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Le rodéo, toujours aussi populaire dans l’Ouest américain, est paradoxalement d’origine espagnole. Au tout début du XIXe siècle, des troupeaux de chevaux sauvages furent en effet constitués par les missions espagnoles au Mexique et en Californie. Ils remontèrent vers le Nord où la nature était particulièrement généreuse. Les bêtes, ravies, se reproduisirent en masse.
Lorsque le gouvernement espagnol donna à ses soldats, à la fin de leur engagement, une parcelle de terre, la situation se compliqua. En effet, il était impossible de garder les troupeaux sur des espaces privés, leur périmètre étant beaucoup trop important pour établir des clôtures. Il fallut les marquer au fer rouge. Et c’est là que les choses sérieuses commencèrent car les bêtes, à moitié sauvages, ne se laissaient pas faire. Les vaqueros devaient les attraper au lasso. De plus, afin de calmer un troupeau emballé, le seul moyen était de le faire tourner en rond, « rodear » en espagnol. D’où la naissance du rodéo qui, au fil du temps, devint une tradition emblématique du Far West, en se transformant en une compétition sportive entre cow-boys…
Furieux, impétueux, ardent, déchaîné… le cheval sauvage entre en scène. Il fulmine, bouillonne, est prêt à exploser. Le cow-boy arrive à son tour et se doit de tenir au moins huit secondes afin d’apprivoiser sa monture. La confrontation entre le mustang, cherchant à se défendre, et l’homme, voulant apprivoiser la bête, commence.
Avant d’entamer cette danse endiablée, le cow-boy chausse ses « chaps », abréviation de « chaperreros ». Ces sur-culottes en cuir étaient nécessaires pour se protéger des épines des maquis lorsque les hommes couraient après leurs bêtes. Et quant au fameux chapeau de cow-boy, il servait à protéger des intempéries : pluie, soleil… Il servait également de soufflet pour attiser le feu ou de récipient pour donner de l’eau aux chevaux !
Selon le climat, le chapeau est haut et à larges bords dans les pays chauds et bas et peu large dans les régions plus froides. Pour un bon chapeau, digne des plus grands cow-boys, la matière à utiliser est le « felt », constitué de poils de castors et de lapins. À cette tenue ajoutez une chemise à carreaux, un bandana et de nos jours un jean… Le cow-boy, son lasso à la main, est prêt à se lancer à l’assaut de son mustang enragé !
Du 18 au 27 juillet a lieu, comme chaque année, le plus grand et le plus ancien rodéo en plein air, à Cheyenne. La capitale du Wyoming est située dans les plaines du sud-ouest de l’État, à l’est des Medicine Bow Mountains. C’est d’ailleurs par Cheyenne que passaient les transhumances de bétail au XIXe siècle. La ville se trouve également au milieu de parcs nationaux reconnus dans le monde entier : le Rocky Mountain National Park, le Yellowstone National Park, le Grand Teton National Park ou encore les Black Hills. Bref, un authentique décor de western !
Pour la petite histoire, le premier grand rassemblement pour fêter le rodéo à Cheyenne eut lieu en septembre 1897. Suite à un hiver désastreux et à une rude dépression qui secoua l’économie américaine, de nombreux cow-boys se retrouvèrent sans emploi et sans ressource. Pendant le même temps, la compagnie de chemins de fer, l’Union Pacific, cherchait à attirer des clients dans ses trains traversant le Wyoming. Alors pourquoi ne pas faire deux pierres d’un coup ? Attirer de nombreux visiteurs autour du sport national du Wyoming tout en récoltant de l’argent : Cheyenne Frontier Days est né !
Dix jours d’épreuves vont se succéder sur le thème du rodéo. Parades, courses de chariots, nuits de spectacles, concerts, le tout dans un rythme endiablé, à l’image des mustangs de rodéos ! Chaque soir, des concerts de musique country feront se trémousser des milliers de cow-boys ou d’apprentis cow-boys… Parmi les groupes présents, citons entre autres, Firefall, Atlanta Rhythm Section, Rascal Flatts, Taylor Swift, Blake Shelton, Kellie Pickler…
Chaque après-midi, de 13 h 00 à 17 h 00 approximativement, les cow-boys et leur monture font le show. Les épreuves se déclinent : capture d’un animal au lasso, seul ou en équipe, mise à terre d’un bouvillon, monte de mustangs sellés, monte à cru de taureaux et de chevaux sauvages : de quoi enthousiasmer petits et grands et assurer de belles cascades !
Le village indien des Shoshones investit aussi le lieu, comme chaque année depuis 1898. Des danses, des concerts de flûtes et autres animations vous feront découvrir toute l’étendue de leur culture. Des histoires d’indiens seront même contées aux enfants.
Pour les chiffres, sachez qu’un million de dollars est distribué par les organisateurs du rodéo, 800 000 cow-boys viennent défiler et défier les bêtes sauvages, 40 montes de taureaux sont nécessaires ainsi que 28 montes de chevaux à cru, 43 chevaux sellés et 16 chevaux sauvages pour une course !
Alors, si des envies à la John Wayne dans La rivière rouge vous prennent, direction : le Cheyenne Frontier Days dans le Wyoming !
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