Musique
C’est incontestablement la plus grande richesse du Cap-Vert. Chanter est pour
les Capverdiens une seconde nature.
Les morceaux les plus connus (ceux interprétés par Cesaria Evora,
Bana ou Tito Paris) sont des mornas,
ballades langoureuses exprimant la saudade, cette nostalgie qui rapproche
les peuples lusophones. Elles rappellent d’ailleurs le fado portugais ou le
tango argentin.
La coladeira est proche de la morna, mais d’un rythme plus
enjoué, plus proche de la musique brésilienne.
Le batuque et le finaçon sont les rythmes les plus
africains de l’archipel, originaires de l’île de Santiago. Il s’agit de chœurs
de femmes utilisant des pagnes enveloppés dans du plastique et serrés entre
leurs cuisses comme percussions. Dans le finaçon, les paroles sont improvisées.
Nacia Gomi en est la plus grande représentante.
Le funana, également de Santiago, est la musique de la revendication,
interdite sous l’occupation portugaise et très populaire chez les jeunes aujourd’hui.
Le funana se distingue par l’utilisation d’un petit accordéon (la gaïta)
et d’un morceau de fer (le ferrinho). Ferro Gaita est le groupe
le plus en vogue.
On trouve encore d’autres styles musicaux comme la tabanka (musique
de défilé) et la batucadeira (musique de carnaval).
Parmi les musiciens capverdiens à découvrir : Bau, le virtuose
des cordes (guitare, violon et cavaquinho), Luis Morais,
le saxophoniste du groupe Voz de Cabo Verde décédé en 2003,
et pour les plus modernes, Simentera, Boy Gé Mendes, Projecto
Ayan, Cordas do Sol et Mayra Curado Andrade, la nouvelle
voix d’or du Cap-vert.
Festivals
Plusieurs festivals de musique se déroulent chaque
année sur l’archipel. Les plus importants sont le Baia das Gatas (São Vicente,
deuxième quinzaine d’août), Gamboa (Santiago, 3e week-end de
mai) et Santa Maria (Sal, septembre) mais chaque île organise son festival avec
des concerts qui se déroulent dans les polyvalentes, salles de spectacle et
de sport à ciel ouvert.
Peinture
Les plus grands peintres du Cap-Vert sont nés ou
vivent à Mindelo, ville promue capitale culturelle de la lusophonie. Les plus
connus sont Tchalé et Manuel Figueira. Leur atelier situé sur le front de mer,
face à la Tour de Belem, est devenue une institution, mais est de plus en difficile
à visiter car les artistes sont rarement présents. Avec Bela Duarte, Luisa Queiros,
Leao Lopes et quelques autres comme Joãn Fortes, ces plasticiens développent
chacun leur propre style avec, comme armature commune, le foisonnement des couleurs
et les tendances figuratives.
Leurs œuvres sont visibles dans les centres culturels
et au Café Lisboa à Mindelo. En plusieurs endroits de la ville, on trouve aussi
des fresques et sculptures de Ro et Nild, deux artistes dont l’atelier se situe
dans le quartier de Bela Vista.
Littérature
En 1936, quelques intellectuels, dont les poètes Jorge Barbosa, Manuel
Lopes et Baltasar Lopes fondent Claridade, une revue d’arts et lettres.
Inspiré par des auteurs tels que le Brésilien Jorge Amado, ce mouvement tente
de mettre en place l’expression de l’identité capverdienne après des années
de littérature portugaise. Mais il faudra attendre les années 1950 pour
que les auteurs établissent véritablement la filiation africaine de l’identité
capverdienne. Les écrits d’Amilcar Cabral, artisan de la libération, sont à
ce titre essentiel.
Eugenio Tavares, poète du XIXe siècle, reste l’un des auteurs
les plus connus, compositeurs de nombreuses mornas, à l’égal de Manuel
de Nova. Plusieurs auteurs capverdiens sont traduits en français, comme Teixeira
da Souza, Baltasar Lopes et Germano Almeida dont Le Testament de M. Nopomuceno
a été porté à l’écran.
À lire aussi le très beau Cap-Vert, notes atlantiques de Jean-Yves Loude
et la biographie de Cesaria Evora par Véronique Mortaigne.
Cinéma et théâtre
Depuis 1999, il existe un festival, les Rencontres internationales de
cinéma au Cap-Vert. Leao Lopes, ancien ministre de la Culture, est le réalisateur
d’un premier long-métrage capverdien. Enfin, Mindelo a servi de décor au film
Nha Fala de Flora Gomes et d’autres réalisateurs devraient le suivre
sur cette voie.
Du côté du théâtre, de plus en plus de petites troupes voient le jour sur les
différentes îles. L’association Mindelact à Mindelo, en particulier, est très
active et organise un festival à la renommée grandissante à l’automne.
Artisanat
L’artisanat local est encore assez pauvre, mais tend à se développer. Il s’agit
essentiellement de batiks (teintures artisanales), de céramiques, de sculptures
de pierre ou noix de coco, de bijoux en coquillages.
Mindelo abrite un Centre national d’artisanat et quelques créateurs talentueux
se sont installés à Santa Maria. Mais la majorité de l’artisanat que l’on peut
trouver sur les îles, statuettes de bois, masques et colliers provient de la
côte africaine, vendu par les Guinéens et les Sénégalais.