Théodorine n’a pas formulé le désir d’emprunter la chaussée jusqu’au bout . Nous tournons le dos au rêve, incapables de maîtriser des aspirations plus terrestres . Le vent du large creuse les appétits au sommeil précaire et il nous est très difficile de résister à l’attrait du Berneray Shop and Bistro . Robin Hood de Fontainebleau Sherwood était souvent choqué et déçu par les préoccupations des membres de sa bande d’outlaws . Il jugeait normal de nous faire dormir à la belle étoile sur des crêtes ventées pour nous faire admirer le coucher du soleil , alors que nous redoutions le contact des rochers acérés avec nos vertèbres, fussent-elles protégées par nos matelas en mousse et nos duvets ; il nous disait souvent avoir été fort déçu le jour où les membres de la troupe (je n’étais pas de la partie cette fois-là ) avaient refusé, à une écrasante majorité, de dormir encordés à des arbres dans le jardin de Chamechaude , un espace fort incliné si ma mémoire est bonne , et nous traitait de "ventres purs " chaque fois que nous lui rappelions qu’il serait opportun de nous arrêter pour manger . Je dois avouer que je redoutais souvent le pire lorsqu’il parlait de bivouac "avec paysage ", ma préférence personnelle allant à des terrains plats, avec le torrent à côté pour la boisson, la cuisine et la vaisselle, et un petit bois pour les commodités .
Parvenues dans le lieu de la tentation, nous y trouvons facilement de la place , l’heure étant plus favorable que la veille . Cette fois, nous nous laissons tenter par les gâteaux que nous avions toutes les deux remarqués la veille , sans en parler, et nous les accompagnons d’un rituel grand café au lait , apprécié par ce beau temps froid .
Ces gâteaux sont bons, à la hauteur de nos attentes . J’aurais seulement préféré une couche de sucre glace un peu plus fine , n’étant pas très portée sur le sucre en général .
Pour ce genre de gâteaux, la palme revient encore pour moi à ceux de Raasay House .
Nous estimant suffisamment nourries , nous nous rendons au commerce attenant où nous achetons des légumes surgelés , le seul fruit frais que j’y observe est un avocat solitaire . Nous avons déjà remarqué il y a deux ans l’omniprésence des avocats dans les commerces d’alimentation de Lewis et Harris , mûrs à point de surcroît , ce qui reste pour nous un mystère . Je plaide une nouvelle fois pour l"achat de boudin noir de Stornoway . Je dois dire qu’une fois encore , je n’ai pas été vraiment convaincue, sans doute prisonnière du souvenir des boudins fabriqués à la ferme que j’ai connus dans mon enfance et de ceux que j’achète actuellement au marché d’Aurillac , vrai temple de la gastronomie rurale . Mais je m’abstiens de plaider pour l’achat de scones à la pomme de terre et de coquilles Saint Jacques pour accompagner ce “black pudding”, ne jugeant pas strictement nécessaire de recréer l’audacieux mélange que j’ai pu tester deux ans plus tôt au foodtruck de Tarbert * .
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- Accompagné d’un morceau de pudding passablement bourratif, cela mit pourtant fin à la famine dont je souffrais cruellement lors de notre retour dans la capitale de Harris . Voir à ce sujet Lewis et Harris . Bog, famine et tweed . Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de tester à nouveau ce foodtruck providentiel , l’auberge de jeunesse de Tarbert étant définitivement fermée .
A suivre




















































































































































