Je crois bien qu’elle a augmenté sa collection . Elle a dû regretter que la bande de Robin Hood ne soit pas là comme dans le Devoluy dans les annnées 2000 pour l’aider à porter un caillou de plus de 1O kilos qu’elle avait jugé particulièrement remarquable . Nous nous étions relayés … Je ne sais pas si elle l’avait présenté à ses élèves pendant ses cours de géologie .
Nous faisons une petite pause pour admirer la vue . Confortablement installée, je dois me pousser un peu pour qu’elle puisse photographier ce rocher qui , selon elle , pourrait inspirer l’un de ses fils , créateur textile .
A part un passage de gué sur des rochers inclinés qui ne m’inspire pas une confiance absolue (je crains, peut-être à tort , qu’ils ne soient glissants , et que la pente ne puisse servir de toboggan), ce qui nous conduit à faire un tout petit détour un peu plus haut , le sentier ne présentera aucune difficulté jusqu’à la fin . Si les torrents avaient été déchaînés, les passages à gué auraient pu être dangereux, voire impossibles . Je vais descendre malgré tout lentement . Certains passages sont raides . Bien qu’ls ne soient pas exposés, je n’ai pas envie de me faire une entorse . J’ignore si ces rochers peuvent être glissants .Théodorine irait sans doute plus vite que moi, mais , après tout, avec une cheville réparée, mieux vaut qu’elle ne fasse pas de chute . Les passages plus exposés m’ont paru vraiment faciles , et bien larges la plupart du temps . La vue est magnifique et l’on aurait
tort de se hâter .
A suivre
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Nous arrivons bientôt à une gorge creusée par l’Allt Granna . Nous la surplombons d’abord, mais nous allons devoir y descendre , alors qu’elle s’est élargie. Les eaux de l’Allt Grannda sortent de la partie étroite de la gorge par une cascade spectaculaire .
Le sentier , juste avant le pierrier est traversé par un ruisseau juste au bas d’une cascade . La traversée du pierrier ne pose aucun problème . Le sentier reste large et bien stabilisé .Rien à voir avec des sentiers de dahu, pour reprendre une expression de celui que j’appelle "notre
Whymper " . Je savais qu’il en est ainsi en temps normal mais lorsqu’il y a de grosses intempéries, il peut arriver d’après mes souvenirs de randonnées dans les Alpes et les Pyrénées que des familles nombreuses de cailloux déménagent . En ce qui concerne la traversée du ruisseau, cela ne posait aucun problème, le ruisseau étant peu abondant . Mais qu’en était-il à l’automne dernier au moment de la tempête Amy et du déluge qui l’a précédée ?
Nous nous sommes assez longuement arrêtées à cet endroit , en particulier pour prendre de l’eau que j’ai filtrée mais aussi parce que le but était en vue . Deux jeunes gens montaient , eux aussi ont pris de l’eau et nous ont demandé si nous n’avions pas de problèmes . Ils ont dû vraisemblablement songer à leurs grands-mères qu’ils se seraient inquiétés de voir dans un lieu pareil , avec un tel chargement …
La fin de la descente sera plus longue que je ne le prévoyais . A l’arrivée dans le glen Lichd, après avoir franchi l’Allt Grannda, le chemin fait un crochet pour rejoindre un pont permettant de franchir l’Allt an Lapain avant de revenir dans la direction de Glenlichd House et de la mer . Nous avons commencé à nous mettre en quête d’un lieu de bivouac . Les premiers endroits envisagés se sont révélés trop humides . Nous avons cherché finalement plus longtemps que prévu avant de trouver un endroit jugé satisfaisant , un peu au dessus de la rivière . Notre étape était courte mais nous étions toutes les deux satisfaites d’en finir .
Notre lieu de bivouac dans le glen Lichd . On aperçoit Glenlicht House, toute proche .
A suivre
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Le lendemain matin, comme il était prévisible, il fait froid . Depuis longtemps, nous savons par expérience qu’il fait plus froid dans les fonds de vallée . Au cours de cette randonnée bivouac, nous avons plusieurs fois constaté qu’il avait légèrement gelé pendant la nuit mais, grâce à notre équipement , ni de jour ni de nuit , nous n’avons souffert du froid , à part lorsque je suis restée un trop long moment immobile à capter et filtrer de l’eau dans un torrent , insuffisamment protégée, par ma faute .
Notre objectif du jour est de descendre le glen Lichd jusqu’à Morvich et de prendre ensuite un bus Citylink en début d’après-midi à Shiel Bridge, pour ne pas arriver trop tard à Inverness. Nous devons parcourir environ dix kilomètres d’ici là pour atteindre notre objectif .Nous reprenons donc notre sentier jusqu’à Glenlicht House . Le cours d’eau de la vallée est désormais nommé River Croe sur les cartes .
Glenlicht House est un petit refuge appartenant à l’université d’Edimbourg, où , d’après ce que j’ai retiré de mes lectures, il serait possible d’accéder si l’on a réservé . Nous sommes passées rapidement , et nous n’avons pas pris de photos, par souci de discrétion . Il y avait en effet une voiture à proximité .
A partir de Glenlicht House, nous sommes en lieu civilisé . Nous pensons que la voiture située à proximité était celle d’un berger venu prendre des nouvelles de ses moutons . Nous allons donc, pour la première fois depuis Cannich où nous avions vu moutons et vaches , rencontrer à nouveau des animaux d’élevage, pas très nombreux cependant . D’autre part, le sentier fait place à un chemin carrossable , sur lequel la progression est plus facile , mais pas forcément plus agréable pour des pieds fatigués, et c’est plus fastidieux . Le paysage reste intéressant , mais il l’est moins que ce que nous avons vu plus haut , d’autant plus que nous avons droit à une succession d’averses .
Je prête de temps en temps mon appareil à Théodorine (la mémoire de son téléphone est surchargée) . Cela lui permet de photographier ce qui l’intéresse . Depuis longtemps, nous avons l’impression que sa randonnée est toute différente de la nôtre, sans doute beaucoup plus riche . Pourtant elle voit elle aussi les paysages dans leur ensemble, mais elle me laisse le soin de les photographier .
La rivière Croe serpente dans sa large vallée . Notre chemin va traverser un chantier . Un pont est en construction . Veut-on vraiment faire une route plus importante comme je le crains ? . Dans quel but ? Il serait dommage de saccager cette vallée .
Les montagnes qui barrent l’horizon se rapprochent . Nous apercevons une première maison sur une pente . Bientôt nous arrivons en vue de Morvich .
A suivre
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Juste avant Morvich se réunissent deux vallées, celle de la rivière Croe et celle de l’Abhainn Chonaig . En la remontant , on peut rejoindre Alltbeithe en franchissant le bealach na Sgairne .On se trouve donc à partir de là dans une très large vallée dominée par le Sgurr an Airgid, un petit sommet qui m’intéresse depuis longtemps, et qui s’ouvre sur le loch Duich . Si nous étions arrivés à Morvich la veille et s’il avait beau, nous aurions pu essayer de le gravir .
Nous passons d’abord devant le Kintail Outdoor centre, hébergement qui m’a semblé être malheureusement plutôt destiné seulement à des groupes (je me trompe peut-être ) . En continuant notre route , nous arrivons au camping de Morvich , qui accueille les tentes et les camping cars . Je suis partagée entre deux sentiments, la satisfaction d’ avoir parcouru le glen Affric Kintail Way depuis Cannich en autonomie complète et la déception d’un retour à la civilisation un peu brutal .Sous la pluie , cet environnement semi-urbanisé n’est guère séduisant et la perspective d’avoir à emprunter la route sur quatre kilomètres n’est pas très réjouissante . Nous devons marcher d’abord sur une petite route où je constate que nous avons enfin du réseau téléphonique . Je suis très heureuse de savoir ce que devient Cyrus alors que selon ses dires, c’est plutôt à lui d’attendre des nouvelles de notre expédition .
Nous longeons ce qui me paraît être la rive Sud de l’extrémité du loch Duich, séparée du reste du loch par la chaussée construite pour la route de Fort William à Kyle of Lochash qui emprunte le glen Shiel avant de longer la rive Nord du loch Duich où s’élève Eilean Donan Castle .
On voit ici cette ancienne extrémité du loch Duich séparée du reste du loch par la chaussée que nous longeons du côté droit de la photo . Au fond à droite , la vallée de la rivière Croe par laquelle nous arrivons . Photo prise du bus à l’automne 2025
La perspective de marcher le long d’une route à grande circulation ne me séduit guère . Par bonheur, elle est bordée d’un trottoir et rejoindre Shiel Bridge sera moins dangereux que prévu . D’autre part , lorsque nous arrivons sur la grand-route, nous voyons qu’il y a là une sorte de café restaurant , ouvert . Nous avons du temps devant nous avant le passage du bus à Shiel Bridge , nous entrons .
A suivre
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Nous sommes le dimanche 10 Mai et c’est la première fois depuis le mercredi que nous entrons dans un lieu abrité où nous allons pouvoir nous asseoir pour manger chaud et surtout boire une boisson chaude . Il y a pas mal de monde mais nous trouvons une place . Une jeune femme vient de partir . Elle n’a pas fini sa salade , une toute petite salade d’ailleurs . Nous qui manquons cruellement de fruits et de légumes depuis notre départ, nous trouvons cela peu compréhensible . Nous avons dû prendre des sortes de sandwichs au cheddar et au haggis dans une sorte de pain mou , accompagné d’une petite salade . Ce n’est pas une expérience gastronomique inoubliable .Il y avait peut-être mieux mais nous ne voulons pas nous éterniser . Cependant , après plusieurs jours de wasa léger cheddar, c’est un changement bien venu . J’ai commandé un thé . J’ai obtenu une théière dont j’ai bu tout le contenu avec délice . C’était pour moi le luxe suprême .
Nous devons malgré tout quitter ce lieu hospitalier et inespéré pour rejoindre l’arrêt de bus de Shiel Bridge . Par bonheur , il y a un trottoir, bitumé ou herbu , sur lequel nous pouvons marcher tout au long du trajet . Je n’ai pas pris de photo, il pleuvait et je ne voulais pas que nous puissions courir le risque de manquer le bus . Pourtant , si le temps est clair, la vue est fort belle .
Ces deux photos ont été prises du bus, huit jours plus tard .
Nous arrivons finalement en avance à l’arrêt situé à l’intersection de la route du glen Shiel et de la route de l’autre rive du loch Duich et de Glenelg et Arnisdale .
Ce poteau indique aussi le ferry Glenelg Kylerhea par lequel on peut accéder à 'île de Skye .
Un de mes grands regrets est de ne pas avoir davantage exploré la presqu’île de Glenelg ,à part notre incursion dans la montagne entre Kinloch Hourn et Shiel Bridge en 2012
L’arrêt de bus n’a pas vraiment changé . Ce n’est pas très confortable mais on est à l’abri du vent et de la pluie . Au bout de quelque temps , un jeune homme arrive . Il attend lui aussi le bus . C’est apparemment un habitué et cela nous rassure . D’ailleurs, peu de temps après le bus Citylink s’arrête . Nos sacs mis dans la soute à bagages , nous montons dans ce bus direct pour Inverness . Il pleut , la visibilité est mauvaise , je n’ai rien photographié . Nous connaissons bien le trajet , que nous avons emprunté par deux fois à l’automne précédent . Nous nous reposons, enfin . Après Inverness , ce sont les Hébrides extérieures qui nous attendent . Cette première partie de nos aventures est terminée .
On peut légitimement se demander pourquoi nous n’avons pas pris le bus dans l’autre sens pour nous rendre à Uig et prendre le ferry pour Tarbert . Le trajet aurait été plus court . Je pensais que nous aurions besoin de dormir au chaud dans un vrai lit , de prendre une douche , de charger nos téléphones et nos batteries avant de repartir pour de nouvelles aventures et je ne voulais pas camper à Uig comme nous le ferons au retour . Initialement , j’avais pris une réservation pour Kyleakin mais les caprices des ferries font que j’ai préféré l’éventualité d’une attente à Ullapool à celle d’une attente à Uig . J’ai donc annulé la réservation pour Kyleakin et je l’ai remplacé par une réservation à Inverness .Kyleakin et Uig sont pour moi assez durablement associés au souvenir de la tempête Amy . Enfin , le surcoût était nul . Deux livres par personne pour le trajet Shiel Bridge Inverness et la même somme pour le trajet Inverness Ullapool . Nous paierons le même prix au retour pour Uig Portree et Portree Inverness alors que nous ne ferons que changer de bus .
Dernier argument décisif : il n’y a plus d’auberge de jeunesse à Tarbert où il n’y a pas non plus de camping alors qu’il y a à Stornoway auberge de jeunesse et camping . J’en reparlerai plus tard .
A suivre
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Second passage à Inverness
Arrivées à Inverness, nous reprenons nos sac à dos, plus légers qu’au départ pour ce qui concerne le ravitaillement . Le sac à dos de Théodorine , lorsqu’il m’arrive de le soupeser ,me paraît tout de même très lourd, alors qu’il est nettement plus petit que le mien . Je me demande quel poids de cailloux elle transporte . C’est un dimanche, donc nous n’allons pas faire de courses pour nous ravitailler . Nous voulons donc rejoindre au plus vite notre hébergement . Une fois de plus, nous commençons par nous tromper . Normal pour des personnes âgées désorientées, surtout quand comme moi, elles ont toujours eu le plus grand mal à distinguer la droite et la gauche, ce qui me contraint, par souci de ma conservation, à de longues études quand je dois traverser une rue au Royaume Uni . Aller de la gare routière au Student Hostel , c’est pour moi plus difficile que de m’orienter après Alltbeithe .
Cette fois, nous décidons de prendre l’escalier que nous n’avions pas voulu emprunter . Il conduit au château et nous comprenons comment rejoindre très facilement le Student Hostel . C’est la fin de l’après-midi mais nous n’allons pas visiter la ville . Nous sommes désireuses de nous poser , de retrouver une apparence civilisée * et de nous coucher tôt car nous voulons prendre le lendemain le premier bus pour Ullapool afin d’arriver de bonne heure à Stornoway où nous aviserons .
Au risque de choquer le lecteur délicat , l’honnêteté m’oblige à avouer que la randonnée bivouac en région froide n’incite guère aux ablutions quotidiennes . J’aurais d’ailleurs plutôt dû écrire “la lectrice”, une longue expérience m’ayant appris lors des expéditions de la bande de Robin Hood que ces messieurs étaient sur cette question beaucoup moins délicats que nous . En revanche, les nobles dames et demoiselles de la bande ne se privaient pas d’en faire l’objet de discussions publiques à l’intention de ces distingués gentlemen .
A suivre
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Notre bus du lendemain part à 8h10 de la gare routière . Nous devrons donc nous lever tôt .
Nous nous rendons dès que nous nous sentons prêtes à la salle à manger mais il y a une grosse affluence . Il y a là en particulier trois garçons qui se préparent un plat élaboré à partir de vrais légumes, de vrais légumes frais d’après les observations de Théodorine . Nous attendons donc un peu avant de nous risquer dans la cuisine . En fait , nous avons seulement besoin d’eau pour l’une des bouilloires afin de préparer soupe minute et purée en flocons agrémentée de cheddar, avec éventuellement un peu de pâte de dattes en dessert (j’ai acheté de la pâte de dattes et non de bonnes dattes en branches pour ne pas avoir à porter tiges et noyaux) . Nous manquons cruellement de fruits et légumes frais . Lorsque j’entreprends un voyage difficile en direction de l’évier , mes regards tombent sur une magnifique poêlée débordante de légumes, une vraie provocation . Il y a de tout , même des brocolis et des champignons . Jusqu’ici, je n’ai commis aucun des crimes que les diverses variantes du mythe attribuent à Tantale et je suis soumise, injustement , au même supplice . Je dois faire appel à tout mon héroïsme pour ne commettre ni vol ni meurtre pour m’approprier ce trésor qui serait sans nul doute chèrement défendu . Sitôt ma tâche accomplie , je fuis ce lieu de perdition , je reviens vers Théodorine et je regarde mélancoliquement l’eau chauffer dans la bouilloire .
Jusqu’à maintenant , on a beaucoup parlé des crimes liés à la consommation de drogues, en particulier des plus dures . On n’a pas encore documenté tous les délits liés à l’addiction aux fruits et légumes . Peut-être faudrait-il cesser de répéter partout cette injonction criminogène : cinq portions de fruits et de légumes par jour !
A suivre
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Départ pour les Hébrides extérieures
La seconde partie de notre voyage est consacrée à Lewis et Harris et Berneray . Je voulais à nouveau explorer le Mainland, ce que nous n’avions plus fait depuis 2013 , où nos mésaventures sur le Cap Wrath Trail avaient mis fin à notre marche vers le Nord . Le Glen Affric Kintail Way, c’était une idée de moi , Calamity . Après une marche vers le Nord, il fallait une marche (tronquée…) d’Est en Ouest ) .J’ai encore pas mal de curiosités concernant le Mainland , non seulement pour y randonner , mais pour découvrir les Lowlands, et visiter les villes . Mais en 2013 ,nous avons découvert les Small Isles et la passion de Théodorine , c’est l’Atlantique Nord . C’est elle qui a eu l’idée d’y revenir en 2015, c’est elle qui a voulu se rendre dans les îles (en fait l’île ) de Harris et Lewis il y a deux ans .
J’aime moi aussi beaucoup les îles , si elles sont montagneuses, si elles sont peu peuplées, pour le sentiment d’isolement qu’elles procurent , loin d’un monde qui peut parfois paraître consternant . Les montagnes continentales peuvent donner des impressions similaires, et quand , parvenus au sommet après avoir traversé le brouillard, nous voyons les autres sommets émerger d’une mer de nuages, nous pouvons nous croire parvenus au domaine des Dieux . *
Je rêve depuis ma lecture des *Enfants du Capitaine Grant à l’âge de huit ans *des îles de l’hémisphère Sud, des îles froides . J’ai adoré *L’île mystérieuse *Adolescente, mon projet professionnel avoué était d’être éleveuse de lapins aux îles Kerguelen . J’ai découvert ensuite qu’il y avait beaucoup d’autres îles et archipels intéressants , les Shetlands du Sud, la Géorgie du Sud, l’île de l’Eléphant . Je sais que je me contenterai finalement de l’hémisphère Nord . En se limitant à l’Ecosse , il y a de quoi faire .
L’île de Skye , j’ ai eu confirmation , une fois encore à l’automne dernier , qu’elle ne me convient pas . Les Black Cuillins enneigées émergeant de la mer, c’est splendide . Avec de la brume (s’il n’y en a pas trop ) aussi . Mais je la trouve trop urbanisée, et envahie par le tourisme . Ce que j’aime encore en elle , c’est sa côte Ouest inaccessible .Avant la construction du pont , je l’aurais vraisemblablement adorée . Maintenant, elle n’est plus pour moi, sauf peut-être du côté de Torrin et des Mac Leods Tables . L’an dernier à l’automne, dans l’île de Skye, je pensais avec nostalgie à Harris et Lewis .
Dans ces conditions, il est facile de nous satisfaire toutes les deux, Théodorine et moi . Après le Glen Affric Kintail Way , que Théodorine a trouvé magnifique, nous partons donc pour les îles .
Par bonheur, il est possible un peu partout de trouver des refuges . Nous n’avons qu’à prendre ici exemple sur le regretté Côme Laverse du Rondeau ,dont l’Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches, héroïne de nos premières aventures écossaises, m’a fait faire la connaissance .
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A suivre
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Nous prenons donc le bus à 8h10 pour Ullapool où nous devons arriver à 9h30 pour prendre le ferry une heure plus tard et arriver à Stornoway peu après 13 heures .
Se rendre dans les Hébrides extérieures ,c’est tout une histoire . Les ferries de Caledonian MacBrayne ont toutes sortes de problèmes . Ils n’ont pas été renouvelés à temps pour la plupart , ils tombent souvent en panne , et les opérations de maintenance s’éternisent quant il ne faut pas les réformer . La livraison de nouveaux ferries est souvent retardée et les nouveaux ferries ,censés être plus écologiques , ont pas mal de problèmes . D’autre part , il faut compter avec les caprices de la mer qui éprouve les navires . Le Minch est facilement agité , les tempêtes n’y sont pas rares. L’Invincible Armada de Philippe II d’Espagne en a fait les frais . Donc, mieux vaut ne pas être pressé et prévoir les retards ou annulations de ferries . Il semble que ce soient les Uists qui pâtissent le plus de la crise de Calmac.
Si nous n’avons pas de bateau ce jour-là , nous aurons tout le temps en arrivant le matin de chercher où passer la nuit . D’autre part , nous ne serions pas en peine d’occuper notre journée à Ullapool et dans ses environs . A l’aller , on peut facilement s’adapter à un retard de ferry . Au retour , si l’on revient des Hébrides extérieures, la sagesse commande de prévoir large, idéalement en comptant deux jours sur le Mainland, trois s’il ls’agit des Uists avant le retour . Je parle ici de ceux qui voyagent à pied ou à vélo . Pour les touristes motorisés, la situation est peut-être plus difficile .
Nous n’avons pas réservé notre place dans le bus mais il n’y a pas grand monde . J’ai une excellente place à l’avant qui me permet de voir à la fois devant et sur les côtés et par chance , il ne va pas cette fois-ci pleuvoir pendant tout le trajet . C’est la quatrième fois que j’effectue ce parcours en bus,mais seulement la première où je vais voir les montagnes que nous traversons entre Inverness et Corrie Hallie . Malheureusement, je n’ai pas la carte sous les yeux et je ne les identifie pas sur le coup . Ce sont des paysages intéressants . En tout cas, cela me conforte dans l’idée que faire le tour de l’Ecosse rapidement n’a pas grand sens . Il faut vraiment rester un certain temps quelque part pour avoir une chance de voir le paysage dans un pays doté d’un climat pareil . A moins d’aimer faire des dizaines de kilomètres dans la circulation automobile , dans la pluie et le brouillard … En raison de la lenteur de sa progression, le marcheur a plus de chance de tirer profit d’une brève éclaircie dans un lieu qu’il a choisi pour son intérêt .
Peu après, le long d’un petit loch qui me semble être le loch Garve, la route est réduite à une seule voie, en raison d’un glissement de terrain . Au dessous se trouve une voie ferrée (une ligne à voie unique ) tout près de la rive du loch . Les rails m’ont semblé plutôt rouillés (vraie ou fausse impression ?) Après étude de la carte , il s’agirait de la ligne Inverness Kyle of Lochalsh .*
Arrêt du bus à Contin , où se trouve le dernier magasin où l’on peut se ravitailler avant Ullapool . On peut observer la publicité pour les grands cafés au lait que l’on trouve partout en Ecosse .
A l’Ouest ,je vais voir de belles montagnes, vraisemblablement des Fannichs . Les photos sont nulles, mais c’est la première fois que je vois ces sommets .
Peu après, nous parvenons au voisinage des chutes de Measach , puis nous longeons le loch Broom et nous arrivons enfin à Ullapool .
Les chemins de fer du Royaume Uni dans son ensemble réservent quelques surprises . Comme l’a déjà montré le début de ce voyage, il n’y a pas qu’à la SNCF que tout est possible . Il y a une dizaine d’années, un déraillement sans trop de gravité, je crois , s’était produit au bord du loch Treig sur la ligne Glasgow Mallaig (on n’a pas encore, cependant , signalé de train englouti dans les tourbières de Rannoch Moor). Et nulle part en France à ma connaissance , le conducteur du train ne s’arrête avant le passage à niveau, descend pour le fermer ,remonte dans le train, démarre puis s’arrête à nouveau pour le rouvrir comme je l’ai vu à côté de la gare de Morar en 2019. Un système simple, sûr , efficace, et économique, comme les ficelles permettant d’éteindre ou d’allumer dans les douches . Le Royaume Uni, comme chacun sait , est un pays où les traditions se conservent .
A suivre
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Nous arrivons à l’heure prévue à Ullapool . L’arrêt de bus est situé juste à côté de l’entrée du terminal du ferry . Mais j’aurai du mal à m’extraire de l’afflux de touristes qui descendent d’un bus qui leur est réservé .Nous avons notre temps cependant, le ferry part une heure plus tard . Il nous est cependant demandé d’arriver à l’avance . Nous nous dirigeons vers les guichets . On nous demande nos passeports . Nous devons être enregistrés . En cas de naufrage, on saura combien il y a de disparus en mer …Le tarif est de 12 livres 75 par piéton adulte . Pas de problème pour avoir de la place , mais nous sommes sans véhicule et ce n’est pas la haute saison touristique .
La salle d’attente est confortable . Nous ne sommes pas tentées d’aller faire un tour à l’extérieur . Ce n’est pas la première fois que nous passons à Ullapool .
Je vais cependant donner deux photos prises en 2013 par Cyrus .
Comme il y a deux ans, notre bateau est le Loch Seaforth, un beau bateau tout neuf, mais ce n’est pas pour cela qu’il n’a pas de problèmes . Aujourd’hui, il est là et il est à l’heure . Pas de tempête annoncée .
L’attente ne m’a pas paru bien longue .Nous savons depuis longtemps qu’un voyage en ferry réclame de la patience et , comme je l’ai déjà dit , c’est tout particulièrement le cas quand on se rend dans les Hébrides extérieures . Peu de temps après, c’est l’embarquement des véhicules
Une fois celui-ci terminé, nous sommes admises à monter , puis la traversée commence .
A suivre
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La traversée doit durer 2 heures 40 . Nous devrions avoir le temps de nous restaurer . Deux ans plus tôt , nous n’avions réussi à trouver sur ce grand navire, le plus grand de la flotte de Calmac, qu’un café vendant des gâteaux et des objets en tweed de Harris réputés non comestibles . Nous sommes à la recherche de nourriture salée accompagnée de légumes . Nous finissons par trouver quelque chose qui semblerait plus proche de nos souhaits . Malheureusement, pas de légumes . Nous nous rabattons sur des sortes de hamburgers accompagnés de café au lait . Pour ma part , j’ai droit à un hamburger garni d’un oeuf et d’une saucisse grailllonnante . Nous nous laissons tenter par un “macaron” écossais, qui n’a guère de rapport avec ce que l’on entend par là à Paris et qui m’a paru abominablement sucré . Mais on mange tout quand on a faim et Théodorine récupère sur une table une petite barquette de confiture à la myrtille qui n’a pas été ouverte abandonnée là par un passager qui visiblement ne s’est pas nourri de wasa léger et de cheddar depuis presqu’une semaine .
Il fait beau, le temps est clair et j’espère en profiter pour bien voir les côtes du Mainland . Il y a deux ans , nous avions pu sans problème accéder aux différents ponts du MV Loch Seaforth . Aujourd’hui, les accès semblent verrouillés . Nous sommes cantonnées à l’intérieur alors que la mer est plutôt calme . Faut-il penser que nous avons manqué de jugement et que nous ne sommes même pas capables d’ouvrir une porte ? Dans mon cas, ce serait une hypothèse plausible , mais cela l’est beaucoup moins pour Théodorine qui n’est pas aussi facilement dépassée par les problèmes techniques les plus élémentaires . Je me demande donc si l’accès au pont n’était pas interdit à cause de tous les problèmes que rencontre ce malheureux bateau tout neuf (dernièrement cela concernait sa rampe d’étrave )qui réduisent régulièrement ses capacités .
Nous nous installons donc dans le salon , tout proche l’accès au ravitaillement , où nous jouissons d’une vue panoramique . Malheureusement , comme les vitres des wagons, celles du ferry ne sont pas propres . Cela va à peu près à l’avant et à tribord, où j’ai une vue à peu près correcte sur les Summer Isles , la presqu’île de Coigach et à l’arrière l’ensemble des montagnes de l’Assynt parmi lesquelles je pense fugitivement identifier le Suilven, il n’en est pas de même à bâbord où la vision à travers les vitres est très floue, alors que nous devrions pouvoir identifier montagnes de Torridon , Slioch , et montagnes de la Fisherfield Forest .
Les Summer Isles . L’une d’elles est actuellement à vendre . Je pense que cette annonce ne manquera pas de tenter des routards , las de vivre à l’étroit dans un deux pièces parisien .
Summer Isles et montagnes de l’Assynt . On reconnaît à l’arrière -plan sur la gauche la masse du Suilven
Côté bâbord, les vitres sont affreusement sales , donc les photos sont très mauvaises .
Je crois néanmoins reconnaître à droite la masse du Slioch qui domine le loch Maree et à la gauche du Slioch le Tripple Butteress qui domine le loch Coire Mhic Fearchair .
Plus loin , il me semble reconnaître l’île de Skye et le Storr .
Lorsque le ferry s’est trop éloigné du Mainland pour que je puisse poursuivre , je rejoins Théodorine . Nous allons bientôt arriver à Stornoway . Nos sacs à dos sont dans le secteur des “pets” . Nous remarquons comme il y a deux ans le parfait calme des maîtres et des chiens , de grands chiens distingués conscients des devoirs que leur impose leur rang . L’Ecosse est décidément un pays reposant .
Je n’ai pas pris de photo de Stornoway cette année . Celle-ci date d’il y a deux ans . Nous n’avons pas eu le désagrément de traverser un chantier . Les travaux du port étaient apparemment terminés.
Notre premier objectif, une fois débarquées, est de trouver un hébergement pour la nuit . Nous avons l’intention de partir le lendemain pour Harris . On peut se demander pourquoi nous ne nous sommes pas directement rendues dans l’ile de Harris en faisant le trajet Morvich Uig puis en prenant le ferry Uig Tarbert . C’était mon intention lorsque j’ai commencé à préparer ce voyage . Je comptais qu’après la randonnée bivouac du glen Affric Kintail Way, nous continuerions notre visite de Harris commencée il y a deux ans en profitant du réseau de bus de Harris en rayonnant à partir de Tarbert . Malheureusement , l’auberge de jeunesse de Tarbert a fermé définitivement , tout comme celle de Leverburgh, où je pensais que nous pourrions passer une nuit sur deux ou trois .Il n’y a pas de camping acceptant des tentes suffisamment proche de Tarbert pour des personnes sans voiture , il n’y en a pas non plus à Leverburgh . Il ne nous reste plus pour Harris que celle de Rhenigidale . Pour cela , il nous faudrait emprunter le chemin du facteur à partir de Tarbert, une assez longue marche avec nos gros sacs , d’autant plus qu’il faut venir avec tout son ravitaillement ,et nous avons besoin d’un peu de repos . Dans ces conditions, nous nous sommes ralliées à l’idée de passer un après-midi et une nuit à Stornoway , avec l’idée de prendre le premier bus pour Harris du lendemain .
A Stornoway, il y a deux hébergements économiques, l’Heb Hostel, 25 livres par nuit en dortoir mixte et le camping de Laxdale pourvu de quelques hébergements en dur , à la périphérie .
L’Heb Hostel est tout près du port ,et aussi tout proche du Tesco et de la station de bus , nous n’avons pas réservé, mais pour nous ce serait parfait .
La chance est avec nous . Quand nous sonnons à la porte, une jeune femme aimable en combinaison de travail ,visiblement occupée à des travaux de peinture , nous ouvre et nous informe qu’il y a de la place . Nous ne pouvions espérer mieux et nous nous installons aussitôt .
A suivre
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Un après-midi à Stornoway . Où nous faisons la découverte de la variante allégée d’un célèbre fromage
Notre première sortie a pour objectif d’assurer notre ravitaillement pour les jours suivants . Ma première idée est de prendre le bus pour Rhenigidale où se trouve une auberge de jeunesse du Gatliff Hebridean Trust https://gatliff.org.uk/ . Il s’agit d’une auberge de jeunesse parfaite pour nous, à la capacité limitée , où on ne peut pas payer par carte . Pas de wifi, cabine téléphonique à 8 kilomètres de distance . Il n’ y a que des dortoirs et les réservations sont impossibles mais on ne vous laisse pas dehors exposé au froid et à la tempête . Il faut venir avec son ravitaillement. Pour nous y rendre , nous devrions prendre le bus de Stornoway à Tarbert ,descendre à l’arrêt Maraig turn en plein désert , et marcher 8 kilomètres sur une toute petite route . Nous y sommes prêtes . D’autre part, il nous faut fêter la fin de notre randonnée sur le Glen Affric KIntail Way . Nous ne nous refuserons rien ce soir , nous nous offrirons ce qu’il y a de plus désirable et pour cela , nous nous rendons au supermarché Tesco , tout proche et du port et de l’arrêt de bus .
J’ai déjà exposé que je souffre d’une grave addiction aux fruits et légumes , que nous ne savons plus ce que c’est depuis une semaine . Le spectre du scorbut , le seul fantôme que nous ayons rencontré, vient troubler la nuit notre sommeil . Après avoir acheté un ersatz de pain (il y aurait eu , surprise agréable, des choses qui évoquaient ce que nous entendons par du pain , mais Théodorine redoute qu’elles ne deviennent rapidement très dures et impropres à la consommation) , nous nous dirigeons vers les fruits et légumes . Nous ne nous refusons rien et nous achetons une barquette de framboises , énormes, et de belle couleur, qui se révèleront totalement dépourvues de goût, ce qui ne nous empêchera pas d’en acheter à nouveau quelques jours plus tard . Parmi les légumes (il y en a de différentes sortes , mais rien à voir avec l’opulence de nos supermarchés dans ce domaine ) je remarque un chou blanc, tout rabougri , dont la croissance a dû être prématurément stoppée par les tempêtes venues de l’Atlantique Nord . Rien à voir avec les choux picards obèses que j’ai l’habitude d’acheter en compagie de Cyrus dans le Leclerc le plus proche . Il est difficile aux habitants d’une île qui subit parfois à son extrémité Nord des vents à 200km heure d’adopter le régime méditerranéen et de développer partout de florissantes cultures maraîchères dans le bog qui couvre la plus grande partie de l’île là où la roche n’affleure pas . Nous avions cependant été surprises deux années plus tôt d’avoir trouvé à Tarbert et Leverburgh des avocats mûris à point , très certainement grâce au chaud soleil de Lewis et Harris . Mais cette année, nous allons nous contenter de légumes surgelés et d’un bocal de soupe qui nous a paru appétissant (il a tenu ses promesses) .
Notre provision de cheddar touchant à son terme , nous nous rendons au rayon des fromages et c’est là qu’une surprise de taille nous attend . On y trouve des fromages français, des produits dangereux susceptibles de répandre la dermatose nodulaire bovine dans tout le Royaume Uni . Du camembert , j’en suis sûre et au moins deux autres fromages de chez nous. Et même ,m’a-t-il semblé , un fromage au lait cru ! Etait-ce vrai ou l’effet d’une hallucination provoquée par le manque de fruits et légumes ?
Nous ne nous sommes pas laissées tenter . Nous essayons de manger le plus possible comme les habitants du lieu et nous ne voulons pas courir le risque d’être accusées d’avoir introduit des fromages interdits en contrebande . Malgré tout , nous avons acheté un fromage, qui , quoique d’origine française , a perdu son caractère sulfureux, et jouit d’un prestige légitime sur le plan international .
Comment résister d’autre part lorsque ce fromage mondialement célèbre auprès de tous les gastronomes est proposé sous sa forme allégée ?
On ajoutera à ses remarquables qualités gustatives la durée de sa conservation *, son aptitude à s’étaler sur des wasas légers fragiles et le fait que les portions sont déjà faites, ce qui permet une gestion rigoureuse des rations de survie .
Je suis à peu près certaine que Théodorine, Cyrus et moi , en possédons des versions millésimées dans nos fonds de placards . Mais c’est à Stornoway que nous en avons découvert la version allégée .
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Nos courses achevées, nous quittons le supermarché Tesco pour revenir à notre gîte . Ce Tesco a la particularité d’être ouvert tous les jours de la semaine de 6 heures du matin jusqu’à minuit, excepté le week-end où les horaires sont plus limités . Il est désormais ouvert le dimanche après-midi, ce qui a suscité de vifs mouvements de protestation .
Il n’est pas ouvert le dimanche matin, peut-être pour ne pas dissuader les fidèles de se rendre au culte Ce n’est qu’une hypothèse de ma part . J’avais été frappée il y a deux ans de voir que les toilettes publiques étaient fermées le dimanche à Callanish et Tarbert . Lewis et Harris me paraissent vraiment constituer un monde à part , très marqué par la religion presbytérienne . J’envisage de me rendre ultérieurement dans les îles de Sud Uist , d’Eriskay et de Barra qui sont de tradition catholique et vraisemblablement moins rigoristes .
J’ai lu la trilogie écossaise de Peter May à mon retour de Lewis et Harris en 2024 . J’ai retrouvé dans ces romans, les impressions que j’ai éprouvées lors de mon voyage, et j’ai vu Lewis et Harris à mon retour à travers les romans de Peter May . Selon lui, les choses ont pas mal évolué en vingt ans . Il reste le cadre naturel , l’habitat , mais aussi quelque chose d’indéfinissable . Pour moi, prendre le ferry pour Stornoway, c’est entrer dans un autre monde .Je trouve Lewis à la fois austère et fascinante .
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Avant de me lancer dans la suite de mon récit, je dois mentionner deux faits qui nous ont paru notables . Près de la rentrée, nous avons remarqué une grande corbeilles de toutes petites pommes mises gratuitement à la disposition des enfants, je suppose par souci louable de faire en sorte qu’ils aient leur ration de vitamines .Il faut dire nous n’avons vu aucun arbre fruitier dans l’île de Lewis et Harris, et que s’ils existent , ils sont passablement rares et précieux . D’autre part, Théodorine a attiré mon attention sur l’imortance de ce Tesco , symbole de la modernité, dans la vie sociale des adolescents : plusieurs d’entre eux conversaient dans l’entrée, assis accroupis sur des sacs d’engrais , faisant office de canapé du salon pour la jeune génération .
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Nous allons consacrer le reste de l’après-midi à une exploration de Stornoway . Nous sommes d’abord intéressées par une librairie, où j’achète une grande carte au 25000ème du Nord des montagnes de Harris . J’avais initialement le projet de les traverser , de Bogha Glas à Miabhaig sur la route d’Huisinis, mais des horaires de bus pour nous peu pratiques depuis que nous ne pouvons plus dormir à Tarbert, des conditions météorologiques encore bien froides, la perspective de dormir dans un marécage et notre forme encore limitée nous en ont détournées . Mais j’ai la grande satisfaction de savoir maintenant où sont les gués et d’avoir la confirmation de la présence d’un pont sur le cours d’eau le plus important que nous aurions à franchir . J’avais contacté à ce sujet l’Office de Tourisme des Hébrides extérieures . Je n’ai jamais obtenu de réponse .
Nous n’avons pas résisté non plus à la tentation d’entrer dans un magasin de vêtements et de souvenirs . Théodorine a failli s’acheter un pantalon fleuri, tout à fait dans le genre des vêtements qu’elle porte . Elle y a renoncé en voyant qu’il était fabriqué en Italie . Il n’est donc pas venu s’ajouter aux cinq paires de chaussettes d’Inverness et aux cailloux du glen Affric .
La suite de notre exploration de Stornoway ne nous a pas fait succomber à la tentation , Stornoway ne nous a pas donné l’image d’une ville particulièrement prospère . Mais nous nous y sommes promenées sans déplaisir .
Le soir venu, nous festoyons, grâce aux achats que nous avons fait au Tesco .soupe, légumes ,fruits, et perspective de dormir dans un vrai lit , c’est le luxe absolu . La moyenne d’âge est beaucoup plus élevée qu’à Inverness . Il y a là plusieurs cyclistes assez âgées, une Suissesse septuagénaire , mais sensiblement plus jeune que nous et aussi des jeunes . Effet de l’âge ou de la sélection que représente l’accès aux Hébrides extérieures ? Tout ce monde fait spontanément la vaisselle , l’essuie , la range . Il est vrai qu’une petite affiche nous dit que "the elves are in strike "
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Le lendemain, nous quittons le Heb Hostel pour nous rendre à la station de bus . Nous sommes assez chargées, ayant trois jours de ravitaillement avec nous . C’est nécessaire si nous voulons passer deux nuits à Rhenigidale . Je souhaite avant de partir faire une réservation à l’Heb Hostel, pour la suite , mais il n’y a personne . J’espère que nous aurons une fois de plus de la chance .
La station de bus est toute proche . Mais bientôt , au lieu de voir arriver un bus indiquant la destination Tarbert, la capitale de l’île de Harris, Harris étant la partie Sud de Lewis, je vois inscrit “Leverburgh”. J’avais dans la tête, après avoir renoncé à la traversée des montagnes de Nord Harris en randonnée bivouac, deux destinations possibles pour la suite , Rhenigidale et Berneray, petite île située au Sud de Harris, pour continuer notre exploration des Hébrides extérieures . Rhenigidale et Berneray , comme j l’ai écrit plus haut possèdent une auberge de jeunesse où il n’est pas possible de réserver mais où l’on ne laisse personne dehors, quitte je suppose à faire dormir les derniers arrivés sur les bancs , sur la table ou sous la table, ou dans n’importe quel endroit où un individu peut se déplier au moins partiellement pour dormir ,comme j’ai vu cela dans ma jeunesse dans les refuges de montagne , sans que nul ne songe à émettre un avis défavorable auprès de Tripadvisor* . Je pensais initialement que nous descendrions à Maaruig Turn, au milieu des montagnes de Nord Harris, presqu’au pied du Clisham, le point culminant de l’île . Mais Leverburgh, c’est le port d’embarquement pour Berneray . L’occasion ,tentante , s’offre immédiatement à nous . Le chauffeur du bus nous informe que nous devrons changer de bus à Tarbert , mais la correspondance est immédiate . Le sort en est jeté, nous irons à Leverburgh et arrivées au port, nous y attendrons le premier ferry pour Berneray .
Robin Hood de Fontainebleau Sherwood , lorsque les conditions météo l’imposaient , affectionnait tout particulièrement les cabanes branlantes , mais comme Cyrus, il préférait à tout le bivouac . Nous avons, eu , nous tous , les membres de sa bande d’outlaws, des expériences inoubliables en la matière : nuit sur une petite plate -forme hérissée de cailloux pointus un peu au dessous du sommet de la dent de Crolles, gouttières sous des rochers surplombant dans le Vercors Est, grand courant d’air dans la grotte Annette (Chartreuse ) où nous avions le choix entre le courant d’air et le risque d’oublier la présence d’un à pic . Je n’ai malheureusement pas eu la chance de vivre l’expérience la plus remarquable relatée dans les Annales des Hauts Faits et Gestes de Robin Hood . Une nuit , la bande dut se réfugier dans une anfractuosité de rocher capable d’accueillir dix personnes debout , mais pas dix personnes couchées . Certains (certaines, les plus petites ) dormirent en formant un pont au dessus des autres, le dos et le pieds appuyés contre les parois , comme pour une cheminée . Un effondrement se produisit pendant la nuit , dû non pas au réchauffement climatique, mais au sommeil . Il n’y eut ni morts ni blessés ,seulement un réveil un peu brutal pour ceux qui servirent de matelas de réception .
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De Stornoway à Tarbert
La ligne de bus Stornoway Tarbert est une ligne de bus très importante pour Lewis et Harris dans la mesure où elle relie les deux capitales . Il y a cinq aller-retours quotidiens , du lundi au samedi , le voyage dure une heure. En revanche pas de bus le dimanche . Il faut en tenir compte quand on planifie son voyage . C’est une ligne très intéressante , parce qu’elle fait traverser la barrière montagneuse qui sépare Lewis de Harris, passe au pied du point culminant de l’île et de toutes les Hébrides extérieures , le Clisham . Son altitude peut paraître modeste , mais il faut toujours prendre au sérieux les hills écossaises . Nous avons effectué trois trajets Stornoway Tarbert , et deux trajets Tarbert Stornoway au cours de ce voyage, en raison de la fermeture de l’auberge de jeunesse de Tarbert qui complique beaucoup la vie des randonneurs.
Le premier bus part de Stornoway à 9h45 . Nous avons pu regretter que ce ne soit pas à une heure plus matinale
Le trajet Stornoway Tarbert fait d’abord traverser une lande désolée assez caractéristique d’une bonne partie du Nord de Lewis .
De temps en temps, on aperçoit de rares maisons, beaucoup sont en ruine, bien qu’elles ne soient pas très anciennes . Il y a quelques petites fermes, à en juger par la présence de quelques troupeaux de moutons peu nombreux et plus rarement de quelques vaches . On ne peut pas dire que l’on en tire une impression de grande opulence mais plutôt celle d’un pays que ses habitants abandonnent .
Il faut imaginer que le vent y souffle , plus ou moins fort , de façon quasi permanente (du coup , on ne risque pas d’être attaqué par les midges) . En fait , c’est assez sinistre . C’est pourtant très beau quand il y a un rayon de soleil et quand on aperçoit la barrière montagneuse que nous allons franchir . Mais il nous semble qu’il doit être bien difficile de vivre ici, surtout en hiver où les jours sont très courts , alors qu’au début de Mai, ils sont interminables .
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Le paysage devient progressivement beaucoup plus varié au fur et à mesure que nous nous roulons vers le Sud .
Je ne suis pas sûre de bien ordonner ces photos, prises à des dates différentes et à l’aide d’ appareils différents . J’identifie mal , je pense , loch Erisort et loch Seaforth . Les lochs qui apparaissent à l’Est sont très beaux
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Nous roulons ensuite à travers la forêt d’Ardvourlie, la seule forêt de l’île , une forêt de résineux.
C’est une très belle descente que nous allons faire sous un ciel très bleu . Après être passés au pied du Clisham, nous longeons le beau loch a’ Morghain .
Nous longeons ensuite la côte du West loch Tarbert , Tarbert étant construite sur un isthme que nous traversons jusqu’au port situé sur la côte Est. Sous le soleil , c’est magnifique . La mer me paraît assez agitée . Bientôt nous arrivons au terminus de la ligne où nous attend la correspondance pour Leverburgh.
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Il existe plusieurs Tarbert en Ecosse . Tarbert signifie isthme en gaélique . Le plus connu est Tarbert dans le Kintyre, c’est précisément celui que je n’ai jamais vu , alors que je suis passée en bateau devant le Tarbert du loch Nevis, un minuscule hameau situé sur le loch Nevis, sur l’isthme qui le sépare du loch Morar . En ce qui concerne le Tarbert de Harris, je regrette vraiment beaucoup la fermeture de l’hostel . Cela complique beaucoup notre organisation et cela prive d’un hébergement précieux ceux qui ont besoin de faire une pause confortable sur l’ Hebridean Way .
Le bus qui nous attend n’emprunte pas la Golden Road, la route de la côte Est, que nous connaissons déjà , il prend la route de la côte Est, une route moins accidentée, dont nous avons parcouru quelques kilomètres à pied deux ans plus tôt . Elle passe par Luskentyre, Seilebost, Borve, Scarista, Northon . C’est absolument splendide sous le soleil . Malheureusement , j’ai raté mes photos qui ne rendent pas justice à la beauté des lieux .
Nous avons déjà longé cette côte il y a deux ans, lorsque nous nous sommes intéressées à l’Hebridean Way entre Leverburgh et Seilebost . Nous avions marché sur la route des environs de Borve à Seilebost . Nous avions aperçu également à partir des hauteurs spongieuses où nous progressions laborieusement le secteur de Seilebost et Luskentyre .
Comme on le voit, tout change en fonction de la lumière . J’aimerais revenir sur cette côte en y prenant vraiment mon temps . Le plus simple serait sans doute de nous établir au camping de Borve que nous avons testé en 2024 .
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Notre bus poursuit sa route . Je reconnais au passage le camping de Borve, situé juste au dessus de la plage, puis Scarista où nous avions dormi dans les dunes deux ans plus tôt .
Nous reconnaissons ensuite le Ceapabhal, que nous avions découvert du haut du col que l’Hebridean Way franchit après avoir quitté Leverburgh au terme d’un long parcours où le sentier se perd dans la lande spongieuse .
Peu après nous arrivons à Leverburgh, où le ferry pour Berneray embarque les dernières voitures . Nous n’avons que le temps de prendre nos sacs dans les soutes du bus et monter directement dans le navire .
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Leverburgh, c’est étymologiquement la ville de Lever. Elle tire son nom de son fondateur ,Lord Leverhulme ou plus exactement de celui qui voulut faire du petit port d’Obbe un port important consacré à la pêche ainsi qu’un centre important de conserves de poissons .Lord Leverhulme avait fait fortune en particulier dans l’industrie du savon , le trust Unilever tire dans son nom de Lord Leverhulme Après avoir dû renoncer à réaliser ses projets à Stornoway , et des conflits avec les paysans de Lewis voulant s’approprier les terres* au retour de la première guerre mondiale . Il avait en effet acheté l’île . Ses projets pour Lewis ayant échoué, il acquit South Harris , ne se rallia pas à l’avis ceux qui lui avaient conseillé de choisir Tarbert où un canal aurait pu faire communiquer assez aisément les eaux profondes de l’East Loch et du West Loch et choisit finalement de s’établir sur le Sound of Harris, où les bateaux devaient se contenter d’un port en eau peu profonde . Le Sound of Harris , entre Harris et Berneray est rempli de petits îlots, peuplé d’écueils visibles et invisibles, et la navigation , à en juger par le nombre de balises et la durée du trajet entre paraît rien moins qu’aisée .
Les projets de Lord Leverhulme pour Harris ont échoué . La population actuelle de Tarbert, la capitale de Harris est de l’ordre de 550 habitants, celle de Leverburgh de l’ordre de 200 . Les Highlands et les îles (Skye exceptée) , peuvent , à part quelques rares vraies petites villes, apparaître comme de grands déserts .
La question de la propriété des terres dans les Highlands du Mainland et dans les îles est toujours actuelle . Des problèmes similaires se sont produits dans le Knoydart (voir l"histoire des Seven Men Seven Men of Knoydart - Wikipedia). Le régime agraire est en effet encore très souvent celui d’immenses domaines où ceux qui les cultivaient ont été chassés par les Clearances et dont les riches propriétaires vivent ailleurs et se désintéressent, ne les considérant souvent que comme des domaines de chasse . Le système social du Royaume Uni me paraît présenter encore pas mal de caractères du système féodal de ce que nous appelons l’Ancien Régime et je suis déconcertée par un tel mélange de modernité et d’archaïsmes . On voit actuellement cependant de plus en plus de “communities” se constituer et racheter les terres pour se rendre maîtresses de leur destin . Cela s’est passé dans le Knoydart et dans l’île d’Eigg , pour citer deux cas connus .C’est aussi le cas de Berneray .
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J’ai choisi de donner la priorité à Berneray plutôt qu’à Rhenigidale parce que nous avions le projet initial de nous rendre à Saint Kilda . C’était un rêve de Théodorine et nous l’aurions réalisé l’an dernier, si nous n’avions pas dû annuler le voyage en raison de son accident, car nous avions réussi à réserver . Les bateaux pour Saint Kilda partent de Leverburgh comme le ferry pour Berneray . Mais aller à Saint Kilda nous a paru cette année trop compliqué . Les réservations se font pour un créneau de deux jours . On sait seulement la veille au soir si les conditions météo autorisent la traversée . Il faut donc envisager trois nuits à Leverburgh ou à proximité immédiate ,le bateau partant tôt le matin et rentrant trop tard pour prendre un bus . Am Bothan Bunkhouse , qui aurait été parfait pour nous, a fermé depuis trois ou quatre ans à Leverburgh . Il en est de même de l’auberge de jeunesse de Tarbert . L’éventualité de passer trois nuits en bivouac dans une tourbière à côté de Leverburgh (j’avais mon idée sur la question ) dans un endroit où il y aurait du réseau, ou trois nuits dans un Bed and Breakfast (il ne semble pas en exister beaucoup ) nous a fait renoncer à ce projet, d’autant plus que nous n’aurions même pas été sûres de partir en cas de trop mauvaise météo . L’excursion à Saint Kilda coûte 300 livres , mais en y ajoutant un hébergement en Bed and Breakfast, cela augmentait encore le budget de l’excursion . Cela devenait vraiment cher et très contraignant pour l’organisation du reste du voyage . Berneray, une petite île tout de méme un peu perdue, c’était une consolation .
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De Leverburgh à Berneray
Comme je l’ai écrit précédemment , nous avons tout juste le temps de monter dans le ferry . Nous n’avons pas de billet mais celui qui contrôle l’embarquement nous dit aimablement que nous paierons à l’intérieur du navire . Cela s’était passé de la même manière à l’automne dernier quand nous avions pris le ferry pour Raasay . En revanche , avec un véhicule , il aurait fallu réserver , c’est un petit ferry , vieux de trente ans, à la capacité limitée qui ne peut pas transporter plus de 18 véhicules . Le tarif piéton est de 4,90 livres . Nous devons être en tout peu près quinze passagers, plus un chien . Parmi les passagers, il y a des cyclistes .
Nous souhaitions aller sur le pont . Nous avons cru comprendre qu’on nous en dissuadait, peut-être à tort . Nous sommes donc restées à l’intérieur , un peu frustrées de ne pas voir le paysage . J’ai surtout aperçu des balises, le Sound of Harris comportant beaucoup d’îlots rocheux ,des récifs cachés, des bancs de sable . C’est un itinéraire dangereux , et le navire fait un long détour pour éviter les obstacles les plus sérieux .
Le MV Loch Brudhda est un vieux bateau de Calmac, construit il y a 30 ans pour effectuer ce trajet .
Son aménagement intérieur est sommaire , mais bien que la mer ait été assez agitée, nous n’en avons pas été incommodées . Normalement , nous aurions dû voyager dans un navire plus récent , mieux aménagé, et de plus grande capacité, le MV Loch Portain :
Le Loch Portain a été construit pour remplacer le Loch Brushda dont la capacité s’est très vite révélée insuffisante mais Calmac a de continuels problèmes avec ses ferries et ne cesse de les déplacer pour satisfaire aux urgences les plus pressantes .
Instructions relatives aux conditions de voyage des chiens .
Nous voyons de loin le port où nous devons accoster mais un long détour fait que nous attendons assez lontemps avant de parvenir au but . La traversée dure normalement une heure .
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Nous débarquons sous le soleil , mais il fait froid et il y a du vent . Le port de Berneray est très sommaire . Nous découvrirons malgré tout quand nous repartirons de l’île que le bâtiment du port comporte une salle d’attente très convenable où l’on peut s’asseoir à l’abri des intempéries . Nous ne nous y arrêtons pas , nous avons pour projet de nous rendre dès que possible à l’auberge de jeunesse . Le choix de Berneray a été improvisé, donc je n’ai pas cherché à déterminer l’emplacement de l’auberge de jeunesse . Mais dès la première intersection, où nous laissons sur la gauche la route de la chaussée qui conduit à Nord Uist, une flèche nous indique la direction Youth Hostel . Il en sera de même tout au long du parcours qui s’avèrera beaucoup plus long que je ne l’avais prévu . L’auberge de jeunesse se situe à quatre kilomètres du port .
La partie habitée de Berneray se limite à la côte Est de l’île . Il y aurait deux villages, Borve et Ruisgarry . Il s’agit en fait essentiellement de maisons disséminées le long de la côte . J’ai lu bien avant notre départ qu’il y avait à Berneray un magasin d’alimentation et un lieu où l’on pouvait se restaurer . C’est sur notre itinéraire, et ce n’est pas loin du port . Il est l’heure de déjeuner, profiter de l’occasion ne fait même pas l’objet d’une discussion .
Un même bâtiment réunit le magasin et le café restaurant . Berneray a vraiment tout ce qu’il faut pour séduire les randonneurs à vélo ou à pied .
Je recommande sans hésitation cet établissement d’utilité publique, où nous sommes revenues deux fois .
Nous entrons avec nos gros sacs . La salle est pleine . On nous dit de déposer nos sacs dans l’entrée . Le seul problème est qu’ils sont volumineux, avec des sangles toujours désireuses de s’étaler, que l’entrée est petite , et que nous devons laisser libre l’accès au magasin, à la salle où l’on mange, aux toilettes, et à l’extérieur . Pas de souci de se faire voler en revanche , il y a fort peu de délinquance dans les Hébrides extérieures , le coupable y serait rapidement repéré et on ne sort pas très facilement de Berneray ni des Uists .
Nous avons la chance de trouver immédiatement une place . Je lis qu’il est prudent de réserver . Pendant la saison touristique, cela doit être effectivement indispensable .
Théodorine a pris une assiette de saumon fumé et langoustines. Pour ma part , j’ai vu avec surprise que la carte présentait beaucoup de plats d’inspiration italienne, pâtes et risotto . J’ai choisi des pâtes , excellentes . Nous avons accompagné tout cela de toasts à l’ail . Théodorine a dû prendre un cidre . Personnellement , je suis restée sobre jusqu’au dernier soir , à Edimbourg, me contentant du café au lait qu’on trouve partout , qui présente à mes yeux l’immense mérite de vous réchauffer dans un pays où l’on est presque toujours exposé à un vent froid .
Notre repas terminé, nous allons faire un tour dans le magasin , pour avoir une idée de ses ressources, bien que nous ayons dans l’immédiat tout le nécessaire et que nous ne soyons pas désireuses de nous charger davantage . Il est bien achalandé , le rayon fruits et légumes mis à part, bien que l’on y trouve des légumes surgelés . Théodorine repère aussitôt de jolies chaussettes avec des moutons . Elle résiste à la tentation d’en acheter pour elle-même et pour ses petites-filles . Personnellement , je repère les pansements pour les pieds . A chacune ses obsessions . Visiblement , le magasin est soucieux de proposer ce qui est nécessaire aux randonneurs de passage . Cela me rappelle la poste-épicerie de Kinlochewe où l’on trouvait chaussettes, chaussures ,corde à linge pour randonneurs et de quoi réparer les bâtons de marche . Nous nous promettons de revenir .
Après nous être arrachées à ce lieu de tentations et de délices, nous reprenons notre chemin . J’ai vu une photo de cette auberge de jeunesse quand je préparais notre voyage et je pense la repérer , au loin, tout à fait à l’autre extrémité de la baie du loch a’ Bhaigh qui s’ouvre devant nous . C’est loin , mais c’est beau .
Nous passons devant des maisons blanches , le long de prés où il y a quelques moutons . Théodorine est attirée par une boutique de souvenirs artisanaux, fermée .
Le parcours devient moins agréable lorsque nous essuyons quelques bonnes averses de grésil mais nous arrivons au but sous le soleil, après avoir un peu hésité à traverser un pré pour accéder à l’ auberge .
Je crois bien que la maison à blanche visible à l’horizon à droite est l’auberge de jeunesse . Au fond , les montagnes de Harris .
A suivre
calamity.jane72
L’auberge est constituée de deux maisons blanches situées face à la mer , couvertes de chaume . Si elles n’avaient pas un enduit de couleur blanche, elles rappelleraient beaucoup les blackhouses de l’île de Lewis, comme celles du village de Na Gearrannan où nous avions dormi en 2024 après l’avoir visité .
Maison en cours de restauration (une ferme en activité est située juste derrière) . L’auberge de jeunesse est constituée par les deux bâtiments proches de la mer dont on voit le toit .
Théodorine est vivement intéressée par ce dépôt de paille destiné à la réfection de la couverture . Son grand-père breton avait pour métier de refaire les toits de chaume .
Nous sommes accueillies par une brebis offusquée de nous voir perturber une séance d’allaitement . Cette digne matrone consciente de ses droits va s’éloigner dédaigneusement .
Lorsque nous entrons dans l’auberge de jeunesse , nous ne voyons d’abord personne . A droite de l’entrée se situe une grande cuisine, à gauche un dortoir . L’annexe abrite un second dortoir , les toilettes ,et une douche .
Le dortoir du bâtiment principal, sur lequel nous avons jeté notre dévolu . Il y a des tapis par terre . J’ai plaidé pour la proximité de la cuisine , le lieu le plus chaud de l’auberge .
La cuisine est bien équipée, propre et bien rangée .Nous avons pu constater que les occupants de l’auberge, randonneurs à vélo et à pied sont des personnes bien élevées qui prennent soin des équipements collectifs . Théodorine remarque un système ingénieux qui permet d’étendre le linge dans la cuisine sans encombrer cet espace qui sert de salle à manger et de séjour .
Le coût de l’hébergement est de 25 livres par personne et par nuit si l’on apporte avec soi duvet et sac à viande (drap housse dans le langage raffiné des montagnards ) . Des enveloppes et un registre sur lequel on doit inscrire son nom sont à notre disposition dans un coin de la pièce . On doit mettre l’argent dans l’enveloppe et glisser l’enveloppe dans la boîte prévue pour la recevoir , une "honesty box " comme on en trouve assez souvent dans les îles . C’est un système qui repose sur la confiance . Cependant , la responsable du gîte, une jeune femme aimable, passe tous les soirs pour vérifier que tout va bien et pour retirer l’argent contenu dans la boîte . C’est ce que nous explique une Allemande , une randonneuse à pied qui marche sur l’Hebridean Way depuis Barra, au Sud des Hébrides extérieures, que nous rencontrons au bout de quelque temps dans la cuisine et qui occupe le même dortoir que nous . Elle parle bien le français, sans accent . Peu après arrive un randonneur isolé, à vélo, qui s’installe dans l’autre dortoir . Le soir , il y aura bien une dizaine de personnes dans l’auberge qui comporte une vingtaine de places .
A suivre
glen-coe74
Hello Calamity
Merci de nous narrer vos aventures … avec humour, car j’imagine que certains jours ne devaient pas être faciles.
calamity.jane75
Bonjour glen coe,
Tous les jours ne sont pas absolument faciles, mais c’est bien ce que nous cherchons . Un peu d’aventure avec des risques tout de même fort limités . Ce sont des conditions de voyage que nous choisissons et l’incongruité des situations dans lesquelles nous nous mettons parfois nous permet de beaucoup nous amuser .
calamity.jane76
Une fois installées à l’auberge , nous nous intéressons aux alentours . Comme je l’ai déjà écrit, nous sommes face à la mer et juste au dessus d’une plage, mais, pour y accéder directement, il faut traverser un amoncellement de petits blocs rocheux qui ne m’inspire pas vraiment .
C’esr le genre d’obstacles que je n’affronte qu’en cas d’absolue nécessité . Théodorine , plus audacieuse que moi, descend directement sur la plage , où elle va une fois de plus partir à la recherche de cailloux et trésors divers et curiosités diverses .
De mon côté, voyant Théodorine très occupée, je décide de partir explorer les alentours immédiats, à la recherche d’une descente aisée . Ne la trouvant pas , je trouve une petite route , puis je rejoins un chemin herbu longeant la mer en direction du Nord qui dessert un pré où stationnent des camping cars , moins d’une dizaine . Peu après , je trouve un accès à la plage et reprends la direction de l’auberge dans l’intention de retrouver Théodorine mais elle n’est plus là .
Ne voulant pas la faire attendre, je décide de rentrer par le plus court chemin , c’est-à-dire par l’amoncellement de blocs par lequel je n’ai pas voulu descendre, là où il est le moins haut , derrière l’annexe . C’est facile mais je me retrouve alors derrière une barrière à moutons un peu haute que je dois franchir . Pendant ce temps , le téléphone sonne . Miracle, il y a du réseau (à vrai dire seulement par intermittences ). C’est Théodorine qui me cherche et se demande où j’ai bien pu passer . Peu après , nous nous retrouvons à l’auberge dont nous ne nous éloignerons plus guère pour la soirée .
A suivre
calamity.jane78
Le soir, nous sommes une peu plus d’une dizaine à occuper l’auberge de jeunesse . Au moins la moitié sont des cyclistes qui font l’itinéraire à vélo de l’Hebridean Way . S’ils évitent les terrains spongieux ,principale difficulté de l’Hebridean Way pour les marcheurs, ils n’échappent pas au vent . Ce vent qui n’a pas faibli de l’après-midi nous a toutes les deux assommées, Théodorine et moi, et nous savons que nous ne tarderons pas à aller dormir sitôt le repas terminé et la vaisselle faite . Les occupants de cette auberge de jeunesse ne sont pas des jeunes, à l’exception d’un jeune homme qui doit avoir autour de vingt cinq ans , accompagné de son père et de son grand-père, handicapé . Ils ont dû arriver ici en voiture .
Il viennent de divers pays : Allemagne , Royaume Uni, Suisse , mais nous sommes seules à représenter la France, bien que l’on rencontre , paraît-il ,de plus en plus de Français sur l’Hebridean Way . Il faut dire tout de même que ,d’après notre expérience, l’Hebridean Way , du moins dans sa version pédestre, n’attire pas la foule .
A propos du couple de Suisses, originaire des Grisons, comme nous l’apprendrons le lendemain, Théodorine remarque que c’est la femme qui fait la cuisine, le service et la vaisselle . Nous sommes habituées à une répartition plus équitable des tâches . Je constate pour ma part que cette population constituée de personnes d’âge mûr ou âgées, assure spontanément les tâches nécessaires pour conserver la propreté des lieux . Ici , pas d’évier où il faut enlever les détritus qui bouchent l’évacuation, la cuisinière est propre et la vaisselle rangée . Nous ne sommes pas au Student Hostel d’Inverness .
Le lendemain, beaucoup doivent partir très tôt , pour prendre le ferry à 7 heures . Théodorine et moi, nous avons décidé de passer deux nuits à Berneray et de nous promener le lendemain sans nos gros sacs . Donc, nous nous autorisons à combler nos besoins de sommeil . Je dois dire, à notre grande honte , qu’aucune de nous deux n’a eu le courage d’aller tester les douches dans l’annexe . Je pense qu’il ne devait pas y faire très chaud .
A suivre
calamity.jane79
Le lendemain matin , notre premier objectif est d’aller vérifier les horaires du ferry . Il se trouve en effet que les horaires d’été publiés par Caledonian MacBrayne sont fréquemment remis en cause, en raison en particulier du manque de navires . Nous sommes justement dans une période où il y a des perturbations . Si l’on a réservé à l’avance , on doit normalement être informé des modifications d’horaires . Encore faut-il disposer du réseau téléphonique . Ici, il est assez souvent possible de téléphoner . En revanche, je n’ai pas suffisamment de réseau pour me connecter à internet . Nous irons donc au port , là où nous sommes arrivées la veille , pour connaître les horaires prévus pour le lendemain , donc nous allons refaire le trajet de la veille, mais sans le poids du sac, ce qui change beaucoup de choses . Nous avons aussi le projet de faire des courses au magasin du Berneray shop and bistro . Nous empruntons à nouveau la route, et nous sommes un peu surprises de voir passer autant de véhicules pour une population qui n’atteignait pas 150 habitants il y a vingt ans, nous sommes dépassées par un bus mais c’est une promenade agréable sous le soleil . J’ai compris plus tard que l’auberge de jeunesse était desservie par des bus qui permettent de rejoindre Lochmaddy, capitale de North Uist . Si j’avais mieux préparé notre voyage, nous aurions pu en profiter . Notre départ pour Berneray a été trop improvisé .
Berneray est remarquable par l’étendue de son machair, c’est -à-dire des prés qui se sont développés sur des dunes . Le sol du machair n’est pas spongieux ,il est fertile et permet à la fois l’élevage et les cultures . Nous n’avons pas eu jusqu’ici l’occasion d’assister à sa floraison .
Poursuivant notre marche vers le port du ferry, nous dépassons le Shop and Bistro . Arrivées au port , nous trouvons affichés les horaires du ferry valides pour le lendemain . Nous décidons de prendre celui de 13h30, celui de 7 heures nous contraindrait à nous lever avant 6 heures du matin ,ce que nous ne souhaitons absolument pas . Normalement , il devrait y en avoir en cours de matinée, mais la pénurie de navires entraîne des réductions de service .
Cette tâche accomplie, nous nous dirigeons vers la chaussée qui relie Berneray à Nord Uist On peut en effet de nos jours se rendre jusqu’à Eriskay*sans prendre de ferry , bien qu’il faille encore recourir au ferry pour se rendre d’Eriskay à Barra .
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Nous tombons alors sur une pierre gravée commémorant l’inauguration de cette chaussée e, 1999 par le futur Charles III à Berneray qui passa quelques jours dans une ferme à Berneray On dit qu’il en aurait apprécié le calme et la solitude .
Monument commémoratif et chaussée . Vue sur Nord Uist
Nous faisons ensuite quelques pas sur la chaussée . J’avais un temps formé le projet de traverser et de mettre le pied sur Nord Uist . Cela n’aurait pas été très long (environ un kilomètre ) Nous ne l’avons pas fait . Je redoutais un peu d’être doublée par un véhicule ou de le croiser et j’avais mal aux pieds , bien que j’aie troqué mes chaussures de montagne contre des sandales . Mais je crois que la raison déterminante était que je voulais que les Uists restent encore du domaine du rêve .
1 L’île d’Eriskay a été rendue célèbre par le film Whisky galore de Mackendrick inspiré par le naufrage en 1941 du navire du nom de Politician à proximité de l’île . Ce navire transportait une cargaison de whisky qui fut récupérée clandestinement par les habitants de l’île qui souffraient cruellement de n’avoir plus de whisky . J’ai vu ce film au ciné club du lycée dont j’étais élève, un lycée public mais fréquenté surtout par des jeunes filles de bonne famille, autorisées pour ne pas dire incitées*2 à se divertir d’une manière aussi scandaleuse . Je ne suis pas sûre que ce serait le cas aujourd’hui .
2 L’honnêteté m’oblige à avouer , à notre grande honte que ni l’autorisation ni l’incitation n’étaient nécessaires et que j’avais vraiment beaucoup ri .