Préambule
Voici quelques informations d’un débutant en Asie en mode routard (donc pas cher. Il faut en tenir compte en ce qui concerne mes remarques). Ce sont des remarques générales car chaque pays (ceux que j’ai parcourus), voire même chaque région a ses particularités plus ou moins proches.
Je n’étais jamais allé en Asie et certains aspects m’ont beaucoup surpris même si ça paraîtra la base à ceux qui connaissent cette partie du monde. A la fin de ce texte essayant de compiler les aspects globaux des pays de la péninsule asiatique, vous trouverez des liens pour des renseignements pratiques extraites, au fil de mon journal de bord, sur un voyage enchaînant Thaïlande, Laos, Cambodge, Malaisie et Sumatra de début janvier à fin mars 2025.
Mais d’abord une présentation rapide pour que vous voyiez par quel prisme il faut regarder mes informations par rapport à vous :
Je suis assez sportif malgré mes 60 ans révolus, je n’aime pas beaucoup les villes, ni le bruit, ni quand il y a trop de monde (je suis un gars de la campagne) et, sans écarter d’autres centres d’intérêts, mon principal objectif était de parcourir la nature tant qu’il en était encore temps, de voir la vie des gens ordinaires et de m’imprégner de la culture générale.
Je ne suis pas riche mais heureusement pas trop regardant sur les hébergements et la nourriture. J’ai des goûts simples et j’ai donc fait ce voyage dans l’esprit routard (4830€ sur place pour 114 jours de voyage tout compris sauf l’aller-retour donc au total 6190 € (dont 387+ 742= 1129 € d’avion et 223 d’assurance).
Par contre j’ai du temps (c’est une forme de richesse) et je suis parti pendant 4 mois ce qui peut aussi changer la manière dont on envisage le voyage.
Le truc le plus utile que j’ai emmené : des bouchons d’oreilles en silicone plus efficaces que les boules Quies ordinaires. Répartissez-les dans 2 boites. C’est très difficile d’en trouver en cas de perte !
Le truc le plus inutile : je me suis fait vacciner contre la rage car on m’a dit qu’il y avait beaucoup de chiens errants. En fait les chiens sont tous très tranquilles, pas menaçant. Ils n’aboient pas ou très peu et passent beaucoup de temps à dormir (on dirait des chats), parfois sur la route ! J’avais aussi une gourde filtrante et des comprimés purificateurs prévoyant d’aller dans des endroits reculés mais j’ai trouvé partout de l’eau filtrée ou à la rigueur bouillie lors des treks.
Je voyage toujours seul afin de favoriser les contacts avec la population mais les asiatiques, bien que très aimables et souriants, sont très réservés. A part quelques rares exceptions, il m’a été difficile d’avoir une vraie discussion avec les gens. Je suppose qu’il aurait fallu rester plus longtemps au même endroit mais je n’en suis même pas sûr : je me souviens d’un gardien d’hôtel issu d’une bourgade proche qui m’a dit que depuis deux ans qu’il vivait à Louang Prabang, il n’avait toujours pas pu nouer de lien amical avec quiconque. Cela m’a surpris et aussi un peu déçu par rapport aux voyages que j’avais faits précédemment mais c’est la mentalité asiatique et il faut l’accepter.
Pour avoir une vue globale de mon voyage et quelques commentaires et photos au jour le jour, on peut le consulter sur
Ne vous abonnez-pas (le voyage est terminé) et ne donnez pas d’argent pour un travel book que je ne ferai pas.
J’ai aussi essayé de laisser des commentaires dans tous les endroits que j’ai fréquentés sous le nom de Pierre Lamat dans Google Map. Ni Augereau ni Lamat ne sont mon vrai nom, pas plus que mon pseudo ici mais si ça peut aider, welcome.
Hébergement
Concept étrange pour un occidental mais c’est quasiment une règle en Asie : la douche est à moins de 2 mètres des WC, dans la même pièce…. Qui sera inondée après la douche vu qu’il n’y a pas de bac, juste un trou d’évacuation dans un coin. C’est donc mieux d’utiliser les WC et de se laver les dents avant la douche même si, la plupart du temps, claquettes et petit tapis de sortie de salle de bain sont fournis.
A propos, sachez qu’en de nombreux endroits, la présence d’une douche n’inclue pas forcément l’eau chaude. A faire préciser avant de prendre la réservation. Parfois c’est à payer en sus, parfois juste indisponible. Heureusement l’eau n’est pas froide. La plupart du temps, l’eau chaude est cependant fournie par un petit chauffe-eau électrique intégré à la douche. Il est protégé par un fusible proche de la salle de bain (parfois dedans) qui n’est pas souvent actionné à votre arrivée. Pensez à le vérifier avant de vous plaindre. Idem pour la climatisation.
Sauf dans quelques endroits privilégiés, la méthode à utiliser pour nettoyer vos fesses après avoir déféqué est l’usage d’une douchette. Comme vous êtes un occidental, vous aurez le droit d’utiliser le papier toilette mis à votre disposition (ou pas, il est prudent d’en avoir un peu d’avance) et de le mettre ensuite dans la poubelle disponible près des WC. Pas dans la cuvette des WC avant de tirer la chasse d’eau ! Et même si cela n’est pas précisé auparavant votre hôte vous saura gré d’avoir demandé avant usage (y a pas de tabou là-dessus). C’est une habitude à prendre, c’est tout.
Les chambres ne sont pas systématiquement vérifiées. En arrivant, testez le matelas (ils sont plutôt fermes en Asie), vérifiez l’état des draps, le fonctionnement de la climatisation, de l’éclairage, le fonctionnement et la présence d’eau chaude dans la douche ainsi que l’état des moustiquaires et la fermeture des fenêtres. Ce petit check m’a amené plus d’une fois à demander une autre chambre.
Enfin sachez que le bruit ne dérange que vous, pauvre occidental : l’asiatique est né, vit et mourra dans un environnement bruyant. Les cloisons minces, les parquets grinçants, les couloirs et autres ventilations sonores ne le dérangent pas. Pas plus que le fait de faire du bruit bien après 22 h et bien avant 6 h. Vos meilleurs amis à ce sujet sont des bouchons d’oreilles très efficaces que vous aurez eu soin de répartir en 2 endroits de vos bagages afin d’éviter de vous trouver démuni en cas de perte d’une boite car, bien évidemment, c’est quasi introuvable en Asie.
J’ai beaucoup utilisé Agoda pour l’hébergement et j’ai été surpris d’y trouver des prix plus avantageux qu’auprès du gérant de l’hôtel (ou guesthouse), même pour plusieurs nuits consécutives. Pas la peine de chercher à négocier en direct donc. Notez que le cashback obtenu avec l’appli est disponible longtemps après mais sous forme de vrai cash reversé sur votre CB.
Poubelles
Concept plus ou moins fumeux en Asie… Et je pèse mes mots : dans la plupart des pays on brûle les déchets et pas souvent dans une usine d’incinération avec un filtre sur la cheminée. Certaines villes ont un service de ramassage des ordures. Ca va des poubelles individuelles ramassées par le service de la ville au bulldozer qui met dans un camion un tas d’ordures jetées en tas par les commerçants à la fin du marché… dans le meilleur des cas. Pour l’essentiel, dans la campagne ou les petites villes, les détritus sont jetés dans un creux (trou, ravin, anse de rivière, bref ce qu’il y a dans le coin) pas trop près à cause de l’odeur mais pas trop loin non plus parce qu’il faut y aller et ils y restent. L’autre méthode c’est d’y mettre le feu régulièrement, en gros ou individuellement. Historiquement, comme tout était emballé dans des feuilles de bananier, ça ne posait pas de problème mais, du coup il y a très rarement de service de gestion des déchets. C’est désormais beaucoup plus facile de tout mettre (la moindre petite emplette) dans des sacs en plastique et tout le monde jette tout ça d’autant plus allègrement n’importe où qu’il n’y a pas de poubelles dans la rue ! Beurk. J’ai fini par me promener avec mon petit sac plastique dans la poche que je sortais lors de mes achats avant qu’on m’en refourgue un d’office.
Religion
L’asiatique est croyant et ce n’est pas qu’une façade sociale. On ne rigole pas avec la religion quel qu’elle soit même s’il est accepté que vous n’ayez pas la même. L’athéisme par contre n’est pas une bonne réponse et, croyez-moi, cela fera partie des premières questions que l’on vous posera. Si vous êtes athée, potassez votre couverture en choisissant une religion à l’avance. A côté de ça, l’animisme est partout en toile de fond et il n’y a aucun embarras à prier son Dieu, quel qu’il soit pour lui demander des faveurs très matérielles telles que de la chance au jeu, en amour, dans les affaires etc… Idem en ce qui concerne, les fantômes, revenants ou autres esprits malins qui, avec l’aide des ancêtres dûment honorés par des offrandes, s’éloigneront de vous. Pour un asiatique, ça marche qu’il soit bouddhiste, chrétien, musulman ou que sais-je. Ce n’est pas une contradiction théologique, c’est une « assurance » supplémentaire.
Famille
Autre sujet qui arrive très vite dans la conversation. Si vous êtes un homme voyageant seul, la 1ère question est « où est ta femme ? ».
Dans certaines régions d’Asie, il est difficilement compréhensible de ne pas voyager en couple. L’idée du concubinage sans être marié est étrangère à la mentalité locale. Mais, tout comme pour la religion, plus vous serez dans un endroit touristique et plus vos interlocuteurs seront habitués aux comportements étrangers bien sûr.
En ce qui me concerne, la réponse pour ma femme (ou plutôt son absence) était « elle est morte » (à dire d’un air triste). Généralement, ça calme votre interlocuteur… Mais pas tout à fait. Y a toujours un peu d’insistance pour demander (quand même) si vous avez des enfants ? Si vous êtes très menteur ou très prolifique, annoncez-en une bonne demi-douzaine et vous aurez droit à l’admiration de votre interlocuteur. N’oublions pas que nous sommes dans des pays où ce sont les enfants qui assument physiquement la retraite, et puis il y a le poids des traditions…
Comme je ne mens pas bien j’ai choisit de dire la vérité : je n’ai qu’un enfant MAIS c’est un garçon. Faut l’ajouter très vite avant que votre interlocuteur soit catastrophé par le peu d’enfants que vous avez mais, vu que j’ai un héritier mâle, ça rattrape un peu !
En fait, aux dernières nouvelles (très récentes), la mère de mon enfant va très bien. Merci pour elle.
Scooter
Exercice toujours délicat voire, selon les pays, périlleux. Avant de partir demandez un permis international (5 à 6 mois de délai) et vérifiez que votre assurance voyage couvre la pratique du 2 roues. Mais, sur place, il est rare que le loueur vous donne un papier attestant de la location alors, pour la responsabilité civile concernant les dégâts que vous occasionnerez, vous pouvez oublier. La solution est de rouler très prudemment, je dirais même humblement : si vous rencontrez un véhicule plus gros ou plus pressé que vous faites profil bas pour éviter les ennuis. Après tout, vous avez le temps, vous êtes en vacances.
On ne m’a jamais demandé de caution mais il est courant de laisser une pièce d’identité (ne jamais donner son passeport, une carte d’identité voire une carte vitale suffit). Bien vérifier les freins, faire des photos de toutes les faces et du tableau de bord (pour relever le niveau d’essence que vous devrez remettre plus ou moins au même niveau au retour) et contrôlez l’état du casque malgré le fait qu’il sera souvent abimé ou comportant parfois un sticker précisant qu’il n’est pas adapté pour la moto. Ayez sur vous le permis international ET votre permis français afin d’être irréprochable en cas de contrôle de police.
Ne soyez pas trop gourmant en ce qui concerne le nombre de kilomètres à faire. Google map ne sait pas faire la différence entre une route goudronnée et un chemin de terre (fréquemment raviné vu les précipitations locales) et les locaux passent en scooter là où vous devrez sagement renoncer par manque de pratique (et aussi parce que les scooters en location courantes sont équipés de petites roues alors que, comme par hasard, tout le monde a de grandes roues beaucoup plus aptes aux sentiers) rallongeant ainsi nettement votre périple. Le pire est atteint dans la partie Nord du Laos (globalement au dessus de Vientiane) où la route, même goudronnée, est un condensé de ce qu’on trouve de pire en Asie : trous énormes, saignées brutales de 20 cm de large et presque autant de profondeur qu’on ne voit qu’au dernier moment. J’ai bien rentabilisé une sur-selle de scooter gonflable dans cette occasion. Mais pas seulement : elle m’a aussi été utile dans les bus, les bateaux et même en avion.
Il y a aussi pas mal de vaches en liberté, des chiens, des chèvres, des véhicules arrêtés en pleine route… chaque sortie de virage peut cacher un danger potentiel. Moralité : on peut facilement doubler le temps de trajet annoncé par Google map. Et c’est un gars qui à fait 10 ans de motocross qui vous le dit ! Notez que, excepté ce que je viens de dire concernant les obstacles mobiles que l’on retrouve plus ou moins partout dans les campagnes, les routes sont en bon état dans tous les autres pays que j’ai traversé.
Personne n’a été capable de me dire s’il y avait une règle officielle pour la priorité. Dans la pratique, on s’avance doucement histoire de tester si les autres véhicules ralentissent assez pour vous laisser passer, puis on s’engage. Le mieux est de calquer son attitude sur un local pour les carrefours ou d’y aller lentement si vous êtes seul. En bref, le crédo c’est « y a pas de règle sur le terrain mais on va s’arranger en roulant doucement et avec courtoisie ».Cette méthode assez surprenante pour un occidental marche très bien même en ville.
Marche
Encore un concept occidental étrange : pourquoi marcher alors qu’on a un scooter ou que les tuk tuk sont si peu chers ? C’est en Asie que l’on se rend compte que la France est un paradis pour les randonneurs. A la campagne, les chemins mènent quasiment tout le temps à un endroit précis (village, hameau ou champs) et s’y arrêtent. Point barre et il ne reste plus qu’à retourner sur ses pas. Il y a des possibilités de faire une boucle parfois mais encore faut-il les trouver ce qui est difficile à cause d’une cartographie peu accessible pour un occidental (malgré 3 applications de randonnées en permanence sur mon smartphone). J’ai quand même réussi quelques fois et j’ai quelques gpx que vous pourrez utiliser à vos risques et périls. L’autre solution est de participer à un trek avec un guide local qui connait bien les pistes mais c’est difficile d’en sélectionner un bon. J’ai fait 3 treks de plusieurs jours d’une qualité variable.
En ville, la vie de piéton est difficile : les asiatiques voient grand et les avenues assez larges pour faire rouler 3 tanks de front dans chaque sens ne sont pas rares. A côté, les Champs Elysées font pâle figure. Ajoutez à cela le peu de feux tricolores et l’absence quasi-générale de passages piétons pour compliquer les choses. Il faut, soit être rapide pour profiter des rares « trous » dans la circulation ininterrompue (avec parfois une longue attente), soit suivre un local qui s’engage dans le flot des voitures, sans courir et résolument. Ca marche. Autre solution sûre : s’engager en même temps qu’une voiture qui traverse, à couvert de son flanc.
Autre écueil, les trottoirs. Dans les grandes villes ils sont très hauts (20 cm c’est courant) et sans souvent aucun abaissement au carrefour. Dans les petites ou moyennes cités, ils sont au mieux inexistants, en terre, bosselés. Si, si, c’est mieux car sinon ils sont constitués de milliers de plaques de béton certainement plus pratiques qu’en France pour accéder aux canalisations souterraines mais rarement entretenues ce qui fait que, lorsqu’il en manque une, un trou de plus d’un mètre n’attend que le pas inattentif du promeneur. Défense de flâner le nez au vent. Il faut choisir entre regarder ses pieds ou regarder la ville. Pas les deux en même temps.
Dernière embûche, outre la circulation à gauche qui impose, en tant que piéton, de regarder le danger le plus immédiat à votre droite contrairement à l’habitude française, il semble qu’en ville, la circulation en sens interdit soit autorisée ou du moins tolérée (et en tout cas largement pratiquée) pour les deux-roues et autres tuktuks. Bref, regarder continuellement des deux cotés avant et pendant la traversée d’une rue est une saine précaution.
Bus
Nombreux, fréquents, ils sont plutôt gros (40 places) et confortables en Thaïlande. Ailleurs, sauf pour certains grands trajets, ce sera des minibus d’une vingtaine de places en état variable. Exception notable, Vireak Buntham (VET) dispose d’une flotte récente et de chauffeurs triés sur le volet permettant d’offrir des prestations « à l’occidental » au Cambodge.
Prenez l’habitude, en arrivant à la gare routière de vous renseigner sur les horaires pour votre prochain trajet. Les informations ne sont ni sur internet ni sur 12Go pour 90% des bus et les locaux ne vous renseigneront que rarement par méconnaissance.
Il y a deux façons de prendre les minibus pour rejoindre une autre ville :
- Par l’intermédiaire de votre guesthouse qui vous proposera une compagnie privée venant vous chercher et vous emmener généralement de porte à porte. Pratique mais 2 fois plus cher. En outre, le minibus fera le tour de la ville pour aller chercher ses autres clients avant de se mettre en route. Idem à l’arrivée ce qui peut prendre beaucoup de temps additionnel.
- D’une gare routière à une autre. C’est beaucoup moins cher mais attention car celles-ci sont selon le pays assez excentrées (spécialité Laotienne) et nécessitent donc de prendre un moyen de transport complémentaire au départ et à l’arrivée. Se grouper entre voyageurs pour ces petits trajets vers ou à destination de la gare routière est une bonne idée. D’autant plus que les conducteurs de tuktuk vous voient venir de loin ! Louang Prabang est le summum de ce système avec une gare routière éloignée et des prix pour le dernier kilomètre dépassant celui du trajet entier depuis Nang Kiew !
Arriver une heure avant le départ du minibus ou du bus est une bonne idée : comme en Afrique, ils partent quand ils sont pleins mais, si cela peut être avec 3 heures de retard dans les pays africains, c’est parfois avec plus d’une demi-heure d’avance en Asie. En outre, une arrivée précoce vous permettra, dans les minibus où les places ne sont pas numérotées, de poser à l’avance votre sac sur un siège pour le « réserver ».
Evitez les places près des fenêtres branlantes, trop près de la porte (siège amovible) ou au dessus d’un passage de roue. Attention, certains bus ne sont pas climatisés mais carrément réfrigérés !
Prenez toujours, coussin, sweat-shirt, bandeau, pantalon et chaussures car on ne sait jamais quelle sera la température intérieure (voir également le contenu de mon sac au paragraphe avion). Vous pourrez transporter de la glace sans qu’elle fonde en Thaïlande et au Laos. Mauvaise expérience aussi dans le bus de nuit à Sumatra.
Tout les bus entre deux villes s’arrêtent au moins une fois pour manger (une demi-heure) dans un endroit de leur choix.
La conduite est… spéciale : que la ligne centrale sur le bitume soit discontinue, continue voire même doublement continue n’empêchera pas le chauffeur de doubler s’il veut, visibilité ou pas. C’est assez déroutant pour un occidental mais rappelez-vous que personne ne roule vite et donc, qu’en se serrant un peu, ça passe à trois véhicules. Si au pire ça ne passe pas, tout le monde s’arrête. Celui qui est doublé, celui qui arrive en face et votre minibus. Et, personne ne s’énervera ni ne klaxonnera. Au plus il y aura un vague geste d’excuse et tout le monde continuera sa route. Décontractez-vous, ce n’est pas vous qui tenez le volant donc vous n’y pouvez rien et ça marchait très bien comme ça avant que vous arriviez alors… - Certaines villes ont des bus urbains et ils ne sont pas chers mais il faut prévoir de la monnaie car les chauffeurs n’ont pas accès à la caisse. Ne comptez pas sur votre hôtel pour vous indiquer le plus proche arrêt de bus (consultez plutôt Google Map) car le réceptionniste préférera vous orienter vers ses copains tuktuk quitte à prétendre qu’il n’y a pas de bus ici. Les usagers du bus (et souvent le chauffeur) seront, par contre ravis de vous aider en vous indiquant le prix, comment payer et où descendre. Faites attention à ne pas vous mettre trop près de la grande plaque perforée au plafond dans les gros bus : c’est la climatisation.
- Paragraphe spécial pour les bus à Sumatra. Les Indonésiens, encore plus que les autres asiatiques détestent marcher et j’ai vu fréquemment des bus (y compris des gros de 40 places), s’arrêter 50 m après la gare routière pour prendre un passager solitaire et sans bagage qui ne voulait pas parcourir ces 50m. Grand bien leur fasse me direz-vous… Sauf que, si vous voulez prendre un minibus urbain cela peut poser problème. Trois chauffeurs d’une ligne que je désirais emprunter ont refusé de me prendre avant qu’un jeune homme parlant anglais vienne à mon aide et explique au suivant que je voulais arriver « près » de mon point de chute : mon hôtel était à plus de 200m d’un arrêt. Une distance à pied insurmontable pour un Indonésien ! Moralité : il vaut mieux être vague sur le point d’arrivée si vous êtes prêt à marcher 5 mn.
Nourriture
Peu intéressé par la gastronomie, j’ai mangé quasiment chaque jour dans la rue pendant 4 mois sans jamais avoir de problème. La seule intoxication alimentaire que j’ai subi a été causée par des œufs mangés dans une pâtisserie / café pour occidentaux !
Attention, en Asie on se lève et on se couche en suivant peu ou prou le soleil (globalement 6 h - 18 h) ce qui veut dire que si l’on a beaucoup de choix de plats entre 11 et 12 h puis entre 17 et 18 h 30, ça se réduit nettement en dehors de ces horaires. A propos de choix, j’avais préparé une image d’un piment barré que j’ai souvent affiché sur mon smartphone (vendre de la nourriture dans la rue et parler l’anglais sont deux activités éloignées). Ca élimine déjà pas mal de plats proposés et ceux qui restent seront quand même un peu épicés (selon les normes européennes) mais mangeables niveau épice et souvent très bons. Il ne vous restera plus qu’à indiquer du doigt votre choix. Montrer du doigt est impoli mais, en tant qu’étranger vous aurez droit à une tolérance, faut bien se nourrir quand même !
Souvenez-vous cependant qu’en réponse à une question négative (une image barrée en l’occurrence), les asiatiques vous diront oui pour confirmer que cela n’est pas épicé. Ce qui est beaucoup plus logique que chez nous. En accompagnement courant ce sera des nouilles (assez souvent ou/et du riz (toujours)). Les légumes sont peu fréquents hélas (ou alors en curry et c’est diablement épicé) et la viande presque toujours froide si vous ne demandez pas à la faire réchauffer lorsque le gril est encore allumé. Sumatra est l’endroit où j’ai vu le moins de choix : peu de nouilles et pas de porc, Islam oblige (très difficile d’y trouver de la bière aussi). La Malaisie est plus agréable de ce point de vue car c’est un mélange de civilisations diverses bien que l’Islam y soit également dominant.
Peu amateur en France vu la façon de le cuisiner j’ai beaucoup mangé de poisson en Asie. Grillé, finement épicé et très courant grâce à la pisciculture omniprésente y compris loin de la mer j’y ai pris goût bien qu’un peu désemparé au début par l’absence systématique de couteau. Le poisson, juste avec une cuillère ou des baguettes c’est pas évident au début et puis, en regardant autour de soi, on s’aperçoit que finalement y en a pas mal qui mangent avec les doigts (et pas que le poisson) alors allons-y gaiement d’autant plus qu’un petit flacon de gel hydro-alcoolique (souvenir du Covid) est toujours dans la poche. Pareil pour les nouilles ou le riz : pas la peine de laisser le bol sur la table, on le positionne près de la lèvre inférieure et on ramène la nourriture dans la bouche avec cuillère ou baguette. C’est pas malpoli, c’est la façon de faire normale. A propos de politesse, le rot sonore est parfaitement admis. Ca peut surprendre mais c’est la norme en Asie.
A défaut de légumes, je me suis gavé de fruits exotiques succulents : fruits du jacquier (attention ça ne se conserve pas longtemps) mangues, ananas, bananes grenades, noix de coco (bof) et encore d’autres dont je ne connais pas le nom. Des fruits muris sur l’arbre et non pas dans une soute de cargo en direction de l’Europe, ce qui change radicalement le goût. Miam !
Et, tout comme les hébergements, le prix de la nourriture est très bas en mangeant dans la rue (environ 1,50 € pour le plat principal).
Attention si vous prévoyez de manger dans un restaurant : la vie des entreprises est fluctuante et encore plus depuis le Covid donc Google map n’est pas toujours exact. Trier les résultats par le plus récent en premier évite de se retrouver face à une porte close parfois depuis longtemps.
Téléphone.
J’ai pris pour chaque pays une carte SIM locale avec peu de forfait vu que je n’utilise pas les réseaux sociaux (chuis PAS sociable comme dirait le schtroumf grognon). Le minimum est aux alentours de 2 Go ce qui m’a été d’autant plus largement suffisant que la moindre guesthouse a la Wifi. Par contre il y a peu de forfaits qui proposent des appels vocaux et encore moins à l’international. Prévoyez avant de partir des communications WhatsApp avec vos relations en France. Les hébergements locaux sont aussi joignables avec WhatsApp.
Par sécurité j’ai emmené en secours un vieux smartphone préalablement muni de toutes les applis nécessaires (paiement, communication… et localisation de mon smartphone usuel). Il est prudent de déclarer avant de partir les deux engins en tant qu’appareil de confiance auprès de votre fournisseur d’email et de votre banque afin d’éviter les envois de SMS sur un numéro que vous n’utilisez pas en voyage vu le coût prohibitif du roaming.
Argent
A prévoir avant de partir :
- une poche ventrale discrète agréable sur la peau vu qu’elle sera sous votre T-shirt et descendant sous la ceinture. Après avoir comparé pas mal de modèles, j’ai en fait opté pour une ceinture prévue pour le jogging. Les fermetures éclair étaient fines, c’est un avantage, mais peu résistantes donc à utiliser avec parcimonie afin de transférer l’argent dans un portefeuille lors d’une halte dans un endroit isolé des regards. Vous mettrez dans cette ceinture une partie de vos dollars emballés dans un film étirable pour les protéger de l’humidité. L’autre partie ira très bien dans une poche secrète de votre sac à dos. De grosses coupures (100 $) en parfait état trouveront preneurs au meilleur taux mais quelques petites coupures (20,10, 5 et 1 peuvent être utiles). Au Cambodge ont peut même payer couramment en dollars.
- 2 sacs plastiques pourront accueillir vos euros d’origine afin de pouvoir vous jeter vers le 1er croissant qui passe en rentrant en France et dans l’autre les quelques pièces du dernier pays traversé. Ca fait des souvenirs ou le bonheur d’un mendiant avant que vous ne quittiez le pays.
- Un short avec poches zippées. Ca évite de perdre son passeport, son argent ou autre après s’être enfoncé dans un fauteuil accueillant.
- Un portefeuille (et pas un porte-monnaie vu qu’il n’y a quasiment pas de pièces) permettant d’organiser ces multiples billets par ordre de valeur alors que, à nos yeux d’étrangers, ils ont parfois très peu de différences visuelles. Le portrait du dirigeant national qui se répète sur les billets dans des tons bleu ou violet clair assez proches cache en fait des valeurs souvent très différentes.
- Une connexion VPN qui vous permettra de vous connectez à votre banque en faisant « comme si » vous étiez en France. Cela vous évitera des blocages considérés comme suspect. Une appli gratuite à installer et vérifier avant le départ suffira. Toujours en ce qui concerne la banque, déclarez votre voyage à l’étranger pour éviter les blocages et assurez-vous que votre/vos smartphone/s soient agréés en tant qu’appareil/s de confiance.
Sur place il est bien évident que vous ne trouverez pas le meilleur taux à l’aéroport et il peut donc être intéressant d’avoir tout de même un peu de monnaie locale à l’arrivée histoire de rallier un point où le taux de change est meilleur. Cependant, globalement, il est plus rentable de changer dans le pays d’arrivée que dans celui de départ. Outre les bureaux de change on peut avoir de bons taux dans certaines bijouteries car les asiatiques sont friands d’or souvent négociable en dollars (pas de défaut sur les coupures et, de préférence, grosses) sur le marché international.
Avion
Après avoir essayé plusieurs sites ou applis, je n’ai jamais trouvé mieux qu’easyscanner ou kayak pour avoir les meilleurs prix.
Sachant que les bagages en soute sont assez chères et que j’allais prendre plusieurs fois l’avion (12 fois au final), je suis parti avec un sac à dos aux dimensions exigés et de moins de 7kg comme le demande les compagnies pour un bagage en cabine… bon j’ai un peu triché et il en faisait souvent 10. Pour éviter qu’on pèse mon sac j’ai fait les check-in par internet pour aller directement à l’embarquement sans passer par la case enregistrement des bagages où ils ont l’œil… et la balance électronique. Ensuite il faut juste le porter d’un air dégagé comme s’il ne pesait rien !
J’avais un autre petit sac souple pouvant être glissé sous le siège contenant notamment :
- Une serviette pour me caler le dos ou la tête
- Un tour de cou-oreiller gonflable
- Une sur-selle de scooter gonflable
- Un tube-foulard
- Un sweat-shirt chaud
- Un masque pour les yeux et des bouchons d’oreilles
- Une powerbank (qu’il est interdit d’utiliser dans l’avion)
Comme pour les bus, il fait froid dans les avions. Prévoyez de quoi vous couvrir et évitez sandalettes et shorts (voir le paragraphe bus). J’ai gardé ce nécessaire de voyage avec moi pour chaque bus, avion ou bateau que j’ai emprunté car parfois les sièges sont très inconfortables (même dans un avion une fois !) et, notamment en Thaïlande et au Laos, tout le monde a froid dans les transports en commun mais la clim reste à fond !
Animaux sauvages
Objet de beaucoup de promesses parmi les organisateurs de trek. Il ne faut cependant pas rêver : comme les touristes parcourent à longueur d’année les mêmes sentiers utilisés par différentes sociétés de trek, les animaux sauvages n’y sont que peu présents. Sans doute que vous les entendrez mais il vous faudra beaucoup de chance ou un trek vraiment profond d’environ une semaine pour en voir dans la nature. Malgré 3 treks de plusieurs jours et beaucoup de promesses je n’ai jamais vu un gibbon… Mais je n’y croyais pas trop de toute façon : pour espérer voir des animaux sauvages il faut se lever un peu avant l’aube ou/et être au crépuscule dans une nature vraiment éloignée des hommes.
A Sumatra on peut voir des orang-outangs du coté de Bukit Lawang mais ils sont quasiment domestiqués (nourris tout les jours). Plus naturel (mais aussi plus aléatoire) on peut en voir vers Ketambé (ainsi que des singes Thomas Leaf).
Un peu partout en Asie on vous trouverez des « sanctuaires » recueillant des éléphants. Objet de débats intenses entre touristes lors des soirées, le sujet est délicat et, selon les opinions, oscille entre sauvegarde bienveillante des éléphants blessés ou usés par les travaux forestiers et exploitation touristique rémunératrice (voire maltraitance plus ou moins cachée) permettant aussi de tirer, pour l’ancien propriétaire, un petit revenu de location de son animal à bout de course après une vie de labeur forcené… Et l’encourageant ainsi à renouveler l’usage d’un autre éléphant qu’il faut élever dans la douleur afin d’y installer la crainte de l’homme.
Afin de ne pas vous faire berner par une prétendue étiquette éthique (utilisée à toute les sauces), je vous conseille de lire attentivement les commentaires sur le lieu mais je ne suis pas sûr que cela suffise. Sachez au minimum qu’un éléphant, malgré sa taille imposante, souffre à la longue du dos en transportant des humains.
Quelque soit leur environnement, les éléphants que vous verrez ne seront pas sauvages (et c’est tant mieux pour vous car ils sont dangereux dans ce cas) mais au mieux en semi-liberté dans un très grand parc naturel et maintenus sur place par l’abondance de nourriture naturelle complétée à heure plus ou moins régulière par de nombreuses bananes. La banane c’est le bonbon de l’éléphant et un éléphant, c’est gourmand.
Au final c’est en ville que vous verrez le plus d’animaux sauvages avec quelques rats et singes. Les deux espèces sont attirées par les détritus et les deux mordent. A apprécier à distance mesurée sans les tenter.
Météo
Comme en France j’ai fait confiance à l’appli de La chaine météo et je n’ai pas été déçu par les prévisions bien qu’étant dans une région du monde éloignée. Je n’avais pas fait attention avant de partir mais, début 2025, on était en plein dans La niña. Même si les circonstances se sont avérées globalement positives pour moi (températures nocturnes faibles et peu de moustiques), j’ai subi cet évènement avec une mousson prolongée gênante lorsque j’ai voulu descendre en Malaisie puis à Sumatra. Je vous conseille, avant de planifier votre voyage, de consulter les informations facilement accessibles sur internet sur les conséquences prévisibles sur le temps dans cette région du monde selon le cycle El Nino, La Nina.
Sites ou applications utiles
Beaucoup de pays demandent théoriquement un billet retour avant de pénétrer sur le territoire. Dans les faits on ne me l’a jamais demandé (je ne dois pas avoir une tête à rester) mais, par précaution j’ai souvent pris une réservation qui s’annule automatiquement sur le site le moins cher que j’ai trouvé et qui est ici :
Attention au délai dépendant des horaires d’ouverture aux US (voir GMT+7 - Time.is). Le service est fiable.
Pas seulement pour savoir où dormir dans un aéroport mais plein de renseignements pratiques pendant un transit.
Evolution de l’activité des volcans en Indonésie. Parfois les alentours sont interdits.
https://www.iatatravelcentre.com/
Utile pour savoir ce que l’on a le droit d’emporter globalement en avion mais il faut garder à l’esprit que ce sont les normes américaines, pas forcément répliquées en Asie.
Indispensable pour bien préparer. Plein de renseignements et d’enseignements. A parcourir en long en large mais pas en travers. Et surtout régulièrement remis à jour ce qui est loin d’être le cas d’autres sites !
Carnet de voyage par pays
Laos
Cambodge
Sumatra