Escale à Djerba
Claude Hervé-Bazin

Appréciée pour les longs rubans de sable bordant sa côte nord, la plus grande île nord-africaine (514 km2), ancrée au sud du golfe de Gabès, prend des airs de station balnéaire en attente. Sur le marché dominical de Houmt Souk, le chef-lieu, dans les travées du souk, le marchandage est plus aisé.

Au port, les pêcheurs embarquent les pots de terre cuite empilés sur les quais, mini-amphores percées de trous, reliées entre elles en longs chapelets. Des armes redoutables pour les poulpes qui se laissent prendre au piège. Ils se retrouveront vendus à la pittoresque criée (photo) – où les commissaires-priseurs officient sur de vieilles chaises aux airs de trône.

Juste à l'est du port, la marée basse découvre de vastes étendues sablonneuses. Là, s'ancrent quelques barques débordant de nasses rustiques, la plupart munies d'une voile dessinant sur l'onde un triangle blanc.

En toile de fond, les pieds dans l'eau, le Bordj el-Kébir dresse ses murailles massives et crénelées, prenant au couchant de superbes teintes mordorées. Bastion espagnol durant près de deux siècles, il fut pris au XVIe siècle par les troupes ottomanes du corsaire Dragut, lieutenant de Barberousse. Les têtes des défenseurs défaits et décapités formèrent longtemps le Bordj er-Rous, la ''tour des crânes''… remplacée par un obélisque après l’instauration du protectorat français.

Les fondouks (caravansérails) du vieux Houmt Souk évoquent, eux, ces caravanes chargées de dattes, de sel et d'esclaves qui firent les beaux jours de l'île. Les dromadaires, ces vaisseaux du désert, jetaient l’ancre dans les cours carrées à doubles rangées d'arcades. Les marchands s'installaient à l'étage pour se reposer de leur périlleux voyage.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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