Cambodge. Du 18/02/25 au 15/03/25
Pour les généralités et ma présentation, merci de lire Genéralités Péninsule asiatique
Siem Reap (Angkor)
A l’aéroport, les formalités, sur lesquelles j’ai lu auparavant les pires choses (corruption notamment), se passent très rapidement et sans aucun problème vu que j’ai tout rempli à l’avance sur internet (y compris le pass 3 jours pour Angkor). En un quart d’heure, je suis dehors ! Dès la sortie de l’aérogare, il y a, à gauche à l’extérieur, un tourist office où on peut acheter un ticket pour le bus. Depuis l’aéroport de Siem Reap, des navettes partent pour la ville à 9h30, 11h00, 12h30, 15h00, 16h00, 17h30, 18h00, 20h00 et 22h00 et vous amèneront directement au magasin Duty Free CDF Angkor au nord du centre-ville de Siem Reap (presque sur la rive en face le palais royal, 300 m au nord du Wat Bo). Pour les voyageurs se rendant de la ville de Siem Reap à l’aéroport, le service de navette part du CDF à 5h30, 7h00, 8h00, 10h00, 12h00, 13h30, 16h00 et 19h00
Malgré la visite de 3 ou 4 officines dans un quartier au sud du centre ville où le change est paraît-il meilleur qu’ailleurs, je perds une quinzaine d’euros dans le change. Certains ne veulent même pas de kips. D’autres offrent des taux dérisoires. Je change finalement au début de BBU Road pas loin du rond point. Juste à côté il y a un loueur de scooters et de vélos. J’en trouve un comme je veux, pas Vtt (ça ne sert à rien ici), avec une bonne selle et un panier devant afin de mettre le sac à dos dedans pour éviter de suer dans le dos. 2 € par jour OK… ah finalement non, les vitesses ne passent pas. Bon 1€ alors ? Ca roule.
Ce qui surprend au premier abord c’est qu’ici tout les prix sont annoncés en dollars US et on peut vraiment payer en USD… mais bien sûr ils rendent la monnaie en riels cambodgien. Une carte sim c’est 2 fois moins cher qu’au Laos (6€ ici pour 30 jours, 1h 30 d’appel nationaux et 60Gb) gentiment et rapidement mise en place par Metfone (choisi pour sa couverture étendue).
Il faut goûter le poisson amok, plat emblématique de la cuisine cambodgienne. Un poisson à l’étuvé avec un curry mousseux présenté dans une feuille de bananier artistiquement pliée. Bon et beau.
J’ai l’impression qu’il y en a peu qui savent lire une carte en Asie. Google map en tout cas, ils le regardent comme une poule regarde un couteau.
Angkor (en vélo)
En partant vers le parc historique, à droite de la route, il y a une piste cyclable à ne pas manquer.
J’ai fait 2 jours de visite (étalés sur les 3 jours autorisés par le pass) en vélo par les pistes et les chemins par 34 degrés mais sous les arbres et avec le vent du vélo je n’ai même pas eu chaud et je me suis vraiment amusé avec un sentiment de liberté. 35 km sur toute une journée ça se fait tranquille sans être sportif, c’est tout plat. Regardez maps.Me ou une autre appli utilisant les cartes osm : il y a beaucoup de sentiers et les petits pointillés le long des routes sont des pistes cyclables.
Commencez par les temples les plus au nord pendant que tous se précipitent sur les plus près de la ville. Par contre il ne faut pas confondre Angkor Thom (l’ancienne cité avec des temples tels que Bayon, Baphuon, etc…) et la commune moderne du même nom 2 km plus au nord. C’est un village bien cool pour côtoyer les gens mais où il n’y a aucun temple ancien, quelles que soient les photos que les gens ont mis par erreur sur Google map, je peux en témoigner !
J’ai beaucoup aimé Preah Khan que j’ai abordé du côté de l’immense étang pour admirer l’allée d’accès sereine.
On peut manger aux petites baraques à la porte nord d’Angkor Thom près du Mebon oriental (encore plus de choix en allant un km vers l’est) et dans beaucoup d’autres endroits.
Banthea Samré, le temple un peu éloigné, n’apporte rien de plus. C’est encore la même architecture avec des galeries en carré et il n’est pas du tout en bon état. Déçu.
Battambang
Le paysage pour y aller est monotone et Battambang n’est plus la ville agréable et pas trop touristique plébiscitée sur internet. C’était sans doute avant qu’ils entament, en 2022, la réfection du système d’eaux usées… Il n’y a pas beaucoup d’activité sur ce chantier et bien malin celui qui pourra donner une date de fin des travaux.
Reste un plan de ville carré avec des rues moitié ciment moitié résidus de ciment dans le centre. Un tuktuk me glisse même qu’il à du mal à trouver des clients : trop de poussière donc pas assez de touristes.
J’ai dormi au Lucky Hostel. Grande chambre propre, bon lit, douche chaude, bouilloire, prise et commande lumière à côté du lit (pas fréquent), cabinet de toilette-douche assez grand, rue calme, personnel aimable parlant un bon anglais, mais couloirs bruyants et malheureusement une légère vibration sourde continuelle (d’origine inconnue malgré des recherches selon la réception) obligeant à mettre des bouchons d’oreilles. 11€.
Location de vélo simple avec panier au guidon et avec des vitesses (c’est la plaine et il peut y avoir le vent de face) proposé à 3 €, négocié à 2 chez The Adventure Bike.
Je passe voir un arbre où couchent des dizaines de chauve-souris au milieu d’un village en allant au temple Banan sur une grosse colline à 26 km. 300 marches bien raides surtout sur la fin. Le temple est petit et pas en bon état mais il y a un beau point de vue sur quelques autres éminences au milieu de la plaine et un lac où l’on peut manger ou boire une noix de coco tranquillement. Agréable.
Je bois un jus de canne (1500 à 3000 riels selon l’endroit) sans arrière-pensée car les glaçons sont industriels donc élaborés avec de l’eau filtrée, comme quasiment partout au Cambodge.
A l’est de la rivière dans la ville, c’est moins touristique et très sympa. On peut traverser les enceintes des temples bouddhistes comme on veut au Cambodge. Les gens s’y reposent, il y a des hamacs et il n’est pas rare d’y trouver des stands de nourriture. Les 2 marchés de la ville sont intéressants malgré la poussière et le marché de nuit Street 127 est loin mais populaire et vivant.
On passe dans des rues qui sentent la misère à 200 m du centre ville. Les maisons en tôles sont adossées au mur de l’hôpital… qui se fout de la charité donc.
Phnom Penh 1 (juste une étape dans mon voyage pour ma 1ère visite)
Il faut environ 3 h pour y aller en minibus depuis Battambang.
La bibliothèque nationale est étonnamment petite (moins de 500 m2) avec beaucoup de vieux livres, enfin des livres pas trop modernes et bien défraîchis, on dirait l’antre d’un gros bouquiniste. En face, le ministère des finances est au moins 10 fois plus grand.
Il y a un square avec des arbres et un tout petit Wat (Wat Phnom) au milieu d’un très gros rond point. C’est étonnant.
Au menu d’un restaurant il y a du crabe aux nouilles transparentes mais c’est impossible d’attendre la chair de ces étrilles. 6,5€ c’est un peu cher pour des nouilles aromatisées au crabe !
Kratié
Virak Buntham est la société qui prend le plus soin de ses clients au Cambodge. Les bus sont modernes, confortables, conduit par des chauffeurs prudents et ils m’ont même appelé au téléphone car ils ne me voyaient pas lors du départ à Phnom Penh. Dommage qu’ils ne desservent pas toutes les destinations. La route vers Kratié est excellente, meilleure qu’une nationale française.
J’ai couché au Dolphin home stay, une chambre très bien et chez l’habitant ce qui était intéressant. Le lit est bon et il n’y pas de bruit dehors. Une de mes rares nuits sans bouchons d’oreilles pendant mon voyage !
Après avoir consulté les avis sur Google Map, je n’ai pas fait les trucs touristiques locaux : un temple aux 100 colonnes (en béton), des rapides pas loin (sur un pont flottant où on loue des hamacs et achète des souvenirs), aller voir les dauphins d’eau douce (en bateau à moteur avec un batelier plus ou moins pressé de prendre son prochain client).
J’ai mangé à Sorya Guesthouse, sur le rooftop en regardant les femmes faire leur séance de gym musicale quotidienne du soir sur les quais. Activité prise très au sérieux par la gente féminine cambodgienne… et aussi quelques hommes.
En partant de Kratié et en prenant le chemin de terre (pas la route) vers le nord après la pagode Sambok, on traverse un village par une piste en terre bordée d’arbres. Les gens sont souriants, des commerçants ambulants défilent et je fais une petite halte avec vue sur le fleuve. C’est paisible et authentique.
Sur la route principale on croise parfois un barnum qui empiète sur la moitié de la chaussée. Ça peut aussi bien être un enterrement qu’un mariage. Ça se ressemble beaucoup avec des chaises et des tables décorées comme pour une fête mais, dans le dernier cas, les grands posters des mariés ne laissent guère de doute.
Stoeng Treng
Le bus pour y aller est très confortable avec même la WIfi. C’est celui de la compagnie Vireak Buntham qui va jusqu’au Laos, d’où le confort. La route est bonne mais le paysage monotone avec de très nombreux vergers. Il n’y a rien de plus à faire à Stoeng Treng. C’est plus ou moins comme à Kratié. Juste une étape sur la route vers Banlung en ce qui me concerne.
Banlung (Ratanakiri)
La terre y est très rouge et il y a des millions d’arbres identiques mais je ne sais pas ce que c’est sur le coup. Plus tard j’apprendrai que ce sont des anacardiers (l’arbre qui produit les noix de cajou).
Je ne trouve hélas personne pour faire un trek de 3 jours ; seulement 2 (mais en 2 jours on ne voit que de la forêt de bambous, il en aurait fallu 3 sans doute) que je fais avec Sart de Ratanakiri FarmHouse and Trekking.
Excellent timing de Sart qui voit vite quel chemin prendre selon le rythme des gens pour faire des journées bien pleines mais sans arriver trop tard. Super confortable ! Campement et chemins exclusifs. Gentillesse (de son guide local aussi), adaptabilité (il a su changer un peu de programme car il faisait très chaud), excellentes connaissances et désir de les partager. La petite balade nocturne est aussi très intéressante.
Au retour je couche dans l’un de leur bungalow. Hébergement rustique mais super agréable. J’ai hésité avec l’absence de clim mais il faut penser qu’on perd facile 3 degrés en sortant de la ville. C’était sans problème avec 37 degrés en journée. Famille sympa ouverte, bonne nourriture. Très bon souvenir. Peut-être le meilleur des 4 treks que j’ai fait.
Directement de la guesthouse, je prends ensuite un minibus pour Saen Monourom (3 h). À noter que la climatisation dans les bus est raisonnable au Cambodge.
Saen Monourom (Mondolkiri)
Il n’y a pas grand-chose à faire dans la ville et, après m’être mis d’accord avec un guide pour un trek, je prends un tuktuk pour aller jusqu’à son village (Putang) dormir dans une petite maison traditionnelle Bunong. C’est bien foutu et il n’y a pas besoin de clim grâce aux parois ajourées et au toit de chaume allant très bas. Par contre il n’y pas de douche, juste un gros bidon où puiser de l’eau et une bassine dans une cabane au sol de terre. Ça se mérite les hébergements typiques !
Trek avec Hong guide and homestay. La forêt est variée ce qui est plaisant par rapport aux autres que j’ai fait avant. Le guide explique très bien tout ce qu’on voit où qu’on lui demande. C’est très intéressant ! Le deuxième jour, avec son fils qui parle moins bien anglais, ne l’est pas autant hélas.
J’ai ensuite réservé à Manel guesthouse pour mon retour à Saen Monourom. Il y a comme une impression d’auberge du bout du monde car il n’y a que des voyageurs au long cours ici. Et sur le menu du breakfast y a du beurre ! Des tartines avec du beurre et un bon café, ça c’est cool.
Les éléphants prennent beaucoup de place… dans les conversations entre touristes : éthique, pas éthique ? Sujet clivant où chacun admet avoir du mal à décider. J’ai finalement été voir un sanctuaire en partant du Tree Lodge. On est une bonne quinzaine alors que sur le programme c’est noté groupe de 2 à 5… À part l’histoire individuel de chaque éléphante (y en a 3) il n’y a pas beaucoup de renseignements de donnés sur l’espèce elle-même. Faut avouer que je suis bien le seul à poser des questions.
On reçoit des bananes qu’on donne aux éléphants puis la plupart des touristes vont se baigner. Le guide jette des bananes aux gens ( !) et l’éléphant étant gourmand les suit dans l’eau pour en avoir. La propriété n’est pas très grande (2 km2) et, même si les éléphants peuvent théoriquement en sortir il y a ici, la rivière donc des plantes à manger et des bananes qu’on leur donne tout les jours (pour eux ce sont des friandises) alors pourquoi aller ailleurs ? D’autant plus qu’ils ne sont pas les bienvenus dans les plantations aux alentours. Au moins ici je n’ai pas vu de mauvais traitement qui sont plus ou moins dissimulés et apparemment monnaie courante dans de nombreux « sanctuaires » en Asie.
Il y a beaucoup de complexes hôteliers fermés et quasiment abandonnés aux alentours. Le covid a fait très mal en Asie, surtout pour le tourisme qui n’est jamais revenu comme avant dans de nombreux endroits.
Kampong Cham
Le minibus commandé par la guesthouse mettant ¾ d’heure pour sortir de la ville à cause des nombreux arrêts pour prendre les clients, il faut au total 5 h pour aller à Kampong Cham.
J’ai couché au BK bungalow café. Des bungalows en Placoplatre avec toit en tôle. Il faut 1h pour que la température descende à un niveau convenable, il n’y a pas d’eau chaude et on est loin du centre ville MAIS ils prêtent des vélos et c’est le meilleur moyen pour découvrir la ville. Il y a aussi une centaine de mètres de passerelles au dessus de petits étangs et jardins, 3 autruches ( ?!) , pas un moustique. On s’endort avec le chant des grenouilles et à 50 m, on mange bien chez natural bungalows. J’ai bien aimé.
Le pont saisonnier en bambou au dessus du Mékong mène à un grand banc de sable aménagé comme une plage asiatique : restaurants, hamacs, jeux d’enfants et bien sûr musique. Les locaux s’y rendent le soir pour prendre l’air mais plutôt que de participer à ce genre de kermesse moderne j’ai bien apprécié de me promener lentement le long du Mékong et d’y regardez les gens vivre tout simplement.
Sur une colline en ville il y a un temple où on a mis un temple bouddhiste plus récent et en activité au milieu de l’ancien hindouiste. C’est vite visité mais autour il y a des arbres et c’est très calme, très agréable. Il y a des couples qui viennent faire des photos de mariage en tenues traditionnelles. J’ai regardé les gens ordinaires dans leurs activités ordinaires pendant 2 heures. Deux heures de sérénité.
Phnom Penh 2
Le bus Vireak Buntham met 3 h pour aller de Kampong Cham à Phnom Penh.
Le seul endroit où l’on trouve des boules Quies que j’ai perdues il y a 3 jours est la pharmacie de la gare. Pas sûr que l’on puisse en trouver ailleurs (j’en ai fait 4 avant). Ouf !
Je suis au TENG XI HOTEL dans une suite pour 25€ la nuit (promo Agoda). Pas de fenêtres mais balcon commun et chambre silencieuse. Il y a une antichambre avec canapé et une grande cuisine équipée dont je ne sais que faire. Réceptionniste aimable mais ne parlant pas anglais. Chambre bien insonorisée, bonne literie. Aucune prise près du lit. Tv d’un mètre de large mais il n’y a plus de prise d’antenne depuis longtemps. C’est un peu comme pour beaucoup de choses en Asie : construit en clinquant mais pas entretenu.
Tuol Sleng est le nom du plus célèbre centre de torture du Cambodge pendant la période où les khmers rouges étaient au pouvoir (4 années seulement mais entre 1,5 et 2 millions de morts). On ne peut même pas appeler ça une prison tellement l’espérance de vie y était ténue. J’ai pas mal hésité avant de m’y rendre. Finalement c’est à faire malgré l’atmosphère pesante : c’est toujours surprenant et instructif de voir jusqu’où peut aller la connerie humaine !
Phnom Penh est à la fois tranquille et agitée. Il y a une sorte d’harmonie dans cette animation… Un bon exemple est la façon dont ça se passe bien à un croisement en l’absence de toute règle. En tout cas pas de musique à fond, pas d’engin pétaradant comme à Bangkok. C’est ma grande ville asiatique préférée et pourtant je n’aime ni le bruit ni les villes.
Le marché principal propose une architecture originale (française) mais, à l’intérieur, ce sont plutôt des produits touristiques. Le centre est occupé par les bijoutiers et il y a des stands où il y a des tas de montres. Voire même des montres en tas.
Le musée national est intéressant avec des panneaux en 3 langues (dont le français) mais il vaut mieux avoir une connexion internet pour s’y retrouver et mieux connaître le panthéon hindouiste qui prévalait avant le bouddhisme sinon on ne comprend pas vraiment ce qu’on voit.
Méconnaissance ou plutôt envie de faire travailler les copains tuk-tuk ?, lorsque je parle de prendre le bus pour me rendre à l’aéroport, on me dit qu’il n’y a pas de bus au Cambodge ! Google map n’est pas d’accord et m’indique la station la plus proche : 10 mn plus tard je suis dans le bus et on m’explique par gestes que je dois glisser 4000 riels dans une boîte transparente. Une demi heure plus tard je trouve à manger en face l’aéroport puis je dois faire un détour d’une demi-heure pour passer par le parking car je ne trouve pas d’accès piéton sur l’avenue. La marche à pied c’est un truc d’occidental.
L’enregistrement vers la salle d’embarquement est super rapide car il y a un guichet pour ceux qui ont fait le check-in sur internet. Pour la 1ère fois on contrôle le poids de mon sac. 10 kg. Je souris et fais remarquer que je ne pèse que 60 kg soit, avec mon sac, moins que beaucoup de passagers. « Soyez gentil siouplait »… Après avoir un peu hésité on me dit que c’est bon pour cette fois. Bizarrement, les briquets passent aux contrôles rayons X pour aller en Malaisie. Difficile de s’y retrouver dans les règles en aéroport.
Adieu le Cambodge, ça a été mon pays préféré avec des gens encore plus aimables et souriants qu’ailleurs en Asie et il y a encore une vraie envie de partager avec les étrangers que je n’ai pas ressentie ailleurs.
Prochaine étape la Malaisie.