Aux portes du Grand Erg
Claude Hervé-Bazin

Prenez une carte Michelin. À l’ouest du Djebel Dahar, une tache jaune s’étale, que traverse la frontière algérienne : le Grand Erg Oriental. Voilà la quintessence du désert, une mer de sable sans commune mesure avec aucune autre, aux vagues mouvantes de sable redessinées à l’infini.

Certains abordent cet océan saharien à Ksar Ghilane, surgie du néant, pour mieux profiter de sa merveilleuse source d’eau chaude en plein désert. On dit d’elle qu’elle est l’oasis la plus méridionale de Tunisie, ultime bastion romain aux marges de l’Empire, sur la route des caravanes africaines. D’autres choisissent, plus à l’ouest, la vaste oasis de Douz ou, au-delà, Zaafrane, au village et aux palmiers à demi-engloutis, et Es Sabria, encore moins fréquentée.

On peut se contenter d’un simple aperçu : un ULM pour survoler l’écume des petites dunes au couchant, ou un quad, ennemi juré de la contemplation, pour jouer au pirate de la glisse. L’alternance des pentes raides et des décrochages vaut bien un tour de grand huit – pour peu que l’on ne s’ensable pas.

Plus sûr, plus serein, plus lent : l’indémodable dromadaire. Seule condition : bien saisir le bât lorsque la monture se hisse sur ses hautes pattes, au risque de chavirer ! Qu’elle dure une heure (dommage) ou une semaine (un must !), la méharée qui suit, rythmée par la démarche chaloupée et le franchissement des lèvres des dunes, arc-bouté sur la selle, fait partie de la légende.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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