…c’est ce que m’inspire l’intervention de antoine83, ainsi que ce qui suit :
La vie en couple n’est pas facile, il faut une bonne dose d’humour pour railler le train-train quotidien et ses difficultés, également de la compréhension, de l’attention, un bon sens du compromis pour enrayer une dégradation des rapports, les huiler afin qu’ils ne se grippent et rouillent… Ces difficultés sont multipliées quand on vit avec une personne d’origine étrangère. Comme toi, antoine83, beaucoup s’épuisent et jettent l’éponge. Je ne sais pas ce qui m’attend. Pour l’instant, notre union est plutôt réussie et je souhaite que ça dure jusqu’au tomber de rideau (je suis sexagénaire). L’important, comme dit sguy, c’est de pouvoir rebondir après une épreuve dure et difficile.
Bien sûr que les Cubains (et bien d’autres de par le monde !) essaient de s’en sortir par tous les moyens ! Y compris par l’exil en se mariant avec un(e) ressortissant(e) d’un pays riche, il ne faut pas le cacher. Ma femme en fait partie. Au prime abord, sachant cela — tout de même pas dans les proportions découvertes plus tard, j‘ai été vraiment étonné de l‘ampleur du phénomène —, j’étais méfiant, je refusais de servir de marchepied, tremplin ou autre ustensile de projection ou propulsion, question de dignité. Après maintes discussions de démythification et mises en garde sur la vie et les difficultés qui l‘attendaient en France (langue, climat, emploi, racisme, etc.), je me suis aperçu que ce n’était pas le seul ressort, sa seule motivation. A partir de là, nous en sommes arrivés au mariage. Bien entendu, au début, il y eut des désillusions, surtout de son côté (j’ai en mémoire une montagne d’anecdotes). De mon côté, j’ai dû faire le gendarme pour ne pas dépenser plus que notre budget le permet, me souvenant des paroles d’une amie cubaine, reflétant la mentalité de beaucoup de ses compatriotes : “L’argent, ça va, ça vient, quand on en a, on le dépense, quand on n’en a pas, on s’en passe et on attend des jours meilleurs”. J’ai dû aussi faire preuve de davantage de tolérance, moi, l’indécrottable athée, allergique aux bondieuseries, marié à une bigote ! Mais bon, la vie m’ayant apporté un peu de sagesse, j’ai appris à cultiver ce qui unit plutôt que ce qui divise. Franchement, je ne sais pas si j’aurais été capable de faire tout ce qu’elle a fait : s’exiler (ça, j’aurais du mal, même avec Le Pen au pouvoir !), se séparer de sa famille, supporter le climat, apprendre le français, se former et trouver un emploi.
antoine83 aborde, ainsi que ceux qui lui ont déjà répondu, la question de l’aide financière à la famille. C’est une question universelle qui touche nombre d’habitants des pays pauvres. Ce matin-même, j’ai entendu sur France Inter, dans le bulletin d’informations de 8 heures, un court reportage sur le sujet car la crise et son cortège de licenciements font que moins d’argent est envoyé aux familles restées au pays (baisse de 7 %), ce que ces familles ne comprennent pas, elles se sentent lâchées par les leurs, trahies.
Aider ou pas, cela regarde la conscience de chacun. Pour ma part, malgré un revenu tout juste moyen (ouvrier du Livre ayant fini sa carrière en presse), j’envoie de l’argent à mes amis cubains depuis la “Période spéciale“. Maintenant, c’est principalement à la famille que j’envoie de l’argent, à ma fille et aux amis quand je peux. J’aurais mauvaise conscience à ne pas le faire, l’individualisme n’étant pas mon fort, la solidarité, le partage et les notions de groupe faisant partie de mes valeurs. Valeurs de moins en moins partagées de nos jours, je le vois aussi sur ce forum (tant pis ! je n’en ai pas d’autres !).
Bien amicalement.