Vérone, la romantique

Vérone, la romantique
Ponte Pietra © rh2010 - Fotolia

Vérone, la ville de Roméo et Juliette, destination romantique par excellence… Certes, mais cette ravissante cité, lovée dans un méandre de l’Adige, ne se résume pas aux célèbres amants shakespeariens. Surnommée  « la petite Rome » et classée à l’Unesco, Vérone possède de nombreux vestiges antiques très bien préservés, à commencer par ses fameuses arènes. Son centre historique a un charme fou, avec ses nobles édifices médiévaux ou Renaissance. Pas besoin de Roméo et Juliette pour tomber sous le charme de Vérone… Une destination idéale pour un week-end en amoureux, qui se découvre facilement à pied ou à vélo.

Les amants de Vérone

Les amants de Vérone
Maison de Juliette © alesinya7 - Fotolia

Vérone est connue dans le monde entier pour ses amants maudits, Roméo et Juliette. Shakespeare n’y avait pourtant jamais mis les pieds, mais il s’est inspiré d’une histoire d’amour locale qui a mal tourné, entre Romeo Montecchi et Giulietta Capuleti…

Aujourd’hui, la foule envahit la cour du Palazzo Cappello (13e s) et prend d’assaut le supposé balcon de Juliette (accroché à la façade depuis 1929…). Bien entendu, personne n’y croit, mais qu’importe : chaque jour, des milliers d’amoureux veulent s’immortaliser à coup de selfies dans la « maison de Juliette », après avoir collé des mots doux dans le porche d’entrée.

L’intérieur du palais n’a pas grand intérêt, mais tout le monde vient voir ce balcon aussi mythique qu’invraisemblable. Quant au tombeau véronais de Juliette… il n’est pas plus authentique que le balcon, n’en déplaise aux visiteurs !  L’intérêt de la ville réside ailleurs, parmi d’autres monuments de son centre ancien, inscrit par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité. Ciao Roméo, bonjour Vérone !

Splendeurs antiques

Splendeurs antiques
Arènes de Vérone © marcorubino - Fotolia

Derrière Rome et Pompéi, Vérone est la ville italienne qui abrite le plus de monuments et sites antiques. D’où son surnom de « Petite Rome ».

Ses arènes représentent le deuxième plus grand amphithéâtre du pays, et l’un des mieux préservés. Bâties au début du premier siècle ap. J.-C., elles accueillent, depuis 1913, des concerts et opéras, programmant chaque été Aïda de Verdi. En août 1947, Maria Callas y a chanté : c’était la première fois que la cantatrice se produisait en Italie.

Le théâtre antique (l’un des mieux conservés du Nord de l’Italie, 1er siècle av. J.-C.) participe aussi à ces festivités estivales (pièces de Shakespeare, festival de jazz, ballets, etc.). Il est adossé à la colline sur l’autre rive de l’Adige, fleuve enjambé par les arches du Ponte Pietra, pont très romantique en marbre blanc et briques. Érigé par les Romains, il fut détruit par les nazis en 1945 et reconstruit à l’identique.

Quant à l’ancien forum, il a gardé sa position centrale malgré la croissance urbaine, transformé en piazza delle Erbe, la place du marché, aujourd’hui occupée par les marchands de souvenirs. Cependant, elle a toujours belle allure avec ses palais et maisons cossues tout autour, aux styles très variés : briques rouges, fresques du 16e siècle, colonnes et statues baroques, etc. L’architecture véronaise a su évoluer avec élégance au fil des siècles.

Balades médiévales

Balades médiévales
Piazza dei Signori et Torre dei Lamberti © rh2010 - Fotolia

Le centre ancien, intimiste, se parcourt à pied de ruelles en placettes, le nez en l’air pour admirer les façades colorées (ocre, jaune, rouge) et ornées de balcons raffinés. Par endroit, les murs portent encore les traces des fresques qui couvraient, autrefois, une grande partie des édifices. Au point que Vérone était surnommée « la ville peinte ».

De sublimes fenêtres au style gothique vénitien apparaissent au détour d’une rue, tout comme les tombeaux de la famille des Scaligeri au pouvoir entre les 13e et 14e siècles : très ouvragés, ornés de statues équestres de chevaliers, les monuments funéraires (appelés aussi arche scaligere) sont encore plus impressionnants la nuit, l’éclairage faisant ressortir chaque détail.

En passant par la superbe Piazza dei Signori, entourée de nobles palais et siège du pouvoir administratif à l’époque médiévale, on tombe sur la Torre dei Lamberti, la plus haute des environs, érigée à partir du 12e siècle. Son sommet est accessible par un escalier et un ascenseur : à 84 m de hauteur, le panorama est magique, avec les toits de tuiles d’où dépassent les campaniles et les clochers, et les arènes et l’Adige qui se dessinent.

Au sud-ouest se détache également le Castelvecchio. Derrière ses remparts aux créneaux de brique en forme de queue d’hirondelle, il cache un très riche musée d’art. Édifié au milieu du 14e siècle au bord du fleuve, et flanqué du charmant Ponte Scaligero, le château médiéval a toujours fière allure. Ses grandes et belles salles présentent de splendides sculptures et peintures anciennes.

Parmi les chefs-d’œuvre religieux, médiévaux ou Renaissance, La Vierge au rosier de Stefano da Verona, La Madone aux Cailles de Pisanello et La Madone à l’Enfant de Bellini, ou encore La Sainte Famille de Mantegna, L’Adoration des Bergers du Tintoret et La Pietà de Véronèse. Plusieurs remarquables statues équestres des Scaligeri sont bien mises en valeur et de nombreuses armes anciennes sont par ailleurs exposées.

Toutes ces collections retracent l’opulente histoire de Vérone que l’on ira admirer, après la visite, depuis les chemins de ronde du Castelvecchio. Magnifique point de vue sur la cité et sur le campanile de la basilique San Zeno, monument incontournable.

De prestigieux clochers

De prestigieux clochers
Basilique San Zeno © Fabio Lotti - Fotolia

Vérone compte 39 églises, dont l’une des plus belles d’Italie en matière d’art roman : la basilique San Zeno. Un peu à l’écart du centre ancien, mais accessible à pied, elle frappe d’abord par sa structure extérieure : l’étonnant campanile du 12e siècle alterne la brique rouge et le tuf blanc, tandis que l’imposante façade arbore une immense rosace, deux colonnes portées par des statues de lions gisants et un fabuleux décor sculpté.

À l’intérieur, l’admirable porte monumentale en bronze relate, sur chacun des battants, la vie du Christ et des scènes de l'Ancien Testament. Autels et fresques réalisés à diverses époques offrent de belles variations stylistiques. Le retable de la chapelle principale révèle un chef-d’œuvre de la peinture italienne de la Renaissance : La Vierge en Majesté de Mantegna. Enfin, la crypte abrite la sépulture de Saint Zénon (362-380), évêque de Vérone d’origine africaine, dont la statue souriante, présentée sur la gauche, est vénérée par les Véronais.

La cité possède même une deuxième basilique, Sainte-Anastasie, de l’autre côté du centre ancien. Cette fois, c’est l’architecture gothique qui s’exprime dans cet édifice religieux remontant au 13e siècle. Ses hauts volumes reposent sur douze colonnes en marbre rouge clair. À l’entrée, deux étranges personnages de marbre, les « bossus », portent chacun sur leur dos un bénitier.

Non loin de Sant’Anastasia, se dresse le Duomo, à la structure complexe : il rassemble l’église Sainte Hélène, les fouilles de la première basilique paléochrétienne, un joli baptistère et la cathédrale romane avec le retable créé par Titien et représentant l’Assomption.

Toutes ces visites ouvrant l’appétit, c’est le moment d’aller goûter les spécialités locales, solides et liquides…

Les saveurs de Vérone

Les saveurs de Vérone
© Luca Ambrosi - Fotolia

Parmi les plats typiques de Vérone, figurent la soppressata, un salami local, le fromage Monte Veronese, les tortellinis, les gnocchis à la morue ou à la viande de cheval, le risino, dessert entre le gâteau de riz et le flanc… Mais également des spécialités qui jouent la carte du vin régional : comme le fromage ubriaco (soûl en VF !), à la croûte noire, car sa pâte a été arrosée d’amarone. Ce vin rouge entre aussi dans la composition du risotto véronais, avec asperges, petits pois ou champignons, selon la saison.

L’amarone est produit juste au nord-ouest de Vérone, dans la Valpolicella : il est sec et puissant, montant tout de même à 15 degrés ! Cette région viticole aux douces collines donne d’autres rouges : classico (quand le vin est jeune), classico superiore, puis ripasso quand il a vieilli au-dessus des raisins d’amarone. Le prix augmente avec l’âge.

Toujours à l’ouest, cette fois au sud du Lac de Garde, le lugana est un vin blanc aromatique. Même couleur pour le soave, au goût sec, venu de l’est de Vérone. Tous ces terroirs se découvrent au fil de la route des vins, dont les somptueux paysages peuvent notamment se parcourir lors d’un tour guidé en minibus.

Fiche pratique

Consulter notre guide en ligne Italie

Site de l’office du tourisme de Vérone

Comment y aller ?

- En avion : Paris-Orly Vérone : 4 vols par semaine avec Transavia, à partir de 35 € l’aller. Vols également avec Air France et easyJet depuis d’autres aéroports. Trouvez votre billet d’avion

- En train : trains de nuit au départ de Paris-Gare de Lyon ou Dijon : à partir de 35 € l’aller en compartiment 6 couchettes et 152 € en cabine 2 lits.

Où dormir ?

- B&B Corte delle Pigne : via Pigna 6/a, Vérone. Chambre double 90-130 € selon la saison.  La plaque discrète, dans une ruelle du centre ancien, invite à pousser la porte cochère d’un palazzo et à pénétrer dans la jolie cour sur laquelle s’ouvre le B&B. Ses trois chambres (pour deux ou trois personnes), bien qu’en rez-de-chaussée, ne sont pas obscures car les murs sont tout blancs. Le petit patio à l’entrée est très agréable, avec ses fleurs et plantes vertes.

- Hôtel Aurora : piazzetta XIV Novembre, 2 (Piazza Erbe), Vérone. Chambre double 100-280 € selon la saison. Le petit hôtel central est très avenant avec sa façade jaune, agrémentée d’un grand balcon où l’on peut prendre, aux beaux jours, le petit déjeuner (inclus dans le prix de la chambre). Il donne directement sur la Piazza delle Erbe, le cœur de ville, tout comme certaines chambres. Le style est très classique mais l’accueil charmant.

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Où manger ?

- Locanda 4 Cuochi : via Alberto Mario 12, Vérone. Tous les jours sauf lundi et mardi midi. Menu 24 €.  Ici pas moins de « quatre chefs » se plient en quatre (donc en seize ?) au service des convives attablés dans de jolies salles modernes, conviviales et claires. La carte est créative : gnochettis aux pommes de terre violettes et brocolis ; tarte Tatin d’oignons et glace au gorgonzola ; et, en dessert, cannolo de chocolat blanc, amandes et café.

- Ponte Pietra : via Ponte Pietra 34, Vérone. Tous les jours sauf dimanche. Plats : 14-24 €.  La salle élégante et intimiste aux touches rétro se prolonge par un petit balcon suspendu au-dessus du fleuve et donnant sur le ravissant Ponte Pietra. Les plats sont tout aussi soignés : risotto aux asperges et œuf de caille ; pluma de pata negra, poireaux et gingembre ; carré d’agneau avec petits pois, artichauts et menthe.

 

Texte : Stéphanie Condis

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