D'Est en Ouest, du glen Affric Kintail Way aux Hébrides extérieures

Forum Écosse

Théodorine n’a pas formulé le désir d’emprunter la chaussée jusqu’au bout . Nous tournons le dos au rêve, incapables de maîtriser des aspirations plus terrestres . Le vent du large creuse les appétits au sommeil précaire et il nous est très difficile de résister à l’attrait du Berneray Shop and Bistro . Robin Hood de Fontainebleau Sherwood était souvent choqué et déçu par les préoccupations des membres de sa bande d’outlaws . Il jugeait normal de nous faire dormir à la belle étoile sur des crêtes ventées pour nous faire admirer le coucher du soleil , alors que nous redoutions le contact des rochers acérés avec nos vertèbres, fussent-elles protégées par nos matelas en mousse et nos duvets ; il nous disait souvent avoir été fort déçu le jour où les membres de la troupe (je n’étais pas de la partie cette fois-là ) avaient refusé, à une écrasante majorité, de dormir encordés à des arbres dans le jardin de Chamechaude , un espace fort incliné si ma mémoire est bonne , et nous traitait de "ventres purs " chaque fois que nous lui rappelions qu’il serait opportun de nous arrêter pour manger . Je dois avouer que je redoutais souvent le pire lorsqu’il parlait de bivouac "avec paysage ", ma préférence personnelle allant à des terrains plats, avec le torrent à côté pour la boisson, la cuisine et la vaisselle, et un petit bois pour les commodités .
Parvenues dans le lieu de la tentation, nous y trouvons facilement de la place , l’heure étant plus favorable que la veille . Cette fois, nous nous laissons tenter par les gâteaux que nous avions toutes les deux remarqués la veille , sans en parler, et nous les accompagnons d’un rituel grand café au lait , apprécié par ce beau temps froid .

Ces gâteaux sont bons, à la hauteur de nos attentes . J’aurais seulement préféré une couche de sucre glace un peu plus fine , n’étant pas très portée sur le sucre en général .
Pour ce genre de gâteaux, la palme revient encore pour moi à ceux de Raasay House .
Nous estimant suffisamment nourries , nous nous rendons au commerce attenant où nous achetons des légumes surgelés , le seul fruit frais que j’y observe est un avocat solitaire . Nous avons déjà remarqué il y a deux ans l’omniprésence des avocats dans les commerces d’alimentation de Lewis et Harris , mûrs à point de surcroît , ce qui reste pour nous un mystère . Je plaide une nouvelle fois pour l"achat de boudin noir de Stornoway . Je dois dire qu’une fois encore , je n’ai pas été vraiment convaincue, sans doute prisonnière du souvenir des boudins fabriqués à la ferme que j’ai connus dans mon enfance et de ceux que j’achète actuellement au marché d’Aurillac , vrai temple de la gastronomie rurale . Mais je m’abstiens de plaider pour l’achat de scones à la pomme de terre et de coquilles Saint Jacques pour accompagner ce “black pudding”, ne jugeant pas strictement nécessaire de recréer l’audacieux mélange que j’ai pu tester deux ans plus tôt au foodtruck de Tarbert * .
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  • Accompagné d’un morceau de pudding passablement bourratif, cela mit pourtant fin à la famine dont je souffrais cruellement lors de notre retour dans la capitale de Harris . Voir à ce sujet Lewis et Harris . Bog, famine et tweed . Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de tester à nouveau ce foodtruck providentiel , l’auberge de jeunesse de Tarbert étant définitivement fermée .

A suivre

Nos courses terminées, nous reprenons le chemin de l’auberge , avec l’idée de nous promener ensuite vers le Nord à partir de l’auberge et si possible de rejoindre la côte Ouest . Nous aurions été mieux inspirées en nous dirigeant dès maintenant vers l’Ouest mais je n’arrive pas à me connecter à internet pour consulter Walkhighlands et la carte Ordnance Survey au 50000ème est trop peu précise pour que je puisse faire un choix éclairé .J’y vois des indications de marécages qui ne me tentent guère , sachant d’expérience ce que peut signifier “boggy” dans les Hébrides extérieures , d’autant plus que je suis chaussée de sandales . Nous empruntons donc une fois de plus la route , Théodorine faisant comme à son accoutumée des découvertes intéressantes .

Photos Théodorine

Elle va s’intéresser tout particulièrement à un toit de chaume que deux ouvriers sont en train de réparer ,ce que nous avions déjà observé la veille . Malheureusement ,elle n’arrive pas à voir l’outil avec lequel ils travaillent , celui pense-t-elle qu’employait son grand-père .

Une réfection de la toiture ne suffirait pas pour cette résidence en bord de mer .

Au fond, les “hills” de Harris

Pâturages et cultures sur le machair
Trés loin dans la brume, on discerne au loin à l’arrière-plan en zoomant sur l’image la côte d’une île qui ne peut être que Skye.

Arrivées dans notre gîte, nous nous octroyons une pause avant de repartir . Nous avons tout de même fait au final près de 9 kilomètres pour nous rendre au port , au point de départ de la chaussée, boire un café au lait et manger une part de gâteau . L’important pour le lendemain , c’est que non seulement nous connaissons l’heure théorique* de départ du ferry mais que nous connaissons le temps nécessaire pour parcourir la distance entre le lieu où nous embarquerons et ce lieu de perdition qu’est le Berneray Bistro .

  • Heure théorique , tout comme l’heure d’arrivée . Avec Calmac comme avec la SNCF, tout est possible .

A suivre

Notre objectif pour le reste de la demi-journée est de suivre la côte le plus longtemps possible en direction du Nord . Nous allons donc reprendre la direction que j’ai suivie la veille d’abord par le chemin herbu puis en suivant la route qui lui est parallèle . Un panneau porte la direction Beinn Ghainche , autrement dit celle d’un sommet . Or un sommet , même très modeste peut offrir des vues remarquables , nous en avions fait en 2015 l’expérience lors de notre voyage dans les Small Isles en gravissant le petit sommet de l’île de Muck .
Nous longeons donc agréablement la côte . C’est un joli parcours où la route est bordée de part et d’autre par le machair .

Photos Théodorine
Nous arrivons malheureusement à un cul -de-sac et nous ne pouvons plus suivre la côte . Nous cherchons à monter sur la colline qui nous fait face et sur laquelle nous voyons distinctement un cimetière . Malheureusement les chemins qui conduisent en direction de la colline sont soit barrés, soit nous paraissent traverser des fermes . Nous n’avons pas osé passer et nous sommes finalement revenues tranquillement à notre gîte , un peu déçues de ne pas avoir réussi à atteindre le sommet de l’île de de ne pas être descendues sur la célèbre plage de la côte Ouest . Malgré tout la vue dont nous jouissions pouvait déjà suffire à nous combler .

Nous nous sommes demandées un moment si nous n’avions pas vu passer au loin une baleine dans le détroit de Harris . Nous avons cru voir une masse sombre et un panache d’écume . Peut-être, de la même façon que j’avais cru voir étant enfant le Père Noël dans le ciel, avons-nous pris nos désirs pour des réalités .

Je pense qu’il s’agit à l’horizon de l’île de Skye

Photos Théodorine

Nous n’avons assurément pas accompli d’exploit, nous n’avons guère changé d’horizon, même si les couleurs changent au gré des heures , mais ce fut une très belle journée .

A suivre

Le lendemain matin, notre objectif est de nous rendre au port . Avec nos gros sacs, il nous faut bien compter une heure de marche, nous comptons plus parce que nous avons l’intention une fois de plus de flâner . Nous voulons arriver au port en avance, pour être sûres de ne pas rater le ferry car nous voulons rejoindre le soir même Stornoway . Le ferry devrait partir à 13 h30 . Nous devrions arriver une heure plus tard à Leverburgh, prendre aussitôt un bus pour Tarbert . Le dernier bus pour Stornoway part à 16h25 et nous souhaitons vraiment ne pas le manquer . Mais surtout, nous voulons une fois de plus nous arrêter au Berneray Shop and Bistro ,ne sachant pas ce qui nous attend pour le reste de la journée .
Avant de faire nos adieux à l’auberge de jeunesse de Berneray, ce lieu si accueillant, où nous reviendrions très volontiers, nous prenons un petit déjeuner gastronomique à la Vache qui rit , qui a pour immense vertu de tenir lieu à la fois de fromage et de beurre . La question du beurre est fondamentale en randonnée bivouac en autonomie .Soit le beurre est trop dur , et impossible à tartiner , surtout sur du wasa léger friable, soit il est trop mou, pire même , il fond, et c’est la catastrophe assurée . Du beurre fondu partout , sur les doigts, sur les vêtements, sur tout ce qui traîne là on ne sait pas pourquoi, et Dieu sait tout ce qui peut en pareil cas traîner en bivouac autour de personnes qui préfèrent ce que Bergson appelle l’ordre vital à l’ordre géométrique ! La lecture d’une seule page de Bergson suffit à me donner une crise d’allergie , à l’exception de la distinction de ces deux types d’ordre . Je ne me prive pas de rappeler cette distinction à Cyrus, chaque fois qu’il range abusivement mes affaires ou qu’il qualifie de désordre une répartition parfois aléatoire mais finalement très fonctionnelle de mon fourbi . Pourtant, je n’ai jamais rien eu contre la géométrie, tant qu’elle reste à mes yeux, à sa place, dans l’abstraction pure où l’on n’a jamais affaire à la perfide rébellion des choses .
Seuls les randonneurs bivouaqueurs peuvent comprendre l’importance de ce développement mais la question du beurre est vraiment un problème difficile . Après des essais consternants avec divers ersatz de beurre censés faciles à tartiner , la meilleure solution qui avait été trouvée par la bande de Robin Hood ( malheureusement elle ne vaut que par temps froid ) était de trouver une personne suffisamment dévouée pour dormir avec le beurre enveloppé avec toutes les précautions requises jusqu’à ce que le petit déjeuner soit servi . Langue de Vipère, membre éminent du Comité Central de la bande de Robin Hood s’en chargeait volontiers . Je l’ai eu fait occasionnellement, en compagnie de Cyrus , par temps très froid . J’ai le souvenir d’un jour , où bivouaquant en Février par - 17 dans les environs de Sisteron, j’avais accueilli dans mon duvet beurre, dentifrice , réchaud muni de sa cartouche de gaz et même chaussures . Je suppose que c’est là l’une des raisons pour laquelle on conseille toujours de choisir des duvets sarcophages de dimension supérieure à celles qu’on choisirait spontanément en se référant seulement à la taille de leur propriétaire .

A suivre

Pour la dernière fois , nous reprenons la route qui relie l’auberge de jeunesse au port du ferry .
Nos sacs étant plus légers que sur le Glen Affric Kintail Way, nous marchons plus vite que je ne le pensais , vraisemblablement aussi parce que nous nous sommes reposées . Il fait beau , nous profitons une dernière fois de la vue sur la mer et les autres îles . Nous nous arrêtons dans un parking pourvu de poubelles pour nous débarrasser de ce que nous avons oublié de jeter . Il y a là un camping car en stationnement . Nous voyons soudain ,alors que la matinée est déjà bien avancée, une femme corpulente en sortir, vêtue d’une sorte de babygros géant aux motifs d’une laideur inconcevable . Sans doute avait-elle raison de ne pas être complexée . Je suis moi-même capable de m’habiller avec un soin qui m’assure trop souvent une élégance proche de celle d’ un épouvantail et de sortir de la maison le cheveu en bataille , Théodorine aussi , au désespoir et à l’indignation de mon Cyrus et de son époux . Mais jamais, me semble-t-il , on n’aurait pu acheter en France quelque chose d’aussi laid , même sur le pire des marchés . J’ai été étonnée par ailleurs de voir à Inverness et Stornoway des cheveux rouges ou verts fluorescents, et des piercings que je n’aurais jamais imaginés, sur une jeune femme fort aimable et serviable arborant une douzaine de piercings sur les lévres et une longue chevelure bicolore, brune d’un côté, jaune de l’autre . Je ne dis pas que les Ecossaises en général ne sont pas élégantes, ni que les Parisiennes brillent forcément par le bon goût mais je dois avouer que j’ai été plusieurs fois stupéfaite .
Peu après , nous arrivons au Berneray Shop and Bistro auquel nous allons faire des adieux dont j’espère qu’ils ne seront pas définitifs . Chacune de nous deux commande une soupe et un café au lait accompagné de toasts . La soupe est bonne , comme tout ce que nous avons mangé à Berneray .

Théodorine s’intéresse au papier peint et admire le soin avec lequel il est posé . Nous nous amusons à essayer de discerner les raccords . Il faut avouer que nous avons encore une sérieuse marge pour arriver à temps au ferry . Désoeuvrées , nous profitons autant qu’il est possible de ce moment de confort .

Photo Théodorine

La sagesse finit cependant par nous décider à nous rendre au port .

A suivre

La route qui nous conduit au port parvient bientôt à un carrefour où nous tournons à gauche avant de laisser peu de temps après sur notre droite la route qui conduit à la jetée reliant Berneray à Nord Uist .

Très peu de temps après nous arrivons à notre but .

A droite la chaussée reliant Berneray à Nord Uist

Parler d’un port comme je l’ai fait jusqu’ici est inexact , c’est un simple lieu où les ferries embarquent et débarquent véhicules et passagers . Il y a seulement un bâtiment où se trouvent notamment salle d’attente et toilettes . Nous ne pouvons pas y acheter de billets, il faudra comme à l’aller payer sur le bateau . Ce qui porte le nom de Harbour sur la carte est situé plus au Nord , entre l’auberge de jeunesse et le Berneray Shop and Bistro . Je pense qu’il s’agit du port où accostent les bateaux de pêche .
Pas mal de voitures attendent . Je me demande si elles vont toutes trouver place sur ce ferry , le loch Brhusda , dont la capacité est limitée . Comme il y a beaucoup de vent , un vent plutôt glacial, nous nous réfugions dans la salle d’attente, tout en sortant périodiquement pour surveiller l’évolution de la situation . Le ferry n’arrive pas . Je crois bien qu’il avait une demi-heure de retard , alors que nous avions encore deux bus à prendre pour rejoindre Stornoway .
Prendre un ferry , c’est toute une affaire . Les voitures embarquent d’abord, puis les cyclistes et enfin les piétons . Tout cela prend pas mal de temps et à l’arrivée, le même ordre est respecté . Je ne suis pas sûre que toutes les voitures qui attendaient ont trouvé place sur le navire , j’étais trop occupée à notre propre embarquement . J’ai seulement observé que le premier véhicule à embarquer et débarquer appartenait au NHS, c’est-à-dire au service national de santé .

A suivre

Nous quittons donc Berneray, à regret . nous ne sommes pas allées sur l’immense plage de l’Ouest dont il s’écrit que la photo aurait été utilisée pour promouvoir le tourisme en Thaïlande . Nous n’y avons donc pas vu les phoques qui en auraient fait leur résidence favorite . Théodorine a seulement eu la chance d’apercevoir une loutre la veille au soir , à proximité de l’auberge . Je reviendrais aussi volontiers à l’auberge de jeunesse de Berneray comme base pour visiter Nord Uist, un arrêt de bus pour Lochmaddy est situé à proximité . Cela doit être possible , en faisant attention aux horaires .
Pendant la haute saison touristique, il doit y avoir beaucoup plus de monde , en particulier avec tous les cyclistes qui font l’Hebridean Way . Est-ce à dire que Berneray ait à craindre le surtourisme ? Je ne le pense pas . Il y fait froid, les jours y sont très courts pendant la mauvaise saison , il y a beaucoup de vent , il n’y a que peu d’hébergements, et surtout il faut s’y rendre . Deux ferries au départ du Mainland si l’on passe par Lewis et Harris, un seul si l’on passe par les Uists, îles pour lesquels les ferries, moins nombreux, sont les premiers à être supprimés, surtout pour ce qui concerne la ligne Mallaig Lochboisdale, capitale de Sud Uist . Un trajet en ferry avec un véhicule ,cela suppose une réservation, peut-être longtemps à l’avance , la traversée peut être ajournée ou supprimée , et c’est toujours au final assez long. Sans véhicule, on s’adapte plus facilement , mais il faut une certaine motivation pour se lancer dans cette aventure et il ne faut pas être pressé. Quant à la version pédestre de l’Hebridean Way, je ne pense pas qu’elle puisse jamais attirer les foules du Tour du Mont Blanc ou seulement du West Highlands Way . Il faut vraiment aimer le bog écossais, et le vent , pour s’y risquer .

A suivre

Le retour sur Leverburgh m’a paru fort long . Je dirai ensuite à Théodorine que nous avons traversé l’Océan Pacifique . Le détroit de Harris est encombré d’îlots et de récifs qui ne sont pas tous visibles . Nous ne sommes pas montées sur le pont, cela aurait peut-être été possible, mais le vent glacial qui soufflait déjà à terre nous en a dissuadées . Je vais me contenter de regarder à travers les vitres sales du navire et de photographier quelques unes des nombreuses balises qui jalonnent l’itinéraire en permettant d’éviter les obstacles . Certaines traversées permettent de comprendre assez facilement le destin de l’Invincible Armada de Philippe II d’Espagne sur les côtes de l’Ecosse . Je ne peux m’empêcher d’autre part de songer à ce qu’il pourrait advenir d’un gros paquebot de croisière entre Leverburgh et Berneray . Les croisiéristes peuvent débarquer à Stornoway où une nouvelle jetée peut les accueillir, en quelques heures ils se rendent en bus spécialement affrêté au Butt of Lewis, à Callanish , au village de blackhouses de Garenin et à Luskentyre . Pourront -ils dire qu’ils connaissent ce monde que sont les Hébrides extérieures dont nous avons tout juste entamé il y a deux ans la connaissance ?

Il est 14h35 lorsque je prends cette dernière photo où je pense pouvoir identifier la tour visible à l’horizon qui serait le clocher de l’église de Rodel C’est l’heure à laquelle part le bus pour Tarbert qui assure la correspondance avec le ferry . Nous sommes encore loin d’accoster . Lorsque nous débarquons, enfin ,le bus n’est plus là .

A suivre

Deux jours plus tôt lorsque nous avions pris le ferry, nous n’avions pas eu le temps d’examiner où se trouvait l’arrêt du bus. Rien ne le matérialise . Une jeune femme que j’avais repérée à l’auberge de jeunesse , attend le bus , elle aussi veut se rendre à Stornoway, mais elle nous dit qu’il n’y a pas d’arrêt indiqué . Nous remarquons seulement la présence d’un abri pourvu de toilettes, manifestement dédié à l’accueil des passagers du ferry , mais aucune indication relative à l’arrêt de bus .
Finalement , nous entrons dans une sorte de commerce , ou de dépôt , nous n’avons pas su , où il semble y avoir pas mal d’objets anciens, comme s’il s’agissait d’une brocante ou d’un magasin d’antiquités . Nous avons vraiment ,avec nos gros sacs, l’allure d’éléphants dans un magasin de porcelaine et nous sommes assez gênées . Mais de très souriantes dames fort distinguées sont là et elles nous indiquent de façon claire où nous devons attendre . Le bus pour Tarbert doit arriver dans une vingtaine de minutes mais alors que celui que nous avons manqué passait par la côte Ouest et Luskentyre, une belle route avec des vues magnifiques sur les plages de Northon, Scarista, Horgabost , Seilebost et Luskentyre , ce bus , le dernier qui assure la correspondance avec le bus pour Stornoway emprunte la Golden Road, la route de la côte Est .
A notre grand soulagement , le bus est là à l’heure dite . Nous avons déjà emprunté la Golden Road il y a deux ans, mais dans l’autre sens , entre Tarbert et Rodel, avant de nous lancer sur la mémorable étape Leverburgh Seilebost de l’Hebridean Way * .
La Golden Road porte ce nom en raison des sommes astronomiques qu’il a fallu dépenser pour la construire . Alors que la route de la côte Ouest est une route confortable , construite sur le machair , la côte Est est extrêmement rocheuse , et là où le rocher n’affleure pas , ce ne sont , à l’exception de minuscules espaces, que des marécages couverts de bruyère . Nous avions été contraintes de planter la tente sur un terrain de ce genre lors de notre dernière nuit de bivouac sur l’île de Harris , deux ans plus tôt . Les Clearances ont chassé les paysans de la côte Ouest , au fertile machair sur lequel on peut élever vaches et moutons, sur cette côte Est stérile . Il y a deux ans, nous avions été sensibles à la beauté de ces criques rocheuses et de ces petits lochs sertis entre les rochers en arrière de la côte . Aujourd’hui, bien que le passage devant l’église de Rodel nous évoque de bons souvenirs et que le temps clair nous permette de voir distinctement une bonne partie de la côte Ouest de Skye, tout ne nous paraît que désolation .
La route est très étroite, les virages sont très nombreux, il y a des côtes raides . J’ai l’impression que le trajet, agrémenté de nombreux cahots , n’en finit pas . Le bus est arrêté par deux fois par un mouton . Le premier lui barrait la route et n’avait visiblement pas l’intention de déménager, le second était carrément couché au milieu et ne s’est finalement levé qu’avec beaucoup de mauvaise volonté .
C’est avec soulagement que nous arrivons enfin à Tarbert où nous montons bientôt dans le dernier bus du jour qui part pour Stornoway .

Sur la Golden Road . Photo 2026

Eglise de Rodel Photo 2024

Golden Road de Tarbert à Rodel . Photos 2024

  • Voir à ce sujet Lewis et Harris . Bog, famine et tweed

A suivre

Le trajet Tarbert Stornoway, par une route que nous commençons à bien connaître s’effectue sans problème particulier . Le seul fait marquant est la montée de deux randonneuses chargées, gros sacs à dos et tente . Je les soupçonne de parcourir l’ Hebridean Way . Lorsque nous descendons au terminus de la ligne, à la gare routière de Stornoway, nous les voyons, beaucoup plus jeunes et plus rapides que nous , se diriger vers le Heb Hostel où nous espérons passer encore une fois la nuit . Lorsque nous sonnons à notre tour à la porte , nous apprenons que l’auberge est "very busy " . J’envisage la nécessité de nous replier sur le camping de Laxdale , dans les faubourgs de la ville , mais comme nous avons une tente, on nous propose de nous établir dans le joli jardin de l’auberge sur la pelouse , au pied des rhododendrons en fleur . Nous y avons des voisines, les deux jeunes femmes arrivées avant nous .Ce sont deux Allemandes , venues d’Allemagne en chemin de fer . Elles sont en train de terminer l’Hebridean Way . Elles n’ont pas fini mais comptent reprendre le bus le lendemain pour faire la dernière étape , en logeant le soir au Heb Hostel .

Le tarif pour la nuit sur la pelouse est la moitié de celui de la nuit en dortoir . Nous avons accès à la cuisine ,au salon , aux sanitaires . Nous réservons immédiatement pour une seconde nuit . Nous aussi nous effectuerons le lendemain un aller -retour .

A suivre

Une fois installées, nous faisons une nouvelle visite au Tesco où nous achetons pour la seconde fois des légumes surgelés ,et des framboises insipides , mais aussi , pour la première fois, du saumon fumé . Nous continuons à vivre dans le luxe . Nous retrouvons à l’Heb Hostel les premières personnes que nous avions rencontrées à l’auberge de jeunesse de Berneray, l’Allemande qui faisait à pied l’Hebridean Way, le cycliste et aussi la famille constituée du père, du fils et du grand-père . Il ya a aussi là une jeune musicienne et un jeune enseignant néo-zéIandais fort sympathiques avec lesquels nous avions parlé avant de partir pour Berneray .Il semble que ceux qui s’intéressent à l’Hebridean Way utilisent désormais beaucoup le bus pour se rendre au point de départ de leur étape et pour revenir à leur hébergement une fois qu’ils l’ont terminée . Les Hébrides extérieures ont trop peu d’hébergements adaptés aux randonneurs à vélo et à pied . Avec le disparition d’Am Bothan Bunkhouse et de l’auberge de jeunesse de Tarbert , la situation devient difficile . Les terrains favorables au bivouac sont rares sur Lewis et Harris, les campings officiels n’acceptent trop souvent que les camping cars . Le camping d’Horgabost , qui n’est tout de même pas immense, est une heureuse exception . Les horaires des bus ne sont pas optimaux pour les randonneurs . Départs trop tardifs de Stornoway , retours trop tôt dans l’après-midi , départs trop matinaux à partir de Tarbert pour aller à Huisinis . J’ai trouvé d’autre part que la fréquentation de la ligne Stornoway Tarbert avait sensiblement augmenté depuis deux ans . Qu’en sera-t-il l’été , en pleine saison touristique ?
Les Hébrides extérieures semblent actuellement susciter de l’intérêt . S’y rendre n’est malgré tout pas ce qu’il y a de plus facile . Il faut prendre une marge de sécurité pour la durée du voyage , il faut trouver de quoi se ravitailler et un lieu pour dormir . Le climat des Hébrides extérieures est par ailleurs assez spécial . Les hébergements autres que les auberges de jeunesse ne m’ont pas paru si nombreux et de surcroît ils sont chers . Je n’apprécie pas du tout les invasions touristiques mais il y a bien pire , me semble-t-il, que celle des randonneurs à pied et à vélo , qui se contentent de peu , à partir du moment où ils peuvent trouver de quoi manger et ou dormir et qui ne peuvent pas être si nombreux, avec de tels terrains et un tel climat . Ils peuvent contribuer à maintenir ou développer commerces locaux et transports en commun .A en juger par leur comportements dans les auberges de jeunesse , ils sont respectueux des règles . Est-il souhaitable de ne jouer que la carte des camping cars et des croisiéristes; alors qu’il s’agit de formes de tourisme beaucoup plus invasives ? Nous avons observé beaucoup de maisons en ruine . Serait-il si difficile d’en transformer certaines en bothies, pas des bothies de luxe pour snobs, des bothies sommaires dont on attend seulement qu’elles soient des abris ?

A suivre

Nous terminons ce soir-là le dixième jour de notre voyage . Nous devons quitter Lewis et Harris le surlendemain, un samedi, pour rejoindre Skye dans le but de nous rapprocher d’Edimbourg . Nous serions rentrées par Ullapool si j’avais réservé à l’avance l’auberge de jeunesse d’Ullapool où je suis peu tentée par un camping très venté où nous ne serions pas sûres de trouver de la place, avec la mode de la North Coast 500. J’ai bien une idée sur la direction dans laquelle nous pourrions partir pour trouver un lieu de bivouac ,mais nous serons très chargées, si ,comme nous l’espérons , nous pouvons à nouveau acheter du tweed de Harris .
Notre objectif pour le lendemain est de prendre le chemin du postier en direction de Rhenigidale . Deux ans plus tôt , nous l’avions emprunté alors que nous logions à Tarbert . Nous n’avions pas eu le temps d’aller jusqu’au bout et nous avions été prises dans un brouillard épais . Les prévisions météo sont bonnes . Le projet pour le lendemain est de refaire le même trajet et d’acheter du tweed au magasin de Tarbert . Pour cela nous allons faire à nouveau le voyage aller -retour Stornoway Tarbert avant de reprendre le bus le surlendemain pour Tarbert et de partir pour Uig par le ferry. Le trajet Stornoway Tarbert prend une heure et coûte deux livres . Que de temps perdu cependant à cause de la disparition de l’auberge de jeunesse de Tarbert !

A suivre

Le lendemain matin , un samedi , onzième jour de notre voyage , nous prenons le premier bus pour Tarbert . Il ne part malheureusement qu’à 9h45 .Il en est de même tous les jours de la semaine. En revanche ,aucun bus le dimanche . Pour revenir , le dernier bus est à 16h25 . Cela va donc réduire le temps disponible pour la marche . La meilleure solution aurait été de nous rendre à pied à Rhenigidale la veille, une marche de 8 kilomètres ,en descendant à Maaruig Turn sur la route de Tarbert , et d’aller de Rhenigidale à Tarbert par le chemin du postier mais le retard du ferry qui nous a fait manquer la correspondance pour Tarbert ne nous donnait plus la possiblité de nous ravitailler pour Rhenigidale .La nécessité d’un départ matinal ne nous aurait pas permis d’explorer le secteur comme nous le souhaitions . Ces aller-retours successifs m’ont malgré tout permis de voir qu’il y a bien un abribus à Maaruig, au carrefour de la route Stornoway Tarbert et de la route de Rhenigidale . C’est important, au vu du climat de l’île , et tout particulièrement dans cette zone montagneuse , quasiment au pied du Clisham, point culminant des Hébrides extérieures, très belle mais quasi déserte et plutôt sinistre . Dans le cas contraire, dans un tel environnement, par mauvais temps et grand vent, ce serait dissuasif .
Nous arrivons à Tarbert comme prévu une heure plus tard , nous passons à l’épicerie pour avoir de quoi manger pour la journée . Nous ne sommes que légèrement chargées, ayant laissé tout notre matériel de bivouac au Heb Hostel . Nous y achetons une sorte de saucisse enrobée de pâte, pas mauvaise, des gâteaux, et, à prix d’or , deux clémentines vendues à l’unité . C’est là que j’apprends que l’on ne peut pas espérer la réouverture de l’auberge de jeunesse de Tarbert à l’avenir . Il est sûr que j’'aurais conçu la seconde partie du voyage autrement si je l’avais su beaucoup plus tôt .
Il est onze heures passées quand nous quittons Tarbert . Il faut que nous soyons de retour au plus tard à 15h30 pour acheter du tweed avant le départ du bus de retour . Nous devons d’abord marcher à peu près trois kilomètres sur la route en direction du pont de l’île de Scalpay avant de trouver notre sentier . Bien que nous longions la mer , c’est assez fastidieux parce que la circulation est importante et j’ai toujours mal aux pieds sur le bitume

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Nous finissons par atteindre le glen Lascadail . Nous laissons d’abord de côté la bifurcation pour l’Hebridean Way qui part vers le nord . Nous traversons le glen Lascadail . La vue sur le Lochannan est très belle . Il y a des vaches . Peu après nous trouvons notre sentier qui va gravir la colline en prenant la direction Ouest puis Nord Ouest .

Vue sur le glen Lascadail

Lochannan Lascadail

A suivre

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Le chemin que nous empruntons a été longtemps emprunté par le postier et les élèves . scolarisés à Tarbert . Il a paraît -il été sérieusement amélioré .
Nous n’avons eu le temps que de faire le début de ce parcours décrit par Walkhighlands
https://www.walkhighlands.co.uk/outer-hebrides/urgha-rhenigidale.shtml . Nous sommes ,comme il y deux ans , montées au col, à 280 mètres d’altitude . Il s’agit d’un sentier bien tracé ,visible sur la photo précédente, assez caillouteux et rocheux, mais parfaitement confortable à la montée . Le col marqué par un cairn , est cependant plus éloigné qu’on ne pourrait le croire . Arrivées au col , alors que deux ans plus tôt, nous étions en plen brouillard, nous avons pu jouir d’un tout autre spectacle .

Photos 2024

L’Ecosse ne se révèle qu’à ceux qui font preuve de patience et de persévérance .

A suivre

Nous faisons une vraie pause au col où nous déposons nos sacs pour nous restaurer . Nous allons un peu plus loin, mais à peine, car il nous faut pour le retour avoir une marge suffisante pour passer au magasin de tweed . Théodorine va persévérer plus que moi qui suis soucieuse de l’horaire . Elle n’arrivera pas malgré tout au début des lacets de la descente abrupte sur le loch Trolamaraig .


Loch Trolamaraig . A l’horizon ,je pense qu’il s’agit des îles Shiant qui abritent d’importantes colonies d’oiseaux.

Rhenigidale est située à peu près en face des îlots que l’on aperçoit à l’extrémité du loch Tromasaig, là où il rejoint le grand et très beau loch Seaforth . Le sentier sur lequel nous sommes suit la côte après avoir rejoint les rives du loch Trolamaraig . Il doit être magnifique . Je voudrais bien la prochaine fois passer au moins deux nuits à Rhenigidale pour explorer cet endroit .


Photo 2024 Panneau implanté au départ du sentier que nous avons suivi .

Rhenigidale jusqu’en 1989 où a été construite la route qui part de Maaruig Turn sur l’axe Stornoway Tarbert n’était reliée au reste de l’île que par ce sentier ou par bateau . Ce sentier historique a été considérablement amélioré , semble-t-il . On peut constater d’ailleurs que les sentiers empruntés par les postiers ont assez souvent été difficiles . On peut citer en exemple le Postie’s path dans la presqu’île de Coigach que le ferry longe en quittant Ullapool .

Apparemment , sa restauration pourrait être achevée . Il passait jusqu’ici pour dangereux . Je m’y intéresserais volontiers si je peux séjourner à Ullapool , l’auberge de jeunesse d’Achiltibuie où nous avions réservé en 2020 lors de notre voyage annulé à cause de la covid tant désormais fermée .

L’Ecosse n’a pas eu le monopole des sentiers de la poste potentiellement dangereux . J’ai eu l’occasion en compagnie de la bande de Robin Hood dirigée désormais par celui que j’appelle dans mes carnets de voyage de 2012 et 2013* Notre Whymper de parcourir en 2019 un sentier de postier intéressant pour les amateurs d’itinéraires vertigineux . Le métier de postier n’a pas toujours été de tout repos.

Giro del Monviso - Sentiero del Postino

*Randonnée dans les Highlands de l’Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest
Dans les Highlands du Nord Ouest . Comment la montagne accoucha de quatre souris trempées *

A suivre

Deux ans plus tôt , nous étions redescendues à la route sans voir les montagnes . Il n’en sera pas de même cette fois où nous bénéficierons de vues lointaines, non seulement sur la mer mais sur les montagnes , en particulier sur ce que je pense être le Clisham .

Dans la direction du retour . On voit au loin la route Scalpay Tarbert qui longe l’East Tarbert loch . On aperçoit au loin les premières maisons de Tarbert .

Regard vers les montagnes . On voit poindre le sommet du Clisham .

Clisham

A comparer avec

Clisham vu de la route Tarbert Stornoway

Un peu plus bas dans la descente

Arrivées au bas de la descente est implanté un panneau exposant les projets de restauration de cette zone de Harris , en particulier de plantations d’arbres, comme on en voit actuellement dans pas mal de secteurs des Highlands .


Cette carte permet de bien comprendre ce que nous avons fait . Nous avons un peu dépassé le petit col peu marqué situé entre le Trolamul et le Beinn Tharsuinn .

Nous traversons le glen Lascadail ,emprunté par l’Hebridean Way . Nous nous retrouvons sur la route . Je n’ai pas fait de photo . Il y a pas mal de circulation et nous voulons rejoindre Tarbert le plus rapidement possible, le magasin de tweed étant tout de même situé à une certaine distance de l’arrêt de bus et du port .

A suivre

Arrivées au port , il nous reste à peu près une heure pour faire nos courses , nous nos hâtons vers le magasin en nous dirigeant vers l’Ouest . Le magasin est situé à côté de la distillerie où l’on produit non seulement du whisky, mais un gin apparemment réputé , mais mon sens de l’épargne s’accommode mieux de l’achat de tweed que de celui de whisky ou de gin .
https://harristweedisleofharris.co.uk/pages/our-harris-tweed-shops
Ce magasin est extraordinaire par la variété de choix qu’il offre , des rouleaux de tweed tous différents du sol au plafond sur une longueur de la pièce et de l’autre côté ,coupons, écharpes et chutes de tweed.
J’achète alors à l’intention de ma proche famille un mètre de tweed rouge et une écharpe, ainsi q’une seconde écharpe pour Cyrus qui ne sait pas où il a rangé celle que je lui ai offerte il y a deux ans, deux coupons de 50 x 150 à l’intention des habiles couturières de l’association de loisirs créatifs fondée par la voisine de Cyrus . En ce qui me concerne je suis particulièrement malhabile, j’ignore comment utiliser une machine à coudre et il me faut au moins dix minutes pour enfiler une aiguille, je m’offre donc un sac de chutes de tweed, qui contient tout un échantillonnage de tartans qui m’a séduite . Je m’amuse après à faire du patchwork .
Théodorine s’achète elle aussi des échantillons et disparaît ensuite dans le magasin situé à côté , associé au premier , qui vend vêtements , sacs et divers petits objets fabriqués avec du tweed. Je finis par m’y rendre à mon tour pour lui rappeler de ne pas oublier l’heure . J’ai dépensé en tweed ,sans regret , presqu’autant qu’en hébergements . La dame qui tient la caisse me demande d’où nous venons . Je lui réponds que nous venons de Paris et que j’admire beaucoup ces tissus ce qui apparemment lui fait plaisir . Il était pour nous capital de revenir à ce magasin , découvert deux ans plus tôt . Nos achats terminés , nous revenons au port puis à l’arrêt de bus , encore plus chargées évidemment que nous ne l’ étions auparavant .

A suivre

Revenues à notre gîte, nous y retrouvons nos jeunes Allemandes qui en ont fini avec l’Hebridean Way . Elles doivent repartir en prenant le ferry pour Ullapool . En ce qui nous concerne, n’étant pas informées de perturbations pour le lendemain, nous maintenons notre décision de revenir sur Inverness en passant par l’île de Skye , ce qui va une fois de plus nous faire emprunter la route de Stornoway à Tarbert . Le camping de Uig est situé tout près du port , je sais qu’une tente est assurée d’y trouver de la place . Autre avantage, même en cas d’arrivée très tardive , s’il n’y a personne à la réception , nous pourrions nous y installer et payer le lendemain matin .
La décision a été prise de passer une journée entière le surlendemain dans l’île de Skye où tout n’est pas fermé le dimanche , avec l’idée de nous rendre à pied au Fairy Glen . En attendant , il nous faut préparer notre départ définitif de l’île de Lewis et Harris .
Théodorine a repéré dans la cuisine du Heb Hostel un endroit où l’on peut laisser ce dont on n’a plus besoin et qui pourrait être utile à d’autres . C’est une occasion, à ne pas laisser passer ,de nous débarrasser de notre petite bouteille de gaz, qui ne nous a finalement servi à rien . Nous éviterons ainsi tous les problèmes que j’ai évoqués lors de notre retour à l’automne dernier où nous avions dû polluer tout Kyleakin , et même le Royal Mile d’Edimbourg avant d’ avoir la plus grande difficulté à trouver une poubelle à squatter à proximité de Saint Pancrace *.
Notre installation dans le petit jardin offre l’avantage de nous permettre un accès très rapide à la douche du bâtiment annexe , souvent moins fréquentée, au lave-linge et et au sèche-linge de l’auberge de jeunesse . Lors de notre premier passage, nous en avions profité pour faire notre lessive . Seuls les randonneurs bivouaqueurs au long cours peuvent comprendre la satisfaction éprouvée par des êtres raffinés lorsque la machine leur restitue des chaussettes redevenues miraculeusement propres . A vrai dire , le lavage et le séchage de notre lessive nous avait coûté plus cher que prévu . Avec la perspicacité qui nous caractérise, nous avions confondu la fente où il fallait glisser les pièces du lave-linge avec celle d’un sèche-linge déjà en activité . Nous avons réédité plusieurs fois l’opération avant de comprendre pourquoi nous n’arrivions pas à mettre le lave-linge en route , Théodorine en a conclu que , grâce à nous, le linge en train de sécher ne devrait plus guère connaître de trace d’humidité .
Cette fois, nous renonçons à l’opération lessive . Malgré tout , nous laissons le temps passer sans y prendre garde , et il est déjà assez tard lorsque nous décidons de partir nous ravitailler . Sur notre route , à l’extrémité de la rue , il y a une sorte de grand centre culturel . Théodorine , irrésistiblement attirée par les lieux , y rentre . Je la suis . Il y a là une exposition
consacrée à un artiste contemporain . Je sens qu’elle pourrait vraiment y rester jusqu’à la fermeture . Mes préoccupations sont beaucoup moins nobles . Il est vraiment tard lorsque nous arrivons au Tesco . Soulagée, je vois qu’il est ouvert le samedi jusqu’à 22 heures : nous pourrons continuer notre cure de légumes surgelés .

A suivre

*Raasay et Skye . Midges, brouillard, déluge et tempête sur les îles *

Le lendemain matin, nous quittons à regret Stornoway . Nous n’avons pas eu le temps de visiter le musée du château où sont exposées des pièces du jeu d’échecs de Uige , la majeure partie d’entre elles se trouvant au British Museum . Le Heb Hostel était pour nous un hébergement extrêmement pratique . Ses seuls défauts sont un couloir un peu court et étroit et l’absence de prises dans le salon pour recharger les portables , ce qui n’est gênant que pour ceux qui campent sur la pelouse mais nous disposions de suffisamment de prises dans la cuisine . Je pense que nous y repasserons si nous revenons dans les Hébrides extérieures .
Nous prenons à nouveau le premier bus du matin pour Tarbert , à 9h45 . Le trajet comme je l’ai déjà écrit dure une heure et notre ferry part à 12h10 . Je ne me suis pas lassée de ce parcours , si beau, et je viens tout juste d’identifier de façon à peu près certaine sur les photos que j’ai prises en 2024 et 2026 le Todun, le loch Maraig (Maaruig en gaélique) et la route qui va de Maaruig turn à Rhenigidale .

Photo 2024

Le Todun est le sommet que l’on discerne à droite sur la photo .

Faire un trajet plusieurs fois en Ecosse n’est pas du temps perdu . C’est une condition nécessaire pour tout voir et aussi pour associer image et carte . Les photos que je prends sont de mauvaise qualité , mais elles me tiennent lieu de notes de voyage et nommer les choses me permet de les fixer dans ma mémoire .
Arrivées à Tarbert , nous avons encore un peu de temps . Nous en profitons , pour entrer dans le Charity shop situé à proximité immédiate de l’arrêt de bus . Harris Charity Shop - Tarbert
C’est un lieu fort sympathique où nous étions déjà passées il y a deux ans, une sorte d’Emmaüs local où Théodorine cherche quelques bricoles supplémentaires pour ses quatre petits-enfants . Nous tombons par ailleurs sur deux énormes pelotes de laine mélangée d’acrylique qui nous séduisent par leur couleur .

Mes (grands ) pieds donnent l’échelle

Nous en achetons chacune une . Théodorine pense en faire peut-être un objet d’exposition . En ce qui me concerne , je n’en ai pas encore arrêté l’usage . Un coussin peut-être .
Peu après , notre ferry arrive et nous embarquons .


Photo prise la veille en revenant du magasin de tweed .

On voit sur cette photo ce que deux ans plus tôt Théodorine appelait l’unique canot de sauvetage du Titanic .

C’est avec regret que nous quittons les Hébrides extérieures .

A suivre

De Tarbert à Uig

Le trajet de Tarbert à Uig , dure 1 heure 40 . Le tarif est de 8 livres 50 pour qui voyage sans voiture .
Sitôt montées sur le ferry , au lieu de monter sur le pont pour voir l’île de Harris s’éloigner , nous déposons nos sacs et nous partons à la recherche du lieu où nous pourrions nous restaurer . C’est l’heure, nous ne trouverions peut-être pas grand-chose à Uig un dimanche et cela prévient le mal de mer .Théodorine rêve de fish and ships depuis le départ , moi de breakfast . Nous pensons que c’est l’occasion rêvée . En passant devant le rayon boissons pour aller faire notre commande, doutant malgré tout que nous puissions faire avec ce fish and ships et ce breakfast une expérience gastronomique mémorable , nous faisons preuve de beaucoup d’audace, Théodorine en choisissant du rosé de la vallée du Rhône en canette , et moi en jetant mon dévolu sur de l’Irn-Bru , qu’au terme de mon huitième voyage en Ecosse , je ne connais toujours pas . Théodorine a droit , comme il y a deux ans , à un accompagnement de frites et de gros pois verts fluorescents . Pour ma part , alors que j’espérais des haricots secs à la tomate (j’aime bien les haricots secs ,Soissons , un délice quand ils sont mi-mûrs, lingots, tarbais) , j’ai droit à des frites , que je n’apprécie que modérément en général . De surcroît, elles sont froides .

Notre expérience sur la même ligne il y a deux ans avait suscité ma surprise lorsqu’on m’avait servi un gratin de macaronis , honorable au demeurant , accompagné non seulement de pois, ce qui est banal au Royaume Uni, mais surtout de frites .Je ne recommencerai pas l’expérience avec l’Irn-Bru .C’est une décision définitive . Les frites sont tout juste tièdes . En ce qui concerne le breakfast , les saucisses sont grasses et farineuses ,le boudin noir ne me convainc toujours pas, quant à ce bloc de hachis de nature indéterminée, il est très graillonnnant . Le tout est franchement mauvais ,très inférieur à ce que j’ai mangé deux ans plus tôt mais on n’est pas difficile quand on a faim .
Quant à Théodorine , elle trouve que son fish and ships est particulièrement gras et que c’est loin d’être le meilleur qu’elle ait mangé . Sa canette de rosé, elle, la native des environs de Vienne, tout près du pays de la Côte-Rôtie et du Condrieu , elle l’a choisie et photographiée pour exposer à son prochain retour dans sa région natale ce que devenait le rosé de la vallée du Rhône n Ecosse . Quant aux "petits "pois, sa mère, selon ses dires, les donnait à ses poules quand elle les avait laissés devenir aussi gros en raison d’une récolte trop tardive . Mais , comme moi , elle a tout bu et tout mangé . On nous a appris à finir notre assiette .
La qualité de la nourriture sur Calmac s’est-elle fortement dégradée sur Calmac depuis dix ans ,comme l’ensemble du service ? Est-ce limité à l’île de Lewis et Harris ? Je ne saurais répondre à cette question .

Pour nuancer ces critiques, je dois dire que j’ai fait à Paris il y a quelques jours une expérience qui n’était pas non plus à la gloire de la France . Voulant échapper au pire moment de la canicule, entre deux rendez -vous que je ne pouvais annuler, je me suis réfugiée pour attendre au frais dans une brasserie . On m’a servi un croque-monsieur énorme avec une très épaisse couche de ce qui prétendait porter le nom de fromage. Le tout , très gras et bourratif, était accompagné de frites . Je suis fort difficilement et par devoir , arrivée au bout du croque-monsieur . J’ai laissé les frites . Ce n’était vraiment pas mieux que sur le ferry de Calmac.

A suivre

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La traversée passe finalement très rapidement , d’abord dans la brume et nous arrivons en vue du port de Uig .

Le débarquement à Uig est tout aussi désagréable qu’il y a deux ans pour les passagers dépourvus de véhicule . Les travaux, dont je crois avoir lu qu’ils sont destinés à aménager le port pour qu’il puisse recevoir de gros bateaux de croisière (mais c’est à vérifier )contraignent à prendre un minibus pour accéder à la sortie . Il faut se défaire de son sac pour le mettre dans la soute ,chose fort pénible pour nous . Une fois parvenu à la sortie , je ne comprends pas qu’il faut attendre que l’on sorte le sac de la soute à votre place , j’essaie de le retirer moi-même mais on me fait rapidement comprendre qu’il n’en est pas question .
A nouveau, nous devons remettre nos sacs sur notre dos sans avoir de banc de sherpas . Tout près du port , il y a un grand bâtiment que l’on réaménage dont j’ ignore l’usage . L’arrêt de bus Citylink a visiblement été déplacé . Il est fort peu plaisant d’arriver dans un chantier .
La baie de Uig est belle , le port , quant à lui , n’est guère séduisant . Par bonheur , le camping qui nous est familier depuis nos deux précédents voyage n’est pas loin . Il y a une personne à l’accueil . Nous payons pour les deux nuits où nous allons rester , 60 livres en tout pour deux si ma mémoire est bonne . Il ne nous reste plus qu’ à nous installer.

A suivre

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Nous connaissons bien ce camping de Uig . Nous l’avons découvert en 2024, alors que nous revenions pour la première fois de l’île de Harris et nous y sommes revenues à l’automne dernier lors de notre voyage dans les îles de Raasay et de Skye *, juste avant la tempête Amy . Il nous fallait trouver où nous établir pour deux nuits, entre deux séjours à l’Independent Hostel de Portree où nous avions réservé pour la nuit de la tempête . L’Independent Hostel était complet pour ces deux jours intermédiaires , le camping de Portree l’était aussi d’après l’office de tourisme, celui de Sligachan venait tout juste de fermer . Le bivouac sur un terrain spongieux , après plus d’une journée de déluge, il ne fallait pas y penser. Le camping de Uig lui , avait de la place . Nous nous y étions rendues sans hésiter .
Le gérant du camping nous avait conseillé un endroit assez en hauteur , protégé du vent par des buissons, à proximité d’un petit cours d’eau mais il avait tellement plu qu’un petit ruisseau supplémentaire s’était formé et traversait la tente du côté où Théodorine s’était établie . Le déluge avait duré toute la nuit . Au matin, elle était vraiment trempée .
Lorsque nous entrons dans camping, il y a déjà pas mal de camping cars , pourtant nous ne sommes qu’ au milieu du mois de Mai et ce n’est que le début de l’après-midi . L’un d’eux doit quasiment servir de résidence secondaire , ses propriétaires ayant installé des bacs à fleur . En revanche, il n’y a qu’une seule tente déjà installée sur la partie supérieure du camping, au demeurant très vaste , qui nous est dévolue .
Comme à l’automne précédent, nous décidons de nous établir près de ces buissons, mais un peu plus haut et un peu moins près du ruisseau . Lorsque nous arrivons, comme en 2025, la famille Garenne est là mais nous constatons que les jeunes dont nous avions fait la connaissance ont vraiment beaucoup grandi et qu’ils doivent être en mesure de fonder à leur tour une famille . Ils ne semblent pas vraiment effrayés, néanmoins, ils abandonnent les lieux pour se rendre dans le jardin du voisin . Théodorine pense qu’ils doivent s’en donner à coeur joie au milieu des légumes .

Emplacement 2025

Deux membres de la famille Garenne . Photo 2025

Photo 2026

A suivre

  • Raasay et Skye . Midges , brouillard, déluge et tempête sur les îles

Après nous être installées, nous décidons de reprendre l’exploration des environs que nous avions commencée à l’automne . Le chemin par lequel nous sortons du camping nous conduit au port mais en chemin, nous faisons la rencontre d’un vieux verrat qui a perdu beaucoup de ses soies et d’une poule avec laquelle il s’entend visiblement très bien . Ce cochon est à mes yeux d’une laideur repoussante , il se met à ronfler bruyamment une fois endormi . Théodorine, qui , je l’ai déjà dit , voit en lui un proche cousin dans l’évolution des espèces, est émue par lui et parlera au cochon à chacun de nos passages .

Lorsque nous arrivons au port , mon premier souci est de savoir où se trouve désormais l’arrêt du bus Citylink que nous devrons prendre le surlendemain matin . Il est en fait toujours situé à proximité immédiate du port et n’a été que très légèrement déplacé . Il nous faut ensuite vérifier si l’épicerie station service est ouverte le lundi matin . C’est le cas, elle ouvre à 8 heures . Nous sommes donc sauvées . Nous savons depuis l’année précédente que l’on peut s’y procurer des cafés au lait . Nous ne serons pas condamnées à prendre à nouveau des petits-déjeuners froids . C’est même ouvert le dimanche après-midi jusqu’à 19 heures . Lewis et Harris et l’île de Skye n’appartiennent pas au même monde .
Après ces bonnes nouvelles, nous décidons de partir dans les hauteurs . Deux ans plus tôt, nous n’avions trouvé qu’à grand peine la route de Staffin pour nous rendre au col du Quiraing . Nous nous étions retrouvées un moment dans une propriété privée dont nous n’avions pu sortir qu’en escaladant une barrière . Cette fois-ci, nous trouvons sans difficulté un itinéraire de montée, et même un sentier qui doit faire office de raccourci . Nous ne le suivrons cependant pas longtemps parce que je ne suis pas chaussée de manière adéquate . Nous reprendrons donc la route d’où nous aurons une belle vue sur la baie . Les maisons nous donnent vraiment l’impression que nous sommes dans une île plus prospère que Lewis et Harris . Il y a là également des petites constructions conçues pour les touristes
Le fait marquant de cette promenade est que nous allons rencontrer nos premières midges de la saison mais fort heureusement, elles aurons un comportement relativement pacifique .Nous prenons néanmoins la précaution de ne pas rester immobiles .
Nous décidons ensuite de redescendre . Nous y parvenons sans mal alors que deux ans plus tôt nous avions fait , sous la pluie , un détour invraisemblable . Bientôt nous arrivons en haut du camping . Théodorine observe la famille Garenne en train de se ravitailler dans le jardin des voisins . En ce qui me concerne , comme d’habitude , je n’ai rien vu sinon notre tente .

A suivre

Avant d’achever notre retour au camping, nous décidons de faire quelques courses à l’épicerie de la station service . Nous allons y acheter un ersatz de pain, des sortes de grandes galettes molles pour accompagner ce qui nous reste de cheddar et de vache qui rit .Mais il y a également un assortiment de cakes . Nous choisissons un cake au gingembre de marque Nevis, bourré de produits chimiques , mais j’ai déjà expérimenté lors de mes voyages précédents que les cakes Nevis n’étaient pas mauvais du tout .
Il y a à proximité du port un restaurant , et aussi un salon de thé où nous décidons de nous rendre . Nous avons du mal à en trouver l’ouverture . J’ai le secret espoir que nous pourrions y recharger nos téléphones, je n’ai pas découvert de prises dans le camping autres que celles qui sont destinées aux camping cars . Pas de prises de courant dans les toilettes . Par bonheur , nous avons des batteries de rechargement mais , toujours inquiète de voir tomber en panne mon téléphone, je prends toujours beaucoup de précautions . Or une déception m’attend . Il n’y a pas non plus de prise de courant accessible dans le salon de thé . Donc, il nous faudra attendre 48 heures ,lorsque nous arriverons à notre gîte d’Inverness . Il est prudent d’ajouter une batterie à son matériel de bivouac . Le problème est que cela augmente le poids du sac .
Peu désireuses d’en revenir aux soupes minute froide (je crois d’ailleurs que nous en avons épuisé la provision ) , nous décidons de commander une soupe , plus exactement deux soupes . Le problème est qu’il n’en reste plus qu’une . Nous décidons de la partager et de commander par ailleurs deux cafés au lait . On nous apporte généreusement deux cuillères et deux gobelets en carton .

Cette soupe pour deux accompagnée de deux morceaux de pain beurré, c’est le festin que nous partageons . C’est une soupe vraiment épaisse , avec pas mal de flocons d’avoine , assez épicée ,mais ce n’est pas mauvais et c’est chaud . Nous aurions volontiers mangé un peu plus de soupe et de tartines … Finalement ,une fois revenues au camping, nous nous rattraperons sur le cake .

A suivre

Nous sommes revenues au camping non sans avoir une nouvelle fois salué au passage le cochon , toujours aussi laid . Les camping cars étaient sensiblement plus nombreux le soir , en revanche , il y a maintenant deux tentes , éloignées de la nôtre . Nous n’avons pas vu la famille Garenne, sans doute partie dîner ailleurs . Le cake au gingembre a complété notre repas du soir , avant de nous servir de petit déjeuner . Après, il n’en restait plus rien .
Le soir , peu avant de m’endormir , j’ai entendu jouer de la cornemuse . Le son venait de la direction du port mais je n’ai pas cherché à identifier sa provenance exacte . Le lendemain matin , il faisait beau .

Le programme du jour est de nous rendre au Fairy Glen . Nous laissons l’essentiel de notre fourbi dans la tente, et nous descendons vers l’accueil . Comme on le voit , il semble de plus y avoir beaucoup d’emplacements disponibles, pourvus de branchements, pour les camping cars .

A suivre .

L’aller-retour au Fairy Glen , cela représente à pied à peu près 10 kilomètres . Pour accéder au Fairy Glen , il faut d’abord se rendre de l’autre côté de la baie . Nous ne sommes pas pressées, n’ayant pas d’autre programme pour la journée . Nous prenons donc le temps de nous arrêter à l’épicerie station service , où nous achetons un nouveau cake Nevis , au Madère cette fois, pour varier les plaisirs . Nous nous y procurons aussi deux grands cafés au lait que nous allons boire devant le magasin , assises au soleil sur des palettes , à proximité des poubelles . Je remarque lors de notre passage qu’une affiche signale que le magasin est sous vidéo surveillance . Nous ne sommes plus dans les Hébrides extérieures .
Le tourisme pourrit-il tout ce qu’il touche ? A l’automne dernier , entre le parking des Fairy Pools et l’auberge de jeunesse de Glenbrittle , nous avons vu partout sur le bord de la route "no overnight " . Le port de Uig n’est pas séduisant , Uig, n’est qu’une petite localité mais elle s’étale beaucoup . Peut-être devrais-je me limiter à la partie de l’ Ouest de Skye située plus au Sud mais d’une manière générale , je trouve Skye trop civilisée, trop urbanisée . Ce n’est pas mon Ecosse .

A suivre

Nous partons donc pour le Fairy Glen, et nous devons pour cela emprunter la route de Portree, qui longe la baie . Uig s’étire en longueur le long de la baie . La vue sur la mer est belle, mais il n’est pas très plaisant de marcher le long d’une route aussi passante , bien que les piétons disposent d’un espace assez sécurisé . Arrivées à l’orée d’un bois, nous croisons un homme qui promène son chien dans la forêt de Uig . Nous finissons par arriver au croisement de la route du Fairy Glen qui part dans le direction Est Sud-Est . C’est une single track qui monte et sur laquelle nous allons passer notre temps à nous mettre à l’abri des voitures et des camping cars qui nous dépassent ou nous croisent , et se croisent elles-mêmes difficilement . Je me demande ce que peut être la situation au plus fort de la saison touristique où je placerais pour mon compte personnel le Fairy Glen au nombre des lieux à fuir . Une belle vue sur la baie, heureusement, se dégage dqns un virage .

Un jeune homme à pied , avec un sac à dos , nous a dépassées peu avant dans la montée . Je crois qu’il s’agissait de l’occupant de la tente la plus proche . Peu après, nous essuyons une série d’averses . Nous finissons cependant par arriver au sommet de la côte et continuons notre progression jusqu’à ce que nous arrivions en vue du Fairy Glen .

Apparemment , il y aurait plus loin un second parking .

Je dois dire que la vue de ce parking et de ce parcmètre me dépriment . Un peu plus loin, le panneau précise qu’il n’y a pas de toilettes .Nous sommes arrivées tout de même, enfin , et nous prenons le sentier .

Je comprends parfaitement bien que l’on veuille protéger ces collines de l’érosion mais j’ai vraiment du mal à supporter la vue de ces piquets et de ces cordes ainsi que l’affluence des visiteurs

A l’automne précédent , j’avais supporté de marcher sous la pluie pour monter au col du Quiraing . Nous étions aussi arrivées dans un parking pourvu de parcmètres mais la vue sur les formes étranges du Quiraing m’avait paru justifier mes efforts . Au Fairy Glen , non . Je me suis mise en grève . J’ai dit à Théodorine la géologue de continuer sans moi, que je l’attendrais assise sur une grosse pierre . Il s’est mis à nouveau à pleuvoir . Je suis malgré tout restée assise sur ma pierre , sans m’impatienter . Théodorine est revenue plus tôt que prévue . Elle a commencé l’ascension du point culminant mais elle a renoncé à faire la queue, de surcroît sur un chemin glissant , pour accéder au sommet . J’ai regretté de ne pas avoir choisi de passer la journée à Sligachan .

A suivre

Le retour est plus plaisant que l’aller , dans la mesure où le beau temps revient . Nous remarquons à la descente que nous passons devant une ferme . Il y a là en particulier une brebis, une énorme matrone imbue de son importance, et son agneau . Mon attention s’est portée ailleurs à ce moment - là mais Théodorine a assisté à une scène qui l’a surprise . Le fermier a voulu contraindre la brebis à prendre une direction qui ne lui convenait pas et l’a saisie . La brebis s’est rebellée et ils ont tous les deux roulé par terre . La fermière est intervenue , la brebis lui a obéi . Cette affaire s’est réglée entre femmes .
Un peu plus loin , nous avons fait une rencontre remarquable, deux jeunes randonneurs avec gros sacs accompagnés de leurs deux chiens, pourvus chacun d’un sac à dos destiné à transporter leurs croquettes .
Comme nous n’étions pas pressées , nous nous sommes arrêtées deux fois sur le chemin du retour . Théodorine souhaitait visiter l’église de Uig, elle était malheureusement fermée .
Nous avons profité d’un banc pour contempler la baie .

Revenues au port, nous sommes à nouveau passées à l’ épicerie de la station service où nous avons résisté à la tentation d’acheter un troisième cake . Demain , nous partons pour Inverness . Les folies, ce sera pour Edimbourg .

à suivre

Où nous retrouvons de vieilles connaissances .

Le lendemain matin , une fois de plus , il fait beau . Sans doute l’île de Skye a-t-elle compris que je pense désormais beaucoup de mal d’elle et fait-elle quelques efforts pour remonter dans mon estime . A l’automne dernier , se livrant sans retenue au déluge et à la tempête , elle s’était laissée aller à de coupables excès . S’il n’y avait pas toutes ces constructions peu esthétiques près du port, ces camping cars , et cette accumulation de mobil homes, je pourrais aimer Uig dont la baie est dominée par les très belles falaises de la presqu’île de Waternish . Je vais ici me faire des ennemis, mais pour rien au monde je ne voudrais passer mes vacances au milieu de camping cars et de mobil homes que je trouve d’une laideur agressive et qui m’évoquent un dépôt de boîtes de conserve qui ont perdu leur étiquette . Peut-être est-ce confortable à l’ intérieur . Mais voir de sa fenêtre le mobil home voisin ,quelque chose d’abominablement laid , cela me déprimerait , vraiment . Je préfère cent fois dormir sous un arbre , ou à la belle étoile , ou sous des auvents rocheux pourvus de gouttière ,ou au milieu du fourbi de la tente, au confort hypothétique d’un camping car ou d’un mobil home . Et si vraiment les conditions sont par trop difficiles , je peux apprécier une cabane branlante , ou une étable , je ne redoute pas la promiscuité d’une auberge de jeunesse ou d’un refuge où la présence de nos semblables , si bruyants que soient leurs ronflements et odorantes leurs chaussettes, a quelque chose de rassurant .

Camping cars . Nos amis le cochon et la poule sont leurs voisins immédiats .

Falaises de la presqu’îel de Waternish

Falaises de la presqu’île de Waternish . Détail

Fourbi initial augmenté des achats de tweed . Une petite tente verte , à proximité d’une haie, ne dégrade guère le paysage .

Carnmore bothy . Fisherfield Forest . Photo Cyrus 2012

Il fait donc beau . Il n’y a pas de vent . Nous sommes toutes proches des buissons de la haie C’est le 18 Mai . Donc les midges sont de sortie et commencent à nous encercler . A n’en pas douter , elles ont pour nous une grande affection . Mais la vie est tragique : depuis Racine , nous savons que trop souvent nous aimons qui ne nous aime pas .

A suivre

De Uig à Inverness

Nous quittons donc le camping , en rencontrant au passage les deux petits chiens du gérant dont l’un commence à souffrir de tous les maux de la vieillesse . Le cochon est là , mais pas la poule . Nous nous rendons à l’épicerie pour un dernier café au lait . Notre bus arrive . Nous faisons donc nos adieux à Uig .
On fait visiblement de gros travaux au port de Uig , au moins depuis deux ans . Est - ce pour accueillir de gros bateaux de croisière qui déverseront leurs cargaisons de visiteurs d’un jour en aggravant le surtourisme dont souffre l’île ? Avant la construction du pont, je pense que j’aurais beaucoup aimé l’île de Skye .
Le bus dans lequel nous montons doit nous déposer à Portree . Le tarif est de deux livres . Il sera également de deux livres entre Portree et Inverness . Si nous avions choisi le train à partir de Kyle of Lochalsh , cela nous aurait peut-être coûté près de dix fois plus cher .
Arrivées à Portree, nous devons descendre, avec nos gros sacs bien lourds , nous trouvons des places assises dans l’abribus où nous avons si souvent attendu à l’automne précédent . Nous reconnaissons notre gîte à la façade jaune, l’Independent Hostel dont nos sentions les murs trembler pendant la tempête . Le bus pour Inverness arrive . Je m’installe à l’avant pour bien voir le paysage et faire des photos , ce qui n’est pas évident dans un bus en marche .

Black Cuillins

A gauche le Marsco

Le vieux pont de Sligachan . Pour le glen Sligachan , voir *Dans les montagnes de l’Ouest de l’Ecosse * consacé à notre voyage de 2010 .

A suivre

Ce jour-là , je ne verrai pas le côté Est de la route , j’ignorerai le loch Sligachan , et toutes les vues sur l’île de Raasay dominée par le Dun Caan , pourtant, si j’en avais l’occasion, je reviendrais volontiers sur l"île de Raasay .

A l’horizon, l’île de Raasay et le Dun Caan

Photos 2024

En revanche, côté Ouest , je vais voir de près les Red Hills et les ravinements qui m’ont fascinée à l’automne dernier . J’aurais vraiment souhaité les voir de plus près .
Je vais donc donner une série de photos des Red Hills, pourvues comme il se doit de tous les reflets parasites que l’on peut espérer de la part de photos prises dans un bus, en espérant que de meilleurs photographes que moi s’intéresseront à d’autres sujets que le Storr, Neist Point , et le Quiraing .

Comme on le voit, il y a peu d’eau dans la cascade . C’était vraiment la sécheresse . Le bog était plutôt déshydraté !

On peut comparer ces photos des Red Hills prises de la route avec celles de 2010, prises sur le chemin de Sligachan au loch Corruisk .

Je suis en froid avec l’île de Skye en général , mais pas avec les Red Hills . Si nous faisons étape dans l’île de Skye lors de notre prochain voyage, je souhaiterais m’arrêter à Broadford ou me rendre à Torrin .

A suivre

Nous dépassons Broadford et enfin nous arrivons à Kyleakin où nous avions dormi à l’automne précédent à l’hostel Saucy Mary, deux fois plus cher que nos hébergements précédents , envahi par un groupe d’adolescents qui occupaient avec leurs jeux toutes les tables de ce qui tenait lieu de salle à manger . Ce n’est pas l’hostel dont j’ai gardé le meilleur souvenir . Les lits étaient bons, nous avions une chambre pour deux et un cabinet de toilette privé , mais ce n’est pas exactement ce à quoi je tiens.

Vue sur le Sound of Sleat et Kyle of Lochalsh

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Le principal intérêt que j’ai trouvé jusqu’ici à Kyleakin est la vue dont on jouit sur le Soud of Sleat et les deux arches du pont de Skye .

A suivre

Nous avons la chance de franchir le pont de Skye sous le soleil , ce qui me permet d’avoir une vue superbe sur le Sound of Sleat . J’ai seulement regretté de ne pas pouvoir me déplacer pour admirer ce que l’on pouvait admirer à l’Est .

On reconnaît sur les deux rives opposées Kyle of Lochalsh et Kyleakin .

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Vue sur Kyleakin

A suivre

Le pont de Skye franchi , nous sommes désormais sur le Mainland . Nous arrivons d’abord à Kyle of Lochalsh .

J’ai pris cette photo de l’hôtel en 2012 en souvenir du jour où nous étions désespérement restés à la porte , au lendemain de notre étape Kinloch Hourn Ratagan * On s’agitait à l’intérieur , mais personne ne nous a ouvert alors qu’affamés comme toujours, nous rêvions tous les quatre de breakfast ou de haggis, arrosés d’une bonne ale .

Nous arrivons ensuite à la gare de Kyle of Lochalsh, terminus de la voie ferrée qui vient d’Inverness .

Nous y étions restés longtemps, bloqués par un train à vapeur en panne .

A suivre

  • Randonnée dans les Highlands de l’ Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest

Nous allons désormais quitter le Sound of Sleat et suivre le loch Alsh , un loch maritime , jusqu’à Dornie où Eilean Donan Castle gardait le point de rencontre du loch Duich et du loch Long .

Cimetière de Balmacara ?

Loch Alsh . A l’horizon, on distingue les Red HIlls .

Loch Alsh

Nous arrivons ensuite à Eilean Donan Castle , qui garde l’entrée du loch Duich .

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A l’horizon, l’île de Skye, avec les Black Cuillins et les Red Hills .

A suivre

A partir d’Eilean Donan Castle , nous longeons le loch Duich jusqu’à son extrémité, et nous arrivons à Morvich , point d’arrivée du Glen Affric Kintail Way où nous sommes passées huit jours plus tôt .

Loch Duich

Près de Morvich . A gauche l’une des Soeurs de Kintail . Au fond, dominé par les montagnes de la presqu’île de Glenelg, l’entrée du Glen Shiel ,que nous allons remonter jusqu’à son extrémité .

L’une des Five Sisters of Kintail . A gauche la vallée par laquelle nous avons terminé le Glen Affric Kintail Way .

Nous refaisons par le bus le parcours que nous effectué sur la route à la fin du Glen Affric Kintail Way

On distingue sur l’autre rive du loch Duich le village de Ratagan où nous avions dormi en 2012 dans une auberge de jeunesse .

Shiel bridge où nous avons pris le bus pour Inverness il y a une semaine .

A suivre

A nouveau, nous remontons le glen Shiel mais cette fois-ci il fait beau et c’est magnifique .

La pointe à l’arrière-plan doit être le Saddle à moins qu’il ne s’agisse du Sgurr na Forcan son voisin immédiat .

A comparer avec cette photo de 2012

Photo prise avant de descendre de la crête du Meallan Odhar sur la vallée de l’Allt a’ Coire Chaoill . Etape Kinloch Hourn Shiel Bridge du Cap Wrath Trail .

A suivre

Nous longeons ensuite le loch Cluanie .

On distingue au loin le Sgurr na Forcan et le Saddle .

A suivre

Nous avons cette année grâce au Glen Affric Kintail Way un peu exploré la région située au Nord du loch Cluanie et du glen Shiel . J’aimerais vraiment pénétrer au coeur des montagnes situées entre la route que nous empruntons ici et celle de Kinloch Hourn, ainsi que le secteur compris entre Kinloch Hourn et le loch Arkaig ,avec le loch Quoich en son centre . Sans véhicule , cela risque d’être un peu compliqué . Il faudrait malgré tout que j’étudie la question, mais une traversée Cluanie Inn, loch Quoich , le secteur le plus pluvieux d’Ecosse (3 mètres de précipitations par an) , record partagé avec l’île de Rum , avec ascension du Gleouraich, Kinloch Hourn Arnisdale ou Inverie, cela pourrait être vraiment esthétiquement intéressant . Il ne doit pas y avoir grand monde dans ce désert rocheux et humide . La carte montre l’existence de “paths”, des pointillés qui ne désignent parfois que des directions à suivre dans une tourbière . Il faudra que je me procure les cartes . Pour moi, mais c’est peut-être très bien ainsi , cela restera du domaine du rêve .

A suivre

Bientôt la route se divise , une branche se dirige vers Invergarry et Fort William, très belle jusqu’à Invergarry, l’autre , celle que nous empruntons, part vers Drumnadrochit et Inverness. Nous aurons fait deux boucles à partir d’Inverness au cours de ce voyage, la seconde beaucoup plus longue . Le paysage devient beaucoup plus banal, pas laid, moins spongieux, de l’herbe verte avec des moutons au lieu des grosses touffes inégales jaunies par le gel, séparées par des creux pleins de traîtrise, mais je n’irais pas en Ecosse pour cela , pas plus que pour le loch Ness , dont nous approchons . C’est l’Ecosse touristique classique, celle du Nessie Centre and Exhibition , comme Eilean Donan Castle , comme l’est malheureusement devenu Glenfinnan , à cause d’Harry Potter . On peut ainsi “faire l’Ecosse” mode "road trip " pour parler le sabir contemporain , en cochant les cases des “points d’intérêt”, en ne manquant pas les “spots” étiquetés comme immanquables , incontournables . Immanquables, incontournables, ils le sont à coup sûr, parce que les routes ne sont pas légion et qu’il faut bien les emprunter pour rejoindre des lieux plus confidentiels .
Je suis inapte à éprouver l’effet "waouh ! ! ! " , je ne m’extasie pas devant des “vues à couper le souffle” . Lorsqe j’ai le souffle coupé , c’est dans les montées, où je ne vois que mes pieds .
Je comprends que lors d’un premier voyage, on passe par les lieux les plus connus, faute de deviner l’existence des autres, mais on devrait regarder autour, ou à côté , marcher, au moins un peu , chacun selon ses moyens, et si l’on veut être un individu , pas seulement un élément d’une masse ou un consommateur de voyages, il faut cultiver sa manière propre de rêver .

Loch Ness

A suivre

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