Bonjour,
Je commence aujourd’hui le de nos dernières aventures écossaises , une traversée pédestre d’Est en Ouest du Mainland, de Cannich à Morvich et Shiel Bridge, suivie d’une nouvelle incursion dans les Hébrides extérieures qui nous a conduites dans l’île de Lewis et Harris et à Berneray .
Jusqu’à notre accès à Eurostar, nous avons pu croire ce projet maudit, nous, c’est-à-dire mon amie Théodorine, seule à me suivre désormais dans ce genre d’expéditions, les autres ayant jeté l’éponge saturée d’eau des Highlands *. Je l’appelle Théodorine, en souvenir de Théodore Monod, parce qu’elle est naturaliste de formation et qu’une telle référence la flatte .
Initialement, nous devions partir au printemps dernier . Tout était prêt, les réservations faites, jusqu’à celle d’une excursion à Saint Kilda . Un mois avant le départ , Théodorine s’est fait une mauvaise fracture de la cheville, un accident stupide , chez elle . Nous sommes parties à l’automne dernier . Un projet moins ambitieux, plus adapté à des jours beaucoup plus courts, et à une météo moins favorable , consacré à l’île de Skye et à Raasay sa voisine . Ce fut un voyage raté , néanmoins instructif, car nous y avons vécu la tempête Amy et mieux perçu ce dont la météo écossaise était capable . Cela ne nous a pas pour autant découragées de reprendre notre projet initial car nous sommes toutes les deux d’une obstination( presque ) sans bornes .
Pour nous tester , nous avons décidé de faire quelques jours de randonnée bivouac en France en hiver, sur un itinéraire de Compostelle, entre Figeac et Rocamadour, projet dont la réalisation a été différée au dernier moment, lorsqu’on nous a avisées, quelques heures avant notre départ, que notre train était supprimé en raison des inondations . Lorsque nous sommes enfin parties, j’ai négligé le précepte que doit suivre tout fantassin, celui de prendre le plus grand soin de ses pieds . J’ai fini quasi estropiée , encore incapable de supporter des chaussures fermées une semaine avant le départ prévu pour l’Ecosse que je craignais de devoir annuler .
La situation s’est rétablie . Nous avons préparé chacune de notre côté notre sac à dos, Théodorine à Paris, chez elle , moi à la campagne chez Cyrus . La veille de notre départ matinal par Eurostar, Cyrus m’a déposée dans la ville où je prends le train où je devais suivre une leçon de musique , juste avant mon retour à Paris . J’ai découvert alors en consultant mon téléphone un mail m’informant que le service des visas et de l’immigration du Royaume Uni n’avait pas trouvé trace de l’ETA en bonne et due forme que je possède depuis un an et dont j’ai déjà fait usage, et que je risquais donc de n’être pas autorisée à voyager . Atterrée, j’ai informé Théodorine , et j’envisageai de renoncer pour toujours à
l Ecosse . Je ne voulais plus entendre parler d’un pays où, sous prétexte de dermatose nodulaire bovine, on vous interdit d’entrer avec le moindre morceau de fromage ou de saucisson, où le passeport est nécessaire, mais non suffisant, et où l’on vous déclare en situation irrégulière alors que vous possédez une ETA en bonne due et forme .
Je pensais malgré tout essayer d’obtenir des explications à la gare du Nord .
A suivre
- J’ai raconté dans le carnet de voyages intitulé Dans les *Highlands du Nord Ouest ou comment la montagne accoucha de quatre souris trempées * les aventures calamiteuses qui conduisirent notre Whymper et Cyrus Smith Mac Gyver à renoncer aux tourbières écossaises .



























































































