Les nids d’aigle des ksour
Claude Hervé-Bazin

Les offres de thalasso et la plage de la Seguia, bastion du kitesurf, retiennent certains à Djerba. D’autres s’aventurent au-delà du golfe de Bou Grara. Les pressés sautent dans le bac à Ajim, après une courte escale chez les potiers de Guellala. Les flâneurs s’évadent par l’ancienne chaussée romaine jetée sur les basses eaux – une promenade colonisée par véhicules et installations…

La route, plate comme la main, mène à Médenine (65 000 habitants), puis Tataouine (60 000 hab.), portes d’accès aux villages perchés du Djebel Dahar. Culminant péniblement à 689 m d’altitude, la chaîne est un bastion berbère depuis les invasions arabes du Ier millénaire. Les routes et pistes tortueuses mènent à des villages fortifiés, dont les maisons de pierre se fondent avec la roche – ainsi à Douirat (photo), à Chenini, à Guermessa

Seuls quelques petits ânes bruns et les sanctuaires, éclatants de blancheur, attirent le regard. Parmi eux, la mosquée des Sept Dormants de Chenini semble flotter hors du temps, avec son minaret trapu et ses bulbes à l’apparence millénaire.

Ces villages aujourd’hui quasi-désertés se nomment ksour. Traditionnellement, les greniers (ghorfas) occupent les hauteurs les plus inaccessibles, à l’abri des maraudeurs et protégés par une enceinte fortifiée. De tous les ksour, le plus impressionnant est peut-être le Ksar Ouled Soltane, au sud-est de Tataouine ; remontant au XVe siècle, il regroupe pas moins de 400 greniers sur trois à quatre niveaux !

On en trouve d’autres bien restaurés à proximité, à Ksar Ouled Debbah. En général, les habitations se trouvent en contrebas. Elles se prolongent souvent par des pièces troglodytiques, fraîches jusqu’au cœur de l’été.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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