Géographie
Le Cap-Vert tient son nom du Cap Vert au Sénégal
qui est la pointe africaine la plus proche de l’archipel. Les dix îles, dont
seulement neuf sont habitées, et les quelques îlots qui forment l’archipel en
forme de couronne ouverte sur l’Amérique du Sud, sont pour ainsi dire perdues
dans l’Atlantique, bien au sud des Canaries, à une distance comprise entre 570 km
et 880 km des côtes sénégalaises. Le Cap-Vert forme avec les Açores, Madère
et les Canaries l’archipel de la Macaronésie.
La superficie totale du Cap-Vert est de 4 030 km², soit
une densité moyenne d’à peine 100 hab./km².
Particulièrement exposées au vent, les îles se divisent en deux groupes, répartis
suivant leur position face aux alizés :
- Les îles au vent (Barlavento) : Santo Antão (779 km²),
São Vicente (227 km²), São Nicolau (343 km²),
Santa Luzia (45 km²), Sal (216 km²), Boa Vista
(620 km²).
- Les îles sous le vent (Sotavento) : Santiago (991 km²),
Maio (269 km²), Fogo (476 km²), Brava (67 km²).
Paysages
Volcans
Selon la légende, Dieu créa le monde et jeta la
poignée de terre restante dans l’Atlantique, ce qui donna naissance aux îles
du Cap-Vert, isolées et inhabitées. D’un point de vue plus scientifique, le
Cap-Vert s’est formé par une succession d’épisodes volcaniques. Les paysages
des îles plates, comme Maio, Boavista ou même Sal, laissent présumer de ces
origines géologiques. Mais seule l’île de Fogo est encore l’hôte d’un volcan
toujours actif, le Pico de Fogo, point culminant de l’archipel à 2 829 m.
Les dernières éruptions qui datent de 1951 et 1995 ont laissé tout
autour un paysage lunaire de lave et de cendre séchées.
Montagnes
Au nord, Santo Antão, la plus occidentale des îles,
offre un visage très contrasté par rapport aux autres îles, arides et désertiques.
C’est une île de montagnes vertes, qui, dans une certaine mesure, rappelle les
contreforts de la cordillère des Andes avec ses routes pavées suspendues. Ses
ribeiras offrent aux marcheurs des possibilités de randonnées exceptionnelles.
São Nicolau lui ressemble, mais en moins spectaculaire. En revanche, les montagnes
de Santiago avec leur dentelle de pics déchiquetés sont impressionnantes et
la route qui les traverse est, pour le moins, riche en émotions fortes, en particulier
au nord, dans la Sierra Malagueta.
Plages
Elles sont bien sûr partout au Cap-Vert, mais de
par sa situation au milieu de l’Atlantique, les courants sont forts et l’on
ne peut pas toujours se baigner.
Fogo la volcanique offre de longues plages de sables noires. Sur Santiago, Tarrafal
se distingue par sa plage ornée de cocotiers où les Capverdiens viennent passer
le dimanche en famille. Mais les plus remarquables se situent sur les îles de
Sal, Boavista et Maio où l’on trouve des kilomètres de sable blond absolument
déserts, investis l’été par les tortues qui viennent pondre.
Climat
De type tropical sec (le Cap-Vert est situé dans
la zone sahélienne), il est très fortement influencé par les vents : l’alizé
du Nord-Est et l’harmattan venu du Sahara sont responsables de l’aridité extrême
et des grandes périodes de sécheresse, tandis que la mousson atlantique apporte
des pluies qui restent très irrégulières d’une année à l’autre, concentrées
habituellement sur les zones de relief (Santo Antão, Fogo et Santiago).
Ces
pluies parfois très violentes peuvent occasionner de gros dégâts, à Praia notamment.
Mais, comme en Europe, les données climatiques tendent à se bouleverser puisque
même Sal et Boavista, îles les plus soumises à la sécheresse, viennent de connaître
des jours entiers de pluies.
On distingue donc deux saisons principales : la saison sèche,
de novembre à juin, et la saison des pluies, de juillet à octobre. La température
de l’air varie de 20 à 30 °C, quant à celle de la mer, la température
moyenne annuelle est de 23 à 26 °C. La nuit, les variations sont assez
faibles, sauf en altitude. L’hiver, les vents peuvent être très violents pendant
plusieurs jours, ce qui fait le bonheur des surfers et autres véliplanchistes.
D’une façon générale, le climat du Cap-Vert est particulièrement agréable pour
les voyageurs, mais sécheresse et absence de pluie ne facilitent pas la vie
des Capverdiens, ni même le développement touristique de masse.
Environnement
Flore
Contrairement à ce que son nom laisse présager,
seules quelques zones très localisées de l’archipel se distinguent par leur
verdure.
Il semble que la végétation d’origine soit de type méditerranéen, enrichie par
la suite de plantes en provenance du Portugal ou d’Afrique. Sur environ 800 espèces
végétales représentées, on en compte quelque 90 considérées comme endémiques,
présentes en particulier sur l’île de Fogo, dans le parc forestier de Monte
Velha, au milieu des fougères et des eucalyptus. Une présence remarquée dans
l’archipel, comme sur les autre îles de Macaronésie, est celle du dragonnier
que l’on trouve entre 500 et 900 m d’altitude, sur l’île de São Nicolau
en particulier.
La végétation est abondante sur les îles de montagne avec des
canyons et vallées luxuriantes où s’épanouissent palmiers, fromagers, baobabs
et plantes agricoles, mais elle est très rare sur les îles basses comme Sal
ou Boavista qui offre le visage d’une savane arborée peu dense.
Il faut noter
que le pays présente 55 % de terres incultes. Une grande partie de la végétation
aurait été détruite depuis la découverte des îles. Une campagne de lutte contre
la désertification et le reboisement a été mise en place ces dernières années
avec des résultats encourageants visibles en particulier sur l’île de Maio.
Faune
La faune terrestre se limite presque exclusivement à des animaux
domestiques et d’élevage (chiens, chats, ânes, chevaux, cochons, poulets, moutons
et chèvres) apportés par les Portugais. On trouve aussi quelques singes dans
les montagnes de Santiago et plusieurs espèces de reptiles, dont aucune n’est
dangereuse. Elle est un peu plus riche du côté des oiseaux avec environ 75 espèces
représentées, dont plusieurs sont endémiques, comme le tchota de Cana
ou l’alouette de Raso. Sur les îles de Santiago, Fogo et Brava, le passarinha
est un adorable petit oiseau coloré au long bec orange et au chant radieux.
La faune marine est en revanche exceptionnellement riche avec
un mélange de faune tropicale et de faune méditerranéenne. Les eaux chaudes
et claires favorisent l’épanouissement des coraux et l’archipel du Cap-Vert
est l’un des plus poissonneux au monde avec une centaine d’espèces. Parmi les
espèces représentées : poissons-perroquets, carpes, mérous, thons, daurades,
murènes, marlins, espadons, langoustes... ainsi que des dauphins et plusieurs
espèces de requins. Les baleines passent dans les eaux du Cap-Vert de décembre
à avril et les tortues marines viennent pondre sur les plages de l’archipel
de juin à septembre.
Protection animale
Plusieurs espèces de tortues de mer dont le caret
sont en voie de disparition. Depuis quelques années, des campagnes de protection
ont été lancées sur l’archipel, en particulier sur l’île de Boavista où une
équipe universitaire des Canaries travaille efficacement avec la collaboration
des militaires. Sur l’île de Sal, les militaires surveillent également certaines
plages, mais des tortues sont encore tuées alors que sur l’île de Maio, les
massacres se perpétuent sans aucune répression. La population continue de manger
les œufs et la viande de tortue qui se vend très cher sur l’île de Santiago
pour ses vertus soi-disant aphrodisiaques. Il reste donc beaucoup à faire pour
protéger l’emblème du pays.
Un des trésors de l’archipel est la langouste qui se vend aux restaurants et
à l’importation à très bon prix. De fait, elles sont de plus en plus pêchées
avec bouteille et les interdictions en période de reproduction ne sont pas respectées,
ce qui devrait faire baisser rapidement la population présente.