La Grande-Bretagne n’est qu’à une trentaine de kilomètres de
nos côtes mais, déjà, ce bras de mer prend des allures
d’Atlantique. Le Français qui débarque pour la première
fois « de l’autre côté » est immanquablement dépaysé
et surpris. Les paysages déclinent toute la palette des verts, qui tranche
avec le rouge du mobilier urbain ! Du faux feu qui décore les âtres
aux gentilles dames qui vous appellent honey ou darling, tout
mérite les qualificatifs quaint and cosy (vieillot et douillet).
Pelouses et trottoirs nets, maisons bichonnées, il n’y a que le ciel
que les Britanniques ont oublié de repeindre. Chacun a de l’espace pour
vivre même si la population britannique, aussi nombreuse que la population
française, dispose de moitié moins de surface totale. Laissez-vous
charmer par un tout autre art de vivre.
Dans ce pays traditionaliste, la jeunesse a fait craquer - voici plus de 30
ans - l’austérité victorienne et la respectabilité qui
l’enserrait depuis plus d’un siècle. En faisant cohabiter la minijupe
et le chapeau melon, la Grande Bretagne a bien évolué. Ce pays
considère déjà que les Beatles, tout comme l’empire des
Indes, appartiennent à son histoire ancienne. Mais au collège
d’Eton, les enfants vont toujours à l’école en queue-de-pie.