubrovnik en hiver. Pourquoi pas ? Revers du succès, la perle de l’Adriatique attire les foules en été. Or, c’est quand elle est un peu délaissée par ses prétendants qu’il faut aller faire la cour à la belle. Elle se livre alors dans toute sa splendeur. Tôt le matin ou la nuit, en été. Ou alors carrément hors saison. Bonne nouvelle : la ville est désormais desservie en vol direct (en 2 h 15) depuis Paris toute l’année.
Entourée de remparts et de fortifications, Dubrovnik fait preuve d’une rare harmonie architecturale. Une ville digne d’un décor de théâtre, au pied d’un amphithéâtre de montagnes dévalant dans le bleu de la Méditerranée. Assiégée pendant six mois par les Serbes en 1991, l’ancienne Raguse a survécu à la guerre. Dubrovnik a conservé ses palais et ses églises de calcaire, ses ruelles recouvertes de dalles blanches et ses maisons aux toits de tuiles rouges.
Autant de témoignages de sa grandeur passée : grande rivale de Venise, la ville fut une république libre et prospère du XVe au XVIIe s. S’y promener est un pur bonheur : on a l’impression de changer d’époque. Idéal pour les romantiques.
:: Balade dans la vieille ville
Bonne nouvelle pour les marcheurs : la vieille ville de Dubrovnik, où se trouve tout ce qu’il y a à voir, est entièrement piétonnière. Avant de vous lancer dans les rues de la cité, il faut absolument se promener sur les remparts qui l’enserrent. L’entrée est chère (10€), mais la promenade vaut le coup : superbes perspectives sur les toits rouges, surmontés de clochers ou de coupoles, se détachant sur le bleu de la mer.
Une fois l’une des portes de la ville franchie, la machine à remonter le temps se met en marche. C’est un régal ! Commencez par remonter la Placa (Stradun), l’avenue principale dallée de calcaire poli et bordée de magnifiques demeures des XVIe et XVIIe s., dont les façades claires prennent des teintes dorées au soleil.
En chemin, le monastère des franciscains abrite l’une des plus vieilles pharmacies d’Europe (1317) et un cloître de style roman tardif. Au bout de Placa, voici le coeur de Dubrovnik, dominé par la tour de l’horloge : l’église Saint-Blaise consacrée au patron de la ville (dont on retrouve des statues partout), le palais Sponza, de style Renaissance, qui abritait la douane et l’académie de Raguse, et à quelques mètres, le palais des Recteurs, où siégeait le gouverneur de la ville.
Après, laissez vous aller au hasard des ruelles très étroites ou des escaliers escarpés du nord de la ville, où les chats se prélassent et le linge pend aux fenêtres. On dirait le Sud... Le cloître des dominicains (XVe) entourant une cour plantée d’orangers et de citronniers, est un havre de paix. Le trésor de la cathédrale recèle nombre de reliques de saint Blaise, toutes d’or et d’argent. Les escaliers qui conduisent à Saint-Ignace évoquent ceux de la place d’Espagne à Rome.
:: Îles et campagne : de superbes excursions
A partir de Dubrovnik, plusieurs excursions sont à conseiller. Quand il fait beau, cap sur les îles qui font face à a la ville. A 15 mn de bateau, Lokrum est un petit paradis sans voiture, ni maison. Plus éloignées, les îles Elaphites sont aussi plus désertes. En été, ce sont de petits paradis pour se baigner (pas de plage de sable) dans l’eau translucide.
Autre site recommandable : le village balnéaire de Cavtat, à une vingtaine de km de Dubrovnik, accessible en bateau, en bus ou en voiture. Belles maisons Renaissance inspirées du style de Raguse, en pierre blanche de Brac. Après une balade dans les ruelles de Cavtat et un crochet par la belle maison du peintre Vlaho Bukovac, on peut faire le tour à pied de la presqu’île de Rat qui s’avance dans le bleu de l’Adriatique. Splendide point de vue sur la côte et les montagnes dominant la mer avec, au loin, Dubrovnik.
Enfin, si vous êtes en voiture, explorez la campagne environnante dans le Konavle, qui se trouve entre Cavtat et la frontière monténégrine. Une splendide région de collines et de plaines, au pied des sévères montagnes de karst qui filent vers la Bosnie et le Monténégro. Le paysage est ponctué de pins, de cyprès, d’oliviers, de vignes et de champs.
Le long de la rivière Ljuta, on trouvait des moulins à eau, dont l’un d’entre eux est encore en action. Faites une halte dans une konoba (taverne) pour goûter aux produits locaux (excellentes viandes cuites sous cloche sous la cendre). Plus loin vers le sud, la péninsule de Prevlaka, ancienne base militaire, est aujourd’hui rendue à la nature. Tout au bout, un phare. C’est l’entrée des bouches de Kotor, un fjord grandiose classé au patrimoine naturel de l’Unesco. Ici s’achève la Croatie, face à vous, voici le Monténégro.
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