Pérou, terre métisse

Cruz del Condor

Cruz del Condor
Claude Hervé-Bazin

L’étape est inscrite dans tous les guides de voyage. Le matin, à l’heure où les thermiques se forment le long des interminables parois verticales du canyon de Colca, les condors planent sans effort en quête de leur repas du jour. Tous les bus et minibus de touristes font halte ici et les bus réguliers y déposent aussi volontiers leurs passagers. Résultat : quelques centaines de personnes se retrouvent au même moment au point de vue, scrutant impatiemment les cieux à la recherche des oiseaux sacrés. Il faut parfois de la patience.

Les amateurs de solitude se font plutôt déposer quatre kilomètres plus loin, au mirador de Tapay. Pas un chat ici, mais autant de condors ce matin, qui apparaissent au moment même où nous arrivons. Décrivant de larges volutes, ils prennent de l’altitude sans effort, s’approchant peu à peu du discret mirador. Leurs ailes déployées, dessinant une envergure de 3,20 mètres (!), valent toutes les voiles du monde. Et bientôt les voilà qui fusent sous notre nez, puis au-dessus de nos têtes, poursuivant encore leur irrésistible ascension.

De là, un chemin rejoint Cabanaconde, évitant le parcours poussiéreux le long de la piste. Il se penche par endroit vers le précipice, découvrant les profondeurs du canyon, où l’invisible rivière Colca continue de tracer son sillon. Une heure plus tard, le village se présente, endormi sous le soleil. Cabanaconde est la meilleure base pour les randonneurs désireux de pénétrer dans le Colca.

Les plus beaux sentiers partent d’ici, à commencer par celui, classique, descendant vers l’oasis (plutôt sale) de Sangalle. Mieux vaut remonter vers les villages semés sur la rive opposée. Plus on va loin, plus ils sont authentiques et accueillants. Parmi les plus accueillants : Llahuar. Au programme, le soir, baignade dans les eaux chaudes d’une source thermale, la tête dans les étoiles.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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