Le meilleur de la Crète

Le meilleur de la Crète : l'héritage vénitien et ottoman

Les signes de l’occupation vénitienne (13e-16e s) restent nombreux en Crète. Forteresses, fontaines, loggias, fresques dans les églises, et même certains noms de famille évoquent la Sérénissime. Quant aux mosquées flanquées de minarets aux ornementations des maisons, elles rappellent l’occupation ottomane.

Pour voir des vestiges des présences vénitienne puis ottomane, direction Hania et Réthymnon, deux cités qui, dans leur architecture comme dans leur culture, restent particulièrement marquées par ces métissages.

Hania (La Canée)

Hania (La Canée)
Hania © proslgn - stock.adobe.com

Avec ses vieux quartiers au charme renversant, Hania (qui se prononce presque « Rania ») est l’une des plus belles cités de Crète. Derrière les vestiges d’une muraille vénitienne, les signes de la période vénitienne et les souvenirs de la présence ottomane sont visibles au détour de chaque ruelle.

Ourlé de tavernes, le port vénitien est gardé par un phare du 15e siècle. Il est dominé par plusieurs minarets et par la coupole de la mosquée des Janissaires. Cette carte postale illustre le double héritage d’Hania.

Quant à la vieille ville (Topanas), son cachet est certain. Blottie derrière le port, c’est un labyrinthe de ruelles qui s’entrecroisent. Des échoppes d’artisanat sont installées au rez-de-chaussée de demeures vénitiennes. On lève le nez pour apercevoir de vénérables demeures historiques gardées par des portes cochères, ornées de bow-windows, de balustrades et de balcons de pierre.

Pittoresque avec ses demeures d’antan et ses échoppes, le quartier de Kastelli conserve lui aussi des vestiges de l’époque vénitienne : colonnes, arches, fenêtres, ornementations…

Réthymnon

Réthymnon
Rethymnon © lornet - stock.adobe.com

C’est un enchantement que de flâner dans les ruelles de la vieille ville de Réthymnon, largement investies par les terrasses des tavernes. De ruine romaine en vestige byzantin, de palais en hôtel particulier, fontaines, blasons vénitiens et éléments d’architecture ottomane sont à dénicher au coin des rues et sur les façades striées de bougainvillées. Gardé par un phare, l’adorable port vénitien est aujourd’hui bordé de terrasses.

Quant aux minarets, arches de pierre et bow-windows en bois, ils sont caractéristiques des maisons turques. Lieu de rendez-vous en ville, la fontaine Rimondi date de 1626. L’eau jaillit de la bouche de trois têtes de lion encadrées de colonnes vénitiennes.

Signe de la continuité entre les occupations vénitienne et ottomane, la mosquée Nerantzès est une ancienne église à laquelle les Turcs ont ajouté un minaret. Merveille Renaissance de la Crète, la loggia vénitienne était au 16e siècle un lieu de rencontre entre notables, avant d’être transformée en mosquée.

 Protégée par une muraille et quatre bastions, la forteresse vénitienne (Fortezza) est surtout intéressante pour les panoramas sur la ville. La coupole de la mosquée édifiée par les Ottomans est l’une des plus grandes de Grèce !

L’île de Spinalonga

L’île de Spinalonga
Spinalonga © photoff - stock.adobe.com

Cette ancienne forteresse vénitienne abrita au début du 20e siècle une léproserie. Les autorités sanitaires décidèrent de regrouper les malades dans les fortifications de Spinalonga, ancienne pièce maîtresse du dispositif défensif des Vénitiens. Ainsi, jusqu’en 1957, on y déporta des malades de toute la Grèce. Plusieurs centaines de personnes vivaient alors en communauté dans le fort, et tous les corps de métiers étaient représentés dans ce qui avait tout d’une petite ville.

L’île de Spinalonga et son histoire ont été rendues célèbres par le best-seller de Victoria Hislop, L’Île des oubliés. Aujourd’hui abandonné et en ruines, le site promet une visite chargée d’émotion.

À savoir : on atteint l’île de Spinalonga en bateau, au départ du village de Plaka. L’île est à 1 km de la côte.

La forteresse de Frangokastello

La forteresse de Frangokastello
Frangokastello © Panos - stock.adobe.com

Cet étonnant château fort est posé au pied des montagnes, sur des terres arides aux allures de désert. La citadelle fait face à un lagon ouvert sur la mer de Libye. Elle est encadrée par quatre tours d’angle. Pensée une marque de puissance, elle a été construite par les Vénitiens en 1371 pour sécuriser la région en proie à la piraterie.

Pour autant, aucune garnison n’occupa le fort de Frangokastello, à l’exception d’une seule bataille en 1828. Elle opposa les Drosoulitès, un corps expéditionnaire crétois, aux guerriers ottomans. Une légende raconte que, fin mai ou début juin, à l’aube, il est encore possible de voir errer les âmes des Drosoulitès réfugiés dans la forteresse…

Texte : Marie Borgers

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