Guernesey, l'île tranquille

Guernesey, un monde à part

Guernesey, un monde à part
Jean-Philippe Damiani

À 32 kilomètres à peine des côtes du Cotentin, l’île de Guernesey est un monde à part. Un « morceau de France tombé dans la mer et ramassé par l'Angleterre », selon Victor Hugo qui y passa quinze années en exil.

Ici, on n’est pas anglais, mais normand. Vestige du duché de Normandie, Guernesey ne fait pas partie du Royaume-Uni, ni de l’Union européenne.

Cette petite île de 78 km² et de 65 000 habitants possède son propre gouvernement, son parlement et sa monnaie, la livre guernesiaise (inutilisable ailleurs). La couronne britannique est représentée par un lieutenant-gouverneur. Comme au Moyen Âge, l’île est divisée en paroisses et dirigée par un bailli.

On roule à gauche, les policiers sont accoutrés comme des bobbies anglais et les pubs font partie du paysage. Toutefois, les rues répondent aux doux noms de « Le val des terres », « Les Rohais de Bas » ou « Les Grands Moulins ».

Les panneaux sont bilingues, mais les Guernesiais ne parlent guère français. Certains se souviennent du patois local, proche du normand.

Le long des routes, ne vous étonnez pas de croiser des étals de fortune contenant des fruits, légumes ou fleurs laissés sans surveillance devant les maisons. Leur nom ? Les « honesty boxes », car les Guernesiais font confiance aux acheteurs. Et ça marche !

Guernesey fut aussi le seul territoire dépendant de la couronne britannique occupé par les nazis. Les Allemands bâtirent des bunkers sur les côtes de cette île stratégique.

Ironie de l’histoire, ce triste épisode a récemment remis Guernesey sur le devant de la scène. C’est ici, pendant la guerre, que se déroule le best-seller international, Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, de Mary-Ann Sheffer et Annie Barrows.

Texte : Jean-Philippe Damiani

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