D'Est en Ouest, du glen Affric Kintail Way aux Hébrides extérieures

Forum Écosse

A Inverness

Où je bénéficie de la générosité d’une dame écossaise

Nous arrivons à Inverness en début d’après-midi . Nous avons l’intention de profiter du temps qui nous est imparti pour visiter la ville . Lors de notre précédent passage, nous avions testé le café au lait de la gare routière, un lieu accueillant pour le voyageur , puisqu’il y a des tables , à l’abri . Malheureusement , le goût de ce café au lait n’était pas du tout à la hauteur de ce cadre hospitalier . C’était de loin le plus mauvais que nous ayons bu au cours de ce voyage , le café était amer . Nous ne sommes donc pas tentées de renouveler l’expérience .
En revanche, la présence de toilettes nous conduit à profiter de cette opportunité . Je n’en ai pas remarqué dans les bus Citylink mais je suis très peu observatrice , sauf pour ce qui m’intéresse directement et mobilise toute mon attention . Laissant mon sac à dos sous la garde de Théodorine , je me dirige donc vers ce lieu providentiel . Il faut payer avec des pièces le montant exact, ou sans contact par carte bancaire . J’ai des pièces, mais pas les bonnes . A ce jour, j’ai toujours refusé la possibilité de payer sans contact , étant très ridiculement paranoïaque pour tout ce qui touche à mes finances . Je finirai sans doute par céder , lorsque ma vie deviendra trop compliquée . Voyant mon désarroi ( plutôt relatif pour être honnête ) une charitable dame écossaise spontanément me paie le passage .
Je me confonds en remerciements . En même temps , je doute fort qu’une étrangère à Paris ait pu rencontrer tant de générosité spontanée .
La gastronomie écossaise est parfois surprenante . Le matin même (à moins que ce ne soit la veille, je ne me le rappelle plus exactement ) nous avons acheté à Uig, à l’épicerie de la station service , deux pies , chaudes, ce qui était particulièrement tentant , sans rien comprendre bien sûr aux explications . Théodorine a eu droit à une pie au boudin noir , très bourrative . Pour ma part , j’ai eu droit à une pie garnie d’une belle épaisseur de pâtes au cheddar . Mais si la lyonnaise d’origine que je suis n’est pas toujours convaincue par la restauration rapide écossaise , cela ne change rien : j’aime et l’Ecosse, et les Ecossais !

A suivre

Ce problème technique réglé, tandis que Théodorine garde nos deux sacs, je m’en vais au guichet pour prendre des tickets de bus avec réservation pour le lendemain . Je paie 55 livres pour nous deux , alors que les tickets de bus des Highlands sont cette année beaucoup moins chers . Le bus pour lequel je réserve part peu avant 9 heures . Cela devrait nous permettre de passer un après-midi complet à Edimbourg . Cette formalité accomplie, nous nous rendons une fois de plus au Student Hostel où l’on commence à bien nous connaître . Nous nous installons, et après une pause nous partons visiter la ville .
Notre premier objectif est le château, tout proche , bien que nous ne l’ayons même pas repéré deux ans plus tôt . Nous y allons d’abord pour la vue que nous pensons avoir à partir de l’esplanade .

Devant le château trône la statue de Flora Mac Donald ,héroïne nationale qui déguisa Bonnie Prince Charlie en femme et le fit passer pour sa servante pour assurer sa fuite .

Cathédrale anglicane d’Inverness , vue du château

Le temps n’était malheureusement pas suffisamment clair pour que nous ayons une belle vue sur les montagnes .

A suivre

Nous nous dirigeons ensuite vers l’entrée du château . Nous voyons qu’il est ouvert à la visite .
Le château actuel date du XIXème siècle , le précédent ayant été détruit après la bataille de Culloden en 1846 . Les Jacobites l’ont fait exploser pour éviter qu’il ne tombe entre les mains des Français . Un château encore plus ancien l’aurait précédé où Shakespeare situe l’assassinat de Duncan par Macbeth .

Panneau explicatif à l’entrée du château .

A l’intérieur, il y a une sorte de salon de thé que nous n’avons pas testé . Il y a aussi des panneaux exposant l’histoire du château qui a servi de tribunal et même de prison . Il a perdu toute fonction de tribunal depuis 2020 .

En 1882, il a servi de lieu où fut jugée l’affaire de la bataille de Braes lors de laquelle des crofters de l’ïle de Skye se sont insurgés contre leur expulsion , un épisode de plus des Clearances . Ils bénéficièrent d’une certaine sympathie populaire .

Les panneaux suivants exposent la suite de l’évolution des fonctions du château . Malheureusement , mes photos sont inutilisables .

Une salle attenante sert de boutique . Il y a là de beaux objets que nous serions tentées d’acheter mais nous nous réservons pour la boutique du château d’Holyrood . Depuis le début de notre voyage, nous répétons que nous irons, comme à l’automne dernier faire nos derniers achats chez le roi Charles .

Rien d’autre n"est accessible à la visite . Nous quittons donc le château pour reprendre la direction de la gare et du centre .

A suivre

J’avais pour idée première d’aller voir le Marché Victorien , à proximité de la gare routière . Malheureusement , il est fermé . Nous allons donc partir un peu au hasard, globalement dans la direction de la Ness . Notre attention va être attirée par des oiseaux de mer, goélands ou mouettes, je ne sais pas , qui se pavanent dans les rues , très sûrs d’eux-mêmes comme il convient à des seigneurs , et fouillent et vident sans vergogne les poubelles . Il est pourtant bien précisé sur la poubelle : "Do not feed the gulls " .


.
Nous passons ensuite devant de belles maisons anciennes .

Il s’agirait d’après le panneau explicatif de la plus ancienne maison d’Inverness.

. Peu après , nous arrivons à l’entrée d’un vieux cimetière .

A suivre

Lorque nous entrons dans le cimetière , notre attention est immédiatement attirée par ce monument , dont l’enceinte protège plusieurs tombes . J’ai lu qu’il daterait du XVIIème siècle

Nous nous rendons ensuite directement à l’extrémité du cimetière, d’où nous avons une belle vue sur la Ness.

Au delà de la Ness, nous repérons d’autres monuments dont nous souhaiterions nous approcher, mais nous n’en aurons malheureusement pas le temps .
Ayant pris nos repères, nous revenons en arrière pour nous livrer à une visite un peu plus méthodique . Nous allons passer un certain temps à lire un panneau explicatif dont nous pouvons regretter qu’il soit endommagé .

Ce vieux cimetière est situé entre deux églises, Old High St Stephen’s Church et Free North Church .

Free North Church

Old High St Stephen’s Church
Le tableau explicatif nous apprend qu’il s’agit là de la plus ancienne église d’Inverness.C’est une église presbytérienne ,alors que l’on trouve communément dans les villes écossaises, églises presbytériennes ,églises catholiques, et lieux de culte de l’église épiscopale , c’est-à -dire anglicane . Le clocher daterait du XVI ème siècle et le reste du XVIIIème siècle . Les conflits entre Anglais et Ecossais, entre Hanovriens et Jacobites seraient responsables de bien des destructions dans la ville .
Après lecture du panneau explicatif , je vais passer un bon moment à chercher les tombes des combattants de la bataille de Culloden . C’est la lecture du *Waverley * de Walter Scott qui m’a conduite en Ecosse en me faisant découvrir la question jacobite et l’ épopée de Bonnie Prince Charlie . J’avais l’intention pour mon premier voyage de visiter Abbotsford et le champ de bataille de Culloden , qui n’est pas éloigné d’Inverness . Je ne l’ai toujours pas fait . Au moins, devais-je chercher ces tombes de jacobites .

Lorsque nous les avons enfin trouvées, nous avons pu quitter le cimetière . C’était mon pélerinage jacobite de cette année .

A suivre

A notre grand regret , nous n’avons pas le temps de franchir la Ness pour explorer l’autre rive . Il nous faut assurer notre ravitaillement pour le lendemain . Nous allons revenir à petite vitesse ,remarquant au passage une librairie dont la vitrine présente une annonce à un futur spectacle . Il s’agit d’un concert qui sera donné à la fin du mois à la cathédrale d’Inverness, une version de concert d’un acte du Parsifal de Wagner . J’ai vu par deux fois cet opéra en entier , à Lyon et à Paris . Je serais très volontiers allée écouter une version écossaise de cette oeuvre , Théodorine qui fréquente elle aussi l’Opéra, aurait pu se laisser convaincre . J’ai déjà par deux fois assisté à des représentations d’opéras en compagnie de membres de la bande de Robin Hood de Fontainebleau Sherwood , une fois à Rome pour un opéra de Rossini, une autre fois au festival de Vérone pour une oeuvre de Puccini, après une randonnée dans les Dolomites avec Vie Ferrate et séjour à Venise . J’ai plusieurs fois regretté des occasions manquées d’assister à des concerts en Ecosse , alors que mon intérêt pour la musique qu’il s’agisse de l’ écouter , ou de la pratiquer ne saurait souffrir, bien au contraire, comme tout ce que je juge essentiel, de mon sens de l’épargne .
Pour l’heure , nos préoccupations sont beaucoup plus prosaïques . Il s’agit de trouver un magasin d’alimentation . Nous achetons une fois de plus des légumes surgelés et un fromage fortement pimenté pour nous changer du cheddar que nous mangeons quotidiennement trois par jour depuis presque deux semaines .

Le pain que nous achetons pour l’accompagner pourrait, si l’on en juge à son aspect , passer pour croustillant . Mais tout le monde sait depuis Platon que les apparences sont trompeuses .

Cette tâche accomplie , nous nous autorisons un peu de lèche - vitrines avant de regagner notre gîte et tandis que nous flânons dans le centre , nous sommes attirées par des sons de cornemuses . C’est un ensemble de jeunes joueurs et joueuses de cornemuse qui se produit dans l’une des rues principales .

Nous restons quelque temps, après quoi nous regagnons nos pénates avec l’intention de nous coucher tôt . Le lendemain, nous devons prendre le bus pour revenir à Edimbourg.

A suivre

D’ Inverness à Edimbourg . Où nous retrouvons l’Aventure

La nuit qui suit est la première que nous passons dans un vrai lit, avec des prises de courant pour nos téléphones, depuis notre départ de Berneray . Fort imprudemment , qu’il s’agisse du souci de ne pas réveiller nos voisins de dortoir du Student Hostel ou de présomption de ma part, ce qui , pour donner une image plus honnête de ma moralité, est consternant mais plus vraisemblable, je ne programme pas de réveil sur mon téléphone . Je’ compte sur la lumière du jour, qui me réveille ici bien en avance . De fait, je suis éveillée très tôt le matin , mais la fatigue et surtout le confort du lit aidant, je me rendors . Théodorine s’est elle aussi réveillée, mais me fait, à tort, bien trop confiance . Lorsque j’ouvre enfin à nouveau les yeux, il ne nous reste plus qu’un peu plus d’une demi-heure avant le départ du bus . Compte tenu du temps qu’il nous faut pour nous vêtir , rassembler toutes nos affaires, retirer draps et taies d’oreiller pour les déposer dans la corbeille prévue à cet effet, vérifier partout que nous n’avons rien oublié, sous l’oreiller ,entre le matelas et le mur et sous le lit , et aller du Student Hostel à la gare routière , ce n’est guère jouable quand les esprits manquent encore de lucidité . Donc inutile de nous précipiter pour rien , nous prendrons le bus suivant vers 10 heures, s’il y a de la place, et nous devrions arriver vers 14 heures ,ce qui devrait nous permettre d’aller faire nos courses "chez le roi Charles ", c’est-à-dire à la boutique d’Holyrood Palace .
Nous avons réservé à Edimbourg à l’ Edinburgh Backpackers où l’accueil est ouvert 24 heures sur 24, donc pas de panique de ce côté - là . En revanche , je déplore la perte de 55 livres de tickets de bus, que je crois inéluctable . Néanmoins, arrivée à la gare routière, je me rends aussitôt au guichet , explique notre affaire dans un anglais abominable . L’employée, la même que celle que j’ai vue la veille , toujours très aimable, me dit qu’il n’y a pas de problème . Nous pouvons prendre le bus suivant . Nos tickets sont valides . Je n’ai pas demandé combien de temps . Soulagée parce que 55 livres , c’est à peu près le prix d’un mètre de tweed de Harris ou de deux repas dans un pub à Edimbourg, accompagnés d’une bonne ale, j’annonce la bonne nouvelle à Théodorine . Une fois de plus , malgré mes réserves concernant la nourriture, j’aime et l’Ecosse , et les Ecossais . Nous ne prenons pas de nouveau café au lait à la gare routière, l’expérience précédente n’ayant pas été concluante . Dès l’arrivée du bus, nous nous installons, à l’avant et à l’étage pour profiter au mieux du trajet qui doit nous faire passer entre les Cairngorms et les Monadliath Mountains Malgré ce léger contretemps, un retard prévu d’une heure, tout s’annonce sous les meilleurs auspices et nous devrions arriver sans problème à Edimbourg .

A suivre

Où la vertu ou par défaut le réalisme me font renoncer à une conquête

Installées tout à fait à l’avant du bus, où il n’y a pas grand monde , nous commentons en riant nos aventures . Au bout de quelque temps, venant de l’arrière, une voix masculine encore juvénile nous interpelle en français et nous demande si nous ne serions pas françaises . Je réponds par l’affirmative et il commence à nous interroger sur ce que nous faisons en Ecosse . J’explique donc ce que nous avons fait . Lui de son côté revient du Skye Trail qu’il a parcouru tout seul . Il se plaint d’avoir eu du mauvais temps et se demande s’il ne vaudrait pas mieux choisir plutôt l’été . C’est visiblement sa première expérience de la randonnée écossaise . Je crois bon de lui exposer que le temps a été vraiment beau, pour l’Ecosse s’entend . Ni déluge, ni neige, ni tempête, les midges tout juste en train d’éclore . Il trouve qu’il a beaucoup plu, ce à quoi je lui rétorque que , pour l’Ecosse, c’est vraiment la sécheresse . En témoigne d’ailleurs le débit des cours d’eau . De la brume, des averses de grésil quotidiennes, plus ou moins fréquentes, pas mal de vent, c’est le beau temps . Visiblement , il n’a pas vécu comme nous la tempête Amy ni ses préliminaires . Il a donc connu des conditions quasi idéales .
Alors que nous continuons nos échanges techniques, à ma grande surprise , il me demande soudain , si je n’aurais pas la trentaine , comme lui , apparemment . Réprimant imparfaitement une forte envie de rire, je me sens moralement obligée de lui déclarer qu’il fait une erreur de l’ordre d’un demi-siècle , et de renoncer à un début de conquête vraisemblablement dû à une voix sonore et restée plutôt juvénile . Le froid, la folie , et les exercices quotidiens conservent ! Il nous a ensuite beaucoup moins parlé, sans doute pas très fier d’avoir tenté les premiers travaux d’approche en direction d’une personne qui a l’âge de sa grand-mère . Cette histoire m’a bien amusée, moi qui ne cesse de recevoir des propositions de livraison de repas ou de dispositifs de sécurité censés adaptés à mon âge .
J’ai cru bon de jouer mon rôle de vieille dame protectrice , lui exposant qu’il n’est guère prudent de randonner seul dans les montagnes écossaises . D’ailleurs, rapidement , il a mis fin à la conversation , et déclaré qu’il voulait dormir . Sans doute était-il encore trop jeune pour savoir que le ridicule ne tue que les âmes pusillanimes .

A suivre

Où nous découvrons qu’un bus Citylink peut tomber en panne

Le jeune homme s’est endormi . Notre trajet se poursuit . Nous voyons sur notre droite les avant-postes des Cairngorms . C’est beaucoup moins intéressant que le même trajet en chemin de fer . Nous voyons essentiellement la route et les véhicules qui y circulent . Que peuvent apporter des dizaines ou plutôt des centaines de kilomètres en voiture, en particulier au conducteur qui est tout de même obligé de surveiller la circulation , d’autant plus que les possibilités de s’arrêter sont rares, si ce n’est la satisfaction de faire comme tout le monde ? Je reste persuadée que se limiter permet de voir beaucoup plus de choses que de faire ces “road trips” dont l’itinéraire suit la mode du jour . A vélo et à pied, il n’y a rien de mieux pour découvrir une région . Au final, nos trajets aller-retour par les transports en commun nous permettent de voir presque tout ce que la masse des touristes a la possibilité de voir et nous passons nos journées immergées dans des paysages dont ils n’auront jamais l’idée . Pas d’ “effet waouh !” pour parler le langage à la mode, pas de vues “à couper le souffle”, seulement une longue contemplation au cours d’une marche laborieuse qui nous le coupe littéralement alors que souvent nous regardons surtout où nous mettons les pieds et que les pauses nous permettent de reprendre enfin notre souffle et d’admirer calmement des spectacles chèrement gagnés .

On comparera avec les photos prises du train à l’automne précédent sur le même trajet

Les vues sur les Cairngorms sont beaucoup plus spectaculaires quand on est dans le train . Tout ne tient pas à la lumière qui était bien plus favorable à l’automne .
J’ apprécie particulièrement le pass of Drumrochter vu de la voie ferrée . Là, je l’ai à peine remarqué .

Photos 2013

Certes, j’ai identifié pour la première fois les Ruthven Barracks, la distillerie de Dalwinnie et je
suis passée beaucoup plus près du château de Blair, mais je trouve que globalement le trajet ferroviaire l’emporte largement sur le trajet routier .

Nous avons fini par arriver à Perth . Mais l’arrêt se prolonge . Je commence à vraiment me poser des questions . Au bout de quelque temps , on nous fait une annonce que nous ne comprenons pas très bien . Nous nous rendons ensuite à l’évidence . Il nous faut changer de bus , le nôtre est en panne . Cela arrive souvent aux ferries de Calmac, nous avons vérifié le premier jour de notre voyage qu’il en était de même pour les trains britanniques qui voulaient nous montrer que pour eux comme pour la SNCF tout était possible Notre but Citylink a dû se sentir piqué au vif et juger bon de les imiter .

A suivre

Nous avons eu de la chance de voir notre problème de bus survenir à la gare de Perth .Nous n’avons pas à attendre le bus que nous avons à prendre pour rejoindre Edimbourg . Il s’agit vraisemblablement d’un service régulier . En descendant de notre bus en panne ,nous voyons le jeune Français qui avait engagé la conversation avec moi . Vraisemblablement un peu vexé d’avoir confondu une jeune et fringante trentenaire avec une vieille radoteuse au rire de Bianca Castafiore qui se permettait de lui donner des conseils de prudence, il nous a à peine saluées . Pourtant , je n’ai pas ajouté à son humiliation en riant de lui quand je l’ai vu , il a été au pire victime d’un regard amusé et inquisiteur . Pour être honnête , je ne saurais l’ exclure mais qu’il se rassure , jamais je n’aurais comme la vieille et laide Alcina essayé par mes sortilèges de détourner ce jeune Ruggero de la fière Bradamante . C’est une cousine qui m’est chère, qui me transporte parfois sur le dos de son hippogriffe *1 et je n’ai nul désir de me lamenter ensuite sur l’abandon dont je serais ensuite à coup sûr victime *2 .

ESO S1 15 AGNOSTIC 4K 3840x2160p30 FR

Le trajet dans ce nouveau bus va être interminable . Sans doute nous permet-il de voir dans les faubourgs chics de Perth de très beaux petits jardins à la floraison exubérante et aussi des quartiers plus populaires ,

mais il prend un chemin qui m’est souvent incompréhensible , faisant apparemment office de bus de ramassage scolaire . Nous voyons des collégiens monter , dont l’un fume et roule des mécaniques pour impressionner ses camarades, nous faisons des détours par de petites routes de campagne en rejoignant de temps en temps une route plus rapide . Ce n’est pas inintéressant mais je comprends mal l’itinéraire que nous suivons et j’aimerais bien arriver plus rapidement à Edimbourg .
C’est avec soulagement que je vois que nous arrivons au bord du Forth . Nous franchissons le Firth of Forth sur un pont routier qui nous permet d’admirer le viaduc ferroviaire sur lequel nous passons habituellement .

Après avoir enfin franchi le Forth, nous ne sommes pas pour autant arrivées à bon port . Le bus est pris dans les embouteillages de la périphérie d’Edimbourg, puis effectue un interminable parcours interrompu par de nombreux arrêts dans la ville elle-même .
Il est 16 heures lorsque nous parvenons enfin à la gare routière . Il nous faut d’abord nous charger à nouveau de nos gros sacs, comprendre comment en sortir , et nous repérer pour rejoindre la gare ferroviaire d’où nous savons parfaitement comment rejoindre notre gîte .
La gare routière , située près de la gare de Waverley , dans New Town, n’est pas loin de cette dernière ,mais une fois de plus , je néglige de consulter la boussole que j’ai dans ma poche et nous errons un peu avant de nous retouver dans un monde connu . Ce n’est plus alors qu’une formalité de franchir les voies qui partent de la gare de Waverley , de remonter Cockburn Street et de rejoindre Edinburgh Backpackers où nous avons dormi à l’automne précédent . C’est avec soulagement que nous arrivons à notre dortoir et déposons nos gros sacs . Nous aurons le temps d’aller faire nos courses chez le roi Charles !

*1 Voir le Voyage en Ecosse d’une confinée carnet de voyage 2020

*2 Le lecteur qui ne comprendrait pas ces allusions peut non seulement écouter l’ Alcina de Haendel mais lire le Roland Furieux de l’Arioste * 3, auteur féministe pour lequel j’ai une affection particulière .
*3

Pour le personnage d’ Alcina la magicienne , voir Alcina — Wikipédia
Alcina ne peut passer pour jeune et belle que grâce à ses sortilèges, elle est en fait vieille et laide .

A suivre

Libérées de notre chargement ,nous filons directement vers Holyrood en logeant Saint Giles puis en descendant allègrement Canongate ,non sans avoir fait au passage cette rencontre intéressante .


Peut-être s’agit-il d’un autre rescapé de la bataille de Culloden désormais réduit à s’exhiber devant les touristes pour survivre . Je constate cependant que son équipement est beaucoup plus modeste que celui du fantôme que nous avions rencontré à Cannich . Nous ne nous attardons pas, nous voulons avoir tout notre temps pour faire nos emplettes chez le roi Charles, ne jetant qu’un regard dédaigneux devant les magasins de babioles pour touristes .
Lae magasin du roi Charles est beaucoup plus classe . C’est souvent résolument kitsch , mais du meilleur goût et le personnel est visiblement très bien éduqué . Je crois bien que Théodorine y a encore acheté des chaussettes à offrir , des porte-clés et des aimants chapeau de la reine Elisabeth , sac à main de la reine Elisabeth, horse guard, bref , des objets totalement indispensables . Pour ma part, il me reste des cadeaux à faire pour quatre personnes différentes . Je fais donc l’acquisition d’un pot de miel de bruyère de Balmoral, tout petit et cher (il est paraît-il délicieux ), un paquet de sachets de thé portant la mention Holyrood Palace, une toute petite serviette brodée aux armes de la monarchie et une petite boîte de bonbons . Au moment de payer , j’ai l’impression que celui qui est à la caisse se trompe en ma faveur . Une aussi grande princesse que moi, Calamity ne saurait voler le roi Charles . Donc j’essaie de m’expliquer mais je parle fort mal l’anglais et il me semble que le charmant jeune homme qui tient la caisse croit que je m’étonne d’un montant trop élevé . Je mets fin à la discussion en acceptant la monnaie qu’il me rend . Peut-être serait-il temps que je me décide à apprendre l’anglais . Cela m’éviterait l’humiliation d’avoir le sentiment d’une dette envers le roi Charles .
Il nous reste à songer à acheter des shortbreads pour nos compagnons respectifs dans un
petit magasin d’alimentation que nous avons repéré à l’automne dernier . Je suis heureuse de retrouver une vieille connaissance devant Canongate Kirk .

Je ne l’avais pas vu à l’automne dernier . Peut-être était-il malade ou parti en vacances , à moins que je n’aie été comme à mon habitude extrêmement distraite . Nous nous saluons aimablement et nous poursuivons chacun de notre côté notre route .

Nos achats de cadeaux terminés, il ne nous reste plus qu’une chose très importante à faire : fêter dignement la fin de notre voyage dans un vrai pub .

A suivre

Nous ne voulons pas d’une pizzeria , ni d’un restaurant indien, ni d’un kebab, ni d’un Fast food quelconque du Royal Mile . Je n’ai aucun mal à convaincre Théodorine de nous rendre une fois de plus au White Hart Inn , sur Grassmarket . Nous avons l’habitude d’y manger depuis 2010 . C’est le plus vieux pub d’Edimbourg . Son voisin The last drop (la dernière goutte d’alcool du condamné à mort, Grassmarket étant autrefois la place où avaient lieu les exécutions capitales ) pourrait faire l’affaire mais il est complet . Une fois de plus , nous avons de la chance , nous y trouvons immédiatement une place .

Grassmarket . Photo prise de l’entrée du White Hart Inn

Photos 2025

J’aime bien ce pub, parce qu’il est beau et sur les poutres au plafond on peut lire quantité de pensées édifiantes .

L’alcool et la moralité en Ecosse ne sauraient faire mauvais ménage . Or depuis notre arrivée en Ecosse , je n’ai pas bu une seule goutte d’alcool , à l’inverse de Théodorine qui a dû boire un cidre et un infâme rosé en canette . Je n’oserai pas me présenter devant Cyrus si je dois lui avouer que je n’ai pas bu d’ale . D’ailleurs j’en rêve depuis le départ .
Nous allons passer un assez long moment au pub . Il faut aller d’abord commander la boisson au comptoir . Ce sera du cidre pour Théodorine , de l’ale pour moi . Nous attendrons ensuite assez longtemps notre haggis . Cela me permettra d’appeler Cyrus et d’obtenir un satisfecit de sa part . Il connaît lui aussi le White Hart Inn , pour l’avoir fréquenté en 2010 , 2012 et 2013, lors de nos trois premières randonnées dans les montagnes de l’Ouest . A ses yeux (mais aux nôtres aussi ), un repas final correctement arrosé est indispensable .

Dans l’attente de nos boissons . Deux verres vides qui ne sont pas les nôtres .

Théodorine tend vers son cidre une main concupiscente .

Comme c’est la fête, nous nous octroyons aussi un dessert , une tarte à la clémentine accompagnée d’une boule de glace pour Théodorine, une sorte de fondant au chocolat extrêmement coulant, accompagné lui aussi d’une glace pour moi . C’est très bon et nous ne nous soucions guère des calories .

Ce difficile devoir de fêter la fin de notre voyage accompli, nous rejoignons calmement notre dortoir de l’Edinburgh Backpackers . Ce n’est pas loin . Nous nous couchons rapidement , après avoir rassemblé toutes nos affaires de manière à être aussitôt prêtes le lendemain . Nous avons en effet décidé de prendre un train pour Londres à 6 heures , prévoyant une marge assez importante avant le départ de notre Eurostar puisque nous savons désormais d’expérience qu’il faut envisager la possibilité de pannes de chemin de fer .

A suivre

La rédaction de ce récit est suspendue pour quelques jours pour cause de vacances .

A suivre

Sujets suggérés

Services voyage