Trois jours à Budapest

Trois jours à Budapest
Pont des Chaînes, Danube et Parlement © Jean-Philippe Damiani

De sa tumultueuse histoire plus que millénaire, Budapest a hérité d’un patrimoine hétéroclite, mais néanmoins somptueux, qui en fait un conservatoire exceptionnel de l’architecture d'Europe centrale. Loin d’être figée dans le passé, la « Perle du Danube »,  est aussi une métropole dynamique à la vie nocturne réputée. Mieux encore, la capitale hongroise compte parmi les villes les plus tendances du Vieux Continent, avec ses fameux « ruin pubs » et ses boîtes branchées, qui attirent des jeunes venus de toute l’Europe. Une excellente destination pour un city break culturel, festif et dépaysant, à 2 h 30 de vol de la France !

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Buda et Pest, deux villes en une

Buda et Pest, deux villes en une
Fortuna ul., Buda © Jean-Philippe Damiani

La capitale hongroise possède deux visages, pratiquement opposés. Un héritage de l’histoire : habitée depuis deux millénaires, Budapest est née – seulement – en 1873 de la réunion de trois villes, Buda, Pest et Obuda. C’est à la même époque qu’est construit le pont des Chaînes, le premier pont fixe à relier les deux rives du Danube qui traverse la ville. Mais la capitale hongroise n’en a pas perdu pour autant son caractère bicéphale.

Sur la rive droite du Danube, le vieux quartier aristocratique de Buda a longtemps été le siège du pouvoir royal. C’est ici que se trouve la colline du Château, dominant le fleuve, un quartier historique sillonné par des ruelles pavées, bordées de ravissantes demeures baroques.

Outre ses attractions touristiques et ses musées, Buda a conservé une atmosphère résidentielle et huppée, mais aussi bucolique, avec ses collines boisées. Cette rive concentre aussi la plupart des sources thermales et des bains de Budapest, notamment du côté de Vizivaros (« la ville d’eau »).

Changement d’atmosphère sur la rive gauche à Pest, l’industrieuse, qui s’est développée au 19e s. Elle est le véritable cœur battant de Budapest, accueillant la plupart des administrations, des commerces, mais aussi des bars, des restos, des musées et des salles de spectacles.

Nulle colline boisée ici, plutôt de larges avenues de style haussmannien, bordées d’élégants immeubles fin de siècle, témoignages de l’âge d’or de Budapest. Elles délimitent des quartiers sillonnés de ruelles aux immeubles décrépits, dont le plus vivant reste le « quartier juif » (7e arrdt) où se déroule l’essentiel de la vie nocturne. À l’est, Varosliget (« le bois de la ville ») forme le poumon vert de Pest.

1er jour : Buda, la ville historique

1er jour : Buda, la ville historique
Eglise Mathias © Jean-Philippe Damiani

Commencez votre visite par le « cœur historique » de la capitale hongroise : Buda, où les Magyars reconstruisirent leur capitale, après les invasions mongoles au 13e s. On rejoint la colline du Château, le « Montmartre hongrois », en funiculaire, en bus ou à pied, en empruntant les escaliers du charmant quartier de Vizivaros. D’en haut, superbe panorama sur Pest, le Danube et le Parlement depuis les 7 tours du bastion des Pêcheurs.

Faisant face au bastion, l’église Mathias (13e s) a servi de cadre au couronnement de plusieurs souverains hongrois. Du parvis, un lacis de ruelles pavées (Orszaghaz, Tancsis, Uri ut.), bordées de magnifiques demeures baroques, invite à la promenade. La rue Tarnok conduit au château royal, qui abrite aujourd’hui des musées.

Si vous aimez les arts, ne manquez pas la Galerie nationale hongroise, qui retrace 2 000 ans d’art, de l’Antiquité à nos jours. Les collections contiennent exclusivement des œuvres d’artistes hongrois, dont on appréciera particulièrement les maître-hôtels gothiques, l’école réaliste autour de Mihaly Munkacsy et l’Art nouveau. À signaler : quelques salles accueillent des chefs-d’œuvre du musée des Beaux-Arts de Budapest, fermé jusqu’en 2018. Les fans d’histoire, quant à eux, privilégieront le musée d’Histoire de Budapest, pour se familiariser avec le passé et les multiples racines de la ville.

Redescendez ensuite vers le Danube, en admirant au passage le pont des Chaînes, qui fut le premier construit sur le fleuve, au 19e siècle. S’il vous reste un peu d’énergie, grimpez au sommet du mont Gellért (139 m) : superbe panorama sur les deux rives du Danube depuis la citadelle, construite par les Autrichiens. Elle est dominée par la statue de la Liberté, l’un des symboles de Budapest, commémorant la libération de la ville par l’Armée rouge.

En fin d’après-midi, on se requinque volontiers dans l’un des bains de Buda : les touristiques Gellért (de style Art nouveau, superbe) et Rudas (qui a gardé sa coupole ottomane) ou les bains Kiraly et Lukacs, majoritairement fréquentés par les Hongrois. Certaines journées sont réservées exclusivement aux hommes pour les bains Rudas. Ouvertures nocturnes le week-end aux bains Gellért et Rudas.

2e jour : Pest, du Danube au parc de la Ville (Varosliget)

2e jour : Pest, du Danube au parc de la Ville (Varosliget)
Parlement de nuit © Jean-Philippe Damiani

Débutez la journée par le quartier de Belvaros, relié à Buda par le pont des Chaînes. Cœur historique de Pest, il est dominé par le spectaculaire Parlement, un mastodonte de 270 m de long datant du début du 20e siècle et magnifiquement illuminé la nuit. Emblème de Budapest, il s’inspire du parlement de Westminster par son style néo-gothique, mâtiné d’influences byzantines qui lui donnent des airs de palais vénitien surgissant du Danube. Réservation conseillée pour le visiter.

Sur le chemin de l’imposante basilique Saint-Etienne (dôme de 96 m de haut), il ne faut pas manquer d’admirer les beaux édifices du quartier construits à la fin du 19e siècle, comme le Musée ethnographique, l’ancienne Bourse de Budapest ou la Banque nationale de Hongrie. Mention spéciale pour les chefs-d’œuvre Art nouveau que sont le palais Gresham (qui abrite un somptueux hôtel de luxe), l’ancienne Caisse d’Épargne de la Poste, signée par Odön Lechner (le Gaudí hongrois) ou la maison Bedö, qui abrite le musée de l’Art nouveau.

Après avoir fait une pause au café Gerbeaud, une institution locale pour ses pâtisseries, on peut flâner le long de la rue piétonne Vaci utca, bordée de boutiques et de cafés, ou déambuler sur le Corso qui longe le Danube, pour jeter un œil aux façades, d’un côté, et aux collines de Buda, de l’autre. C’est de la place Vigado tér que partent les bateaux-mouches sillonnant le Danube (excursion : 1 h environ).

En remontant l’avenue Andrassy

Dans l’après-midi, cap sur le quartier bourgeois de Terezvaros.  L'élégance de son architecture a valu à Budapest le surnom de « Paris de l’Est ». Andrassy utca, l’avenue de 2,5 km de long qui traverse le quartier, est même classée à l’Unesco pour la richesse de son patrimoine. Il faut absolument remonter ces Champs-Élysées hongrois pour en admirer les splendeurs, comme l’opéra de Budapest ou l’immeuble Art nouveau abritant la librairie Alexandra (au n°39, superbe café d’époque à l’étage).

Au fil de la promenade, on s'arrête volontiers à la terrasse de l’un des cafés de l’élégante place Liszt Ferenc tér, avant de visiter plusieurs musées intéressants : le Musée de la Photographie, le centre de la photographie Robert Capa, le musée Franz-Liszt, le musée de la Terreur, qui porte sur l’occupation nazie et la période communiste, ou deux musées consacrés à l’art asiatique.

L’avenue Andrassy débouche sur la place des Héros et son monument célébrant le millénaire de la conquête magyare (1896). Derrière s’étend Varosliget, le bois de la Ville, poumon vert de Budapest. En hiver, on peut y évoluer sur une patinoire artificielle et, toute l’année, se relaxer dans les bains Széchenyi, installés dans un délicieux palais néo-Renaissance aux murs jaunes. Soirées techno en maillot les soirs d’été et bains à 38 °C en extérieur en hiver. Sensations assurées !

3e jour : Pest, côté Sud, et les ruin pubs

3e jour : Pest, côté Sud, et les ruin pubs
Pub Szimpla-kert © Jean-Philippe Damiani

Même si c’est essentiellement un haut lieu de la vie nocturne, le quartier juif d’Erzsébetvaros mérite d’être visité en plein jour. On se promène avec plaisir dans son écheveau de ruelles où s’égrènent tous les styles architecturaux de la fin du 19e s, bien que certains immeubles soient délabrés. Erzsébetváros a été durement touché par le nazisme : il ne reste plus que 80 000 juifs en Hongrie contre un million au début du 20e s. Aujourd’hui, la vie a repris de plus belle dans le quartier juif avec de nombreux cafés, restos et boutiques.

D’inspiration byzantine et faisant preuve d’un bel éclectisme architectural, la Grande Synagogue (19e s.) est la plus grande d’Europe et la 2e au monde par sa taille. Dans la cour, une sculpture d’Imre Varga (« Le saule pleureur ») est dédiée aux 600 000 juifs hongrois victimes du nazisme. À voir également, la synagogue Rumbach, construite par le fameux architecte sécessionniste viennois Otto Wagner.

Avant de visiter le formidable Musée national hongrois, qui retrace l’histoire du pays du Paléolithique à nos jours, faites un petit crochet par le square de la ravissante Karolyi Kert tér, sans doute la plus jolie (et intimiste) place de la ville. Si vous n’avez pas encore déjeuné, le touristique Grand Marché couvert, de style Eiffel (1896), situé à deux pas du Danube, compte plusieurs stands de restauration bon marché à l’étage.

Dans l’après-midi, les amateurs d’art pousseront la porte du musée des Arts décoratifs – jetez au moins un œil à son bâtiment, autre chef-d’œuvre Art nouveau d’Ödön Lechner – ou du musée Ludwig d’art contemporain, situé dans le nouveau complexe artistique Müpa, au sud de la ville. Pour une promenade mélancolique, on peut déambuler dans les allées du cimetière Kerepesi, le Père-Lachaise local.

En soirée, direction le quartier juif, en commençant par Goszdu-Udvar, un incroyable passage rempli de bars et de restos traversant pas moins de 6 cours d’immeuble ! Ensuite, la nuit se poursuit dans les ruins pubs, des « bars-squats » alternatifs, installés dans des immeubles désaffectés, à la déco (et l’ambiance) délirante. À l’Ankert ou au Szimpla-kert, l’imagination est au pouvoir à travers plusieurs salles toutes plus destroys et originales les unes que les autres. On adore !

Et plus si affinités... Quartiers alters et espaces verts

Et plus si affinités... Quartiers alters et espaces verts
Île Marguerite © AC Manley - Fotolia

Si trois journées permettent d’avoir un bon aperçu de la ville, une 4e journée à Budapest permet de prendre son temps et d’explorer d’autres secteurs de la capitale. Les options sont nombreuses.

À Pest, juste au nord de Belvaros, Lipotvaros est un quartier sympa et résidentiel, à l’atmosphère gentiment alternative, particulièrement du côté de la rue Pozsonyi utca, bordée d’élégants édifices Palatinus du début du 20e siècle. Des petits cafés, des pâtisseries et quelques bons restos invitent à faire une pause au cœur d’une Budapest à la fois populaire et branchée.

Face à Lipotvaros, l’île Marguerite (2,5 km de long) compte parmi les promenades favorites des Budapestois aux beaux jours. Au menu : baignades dans les piscines de Palatinus Strand, bronzette sur les plages artificielles, vélo, visite de la roseraie ou, tout simplement, farniente sur les pelouses de l’île.

Autre escapade verte très prisée des Budapestois : les collines de Buda, notamment (pour ceux qui ont le temps) le mont Janos (527 m) que l’on rejoint avec le télésiège du Libegö, au départ de Zugligeti (à l’est de la colline du Château, 12e arrdt). Randonnées et panorama au sommet.

Dans le même coin, une attraction à conseiller aux familles : le chemin de train pour enfants Gyermekvasut, un tortillard à vapeur old school que les bambins peuvent conduire (si, si !)… Les nostalgiques à la Good Bye Lénine iront, quant à eux, au Memento Park, au sud-ouest de la ville, où sont rassemblées les statues de l’ère communiste (Marx, Lénine, Armée rouge…).

Enfin, pour une escapade à la journée, deux options s'offrent à vous : rejoindre la pittoresque petite ville baroque de Szentendre (à 20 km au nord de Budapest) ou faire une croisière sur la boucle du Danube, à la découverte d’autres petites perles comme Visegrad ou Ersztergom.

Fiche pratique

Budapest à Noël

Illuminée, parfois recouverte de neige, la capitale hongroise se prête à un séjour pendant les fêtes de fin d'année : marchés de Noël, notamment sur la place Vörösmarty ou aux pieds de la basilique Saint Etienne, sapin de Noël sur le parvis de l'église Mathias, patinoire au coeur de Varosliget (bois de la ville), concerts de Noël et ballets à l'Opéra, festivités de la Saint-Nicolas, pâtisseries chez Gerbaud et, pour conjurer le froid, un séance thermale à 38° dans les bassins extérieurs des bains Szechenyi ou dans le cadre splendide de celui de Gellert.

Plus d'infos sur le site de l'office de tourisme de Budapest


Consulter nos guides en ligne Budapest et Hongrie

Office du tourisme de Hongrie

Site officiel du tourisme à Budapest

Comment y aller ?

Vols directs Paris-Budapest avec Air France, EasyJet... Nice-Budapest avec WizzAir et Lyon-Budapest avec EasyJet. Trouvez votre billet d’avion.

Où dormir ?

- Bazar Hostel : Dohany u. 22-24. Une AJ colorée au cœur de l’animation du quartier juif. Ambiance jeune.

- Danubius Hotel Astoria : Kossuth Lajos u. 19-21. L’un des palaces historiques de Budapest au parfum Belle Époque et, de loin, le moins cher. Doubles 70-125 €. Dans la même veine – et au bord du Danube – citons le splendide Hôtel Gellért (côté Buda), encore abordable, et l’exceptionnel Four Seasons, installé dans l’un des plus beaux édifices de Budapest, le palais Gresham (hors de prix !).

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Où manger ?

- Menza : Liszt Frenc tér 2. Sur l’élégante place Franz Liszt, une adresse au look design-vintage où l’on se régale d’une savoureuse cuisine hongroise revisitée. Service à la fois pro et sympa. Plats 2 000-5 000 Ft (7-16 €).

- Reteshaz (First strudel house of Pest) : Oktober u. 6. Des strudels sucrés, mais aussi salés, préparés sous vos yeux, ainsi que des classiques de la cuisine hongroise (goulasch, canard rôti, pörkölt…). Plats 1 500 – 5 800 Ft (5-18 €).

- Pozsonyi Kisvendéglö : Radnoti Miklos u. 38 (angle Pozsonyi). Dans un resto populaire du quartier sympa de Lipotvaros, une cuisine hongroise copieuse et authentique servie sur des tables recouvertes de nappes à carreaux. Pour se familiariser, à prix modiques, avec les crêpes Hortobagyi, le pörkölt, les galuskas… Plats 1 400-2 700 Ft (5-9 €).

- Karavan : Kazinczy ut. 18. En plein quartier juif, une street food court où manger burgers, langos (crêpes frites) et goulasch sur le pouce et en extérieur. Jeune et animé.

- Grand Marché couvert (Vasarcsarnok) : Vamhaz krt. 1-3. Nombreux stands de fast food hongroise à l’étage et un self, Fakanal, pour ceux qui veulent manger debout. Beaucoup de monde. Autre marché couvert où l’on peut se restaurer, celui de Hold Utcai Piac, près de Szabadsag tér, à Belvaros.

- Gerbeaud : Vörösmarty tér 7-8. Fondé en 1856, ce salon de thé Belle Époque est une institution locale pour ses pâtisseries. Chic et pas donné.

- Bock Bisztro : Erzsébet krt 43-49. Un bistrot haut de gamme pour une bonne cuisine hongroise revisitée. Belle carte de vins hongrois. Plats 3 700-7 500 Ft. (13-26 €).

Où prendre un verre ? Où sortir dans un ruin pub ?

- Szimpla-kert : Kazinczy u. 14. Le plus connu des ruin pubs. Une enfilade de salles dans un immeuble destroy, autour d’une cour intérieure. Déco délirante, (il y a même une Trabant transformée en table de bar !), plusieurs bars, plein de pièces et de recoins, mobilier de récup, tags et street art, de quoi manger, parler, danser jusqu’au bout de la nuit !

- Anker’t : Paulay Ede ut. 33. Ici, on a carrément l’impression de faire la fête dans une ruine… Salles spacieuses, large comptoir extérieur et déco minimaliste. Post-apocalyptique et furieusement urbain.

- Paris Texas Kavehaz : Raday u. 22. Dans un bel immeuble Art déco d’une rue pas mal animée, un café chaleureux, aux murs couverts de photos, où il fait bon refaire le monde devant un (ou plusieurs) verre(s).

- Espresso Embassy : Arany János u. 15. Un café sympa où faire une halte en plein centre, à deux pas de la basilique Saint-Étienne. Un bel exemple de la vogue des coffee bars de Budapest.

Une guide francophone à Budapest : Annamaria Nemes, une passionnée de sa ville qui vous fera découvrir des aspects inattendus de Budapest (visites thématiques). Contact : minginemes@gmail.com

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Texte : Jean-Philippe Damiani

Mise en ligne :

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