Identité
Lorsque les navigateurs portugais et génois découvrent
les îles du Cap-Vert entre 1460 et 1462, l’archipel est totalement
vierge de toute population (bien qu’ayant vraisemblablement déjà été visité
par des Arabes et des pêcheurs sénégalais). Mais sa situation stratégique dans
l’océan Atlantique, sur la route du Nouveau Monde tant convoité, inspire à la couronne
portugaise des velléités de peuplement macabre.
Le trafic d’esclaves est alors
un commerce très lucratif et des milliers d’Africains, originaires pour beaucoup
de Guinée-Bissau, mais aussi du Sénégal ou de Sierra Leone sont emmenés de force
sur les îles. Dans les décennies et les siècles qui suivent, de par la faible
superficie des îles et leur isolement, un processus de métissage unique entre
maîtres blancs et esclaves noirs se développe. Ce métissage entre Afrique et
Portugal est le fondement même de l’identité capverdienne.
Le parler créole,
issu du portugais et enrichi de dialectes africains (notamment le mandingue),
se pose comme le symbole le plus éclatant de cette identité. Il est parlé par
tous, quelle que soit sa classe sociale, et ardemment défendu par les intellectuels.
Mais paradoxalement, les Capverdiens se réclament davantage de la part européenne
de leurs origines et méconnaissent la richesse de la culture africaine.
Même
si des influences ont subsisté, en particulier sur l’île de Santiago, on trouve
assez peu de parallèles avec la culture du continent, et si les femmes portent
leurs enfants dans le dos et des provisions sur la tête, elles se vêtissent
à l’européenne. Les cas de discrimination envers les Sénégalais ou les Guinéens installés
sur les îles sont parait-il assez fréquents.
Fêtes et jours fériés
Les jours fériés correspondent pour beaucoup à ceux de notre calendrier chrétien
(Noël, Nouvel An, Mardi Gras, Assomption), auxquels on peut ajouter :
- 13 janvier : jour de la démocratie.
- 20 janvier : jour des héros de la Nation.
- 8 mars : journée de la femme.
- 1er mai : fête du travail.
- 1er juin : jour de l’enfant.
- 5 juillet : fête de l’indépendance.
Les fêtes dans les îles sont nombreuses et chaque
petit village a souvent sa fête particulière. Les fêtes sont en général liées
à la célébration d’un saint, saint Jean étant le plus fêté sur toutes les îles.
Santo Antão est l’île où les fêtes sont les plus nombreuses. Les festivités
sont très populaires, comportant toujours des messes, des processions, de la
musique traditionnelle et des danses, ainsi que de copieux repas où l’on sert
les plats des grandes occasions comme le xérem, le cuscus ou la djagacida.
Le
carnaval est également célébré sur toutes les îles ; les plus célèbres
étant bien sûr celui de Mindelo que d’aucun compare même à un petit Rio et celui
de São Nicolau, plus authentique.
Les fêtes de Bandeira de São Felipe (Fogo)
et leurs courses de chevaux qui se déroulent le dernier week-end d’avril sont
également très réputées. Enfin, de grands festivals de musique se déroulent
sur toutes les îles et, certains, comme celui de Baia das Gatas (en août, à
São Vicente), se sont forgés une solide réputation internationale.
Religion
Le catholicisme, importé par les Portugais, est
la première religion du pays. Le clergé a d’ailleurs une grande influence sur
la vie sociale et politique du pays. Les églises sont présentes partout. À Cidade
Velha, ancienne capitale sur l’île de Santiago, on trouve les ruines de la première
cathédrale africaine. Contrairement à Cuba ou au Brésil, par exemple, il n’y
a a priori pas eu au Cap-Vert de fusion avec des rituels animistes. Les Capverdiens
pratiquent la même religion que les Portugais.
La deuxième religion du pays est
le protestantisme (en particulier la branche adventiste), chaque ville ou presque
possède son temple. Quant à l’Islam, il commence à peine à faire son apparition
avec l’arrivée des Sénégalais. On trouve quelques traces de judaïsme, ainsi
que pas mal de rastas.