D'Est en Ouest, du glen Affric Kintail Way aux Hébrides extérieures

Forum Écosse

Bonjour,
Je commence aujourd’hui le de nos dernières aventures écossaises , une traversée pédestre d’Est en Ouest du Mainland, de Cannich à Morvich et Shiel Bridge, suivie d’une nouvelle incursion dans les Hébrides extérieures qui nous a conduites dans l’île de Lewis et Harris et à Berneray .


Jusqu’à notre accès à Eurostar, nous avons pu croire ce projet maudit, nous, c’est-à-dire mon amie Théodorine, seule à me suivre désormais dans ce genre d’expéditions, les autres ayant jeté l’éponge saturée d’eau des Highlands *. Je l’appelle Théodorine, en souvenir de Théodore Monod, parce qu’elle est naturaliste de formation et qu’une telle référence la flatte .
Initialement, nous devions partir au printemps dernier . Tout était prêt, les réservations faites, jusqu’à celle d’une excursion à Saint Kilda . Un mois avant le départ , Théodorine s’est fait une mauvaise fracture de la cheville, un accident stupide , chez elle . Nous sommes parties à l’automne dernier . Un projet moins ambitieux, plus adapté à des jours beaucoup plus courts, et à une météo moins favorable , consacré à l’île de Skye et à Raasay sa voisine . Ce fut un voyage raté , néanmoins instructif, car nous y avons vécu la tempête Amy et mieux perçu ce dont la météo écossaise était capable . Cela ne nous a pas pour autant découragées de reprendre notre projet initial car nous sommes toutes les deux d’une obstination( presque ) sans bornes .
Pour nous tester , nous avons décidé de faire quelques jours de randonnée bivouac en France en hiver, sur un itinéraire de Compostelle, entre Figeac et Rocamadour, projet dont la réalisation a été différée au dernier moment, lorsqu’on nous a avisées, quelques heures avant notre départ, que notre train était supprimé en raison des inondations . Lorsque nous sommes enfin parties, j’ai négligé le précepte que doit suivre tout fantassin, celui de prendre le plus grand soin de ses pieds . J’ai fini quasi estropiée , encore incapable de supporter des chaussures fermées une semaine avant le départ prévu pour l’Ecosse que je craignais de devoir annuler .
La situation s’est rétablie . Nous avons préparé chacune de notre côté notre sac à dos, Théodorine à Paris, chez elle , moi à la campagne chez Cyrus . La veille de notre départ matinal par Eurostar, Cyrus m’a déposée dans la ville où je prends le train où je devais suivre une leçon de musique , juste avant mon retour à Paris . J’ai découvert alors en consultant mon téléphone un mail m’informant que le service des visas et de l’immigration du Royaume Uni n’avait pas trouvé trace de l’ETA en bonne et due forme que je possède depuis un an et dont j’ai déjà fait usage, et que je risquais donc de n’être pas autorisée à voyager . Atterrée, j’ai informé Théodorine , et j’envisageai de renoncer pour toujours à
l Ecosse . Je ne voulais plus entendre parler d’un pays où, sous prétexte de dermatose nodulaire bovine, on vous interdit d’entrer avec le moindre morceau de fromage ou de saucisson, où le passeport est nécessaire, mais non suffisant, et où l’on vous déclare en situation irrégulière alors que vous possédez une ETA en bonne due et forme .
Je pensais malgré tout essayer d’obtenir des explications à la gare du Nord .

A suivre

  • J’ai raconté dans le carnet de voyages intitulé Dans les *Highlands du Nord Ouest ou comment la montagne accoucha de quatre souris trempées * les aventures calamiteuses qui conduisirent notre Whymper et Cyrus Smith Mac Gyver à renoncer aux tourbières écossaises .

Tribulations à la gare du Nord

Sitôt arrivée à la gare du Nord, je me suis dirigée vers les guichets d’Eurostar où l’on m’a rassurée . J’étais loin d’être la seule à avoir reçu cet avis, en vertu d’une erreur que Londres s’efforçait, paraît-il, de rectifier . Je n’avais rien à craindre si j’avais déjà voyagé au Royaume Uni avec mon ETA, la puce électronique de mon passeport devait permettre d’attester que j’étais en situation régulière . J’ informai aussitôt Théodorine et je m’employai un peu plus sereinement à mes derniers préparatifs, dans l’attente de l’épreuve de vérité que seraient les contrôles de la police des frontières .

Le lendemain matin , je n’ai pas vu Théodorine à mon arrivée . Elle était arrivée plus tôt que moi et déjà engagée dans les formalités de contrôle . Je suis arrivée avec deux minutes de retard sur l’heure conseillée . Normal, j’habite tout près et on ne redoute guère les retards imprévus quand on se rend à la gare à pied . J’ai été extraite de la file pour me rendre pour cette question d’ETA à un guichet où l’on s’est contenté de me demander si j’étais en règle avant de me laisser réintégrer la file pour que mon passeport soit examiné . Je n’ai pas eu de problème lorsque j’ai présenté mon passeport à la machine , et je me sentais soulagée mais les contrôles se déroulaient extrêmement lentement, le temps s’écoulait et l’heure officielle du départ d’Eurostar approchait dangereusement . Une panne avait réduit drastiquement le nombre de points de passage des contrôles . Mais je retrouvai fort heureusement Théodorine qui avait perdu toute l’avance qu’elle avait sur moi pour une autre raison . Elle transportait la tente , et elle avait été retenue comme suspecte , non pas à cause du métal de ses Meindl semi-rigides bien- aimées (de vraies pantoufles selon elle alors que je ne supporte pas les Meindl ), ni à cause des impressionnantes structures métalliques qui renforcent sa cheville et dont elle emporte par précaution une photo, mais à cause des piquets de la tente . Elle a dû tout déballer sur une table , pour qu’un préposé aux contrôles puisse observer les objets suspects d’être autant de poignards . Le dit préposé en fut mis en gaieté , il demanda hilare à son collègue soupçonneux : "c’est ça que tu as vu ? " en brandissant les objets incriminés . Il demanda à Théodorine si elle partait en expédition et obtint d’elle une réponse positive qui acheva de le mettre en joie . Elle fut libérée avec tout son matériel qu’elle dut emballer à nouveau .
L’heure officielle de départ du train fut bientôt dépassée, pour nous , mais aussi pour un grand nombre d’autres voyageurs , et nous étions toutes les deux ensemble ,ce qui était capital pour la suite . On nous annonça alors que le train partirait en retard à cause d’un retard du train précédent et que nous n’avions pas d’inquiétude à avoir .
Nous en avions fini avec les contrôles et nous avons pu accéder à nos places sensiblement avant le départ que nous avons attendu sereines, et soulagées .
Un excès d’optimisme n’est pas forcément judicieux . A la SNCF, comme chacun le sait , tout est possible . Sur Eurostar aussi, je le pense désormais . Il nous restait à voir s’il en est de même pour les chemins de fer britanniques .

A suivre

En chemin de fer, de Paris à Inverness .

Nous avons désormais l’habitude de faire l’intégralité du trajet entre Paris et les Highlands en chemin de fer . Les billets Eurostar, si on les prend suffisamment à l’avance, tournent autour de 60 euros (63 euros d’après mes vérifications du jour ) . Ils présentent l’avantage d’être échangeables sans justification . Pour ceux qui habitent Paris intra muros, l’avion ne me paraît guère intéressant pour se rendre à Edimbourg, Glasgow, Fort William ou Inverness, Aberdeen ou des destinations encore plus lointaines. Les Britrail passes vendus par Acprail sont très avantageux . Il en existe de plusieurs sortes . Nous avions chacune un Britrail flexipass qui nous a coûté au tarif senior à chacune 114 euros pour deux jours de libre circulation sur tout le réseau ferré britannique, librement choisis , le pass étant valide un mois . A peu près 250 euros par personne pour rejoindre n’importe quel point du réseau ferré britannique à partir de Paris, cela me paraît intéressant , non seulement financièrement, mais même du point de vue de la commodité du voyage . London Kings Cross, d’où partent les trains pour Edimbourg et Aberdeen est située tout près de Saint Pancrace , London Euston , qui dessert Glasgow, n’est pas loin non plus . Si l’on veut gagner du temps, le Caledonian Sleeper permet de prendre Eurostar le soir , le train de nuit ensuite et de se réveiller si on le souhaite à Fort William ou Inverness, et de continuer à voyager sans plus débourser jusqu’à Thurso si on le souhaite : lorsqu’on prend un train de nuit qui part avant 24 h la règle est d’indiquer le jour suivant comme date de validité du pass . Les places couchées du Caledonian sleeper sont à réserver en plus du pass et sont très coûteuses, mais il existe aussi un wagon de sièges inclinables pour lequel il suffit de prendre des réservations . Si nous sommes suffisamment en forme, nous choisirons cette solution .
Un très grand avantage du voyage en chemin de fer est d’autre part que les gares sont situées en plein centre ville et que l’on est immédiatement à pied d’oeuvre pour visiter .
Au delà d’Inverness, les bus Citylink ne sont pas chers du tout : nous avons payé deux livres sterling chacune le trajet Inverness Ullapool ainsi que les parcours Shiel Bridge Inverness et Portree Inverness.
Si l’on veut se contenter de visiter les villes, ou si l’on est randonneur, à pied ou à vélo, rien ne vaut les transports en commun pour se rendre en Ecosse . Mais en ce qui concerne le chemin de fer, un pass ferroviaire est nécessaire : les trains sont fort chers au Royaume Uni , le bus est beaucoup plus économique .
Dernier avantage, les trains britanniques, comme on va le voir, sont susceptibles de tomber en panne, comme ceux de la SNCF, ou de voir leur circulation interrompue pour causes d’intempéries ou de grève, mais au moins, ils ne vous font pas atterrir dans un pays voisin .

A suivre

Le trajet de Paris à Londres s’effectue sans encombre . Nous sommes confortablement installées, nos gros sacs ont aisément trouvé place dans les espaces prévus à cet effet , nous décidons d’aller fêter notre départ au bar d’Eurostar où nous nous procurons notre premier grand café au lait et des cookies . Nous ne nous refusons rien après un départ aussi mouvementé et nous craignons de ne rien trouver à manger ni à boire avant longtemps . Nous n’avons emporté que des soupes minute, de la purée en flocons (un générique de Mousline ), des amandes achetées chez Aldi à un prix promotionnel défiant toute concurrence, un peu sèches, dures et racornies, et de la pâte de dattes de qualité moyenne . J’allais oublier que Théodorine avait retrouvé de vieux Wasa légers rescapés d’une randonnée précédente, réduits pour moitié à l’état de miettes, mais une bonne gestion de l’économie domestique interdit le gaspillage . Si l’on nous confiait les responsabilités dont nous sommes dignes, Théodorine, Langue de Vipère * 1, une autre membre célèbre de la bande de Robin Hood de Fontainebleau Sherwood*2, et moi, nul doute que nous comblerions rapidement le tonneau des Danaïdes des finances publiques, et que nous pourrions prêter à taux usuraire au monde entier . Mais il est conforme aux principes de la bonne gestion d’entretenir son moral après de rudes épreuves, cela fait partie des dépenses essentielles et nous accordons donc le réconfort d’un café au lait et d’un cookie dans Eurostar .

*1 Héroïne du carnet de voyage intitulé tRum, Canna, Inverie . Retour dans les Small Isles
*2 Un grand maître de la randonnée bivouac du Club Alpin Français dont nous fûmes jusqu’au bout les fidèles disciples

A suivre

Bonjour Calamity, j’ai bien rien ri. Vivement la suite.

Bonjour , quel plaisir de vous retrouver… je vais vous suivre comme d’habitude .

Arrivées à Saint Pancrace, pas plus que les années précédentes, nous ne trouvons facilement la sortie à l’air libre . Ne voulant pas nous faire piéger dans le métro, nous nous retrouvons dans ce qui a pu être un ancien centre de contrôle, fort grand et désert, à l’exception de deux personnes qui semblent appartenir à la police des frontières et que nous n’intéressons absolument pas . Après une longue errance dans des couloirs dignes des pires correspondances du métro parisien , nous finissons par trouver une indication “sortie vers Kings Cross” et nous nous retrouvons à l’extérieur, toutes proches de notre but . Nous passons avec les problèmes habituels le tourniquets de la gare . Là, ô miracle ! un train pour Edimbourg nous attend, celui qui était initialement prévu . Nous prenons soin de monter en classe standard et nous nous installons à des places qui paraissent vacantes . Les réservations ne sont en général pas obligatoires au Royaume Uni, et c’est bien pratique . Bientôt, une jeune et aimable contrôleuse nous fait déménager dans un autre wagon où nous aurons des places libres jusqu’à Edimbourg .
Tout s’annonce donc, après un début difficile, sous les meilleurs auspices . Mais, au bout de quelque temps, nous nous arrêtons dans une gare que je n’ai pas vraiment cherché à identifier . Cet arrêt me paraît d’abord un peu long, puis il s’éternise et nous finissons par entendre une annonce . Nous croyons comprendre qu’il s’est passé quelque chose du côté de Doncaster engendrant de nombreuses perturbations . Nous identifions le mot "down " . Je crois entendre parler de bus de substitution pour certaines destinations .Envisageant facilement les pires catastrophes, je me demande si un train aurait chuté dans une rivière . Nous en arrivons finalement à la conclusion beaucoup moins tragique, juste et beaucoup plus banale, d’un train tombé en panne devant nous . Tous les passagers restent calmes . Nous ne sommes pas en France . L’attente est encore longue mais nous finissons par repartir pour Edimbourg . Nous allons manquer la correspondance prévue pour Inverness mais ce n’est pas grave . J’envoie un message à l’hébergement prévu pour informer de notre retard . On me répond que cela ne pose pas de problème . Un retard de train ne saurait altérer véritablement notre humeur . Après tout , si nous partons , c’est pour l’Aventure , avec tous ses imprévus . Nous croyons donc bon de fêter le redémarrage de notre train en nous procurant de quoi boire , et manger . Une soupe épicée aux noodles, pas mauvaise, et une barre sucrée, pleine de produits chimiques , dont la composition nous réjouit . Il n’est pas mauvais de faire une brève et inavouable cure d’additifs , parenthèse dans la vie faite de rigueur diététique que nous imposons au quotidien à deux malheureux sans doute secrètement ravis de se nourrir de pâtes et d’ aliments ultra transformés , et de vivre enfin libres en notre absence .

D’aucuns pourront juger de telles photos sans intérêt . Tel n’est pas notre point de vue . En matière des paysages exceptionnels, des dizaines d’années de randonnée bivouac ont fait de nous des être un peu blasés . L’étude comparative des dérives de l’alimentation industrielle , d’un pays à l’autre , nous paraît en revanche un sujet digne d’être creusé .

A suivre

@semlor
@iff
Merci pour vos encouragements . La suite arrive, à petite vitesse , et elle sera longue (15 jours de voyage ) Quand on a le sens de l’épargne, on rentabilise ses déplacements !
@iff
J’ai observé autant que je le pouvais pour répondre à votre question sur la photo intitulée " Regard en arrière sur les montagnes du Perthshire ". Je n’ai pas pu identifier avec précision l’endroit où je l’ai prise en 2013 mais il me paraît quasi certain que c’était dans la montée du Pass of Drumrochter . Il s’agirait donc bien de la rivière Garry et non de la Spey . J’ai effectivement vu pas mal de plantations en cours dans ce secteur et aussi entre Drumdradrochit et Cannich, parcours que nous avons effectué en bus .

Le trajet jusqu’à Edimbourg me paraît long . Les trains britanniques sont plutôt moins confortables que les trains français, les toilettes y sont plus rares, je dois changer de wagon, et il y a une fuite d’eau . Il fait beau, mais contrairement à mes habitudes , je ne vais pas m’intéresser au parcours, ni à Durham, ni à York, ni à la côte . Cette histoire d’ETA m’a un peu fatiguée et je couve un virus, emprunté à Cyrus, qui commence à trouver des conditions favorables pour s’exprimer . Par chance , nous trouvons sans difficulté le train pour Inverness qui va partir en retard . Tout le réseau ferré britannique est sérieusement désorganisé depuis la panne de ce matin . Les retards se cumulent . Fort heureusement , le train est direct . Il n’est pas bondé . Nous nous installons confortablement et nous n’avons plus qu’à nous laisser porter jusqu’au terme du voyage de ce premier jour . A vrai dire, nous devions être à la gare du Nord à 6h30 pour les formalités et nous arriverons peu avant 21 heures (heure britannique ), avec à peu près trois heures de retard .
Je crois bien que nous avons pris cette fois-ci le viaduc métallique sur le Forth, bien que je n’en sois plus certaine, tellement j’étais absente . Je me suis reconnectée avec la réalité entre Perth et Pitlochry. J’ai enfin un peu mieux compris le parcours, identifié le col de Killiecranckie, aperçu pour la première fois le château de Blair, tout blanc, en regardant au bon moment au bon endroit . Je vais m’intéresser vraiment à la montée du Pass of Drumrochter , en regardant à l’Ouest et à l’Est vers les Cairngorms . Je remarque que le temps a dû étre sec, au vu d"un marécage que j’ai repéré depuis longtemps, et que je trouve plutôt déshydraté . Je suis un peu déçue pour ce beau marécage mais en en même temps je me réjouis à l’idée que la partie spongieuse du glen Affric Kintail Way, entre Alltbeithe et Camban bothy, ne le sera pas trop .

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A l’Ouest de la voie ferrée, près du col de Drumrochter . Les vitres du train, malheureusement , ne semblent pas lavées très souvent…

Cairngorms, avant Aviemore

Lumière du soir sur les Cairngorms

Je crois que j’ai failli m’endormir et je suis étonnée lorsque nous arrivons enfin à Inverness .

A suivre

Premier passage à Inverness

C’est notre premier passage à Inverness au cours de ce voyage . Nous y reviendrons deux fois, Inverness étant un noeud de communications routières et ferroviaires , finalement beaucoup plus agréable, à mon avis , que Fort William .
Comme lors de nos deux voyages précédents, j’ai réservé deux places dans un dortoir mixte au Student Hostel , au tarif de 63 euros pour deux personnes . C’est un hébergement économique, pas trop éloigné des gares ferroviaire et routière , situé à proximité du château . Je croyais que nous retrouverions aisément l’itinéraire pour nous y rendre, mais nous sommes fatiguées , il n’est pas loin de 21 heures et notre mémoire est défaillante . Une rue en travaux achève de nous faire perdre nos repères . J’essaie d’interroger deux ados un peu excités qui ne prêtent pas attention à ces deux vieilles . Nous tombons sur une rue avec des escaliers . Je me rendrai compte à notre troisième passage qu’elle nous aurait conduites au château et qu’il nous aurait été facile de rejoindre notre auberge de jeunesse mais là , nous errons un peu lamentablement avec nos gros sacs toujours trop lourds . Par bonheur, il ne pleut pas , mais Google Maps fait des caprices comme à son accoutumée et se fait longtemps prier avant de nous mettre sur la bonne voie , une rue en pente qui passe au pied du château . C’est avec soulagement que nous parvenons au but . Comme lors de nos voyages précédents, il s’agit d’un dortoir situé un étage plus bas que l’accueil . L’escalier est raide , il tourne, ses marches sont étroites . Avec un sac lourd, il faut faire attention . Fort heureusement, il n’est pas large et je peux, en m’appuyant sur les murs, le descendre de façon sûre comme s’il s’agissait de ce que l’on appelle en montagne une cheminée . Le Student Hostel n’est pas un hébergement très moderne , les interrupteurs des toilettes et des douches sont en fait des ficelles que l’on doit tirer , un système archaïque mais somme toute plutôt sûr qui n’est pas rare en Ecosse , nous y confondons régulièrement l’accès à l’accueil et à la cuisine et l’issue de secours , mais il est bien situé, pas cher et répond parfaitement à nos besoins .
Lorsque nous arrivons au dortoir, les feux sont éteints . Certains dorment déjà , dehors il fait encore jour mais les rideaux sont tirés et nous déposons notre fourbi à la frontale . Ce sont des lits superposés . Théodorine , plus agile que moi, s’installe en haut ,je prends pour ma part le lit du bas .Après cette prise de possession des lieux, nous nous rendons à la cuisine .

A suivre

Comme il se fait tard, il n’y a plus grand monde à la cuisine . Le public du Student Hostel est jeune, nous y rencontrons deux jeunes Canadiens français, qui visitent l’Ecosse. Il y a là des étudiants et aussi, nous a-t-il semblé, de jeunes travailleurs qui doivent profiter d’un hébergement abordable .
Nous faisons très sérieusement remonter la moyenne d’âge. Il est hasardeux de nous définir comme des jeunes, le journal Tintin de ma jeunesse fixait la limite de la jeunesse à 77 ans . Baby boomeuses de la toute première génération (je précède Théodorine de sept mois) , nous revendiquons que l’âge fatidique de 77 ans soit remplacé par celui de 777 ans . D’autre part, en ce qui me concerne , je suis toujours étudiante, étant inscrite dans une école de musique dont je suis une élève assidue .
Théodorine semble avoir conservé la mémoire de l’emplacement des couverts, moi absolument pas , pas plus que je ne vois les mugs suspendus à des crochets à l’extérieur des placards . C’est Théodorine qui va prendre l’initiative de mettre en route une bouilloire . Pas de casserole à laver , et nous n’avons besoin de rien d’autre que d’eau chaude pour nos soupes minute et notre purée . Nous adopterons d’ailleurs par la suite , contrairement à nos intentions initiales, une version encore plus minimaliste de la préparation des repas . La randonnée bivouac, c’est l’école du dépouillement .
Après le repas vient comme de coutume la vaisselle, le nettoyage, et le rangement . Une affiche réclame explicitement et légitimement qu’ils soient assurés par les usagers de la cuisine . Là, nous devons constater une fois de plus au Student Hostel une différence sensible entre générations . L’évacuation de l’évier est presque bouchée par les débris alimentaires, l’égouttoir déborde de vaisselle qui devrait être rangée et la cuisinière n’a pas été nettoyée . Je n’ai aucun goût pour les tâches ménagères et je suis loin d’être une fée du logis mais là , mon seuil de tolérance est dépassé, tout comme celui de Théodorine, qui doit être moins élevé . Nous n’irons pas jusqu’à essuyer et ranger la vaisselle de tous ces jouvenceaux et jouvencelles, nous sommes fatiguées, mais Théodorine se charge de l’évier et moi du nettoyage de la cuisinière . Nous avions agi de même les années précédentes à Inverness .
Pour en rester aux questions relatives à l’ordre et à l’hygiène, nous avons été fort amusées, Théodorine et moi, par une affiche apposée dans les toilettes dont l’éclairage comme je l’ai dit précédemment , est actionné par une ficelle *.

Théodorine a remarqué la même incitation à se laver les mains dans d’autres toilettes publiques . Elle en a conclu que l’Ecosse faisait de sérieux efforts pour inciter sa population à une hygiène plus stricte .

  • Une jeune Française, rencontrée quelques jours plus tard à la porte des toilettes dans ce même lieu, se plaignait de ne pas trouver comment avoir de la lumière . Elle n’osait pas tirer sur la ficelle, croyant qu’il s’agissait d’un signal d’alarme .

A suivre

Il y a deux ans,* j’avais raconté comment ,lors d’un réveil matinal trop précoce au Student Hostel d’Inverness, nos regards pudiques étaient sans le vouloir tombés sur un vigoureux motard callipyge dans le plus simple appareil, dormant innocemment dans une posture qui m’évoqua aussitôt la Grande Odalisque d’Ingres . Rien cette année ,dans mon lever nocturne qui pût faire rougir une pudeur offensée mais la vision étrange de deux pieds gigantesques dont la présence me barrait le passage lorsque je voulus sortir pour une raison technique . Ces pieds, reliés à des jambes non moins démesurées sortaient de la couchette supérieure située à proximité immédiate de la porte et m’empêchaient de la manoeuvrer . Après une courte et silencieuse délibération, je pris une décision audacieuse : j’exerçai une poussée délicate sur les obstacles qui se rétractèrent aussitôt . La voie était libre . Elle le resta à mon retour .
Le lendemain, nous vîmes le possesseur de ces pieds . Un géant, encore relativement jeune à l’air timide . Il avait un sac à dos de bivouaqueur , pas plus imposant que celui de Théodorine, alors qu’il devait bien dépasser Théodorine de 50 centimètres et moi de 40 . Certes, comme on va le voir par la suite, nous n’avons pas été des marcheuses rapides, en grande partie de mon fait, mais peut-on mesurer à la même aune les performances d’un aspirant quadragénaire et celles de deux vieilles dames qui ont plus de deux fois son âge et portent une charge équivalente ?

  • Carnet de voyage *Lewis et Harris . bog, famine et tweed *

A suivre

Le lendemain , les choses sérieuses commencent . Nous devons nous ravitailler et prendre juste avant midi un bus Stagecoach pour Cannich . Il a été décidé de ne pas faire la première étape du Glen Affric Kintail Way , qui si on le suit dans son intégralité va de Drumnadrochit à Morvich, autrement dit du loch Ness au loch Duich . Ce qui m’intéresse, c’est de passer au coeur des montagnes . Théodorine a approuvé ce choix .
Il nous faut avant de partir compléter notre ravitaillement . Il y a paraît-il une supérette à Cannich mais nous ne connaissons pas ses horaires d’ouverture, ni ses ressources exactes . Rien ensuite avant la fin de la dernière étape . On prévoit officiellement trois jours pour Cannich Morvich mais nous ne sommes plus de fringantes jeunesses, nous devons aller jusqu’à Shiel Bridge, au delà de Morvich, pour trouver un bus qui nous permettra de regagner Inverness, et le voyage de la veille a été fatigant . Au final, nous mettrons trois jours et deux demi-journées . Nos sacs seront trop lourds, je vais prévoir 5 jours de ravitaillement, mais je crains qu’en cas de gros mauvais temps, des passages de gué ne deviennent impossibles et qu’il faille faire demi-tour . L’expérience de Skye à la veille de la tempête Amy m’a rendue méfiante . Que faire d’autre que de se replier si des cascades sauvages qui n’existaient pas la veille dévalent de partout dans la montagne ? Mais dans ce cas, il faut encore avoir de quoi manger …
Il nous faut au minimum du fromage, pour les protéines, et du gaz . Nous devons aussi nous procurer des livres . Je sais qu’il faut payer en liquide les auberges de jeunesse du Gatliff Trust, dans les Hébrides extérieures, où nous avons l’intention de nous rendre ensuite .
Nous sommes autorisées à laisser nos sacs à l’auberge de jeunesse pour la matinée . Nous allons donc descendre, légères (une fois n’est pas coutume) dans le centre d’Inverness .
La journée commence bien , il fait beau, nous nous nous amusons à regarder les vitrines , comme celle-ci où nous voyons un manteau pour chien .

.

Nous arrivons enfin au centre et pour la première fois Inverness nous séduit.

A suivre

La rue d’Inverness où nous avons débouché est très commerçante et animée . Nous nous rendons immédiatement dans un magasin d’articles de sport, Mountain Warehouse je crois, où nous voulons nous procurer la cartouche de gaz adaptée au petit réchaud que j’ai acheté il y a deux ans à Stornoway .

Le gaz est à l’étage du magasin où je suis le vendeur . Théodorine reste au rez-de-chaussée .Nous souhaiterions une petite cartouche , dans notre souci affiché de marcher avec des sacs plus légers . Malheureusement, il n’y a là que le format le plus commun . Ce sera donc plus lourd et nous risquons une fois de plus d’avoir des problèmes pour nous débarrasser du gaz restant à la fin du séjour mais je ne pense pas qu’il soit judicieux de nous rendre au magasin plus éloigné que l’on m’indique . J’achète donc le modèle proposé . Lorsque je retrouve Théodorine, elle m’annonce triomphalement qu’elle vient d’acheter un lot de quatre ou cinq paires de belles chaussettes en solde . Je n’ai rien dit , affectant une réprobation silencieuse . Robin Hood de Fontainebleau Sherwood, notre maître, lors de nos longues randonnées bivouac en terrain sauvage, redoutait par dessus tout que nous tombions sur des soldes quand nous devions exceptionnellement nous arrêter dans un village . Il avait dû un jour attendre toutes les outlawesses de sa bande qui s’étaient égayées dans les rues d’Autrans pendant une demi-heure . Les soldes symbolisaient pour lui la civilisation honnie, tout comme le Tour de France dont nous écoutions à la radio les résultats en cachette, lorsque nous retrouvions les voitures laissées dans la montagne qui nous servaient de dépôts de vivres . L’honnêteté m’oblige à avouer que je n’avais pas résisté aux soldes et que j’écoutais les résultats du Tour de France . Cela, Théodorine, elle aussi délinquante , le savait . Nous l’avons même évoqué à cette occasion . Il m’était donc difficile d’exprimer les sentiments que m’inspirait cet achat de chaussettes .

A suivre

Sitôt le problème du gaz résolu, nous nous intéressons au ravitaillement . Nous tombons quasi immédiatement sur une supérette où nous achetons deux morceaux de cheddar qui s’ajoutent au morceau de cheddar gallois aux fines herbes et à l’ail acheté en France pour que nous ayons de quoi manger le premier soir, l’idée de l’examen suspicieux dont il pourrait faire l’objet en cas de contrôle tâtillon des denrées alimentaires à la gare du Nord m’inspirant une gaieté perfide . S’y ajoutent un paquet de flocons d’avoine, et des tranches d’un substitut de jambon de Paris . Théodorine me fait cette concession, alors qu’elle refuse habituellement de manger la chair d’un animal avec lequel nous partagerions 99 pour 100 de notre patrimoine génétique . Je serai personnellement insensible à cette argumentation, aussi longtemps que les truies se révèleront incapables de chanter les airs écrits par Mozart pour Aloysia Weber .
Il ne nous reste plus qu’à nous procurer des devises . Le premier distributeur est en panne . Nous voyons un couple de touristes - touristes ou SDF ? La différence est parfois ténue - s’évertuer vainement à obtenir des billets . Par bonheur , nous trouvons à proximité une banque où nous obtenons des livres au distributeur mais où je ne peux changer comme prévu des euros qui me seront inutiles pendant tout le voyage .
Nous remontons donc à l’auberge de jeunesse où nos sac nous attendent . Ils seront désormais encore plus lourds . Les mettre sur notre dos et nous lever après cette opération n’est pas une mince affaire . Les canapés du Student Hostel sont mous et plutôt bas . La jeunesse qui fréquente ces lieux ne porte dans l’ensemble que des petits sacs et traîne des valises à roulettes . Pourquoi dans ces conditions y trouverions-nous des bancs de sherpa ?
Avant de quitter l’hostel, je réserve une nuit pour l’avant-veille de notre retour en France , nous quittons ces lieux où nous repasserons quatre jours plus tard ,quand nous en aurons fini avec le glen Affric Kintail Way , et nous redescendons vers le centre , à la recherche de la gare routière . Nos sacs sont lourds, mais il fait beau et nous avons le sentiment que la grande aventure commence .

A suivre

D’Inverness à Cannich

Où nous rencontrons un rescapé de la bataille de Culloden

Nous connaissons bien maintenant l’itinéraire de la gare ferroviaire . Il nous reste à retrouver le chemin de la gare routière, que nous n’avons emprunté que deux fois, l’une en 2013 (c’est un peu vieux ) et l’autre il y a deux ans lors de notre départ pour Lewis et Harris . Google Maps, une fois de plus est récalcitrant, rien ne vaut un bon vieux plan et une boussole, mais une personne obligeante nous met sur la bonne voie . Le problème dans les villes écossaises est de ne pas tomber sur des touristes aussi perdus que nous , qui me paraissent souvent plus nombreux que les autochtones .
Dés notre arrivée sur les lieux, je laisse Théodorine assise sur ce qui peut tenir lieu de banc de sherpa, je lui abandonne mon sac et je me dirige vers les bureaux de la gare routière où l’on me confirme l’existence de notre bus , le quai de départ, et sa destination .
Nous allons prendre un bus qui passe par Drumnadrochit, près du Nessie Center et d’Urqhuart Castle et qui va jusqu’à Tomich . J’avais envisagé un temps de partir de Tomich pour rejoindre le glen Affric Kintail Way . Nous ne l’avons pas fait parce que je craignais qu’il ne s’agît d’un chemin privé alors qu’il n’y aurait pas eu de problème . Nous avons vu le lendemain l’indication Tomich sur un poteau indicateur alors que nous longions le loch Bheinn a Mheadhoin .
Pendant que nous attendons notre bus, nous ne passons pas inaperçues, à notre âge, avec nos gros sacs, et plusieurs femmes vont nous adresser la parole . L’une d’elles va justement à Tomich .Lorsque le bus arrive, je suis étonnée de voir une telle affluence . Je croyais que Tomich et Cannich étaient des coins complètement perdus, mal desservis par des bus ne circulant qu’un ou deux jours par semaine . Il n’en est rien . Il y en a plusieurs par jour et il y a du monde , et des autochtones !
Notre bus est prêt à partir lorsque nous voyons monter un extraordinaire personnage en costume de Highlander intégral . Un homme d’un âge certain, mais paraissant plus jeune que nous . Non pas un géant de type viking comme nous en voyons assez souvent mais un homme à silhouette trapue , à grosse tête ronde (j’ai pour ma part une grosse tête, ce dont je me console en pensant qu’elle abrite une bonne réserve de neurones encore inutilisés ) , une moustache relativement discrète, des cheveux clairs, et des jambes marquées d’une double rangée de cicatrices . Il me paraît malgré tout un peu jeune pour être un rescapé de la bataille de Culloden , mais entre le kilt, un vrai, pas un kilt de joueur de cornemuse pour touristes, les énormes boucles de ses chaussures et de sa ceinture, ses chaussettes , son gigantesque sporran, et son couvre-chef ( ne manquent que le couteau dans la chaussette et la claymore ) , je suis impressionnée, Théodorine aussi , mais nous ne l’observons que discrètement . Nous descendrons avant lui . Il allait donc à Tomich . Etait-il ainsi vêtu pour une cérémonie ? Pour une fête à Guisachan House en l’honneur du Golden Retriever ? A la réflexion , il devait s’agir du fantôme d’un compagnon de Bonnie Prince Charlie, du premier fantôme que nous ayons pu voir en Ecosse , où ni Nessie, ni Morag, ni la monstresse du loch Hourn , ni d’autres créatures surnaturelles , n’ont jamais daigné se présenter à nos yeux .

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Le bus part enfin, nous quittons Inverness sous un ciel bleu qui nous permet d’admirer le site et les ponts sur la Ness . Le temps s’assombrit quelque peu , nous longeons le canal calédonien, puis le loch Ness .

C’est plaisant avec cette verdure et les ajoncs en fleur. Nous voyons de magnifiques rhododendrons épanouis, ce qui ne me plaît guère, l’éclosion des rhododendrons annonçant d’après mes observations des années précédentes l’apparition des midges, nous apercevons au loin Urquhart Castle, une vue fugitive mais intéressante que je n’ai pas réussi à fixer, et nous arrivons à Drumdranochit . Passage au Nessie Center , publicité pour la Nessie expérience, mais nous ne nous laissons pas tenter . Je suis intéressée par ce curieux café restaurant , situé je pense à Drumdranochit .

Après un itinéraire que je n’ai malheureusement pas suivi sur une carte, où nous observons pas mal de plantations d’arbres, nous voyons les montagnes de rapprocher, le décor change et nous arrivons à Cannich .
Lorsque nous descendons, le fantôme de Culloden nous souhaite une bonne journée et nous dit que nous aurons du beau temps (enfin, nous savons à quoi nous en tenir lorsqu’il est question de “fine weather” …). Il ne nous reste plus qu’à marcher, jusqu’au prochain arrêt de bus à Shiel Bridge , à l’extrémité du loch Duich, où passent tous ceux qui se rendent à Skye en passant par la route du Kintail et que longent tous les visiteurs d’Eilean Castle mais nous commençons par une halte à la supérette et au café de Cannich .

A Edimbourg, ceux qui devaient être exécutés sur Grassmarket pouvait aller boire un dernier verre d’usquebaugh au pub nommé The last drop . Nous allons , quant à nous, boire notre dernier café au lait au café du Cannich Village Store .

A suivre

Cannich est un village où il peut être très intéressant de séjourner pour visiter la région , non seulement le glen Affric qui passe pour l’une des plus belles vallées d’Ecosse, mais le glen Cannich et aussi le glen Strathfarrar, occupés respectivement par le loch Mullardoch et le loch Monar, au coeur d’une région très sauvage qui me fait rêver depuis longtemps . Il y a là une épicerie , un café - restaurant et un terrain de camping où l’on peut louer des vélos . Nous avons pour notre part testé le café, en nous installant à l’extérieur , mais nous aurions tout aussi bien nous installer dans le bus désaffecté qui permet de boire et de manger à l’abri des intempéries


De droite à gauche, Théodorine et nos deux sacs, confortablement installés chacun sur un banc .
Après un tour à l"épicerie où nous achetons des gâteaux pour compléter notre repas, nous commandons un café au lait . Un homme est en train d’effectuer des travaux . Il discute avec nous pour savoir quel est notre programme . Comme nous l’informons de notre intention de nous rendre dans les Hébrides extérieures, il nous dit qu’elles sont merveilleuses par beau temps mais que leur climat est épouvantable . Nous adhérons aisément à cette opinion .

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Je reviendrais volontiers à Cannich pour visiter plus amplement la région , à vélo peut-être bien que je sois une très mauvaise cycliste, si j’en avais le loisir et si je n’étais attirée aussi par d’autres secteurs de l’Ecosse, mais pour l’heure le devoir nous appelle . Nous nous arrachons aux délices de cette nouvelle Capoue, le sort en est jeté et nous partons pour l’Aventure .

A suivre

Sur le glen Affric Kintail Way

J’ai repéré depuis longtemps le haut glen Affric sur la carte Harvey intitulée Knoydart achetée à Fort William en 2010, lors de notre première randonnée en Ecosse . C’est une rescapée de la traversée de la tourbière de l’embouchure de la rivière Carnach qui se jette dans le loch Nevis . Elle a failli être engloutie par la tourbe mais je l’ai sauvée de justesse, avec l’aide de l’Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches . J’ai raconté cet épisode dans le récit intitulé Dans les montagnes de l’Ouest de l’Ecosse . C’est vraiment une belle carte plastifiée, au 40000ème ,plus précise et moins fragile que les cartes Ordnance Survey au 50000ème , Théodorine, une grande amoureuse des cartes elle aussi , me l’envie visiblement et voudrait acheter la même . Cette carte, en fait, ne se limite pas au Knoydart et déborde très largement sur les montagnes situées au Nord du Kintail , en particulier sur le secteur des chutes de Glomach . A ceux qui voudraient parcourir le Glen Affric Kintail way, je signale qu’il existe actuellement une carte consacrée à la totalité de cet itinéraire .
En 2012, je me suis intéressée au haut glen Affric quand nous nous lançions sur le Cap Wrath Trail . Avant de choisir un passage du loch Hourn au loch Duich par le bealach Coire Mhalagain, j’avais envisagé de rejoindre le Kintail au niveau de Cluanie Inn et de là de prendre une vallée qui nous conduirait à l’auberge de jeunesse du glen Affric .
Le Glen Affric Kintail Way esf devenu un grand itinéraire officiel en 2015 . Je donne ici à ceux qui s’y intéresseraient le lien du site Walkhighlands où il trouveront des cartes et des compte-rendus d’expérience autres que le mien . Nous en avons parcouru les étapes 2, 3 , et 4 .

https://www.walkhighlands.co.uk/lochness/affric-kintail-way.shtml

C’est vraiment un bel itinéraire, beaucoup plus intéressant selon moi que le West Highlands Way, plus sauvage, au coeur des montagnes , mais c’est beaucoup plus isolé, il n’y a aucun ravitaillement , pas de réseau, et mieux vaut ne pas y être victime de grosses intempéries .

A suivre

De Cannich au point de vue sur le glen Affric

Il est environ 14 heures lorsque nous quittons le café restaurant de Cannich . Notre objectif est de faire à peu près la moitié de la seconde étape de l’itinéraire officiel , celle qui va de Cannich à la fin de la route et fait 19, 5 kilomètres . Nous décidons d’emprunter la route jusqu’aux Dog Falls pour aller un peu plus vite . Ce qui aurait dû être facile va être pour moi une épreuve . J’ai mal récupéré des fatigues du long voyage de la veille . Elles s’ajoutent au stress dû au mail m’annonçant que je ne pourrais voyager en l’absence d’ETA . Je suis lourdement chargée et je dois fréquemment m’arrêter . En fait, le virus non identifié (un emprunt à Cyrus ) avec lequel je cohabitais depuis quelque temps sans trop de dommage prend le dessus . Mes symptômes vont ressembler étrangement à ceux de ma dernière covid de vaccinée, contractée deux ans plus tôt lors d’un séjour dans les Pyrénées avec la bande de Robin Hood désormais dirigée par celui que j’appelle "notre Whymper " dans mes premiers carnets de voyage , une petite covid que nous avions tous partagée fraternellement , comme cela s’impose dans un dortoir de refuge , qui ne nous empêchait pas de randonner mais qui devait tout de même nous gâcher un peu la vie pendant quelque temps . J’ai besoin de poser fréquemment mon sac et je ne trouve à cet effet aucun rocher , aucun muret vraiment favorable . J’avance , mais mal , et ce parcours ressemble pour moi à un chemin de croix . Théodorine supporte sans protester ces retards , ce dont je lui suis reconnaissante . Par bonheur, il y a très peu de circulation, à part des cyclistes qui nous saluent aimablement . Peut-être aurais-je moins souffert si nous avions choisi d’emprunter le sentier .
La route longe d’abord des prés, où nous voyons moutons et vaches, avant d’entrer dans des bois . En remontant la rivière , nous allons ensuite longer une gorge profonde . Les choses devenant plus intéressantes, je ressens moins la fatigue . Nous arrivons à un belvédère où nous pouvons observer la rivière, ses gouffres , les parois abruptes de la gorge qu’elle a creusées et ses cascades . Nous sommes au voisinage des Dog falls ou aux Dog Falls elles-mêmes .

A suivre

Peu après, la route croise l’itinéraire officiel et fléché du Glen Affric Kintail Way . Il y a là un parking, un assez vaste espace herbu et aplani . Deux véhicules stationnent . On trouve ici également un petit bâtiment abritant des toilettes . Je suis heureuse que nous soyons enfin parvenues à ce point de notre itinéraire, malgré mon absence de forme . Nous franchissons la rivière sur un large pont . Le chemin amorce aussitôt une montée d’une centaine de mètres qui me paraît beaucoup moins pénible que ce qui précède, la charge du sac étant mieux répartie sur le dos de la mule qui le porte . Peu avant un virage marqué, nous croisons un groupe . Ce sont des Français vraisemblablement d’une cinquantaine d’années, non chargés, qui descendent après s’être rendus à un point de vue sur le glen Affric . Ils font un circuit automobile classique d’une semaine et vont terminer par Edimbourg . Beaucoup plus jeunes que nous, ils sont impressionnés par la taille de nos sacs . Je les interroge sur la possibilité de bivouaquer à proximité du point de vue . Pour eux , la réponse est négative mais n’ayant visiblement pas l’expérience d’une telle pratique, ils ne voient pas les choses de la même manière que nous . Après les avoir quittés, nous laissons de côté un chemin forestier qui part sur la gauche , vers l’Est , et permet de rejoindre la vallée de Tomich . Nous continuons à monter et nous tombons sur une flèche avec l’indication Glen Affric Point of View qui nous incite à emprunter un escalier . Pour l’heure, notre principale préoccupation est de nous établir pour la nuit . Nous trouvons à proximité immédiate un espace plat largement suffisant pour nos besoins, avec des pierres sur lesquelles nous pouvons nous asseoir . Si nous allons à la limite des arbres, nous apercevons le loch Beinn a Mheadhoin et tout au loin des montagnes enneigées dans la brume . Théodorine va faire l’effort de monter au point de vue officiel, tout près . Ce soir, je n’ai plus que le courage de dormir . Je m’y rendrai le lendemain . Nous établissons notre camp mais la présence d’aiguilles de pins sur le sol nous fait renoncer à nous servir du réchaud . Nous boirons et mangerons froid . A vrai dire, nous commençons à en avoir l’habitude …

A suivre

Le long des lochs Beinn a’ Mheadhoin et Affric

Nous avons passé une bonne nuit tranquille dans notre bivouac situé au bord du chemin . Au chaud, car nos duvets sont fort efficaces .La tente de Théodorine s’est bien remise de l’automne précédent où nous avions été inondées sur le terrain de camping de Uig, dans l’île de Skye lors d’une nuit de déluge précédant l’arrivée de la tempête Amy . Par précaution , Théodorine a tout de même apporté une feuille de plastique toute neuve à placer sous le tapis de sol . Donnés pour une limite inférieure de - 15 et - 23, nos duvets seront parfaits pour les gelées nocturnes que nous aurons à subir .
A l’intérieur de la tente régne comme il était prévisible, malgré quelques efforts, notre désordre habituel .

Fourbi en cours de rangement . Au fond, de gauche à droite , gore-tex trois couches Patagonia Triolet, propriété personnelle, sac à dos Gregory de Théodorine , Gore-tex North Face de Théodorine (nous sommes de fidèles clientes des boutiques de mode pour SDF de luxe que sont les magasins du Vieux Campeur ). Au premier plan ,de part et d’autre de mon matelas gonflable Decathlon, qui peut se transformer en radeau si l’intérieur de la tente est inondé, des sacs plastiques qui isolent nos vêtements de l’humidité à l’intérieur de nos sacs déjà protégés par des sur-sacs . En cas de besoin , nous avons pour protection supplémentaire des capes de pluie .
A défaut de présenter des images de lodges de luxe , je donne ici à mes lecteurs éventuels une idée de l’intérieur d’une tente de bivouac deux places . Chaussures ,bâtons de marche, ravitaillement et poubelle ont trouvé place dans les deux petites absides latérales, dotées chacune d’une sortie privée .

Le reste de notre équipement se révèle lui aussi à la hauteur . Les températures maximales n’atteignent pas les dix degrés dans les jours qui suivent . Nous avons droit à un peu de vent, qui reste modéré . Des moments ensoleillés vont alterner avec des averses de pluie ou plus fréquemment de grésil, nous allons marcher avec au moins trois couches de vêtement , et de bons gore-tex protecteurs . Théodorine va tout au long garder sa doudoune . Elle n’avait pas porté autant de vêtements de tout l’hiver mais c’est ce que l’on peut appeler début Mai un "fine weather ", sec .
Nous prenons notre petit déjeuner à l’extérieur : nescafé froid, cheddar accompagné de wasa léger , muesli froid sans lait en poudre . Mais nous jouissons du confort offert par les grosses pierres qui nous servent de siège avant de faciliter le chargement des mules et nous avons la grande satisfaction de ne pas faire courir le moindre risque d’incendie à la grande forêt de pins calédoniens dont un certain nombre auraient été des contemporains de Bonnie Prince Charlie . Visiblement , le pays a connu ce qui peut ici passer pour de la sècheresse . Les feux y sont explicitement interdits , ni l’Ecosse en général, ni la région du glen Affric n’étant à l’abri des incendies .

A suivre

Avant de partir , je me décide à gravir les quelques marches qui nous séparent du point de vue sur le glen Affric . Il y a là du réseau , alors que je croyais qu’il n’ y avait plus rien après Cannich . J’en profite pour appeler une nouvelle fois Cyrus, auquel je fais mes adieux pour plusieurs jours . Effectivement, nous serons désormais sans réseau jusqu’à Morvich. Théodorine essaie de joindre son époux . J’essaie avec plus ou moins de succès, d’envoyer des photos à des proches . Nous ne nous sentons cependant pas encore vraiment coupées du monde , la route ouverte aux automobilistes continuant sur l’autre rive , tout au long du loch Beinn a’ Mheadhoin .
Il y a là une table d’orientation, qui permet d’identifier les montagnes enneigées vers lesquelles nous nous dirigeons .

Nous allons passer au pied de la crête auxquels appartiennent Mam Sgurr na Lapaich, dominant le loch Affric et Mam Sodhail . De l’autre côté de la vallée se trouve le Mullach Fraoch Choire, dominant Alltbeithe , l’auberge de jeunesse du glen Affric . Nous commençons donc à pouvoir vraiment rêver à notre aventure .

A suivre

Il est plus de neuf heures lorsque nous quittons notre lieu de bivouac mais nous sommes le 7 Mai et nous ne devons être à Inverness que le 10 au soir , un dimanche . Nous ne sommes pas donc pas pressées . Bientôt nous apercevons dans une trouée d’arbres le barrage qui retient les eaux du loch Beinn a’ Mheadhoin . Nous longeons les rives du loch , dans les bois d’abord, par une succession de montées et de descentes que l’on peut juger un peu monotones, bien que la forêt de pins calédoniens et de bouleaux mêlés soit belle . Nous allons trouver au bout de quelque temps un chemin forestier avec la direction Tomich que j’avais envisagé d’emprunter lorsque je préparais notre itinéraire .
Les vues sur le loch sont assez souvent masquées . Il y a au milieu du loch des îles boisées qui me servent cependant de repaires pour évaluer notre progression . Je me fatigue fort heureusement un peu moins vite que la veille , bien que j’éprouve des symptômes qui me font penser à un début d’angine . Il s’agit en fait du début d’une bronchite, affection très rare pour moi et qui ne me plaît guère . Théodorine m’expliquera qu’il est tout à fait normal que dans ces conditions je ne sois pas très performante . Je compte cependant sur la marche avec mon gros sac pour maintenir la situation sous contrôle , les virus n’appréciant pas trop , d’après mes expériences, les exercices intensifs . Ils préfèrent généralement les personnes sédentaires qui leur permettent de procréer à loisir et de mener au détriment de leur hôte une calme vie de famille .

Au bord du chemin

La vue finit par se dégager et nous apercevons au loin l’extrémité du loch, là où se termine l’accès routier autorisé . Chemin faisant , Théodorine, toujours très intéressée par les roches, et qui pourtant trouve elle aussi son sac lourd, commence sa récolte de cailloux .

Photo Théodorine

A suivre

Vers la fin du parcours le long du loch Beinn a’ Mheadhoin, nous apercevons devant nous une jeune biche, une apparition gracieuse, mais elle fuit prudemment lorsqu’elle nous voit à son tour. Peu après, nous faisons une pause dans la forêt, profitant pour la première fois de la chaleur du soleil . Bientôt nous arrivons à une bifurcation . Nous ne prenons pas le chemin qui permet , en traversant la rivière Affric, de rejoindre sur l’autre rive la route ainsi q’une aire de pique-nique qui marque le terme officiel de la seconde étape du glen Affric Kintail Way .Un bus en été permettrait d’après le site Walkhighlands de parvenir jusque là . Nous continuons directement en direction du loch Affric en restant sur la même rive .
Longeant la partie la plus étroite du loch Affric, nous arrivons au bout d’un kilomètre en vue d’un endroit où le loch se fait très étroit . Nous sommes maintenant en face de Glen Affric Lodge, un hébergement de luxe .

D’après ce que j’ai lu, le domaine appartiendrait au beau-père de la soeur de l’actuelle princesse de Galles . Le frère de cette dernière y organiserait ou y a organisé réceptions ,sorties, et dégustation de whisky . Une location d’Affric Lodge, je pense, ne pourrait manquer d’intéresser quelques routards .
En ce qui nous concerne , Théodorine et moi, nous jugeons que c’est un peu trop grand pour nous deux , ce serait plutôt à voir avec l’ensemble de la bande de Robin Hood qui accueillerait avec beaucoup d’étonnement cette proposition . J’étais autrefois réputée avec Langue de Vipère pour la gestion rigoureuse du budget collectif lors des randonnées bivouac de Robin Hood, et tous les séjours raquettes encadrés par notre Whymper que j’ai organisés ces dernières années dans le Cantal sont plutôt connus pour leur prix défiant toute concurrence . D’autre part , il n’est pas sûr que la bande de Robin Hood, que j’ai habituée au Salers Tradition, à un excellent Saint Nectaire fermier et au Bleu d’Auvergne au lait cru serait enthousiasmée à la perspective de remplacer ces fromages par du cheddar .
Pour l’heure, nous envisageons , Théodorine et moi, d’avancer le long du loch Affric et de bivouaquer pas loin de son extrémité Ouest , pour écourter l’étape du lendemain . Tout comme en 2012, nous avions dédaigné Letterewe * pour continuer jusqu’à Carnmore bothy , nous passons notre chemin .
Je fournis malgré tout ce lien pour les routards qui pourraient se laisser tenter .

  • Au sujet de Letterewe et Carnmore bothy, voir le carnet de voyage intitulé *Randonnée dans les Highlands de l’Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield forest *

A suivre

Après Affric Lodge, le parcours devient un peu fastidieux . Le temps se gâte , nous subissons des averses de pluie et de grésil au cours d’une montée qui nous fait perdre de vue le loch . Par bonheur, la vue se dégage enfin sur le loch Affric dominé par une succession de munros .

Nous suivons désormais un chemin panoramique . Le panorama, il est vrai, est tout de même souvent un peu occulté par le brouillard .

Nous rencontrons quelques personnes : cyclistes, randonneurs qui effectuent le tour du loch Affric . On ne peut pas dire malgré tout que ce soit la foule .
Bien que les journées soient très longues et que nous ne risquions pas de nous faire prendre par la nuit, nous commençons à chercher un lieu où nous pourrions nous établir .
Il nous faut pour cela deux choses, un terrain relativement horizontal pour installer la tente et de l’eau . Bien que j’aie repéré sur la carte des zones qui me paraissent relativement plates et un premier cours d’eau qui à première vue pourraient faire l’affaire , il n’en est rien . Tous les terrains sont pentus, leur relief est trop inégal et trop pourvu de végétation pour que l’on puisse envisager de s’y établir, l’eau est peu accessible ou de qualité douteuse . Nous ne sommes pas difficiles , mais nous commençons vraiment à douter , jusqu’à ce que je repère une petite butte de terrain au dessus du chemin , juste à côté du ruisseau nommé Allt a’ Choire Chruim . Rien d’évident cependant . Nous décidons malgré tout de faire une exploration , franchissons une rigole , grimpons sur la butte, et là nous trouvons quelques emplacements, non pas parfaits, mais possibles . Sans plus hésiter , nous décidons de nous installer ici .

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Bivouac au dessus du loch Affric

Nous sommes toutes les deux fatiguées , Théodorine par son sac, et moi par mon sac et la bronchite que je peux désormais identifier avec certitude . Après une discussion de courte durée , nous choisissons l’emplacement de la tente entre trois possibilités voisines . Ce n’est pas idéal , ma sortie privée donne pratiquement sur les branches d’un arbuste , à moins qu’il ne s’agisse d’un arbre qui a connu une jeunesse très difficile ; le terrain est à la fois un peu pentu et spongieux . Théodorine va se charger du montage de la tente et moi de nous procurer de l’eau .
Les photos des lieux ont été prises le lendemain matin par Théodorine , alors que le soleil pointait à travers les nuages . Lorsque nous nous établissons, tout n’est que froid et humidité .

La pente par laquelle nous accédons à notre bivouac

Le vaste terrain de camping où nous choisissons un emplacement

La tente . Photo prise pour satisfaire la curiosité de Cyrus, un passionné du bivouac , qui tient à avoir une idée précise de nos lieux de camp .

Mousses sur les pentes de la butte . On apercoit la base de la tente sur la première photo .
Théodorine photographie avec passion mousses ,lichens et cailloux, pour leur intérêt scientifique et esthétique .Elle a passé sa journée à s’extasier sur les micaschistes .

Environs immédiats : les pentes, le ruisseau , les montagnes dominant la rive Nord du loch Affric (photo prise sur le chemin, au bas de la butte )

A suivre

En ce qui me concerne , je me rends au ruisseau pour capter de l’eau et la filtrer . J’ai acheté l’année précédente une gourde filtrante Katadyn . Idéalement, j’aurais dû y ajouter de l’hydroclonazone . Théodorine s’est chargée d’apporter l’hydroclonazone , elle est allée jusqu’à compter les comprimés pour s’assurer d’en avoir le nombre suffisant , mais elle ne les retrouve pas, tout comme le doliprane dont elle aurait besoin quand elle sera malade à son tour et craint de les avoir oubliés à l’occasion d’une vérification du contenu de son sac . Pour une raison que j’ignore , le filtrage me paraît beaucoup plus long que d’habitude . Je veux trois litres d’eau , pour nos besoins du soir et de la moitié du lendemain . Je ne suis pas très confortablement installée sur les pierres du torrent , je dois maintenir deux gourdes très molles, ce qui n’est pas très pratique, et surtout , je suis immobile et il se met à pleuvoir plus sérieusement alors que j’ai négligé de bien fermer mon gore tex . Ce n’est pas bénéfique pour mon état , je le sens .
D’autres que nous auraient peut-être bu cette eau sans la traiter ni la filtrer . Cela ne me paraît pas prudent . Nous avons plusieurs fois trouvé des cadavres d’animaux lors de nos randonnées bivouac en montagne . Il y a deux ans, nous sommes tombés par deux fois sur un cadavre de mouton en décomposition dans l’île de Harris, bien au dessus de toute habitation humaine . Aucun risque de trouver ici des moutons morts, en revanche , j’ai lu dans un compte-rendu de Walkhighlands qu’un hiver rude avait il y a quelques années provoqué la mort de très nombreux cerfs . Il n’est pas très sain de boire l’eau captée dans un cimetière …
Dès mon retour à la tente , nous avons décidé de manger sans attendre à la romaine, ,allongées dans nos duvets : purée mousline froide aromatisée avec le contenu du sachet d’une soupe minute, cheddar et pâte de dattes , en accompagnant le tout d’eau très froide .Nous avons plutôt bien dormi . En ce qui me concerne , j’ai malgré tout connu une mésaventure lors d’une sortie nocturne . Je n’'ai pas réalisé à quel point les branches du buisson étaient proches de ma sortie , j’ai de surcroît mal fixé les lanières des sandales qui me servent de pantoufles, je n’ai pas non plus perçu les pièges du terrain, et j’ai failli chuter sur la tente , en me rattrapant in extremis aux branches du buisson . Tout n’est pas forcément idyllique quand on pratique la randonnée bivouac .

A suivre

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Il est dix heures trente quand nous repartons le lendemain matin . Nous n’avons pas de grandes ambitions pour la journée . Au mieux, nous viserions Camban bothy . Nous ne sommes pas très loin d’Athnamulloch, dernier lieu où nous allons trouver des habitations, vraisemblablement d’utilisation temporaire (j’ai lu qu’il n’y avait là ni eau courante, ni électricité). Après Athnamulloch, nous entrerons dans la partie la plus sauvage , et selon moi la plus belle , de notre itinéraire .

Environs de notre lieu de camp, lorsque nous le quittons , par un temps typiquement écossais

Théodorine sur le chemin . Nous avons presque atteint l’extrémité du loch Affric .

A l’approche d’ Athnamulloch

A suivre

D’ Athnamulloch aux environs d’Alltbeithe

Athnamulloch , ce sont quelques maisons établies au carrefour de deux vallées . Il n’y a là pour ces maisons comme je l’ai dit précédemment ni eau courante ni électricité . Il n’y a pas non plus de réseau téléphonique . Mais c’est un lieu important , parce qu’il faut choisir entre deux directions . Si l’on continue tout droit vers le Sud Ouest en suivant l’orientation présente du Glen Affric Kintail Way , on entre dans le gleann na Ciche qui prend ensuite la direction plein Sud . Il y a d’abord un sentier mais la vallée se termine par un cirque . Pour en sortir, il faut franchir un haut col apparemment dépourvu de sentier avant d’espérer atteindre au delà le loch Cluanie . Un itinéraire qui ne me paraît pas évident sur ma carte Harvey .
La règle à suivre est de se tenir au plus près que possible de la rivière Affric en se dirigeant plein Ouest . Bientôt nous arrivons à une bifurcation où un poteau nous indique la direction Glen Affric Kintail Way . A vrai dire, je ne me suis guère posé de questions . J’avais étudié la carte au préalable, la visibilité était convenable et j’avais aperçu au loin le pont à franchir sur la rivière Affric dont nous suivrons ensuite jusqu’au bout le cours sur l’autre rive .

La rivière Affric et l’entrée du Haut Glen Affric . On devine au fond à droite Strawberry Cottage .

Le pont sur le rivière Affric . La photo du pont sur la rivière Affric est prise en regardant en arrière, tout près de Strawberry Cottage où nous avons brièvement discuté avec des randonneurs que j’ai interrogés sur les prévisions météorologiques.

Strawberry cottage est un refuge privé appartenant à l’An Teallach Mountaineering Club

Après avoir pris le temps de déjeuner, nous prenons la direction d’Allbeithe . Le paysage devient splendide, la vallée étant de part et d’autre dominée par des Munros

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A suivre

Vers Alltbeithe

Le chemin est très facile et sec . Nous avons de la chance dans ce domaine . Nous passons sans aucun problème de petits gués . C’est une succession de petites montées et de petites descentes , dans un cadre magnifique .

Nous marchons longuement dans une large vallée, comme c’est souvent le cas en Ecosse . Ce qui renouvelle l’intérêt, ce sont les changements de lumière , fréquents, selon que nous avons droit à une averse ou une éclaircie . Les montagnes du fond se rapprochent et on discerne de plus en plus nettement à l’horizon un carrefour de vallées, un lieu important pour la suite de notre parcours après Alltbeithe d’où l’on peut emprunter trois itinéraires, un vers le Sud, qui conduit à Cluanie Inn, un vers Ouest Nord Ouest et un autre vers le Sud 'Ouest , le nôtre , qui se dirige vers Morvich, au bord du loch Duich .

On voit apparaître ici au fond dans l’échancrure à gauche trois des soeurs de Kintail , qui dominent le glen Lichd dans lequel nous allons descendre le jour suivant.

Enfin, nous voyons apparaître Alltbeithe, l’auberge de jeunesse du glen Affric . Nous ne serions pas fâchées qu’il y ait de la place .Nous rêvons aujourd’hui d’un peu de confort . Ma bronchite ne s’améliore pas . Cela m’inquiète un peu . Je rêve de manger et de dormir au chaud . Nous n’avons pas réservé mais j’ai de l’espoir .

A suivre

Regard en arrière

Alltbeithe

Entre Strawberry Cottage et Alltbeithe, j’ai omis de rapporter deux faits importants à mes yeux . La rencontre de deux randonneurs que j’ai interrogés sur l’étape Alltbeithe Morvich . Je voulais savoir si la descente le long des chutes de l’Allt Grannda était périlleuse . J’ai lu en effet que celle du sentier des chutes de Glomach (j’en reparlerai plus loin ) était non seulement impressionnante , mais potentiellement dangereuse ) . Le plus informé des deux m’a dit qu’à ses yeux l’étape Alltbeithe Morvich ne présentait pas de problèmes, mais que jamais il ne prendrait celui des chutes de Glomach .
En revanche, il m’a dit qu’un risque d’“heavy rain” n’était pas exclu , et cela me fait conserver un peu d’inquiétude relative aux passages de gué pour l’étape suivante .
Nous avons un peu plus loin fait l’étonnante rencontre d’un groupe d’une dizaine de femmes d’un certain âge, plus jeunes que nous cependant , nous a-t-il semblé . Pas un seul homme dans le groupe . Elles paraissaient à la fois aimables, joyeuses et distinguées . Peut-être avaient-elles laissé ces messieurs préparer une compétition de golf ou une mortelle réunion universitaire . Il nous a plu en tout cas de les rencontrer , nous y avons vu un signe de l’émancipation féminine , le plus important peut-être , car il s’agit ici du droit à l’Aventure .

A suivre

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Alltbeithe

Alltbeithe est une petite auberge , vraiment perdue, pouvant accueillir un peu plus de 20 personnes, fermée pendant toute la mauvaise saison , à l’exception semble-t-il d’un lieu où ceux qui seraient victimes des intempéries pourraient s’abriter . Il y a deux bâtiments, situés à proximité l’un de l’autre , et la ruine d’une construction beaucoup plus ancienne . J’ai lu qu’on pouvait sur demande accéder aux toilettes et que l’on était autorisé à bivouaquer à proximité lorsque l’auberge est complète . Il est fortement recommandé de réserver à l"avance . J’avais envisagé de le faire mais , n’étant pas suffisamment sûre de nos projets , j’y avais renoncé .
Nous nous approchons donc de l’auberge , pleines d’espoir . Nous apprenons qu’elle est complète . Nous décidons donc, tout comme un couple de jeunes randonneurs, de nous installer à proximité .
Au bout d’un moment , un homme vient nous trouver et nous informe que nous devons nous installer plus loin . L’auberge est entièrement privatisée pour la nuit qui vient . Un groupe est attendu , Théodorine a compris qu’il s’agit d"un groupe de dames . Pour les toilettes, nous pouvons nous en servir tant que le groupe n’est pas arrivé . Je pense que celui qui s’adresse à moi est le responsable de l’auberge . Il m’aide gentiment à m’extraire d’un petit ruisseau que j’ai du mal à franchir en raison du poids de mon sac et de la hauteur de la berge . J’ai du mal à comprendre malgré tout que la vue de tentes de bivouaqueurs puisse offenser à ce point les regards d’un groupe de dames . D’où venaient -elles ? S’agissait-il de ces aimables ladies que nous avions rencontrées ? D’un congrès de féministes pures et dures ? Je crois que nous n’en saurons jamais rien , malheureusement pour notre curiosité .
Du coup, déçue, je n’ai pas photographié Allbeithe . Le jeune couple de bivouaqueurs a franchi la rivière Affric sur la passerelle qui permet sur l’autre rive de rejoindre l’itinéraire pour Cluanie Inn . Ils s’installeront donc en face , un peu en amont de la rivière . Pour notre part , nous prenons la direction de Camban bothy, située à 3,5 km de là mais nous nous arrêtons assez vite . Tout près du chemin, à côté d’un petit bosquet de bouleaux, près de la rivière,avec une vue splendide, le lieu de bivouac idéal nous appelle . Et il ne pleut même pas !
Nous nous installons donc rapidement , bien qu’il ne soit pas tard . Théodorine se charge comme d’habitude de l’essentiel du montage de la tente . Je crois bien que nous avons dû coopérer pour le filtrage de l’eau, l’accès à la rivière étant un peu plus difficile que prévu, la berge étant assez haute . Nous voyons passer sur le chemin quelques randonneurs qui nous saluent . Finalement , c’est la journée repos dont j’ai besoin .

A suivre

Comme il ne fait pas chaud, nous ne nous attardons guère à l’extérieur . Nous n’avons pas le courage de mettre en route le réchaud . Cela en vaut-il la peine pour la suite dans les Hébrides extérieures où nous allons viser plutôt des auberges de jeunesse ? Je crois bien qu’une fois de plus nous avons dû manger nos rations habituelles de purée froide aromatisée à la soupe minute , de cheddar et de pâte de dattes , allongées à la romaine comme d’habitude , non sans avoir pesté une fois de plus contre la difficulté d’ouvrir l’enveloppe en plastique d’un nouveau morceau de cheddar .
J’ai du baume du tigre , remède universel contre les douleurs diverses (cela peut être utile quand on dort dans les marécages si l’on a du mal à adopter la station verticale) mais aussi contre les rhumes, et toutes les affections des voies respiratoires . Je décide d’en faire un usage . Nous décidons ensuite de dormir . Je ne dirai pas qu’il s’agit d’un long repos nocturne, nous nous couchons avant la nuit et nous levons bien après le lever du jour qui a lieu très tôt en cette saison à cette latitude . J’ai pour ma part longuement dormi . Le lendemain , effet d’un long sommeil ou du baume du tigre , j’étais mieux . C’est Théodorine qui a commencé à prendre le relais en ressentant à son tour les premiers symptômes d’une bronchite, mais c’est elle qui s’est levée la première en exprimant son admiration pour le paysage de la veille qui nous est apparu sous un beau soleil .

A suivre

Des environs d’Alltbeithe à Glenlicht House

C’est maintenant le cinquième jour de notre voyage , un samedi . Nous sommes parties de Cannich le mercredi après-midi et nous projetons de prendre le bus à Shiel Bridge au delà de Morvich le lendemain pour revenir à Inverness . Notre but est de descendre dans la vallée de la rivière Croe, le glen Lichd, où un chemin carrossable nous conduira à Morvich . Une fois descendues dans cette vallée, nous ne devrions avoir aucun problème pour rejoindre la civilisation . Nous allons vraiment prendre notre temps, parce que rien ne nous presse . C’est le jour où nous aurons les paysages les plus variés et les plus spectaculaires .
Nous allons partir assez tard et prendre tout notre temps pour photographier les lieux .

On voit bien ici le bosquet de bouleaux qu’un grillage protège des attaques des cerfs . Il s’agit là vraisemblablement d’une tentative de reboisement .

L’eau de la rivière Affric est particulièrement limpide et Théodorine comme à son habitude va s’intéresser aux mousses et lichens .

Photos Théodorine

En zoomant sur l’image, on parvient à distinguer sur la rive opposée la tente du jeune couple de randonneurs qui comme nous a été expulsé la veille des environs immédiats d’Alltbeithe .

Après avoir pris tout notre temps, nous nous décidons à partir .

A suivre

L’emplacement de bivouac que nous avons choisi était vraiment l’un des meilleurs possibles . Nous progressons d’abord facilement sur un large chemin au bord duquel nous rencontrons encore quelques petits bosquets de bouleau qui bientôt disparaissent mais nous allons bientôt parvenir à un point crucial de notre itinéraire qui se situe dans une vaste étendue spongieuse et désolée caractéristique de l’état actuel de la majeure partie des Highlands

Il nous faut choisir dans cette plaine humide entre trois directions qui s’ouvrent devant nous comme on le voit sur cette carte :
https://www.walkhighlands.co.uk/maps/map6_4ln.shtml

Après avoir franchi une première passerelle et un premier cours d’eau , nous devons en franchir un second mais là le chemin a fait place à une simple trace dans le terrain humide . Nous avons de la chance parce que la visibilité est excellente, nous allons donc trouver sans mal le petit détour que nous devons effectuer pour trouver une seconde passerelle, à un kilomètre d’Alltbeithe en remontant légèrement le cours de l’ Allt Gleann Gniomhaidh avant de le redescendre pour la franchir et recommencer à remonter la vallée de la rivière Affric . Je n’ai pas besoin de sortir ma boussole, tant la visibilité est bonne et l’éponge que constitue le sol de ce secteur est (relativement) desséchée, ce qui ne constitue nullement la règle. Nous n’avons donc aucun mal à nous mettre sur la bonne voie où nous allons bientôt trouver un sentier bien marqué et plutôt sec .

![DSCN5254|666x500](upload://oINHMVG0yVG7sqQoQkqfKYsQwvd.jpeg
Regard en arrière . On aperçoit au loin un bosquet de bouleaux

Vallée de l’Allt Gleann Gniomaidh

Vallée de l’Allt a’ Chomhlain


Je crois bien que l’on voit là la direction que nous avons prise . Il me semble que ces sommets enneigés font partie des Five Sisters of Kintail .

Vallée de l’Allt a’ Chomhlain , itinéraire très spongieux qui conduit à Cluanie Inn sur la route du glen Shiel .

A suivre

Avant de reprendre le cours de l’itinéraire que nous avons suivi, en remontant le cours de la rivière Affric dont la vallée porte désormais le nom de Fionngleann,
Je vais revenir sur les directions que nous avons laissées de côté .

Au fond , vallée de l’Allt a’ Chomhlain (“allt” signifie rivière en gaélique )

En remontant cette vallée par un itinéraire très spongieux (bog factor 4 ), on atteint après avoir atteint la ligne de partage des eaux la vallée de l’An Caorann Mhoir où l’on trouverait un chemin correct conduisant sur la route du glen Shiel à un kilomètre environ en aval de Cluanie Inn . Cluanie Inn, ce n’est qu’un hôtel restaurant et un arrêt de bus, mais rares sont les lieux civilisés dans les Highlands . Donc Cluanie Inn est mentionné sur la carte Michelin .
En 2012 , lorsque j’étudiais les différents itinéraires possibles vers le Nord, avant de choisir le parcours Inverie Poolewe, j’avais envisagé qu’en partant de Kinloch Hourn , nous pourrions d’une manière que j’avais finalement jugée trop longue, suivre ce qui est décrit ici comme une étape d’une variante du Cap Wrath Trail . Je n’en avais aucune description en ce temps-là .

https://www.walkhighlands.co.uk/kintail/cluanie-morvich.shtml

J’étais donc cette année très curieuse d’entrevoir une partie de cet itinéraire . Finalement , nous avions opté pour un haut col dans la presqu’île de Glenelg pour rejoindre le loch Duich à Shiel Bridge près de Morvich .
Pour rejoindre à partir d’Alltbeithe Cluanie Inn , il aurait fallu franchir la passerelle sur la rivière Affric située au niveau d’Alltbeithe . Ce n’était peut-être pas très difficile à ce moment-là, le terrain étant plus sec qu’à l’accoutumée .

Nous avons en fait laissé de côté cette direction depuis la veille .

Je passe maintenant à l’autre vallée que nous devions éviter de prendre, ce matin .

On ne voit pas grand-chose dans cette direction , mais cela me fait beaucoup rêver . En suivant cette direction, on arrive en vue du loch a’ Bealaich et là un choix s’ouvre . Si l’on opte pour la direction Nord, on suit par un itinéraire qui doit être abominablement spongieux, vraisemblablement dépourvu de sentier, le cours de la rivière des chutes de Glomach et l’on rejoint le glen Echailg qui fait suite au loch Long, celui au bord duquel s’élève le village de Dornie, bien connu à cause d’Eilean Donan Castle. En revanche, si l’on choisit d’obliquer vers le Nord Ouest puis l’Ouest on rejoint Morvich par le bealach na Sgairne, un itinéraire bis entre Alltbeithe et Morvich . Si nous avions eu beaucoup de temps et si nous avions pu rester plusieurs jours à Alltbeithe, j’aurais bien aimé explorer ce secteur .
Les chutes de Glomach sont un passage classique et redouté du Cap Wrath Trail . Nous n’y sommes pas passés . Je n’ai pas voulu prendre la responsabilité de choisir cet itinéraire en 2012 . J’étais la plus mauvaise des quatre,et c’était moi qui concevais le parcours . Je pense que nous serions passés sans gros problème, nous avions l’habitude des passages vertigineux du Vercors et de la Chartreuse (je ne peux pas vraiment dire que j’aime ça, mais je passe s’il le faut vraiment ). Cependant je n’ai pas voulu courir le risque que nous ayons à y affronter de grosses intempéries . Je n’étais pas assez sûre de moi pour faire ce choix . S’il m’avait été imposé, j’aurais suivi , parce qu’une fois engagé, il faut bien s’en sortir !

https://www.walkhighlands.co.uk/kintail/morvich-maol-bhuidhe.shtml

Notre itinéraire ,quant à lui , va d’abord nous conduire à Camban bothy .

  • Carnet de voyage *Du Knoydart à la Fisherfield Forest *

A suivre

Camban bothy

Une (ou un ? ) bothy, c’est dans les Highlands une cabane de montagne . Beaucoup sont entretenues par la Mountain Bothies Association

Mais il existe aussi des cabanes de chasseurs . Dans le cas de Carnmore bothy, dans la Fisherfield Forest, il s’agit seulement d’une ancienne étable mise à la disposition des randonneurs et grimpeurs par le propriétaire du domaine de Letterewe .
Camban bothy, comparée à d’autres , est confortable . Il y a des couchettes superposées et pas seulement un ou des bas -flancs ou rien du tout . Luxe suprême , on y trouve des toilettes à l’extérieur, accessibles par une petite descente assez pentue qui doit nécessiter quelques précautions en cas de sortie nocturne . Nous n’y avons pas dormi, comme je l’avais un moment envisagé . Notre lieu de bivouac était parfait et, s’il n’y a ni grosse pluie ni grand vent , on est plus au chaud finalement à plusieurs dans une tente . La chaleur animale dégagée par les personnes qui l’occupent y est moins dispersée que dans une cabane qui a conservé quelque chose du froid glacial de l’hiver . D’autre part, le paysage , devant Camban bothy, est très beau , mais tout de même très austère . Si les circonstances avaient été différentes, j’y aurais dormi très volontiers . Cela m’aurait rappelé le confort rustique que j’ai connu étant enfant en vacances dans mes Highlands cantaliennes, où il n’y avait pas l’eau courante, où les toilettes étaient à l’extérieur et où le feu allumé dans le cantou n’empêchait pas l’eau bouillante de bientôt geler sur la table quand il faisait bien froid . J’en ai la nostalgie mais le confort s’est imposé partout , même contre votre gré sous prétexte d’économies d’énergie ou de protection de l’environnement . Les cabanes branlantes telles que celles qu’affectionnait dans les montagnes françaises Robin Hood de Fontainebleau Sherwood , où, en hiver, pour avoir de l’eau, il fallait faire fondre la neige, et les bothies écossaises m’ont fait retrouver une simplicité archaïque désormais disparue .

Moi Calamity, assise par terre . Nos deux sacs occupent le banc . Il est beaucoup plus facile après aux mules de repende leur chargement .

A suivre

Nous avons bien entendu poussé la porte et entrepris la visite de l’intérieur .

La cabane est déjà visiblement occupée par une personne momentanément absente qui y fait sécher ses chaussettes . A l’extérieur, nous avons rencontré un couple d’âge mûr qui comme nous a fait une pause à la cabane .

Recommandations touchant le bon usage de la cabane et des toilettes

Revenons maintenant à l’extérieur

Fragment de roche . Photo Théodorine

Photo Théodorine

Derrière la cabane

A proximité immédiate de la cabane , les vestiges d’un ancien village montrent qu’ici aussi comme partout dans les glens déserts des Highlands, les Clearances ont fait leur oeuvre.

Chalet de nécessité . La photo atténue beaucoup la raideur de la pente . Au fond part sur la droite la vallée qui permet de rejoindre Cluanie Inn .

Ces toilettes sont extrêmement propres . Les bothies écossaises ne sont fréquentées que par de vraies ladies et de vrais gentlemen bien éduqués .
En l’absence de ce type d’édifice d’intérêt public, il est explicitement demandé de respecter sur cette question le Scottish Code Access Outdoor.

Where to go in the great outdoors - Mountaineering Council of Scotland | Scottish Outdoor Access Code

Je pense donc avoir donné sur cette question que certains pourront juger triviale , bien qu’elle soit fondamentale, toutes les précisions nécessaires .

A suivre

De Camban bothy aux abords de Glenlicht House

Après avoir pris le temps de déjeuner au soleil devant Camban bothy, nous reprenons notre route . Nous devons d’abord accéder au point culminant de notre parcours, à peine plus haut que Camban bothy , à 335 mètres d’altitude environ . Mais comme souvent en Ecosse, malgré la faiblesse de l’altitude, on a vraiment l’impression d’être en montagne . Le sentier est bien tracé mais les averses vont rendre le parcours moins plaisant qu’il n’aurait pu l’ être .
Au bout d’un kilomètre et demi à peu près, nous atteignons donc ce qui peut passer pour un col , sur la ligne de partage des eaux entre Atlantique et Mer du Nord . J’ai lu quelque part que tout ce secteur est le château d’eau de l’Ecosse, qui dans l’ensemble pourtant n’en manque pas … Après commence la descente, spectaculaire, sur le Glen Lichd .

Au fond, les Soeurs de Kintail qui dominent le glen Shiel et l’extrémité du loch Duich .

Au fond, les Soeurs de Kintail, vues de la crête du Meallan Odhar, sur l’autre versant du glen Shiel . Photo 2012 , étape Kinloch Hourn Shiel Bridge par le bealach Coire Mhalagain du Cap Wrath Trail

Les Soeurs de Kintail domainant le loch Duich vues de la route entre Ratagan et Shiel Bridge , sur la rive du loch opposée à Dornie et Eilean Donan Castle . Photo 2012

A suivre

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