Sumatra. Du 02/04/25 au 30/04/25.
Pour une présentation et des reinseignements généraux sur l’Asie, voir ici Genéralités Péninsule asiatique
Les prix sont indiqués en kr (milliers de roupies)
Notez que je n’ai visité aucune autre île de l’Indonésie… Qui sont peut-être très différentes. Et que je venais de la Malaisie.
Au départ de Malacca il y a plusieurs départs de ferry par jour vers Dumai (40 €) dont un à 10 h et un à 14h30. Avant de monter dans le ferry, il y a le contrôle des passeports et des bagages (prévoir une heure pour ça). Pendant le trajet, seul le pont arrière est accessible pour se dégourdir un peu les jambes. Le pont supérieur est réservé aux vips. Bof pas grave, à part quelques bateaux de commerce il n’y a rien à voir.
En cours de traversée, l’équipage, installé avec une bouilloire sur une courte estrade centrale, vend de la soupe aux nouilles instantanée. On n’est pas du tout dans la gastronomie mais ça comble un creux. Il y a 2h 30 de trajet mais, attention, il y a une heure de décalage (en plus) avec la Malaisie car on passe en Indonésie.
Visa pour un mois (payant, prévoyez des dollars) obtenu sans problème à l’arrivée et sans qu’on regarde si j’ai un billet retour. Je ne dois pas avoir une tête à m’incruster !
On repasse les bagages aux rayons X avant de sortir du débarcadère. Manque de confiance entre pays peut-être car la dernière confrontation armée entre l’Indonésie et la Malaisie date de 1965.
A Dumai (ville sans intérêt particulier, juste une étape qui permet de se familiariser avec les codes indonésiens), j’ai couché au Cititel hotel. Une chambre aux normes européennes… Avec une sonnerie d’ascenseur bruyante à chaque palier. Dommage.
Il y a quelques restaurants tout proches mais ça ressemble à de la Street food (en dur). C’est plus ou moins normal à Sumatra.
On peut acheter une carte sim Telkomsel (l’opérateur historique en Indonésie) à un prix très raisonnable au Tlkomsel Grapari à 1 km en allant vers le centre. Il faut, comme partout en Asie, son passeport mais par contre, l’inscription dure une heure ! Jamais vu ça en Asie : d’habitude il faut entre 15 et 30 mn maximum.
Ils envoient ensuite pas mal de sms publicitaires pour que vous repreniez un autre forfait avec un zéro Gb inquiétant dans le texte. Ne pas en tenir compte. Mieux vaut aller voir sur internet (MyTelkomsel) et regardez les données restantes dans le rond de gauche. L’application Telkomsel est inutile.
Par SMS, pour savoir ce qu’il reste de votre forfait composez le *888# puis les choix 7,2 et 1. Mais le résultat n’est pas très compréhensible même pour les locaux abonnés chez eux !
Si vous êtes fumeur méfiez-vous des kreteks. Ces cigarettes au goût sucré (grâce aux clous de girofle) créées à l’origine par un médecin pour guérir l’asthme sont très populaires. Les études ultérieures ont montré leur inutilité pour l’asthme mais, par contre, elles présentent un taux de nicotine multiplié par deux (30mg au lieu de 15).
Dumai- Padang
Le bus de nuit pour Padang coute 16€ et démarre à 18h 30. Il est prudent de prévoir d’y arriver une heure avant afin de prendre avec philosophie un tuktuk qui se traîne en attendant que vous remettiez la main à la poche pour passer la 3ème vitesse !
Bus avec prises usb, sièges confortables et très inclinables avec petit coussin et couverture fournis. Y a aussi des toilettes et une cabine fumeur. Confort quoi…. Au début ! En fait le trajet est par la suite rendu très inconfortable par une climatisation poussée à fond. Tout le monde lutte contre le froid mais on ne baisse pas la clim. Incompréhensible. Et pourtant des bus trop climatisés j’en ai déjà pris pas mal mais c’est celui-ci c’est un congélateur. A 2 h du matin le bus s’arrête dans un resto et beaucoup mangent.
A part ça, je viens de faire une erreur de parcours en voulant aller à Padang d’abord : j’aurais mieux fait de m’arrêter à Bukkitingi malgré l’heure d’arrivée matinale (5 h 30). Sur la carte ce n’est pas très loin mais entre les 2 villes c’est une route de montagne longue à parcourir (2 h).
Padang
De la station de bus d’arrivée on peut prendre une mini camionnette orange (il y en a des bleus aussi) qu’il suffit de héler d’un geste de la main. Peu de gens parlant anglais, pour les destinations comme pour le reste, on échange beaucoup en montrant un lieu sur Google Map ou par gestes. Si vous êtes prêt à marcher 5 mn, montrez un lieu proche sur la route globale sinon, on vous dira que le bus n’y va pas : marcher 5 mn c’est trop pour un Indonésien.
Le bâtiment abritant le musée local est joli mais l’intérieur n’est pas très intéressant : le wifi ne fonctionne pas et les QR codes ne donnent pas d’informations supplémentaires. Il y a juste les panneaux à lire. On trouve plus d’informations sur Wikipédia que dans le musée.
Comme dans toutes les villes asiatiques, le marché est intéressant pour voir les gens dans leur vie quotidienne. De ce point de vue, se balader dans des quartiers sans aucun intérêt historique l’est tout autant. Enfin, moi j’apprécie.
Les gens mangent avec les doigts ou avec fourchette et cuillère (souvent fournis avant que vous ne les demandiez par geste vu que vous êtes blanc) mais il n’y a jamais de couteau en Asie.
Le front de mer est une suite de tous petits bouts de plages de sable brun peu attrayants entrecoupés désormais de brise-lames serrés constitués de gros rochers. Je ne sais pas si ça suffira si ça recommence mais il ne faut pas oublier qu’en 2014 il y a eu 130000 morts avec le tsunami.
A part ça, vous pouvez laisser votre bikini dans votre valise : excepté quelques plages touristiques privées, ici on se baigne habillé, islam oblige. De même, bien qu’il y ait quelques régions qui fassent exception (autour du lac Toba par exemple), Sumatra (et l’Indonésie en général) est un pays essentiellement musulman et il est, par exemple, assez difficile de se procurer de la bière ou d’éviter les « concerts » (parfois très jolis, parfois très suants, surtout le matin vers 5 h) des appels à la prière.
Flâner dans les rues (surtout au sud près de la rivière) et aller au parc Imam Bonjol (où les gens se détendent en famille) m’a bien plut.
Ce qu’il y a de sûr c’est qu’ils ne sont pas encore trop lassés des touristes ici : on m’aide quand un cuisinier ne me comprend pas, on discute avec moi, on me demande de poser pour des photos avec eux, on me propose de m’assoir pour discuter à une table…
Bien sûr, dans la discussion il y a les inévitables questions asiatiques: où est ta femme ? Combien as-tu d’enfants ? Quel Dieu pries-tu ?
Voir mon lexique au chapitre famille pour les bonnes réponses à donner.
Bukkitingi
De Padang le bus privé de luxe réservé par l’hôtel (qui se révèle être un monospace) me prend 20 mn en avance mais il faut 1h30 pour aller chercher les autres passagers autour de la ville avant de prendre vraiment la route pour 2 heures. C’est l’Asie quoi.
Je sélectionne pour demain une agence de location de scooters qui a de bons commentaires sur la qualité car il ne faut pas rigoler avec les freins dans le coin. Dans le prix il y a des combinaisons de pluie et des casques. Indispensables !
Lac Maninjau.
L’idée asiatique d’un point de vue c’est un parking payant avec boissons, nourriture et musique tonitruante. Très peu pour moi. Green view, un peu plus loin, est une petite maison en bois sans tout ce « confort » agréable pour faire une pause mais il faut négocier dur pour avoir accès à un sentier de randonnée mal entretenu qui descend dans la vallée pour 10 kr.
En continuant vers le nord on peut prendre une petite route qui redescendra vers le lac avec de jolis villages authentiques mais il faut être aguerri en deux-roues : ça descend très raide. Pareil pour la route du retour (celle qui vient de Padang) qui est très fréquentée et qui grimpe dur avec beaucoup de lacets.
Si vous n’êtes pas vraiment très à l’aise en deux-roues, ne le tentez pas. J’ai 10 ans de motocross derrière moi et j’ai ramé.
Je ne suis pas allé dans la vallée de l’Harau car ça ressemble trop à Bukkintigi (ce que l’on m’a confirmé).
De la gare routière vers Padang il y a très régulièrement des minibus (de 8 à 14h). 40 kr depuis la gare. Le double pour un départ et une arrivée de guesthouse à guesthouse… En sachant que le minibus fera évidemment un grand tour de ramassage de ses clients dans le coin avant de prendre la route.
Au milieu des rizières bordant la rivière il y a un établissement aux grandes baies vitrées où l’on peut parfois boire une bière (rare dans ce pays) et, vers 18 h, des centaines de chauve-souris géantes (parfois un mètre d’envergure) qui, depuis une forêt proche, prennent le chemin des arbres fruitiers plus loin dans la vallée. On les appelle des renards volants. C’est impressionnant.
Pour une fois que je mange dans un vrai restaurant, on m’amène, sans que j’ai demandé, une multitude de plats. Pas de panique, on m’explique que je ne paierai que les plats que je mange. Ouf.
La population de Bukkitingi est à 99% musulmane (plus que la moyenne Indonésienne) et il est donc difficile de ne pas être réveillé à l’heure de la première prière (5h). Boule Quies ou/et se rendormir ensuite.
En descendant dans le canyon et en prenant le chemin à gauche 100 m avant le pont on arrive, après 1 km de balade dans une jolie vallée et, après le franchissement d’un pont suspendu, à un escalier bordé de créneaux. Ça ressemble à la muraille de Chine… en beaucoup plus petit quand même. Si vous êtes bon marcheur il est assez facile de rejoindre Koto Gadang où il y a un musée de l’artisanat local pas très intéressant hélas. C’est plutôt un magasin d’exposition des productions locales telles que broderie et bijoux. De ce village, vous pourrez parcourir les rizières du plateau et y observer le travail des riziculteurs. Intéressant.
Avant de revenir sur Padang, je regarde une dernière fois les monts Singgalang et Merapi dont je n’ai jamais vu les sommets cachés en permanence par les nuages. Le temps est souvent ingrat à Sumatra.
N’ayant pas trouvé de place pour aller en avion de Padang jusqu’à Medan par une ligne intérieure (en plus c’est très cher) et ne voulant pas refaire de trajet dans un bus-congélateur de nuit, je prends un vol avec escale d’une heure à Kuala-Lumpur.
Bien que les sites en ligne en tienne compte pour les correspondances, l’heure officielle n’est pas forcément la même entre la Malaisie et l’Indonésie, il faut en tenir compte aussi.
En plus, il faut repayer 30 € pour le visa (entrée unique) en arrivant à Medan car je suis sorti du territoire. Oui, même pour une journée !
Depuis Medan vers l’île de Samosir (lac Toba)
Pour Parapat (où l’on prend un ferry vers l’île au milieu du lac Toba) les bus partent du terminal Amplas. Vu que je l’ai pris il y en a un qui part à 9 h, même le dimanche même si c’est l’Adul Fitri (fête de la fin du ramadan). Il y en a peut-être d’autres ? (70 kr).
Sur l’île de Samosir (au milieu du lac Toba) il n’y a pas de change et peu d’ATM fiables (souvent en panne) et qui ne délivrent que 2,5 millions de roupies à la fois (60€). On peut retirer plusieurs fois la même somme mais, selon votre banque, cela pourra entraîner des frais vu le nombre de retraits. Avant d’embarquer, prévoir a Parapat où l’on peut retirer plus d’argent en une seule fois
Selon votre objectif sur l’île, Tuktuk (c’est le nom de la bourgade touristique avec hôtels, animations, etc…) ou Ambarita (village ordinaire à 3 km sur cette ville) vous choisirez un port de départ depuis Parapat : depuis Pelabuhan Tiga Raja vous pourrez choisir votre jetée d’arrivée direct à votre hôtel à Tuktuk (25 kr). Depuis Pelabuhan Ajibata Tomok vous arriverez à Ambarita (au port) pour 15 kr. Les ferrys font la navette chaque heure voire plus.
J’ai séjourné à l’Oasis Hotel (noté depuis des années comme fermé par Google map mais en fait parfaitement ouvert) à Ambarita. Le proprio est vraiment très sympa, j’ai beaucoup appris sur la vie locale grâce à lui et la vue sur la vallée est jolie. Location de son scooter pour 100 kr /jour, très raisonnable, et de nombreux conseils judicieux sur la région. Sa femme cuisine très bien. Je recommande… et je recommande aussi de se méfier du froid : la région est humide et surtout les nuits un peu fraîches. Peu habituel à Sumatra.
Faire un tour par la montagne centrale et le plateau au dessus est l’occasion de voir de vrais habitants et de vraies maisons Batak, pas des copies en béton transformées en échoppe ou en hôtel comme trop souvent le long de la côte.
A l’Ouest de l’île, après un pont pour la quitter, il y a la statue d’un christ géant plus grand que celui de Rio de Janeiro et une belle balade à faire sur la montagne : 2 petits sommets alignés (Bukit Hobung et Dolok Sampur) pas très difficiles et on a une belle vue.
En longeant la côte Nord moins touristique, il y a encore de vraies maisons traditionnelles dans certains villages.
Si vous êtes fumeur, sachez qu’ici ils fument des cigarettes sucrées (en fait aux clous de girofle) qu’ils appellent kretek et qu’on peut identifier grâce à leur taux de goudron très élevé (33 mg au lieu de 15 pour des cigarettes normales).
Il est possible d’aller d’Ambarita jusqu’à Tuktuk en passant par les petits chemins à l’intérieur des terres. C’est un peu boueux par endroit mais c’est une balade plaisante. Les hauts de Tuktuk le sont aussi.
De Samosir à Ketambé
Désirant voir les orangs-outangs dans un milieu plus naturel qu’à Bukit Lawang, je suis allé à Ketambé, nettement moins accessible. C’est une bonne idée de partir tôt car il y a 3 bus différents à prendre à la suite et, à la fin, un genre de voiture partagée pour arriver à Ketambé.
Départ 7h30 d’Ambarita (20 kr) et il faut 1 h pour aller à Pangururan. Le minibus part de Pangururan à 9 h (il y en a un toutes les heures, m’a-t-on dit) 40 kr. Arrivée à Sidikalang à 11 h. Pour Kutacane (dire Kutatchané) , départ du même point à 12 h (il y en a un toutes les heures jusqu’à 17h m’a-t-on dit) 55kr. Je passe sur les péripéties de ce trajet : quelques kilomètres à 4 par banquette de 3 et 2 adolescents sur le toit avec une corde pour se tenir. Normal, c’est l’Asie … C’est aussi quelques moments d’échanges et de complicité momentanée avec certains passagers au début un peu surpris de trouver un blanc dans un minibus local. C’est un choix de voyage que j’assume même si je suis bien content d’avoir mon coussin pour les fesses car les banquettes ne sont vraiment pas bonnes. Arrivée à Kutacane à 17 h, à 100 m d’un petit marché où l’on peut facilement trouver un labbi labbi (un genre de songthaews, taxi collectif basique) à 50 kr (au lieu de 150 avec un side-car individuel) pour Ketambe. Je pense qu’il aurait été plus difficile (mais pas impossible) d’en trouver plus tard. Pour info (finalement je n’y ai pas eu recours) sachez que, de Kutacane ou de Sidikalang vers Berastagi, il y a des bus toutes les 2 h jusqu’à 17h. Par contre c’est long : entre 9 h et 11 h selon mes informations. Pour le retour, de Ketambé jusqu’à Berastagi j’ai finalement pris une voiture partagée (5h) que vous trouverez assez facilement avec l’aide de votre hôte et ce n’est pas beaucoup plus cher.
Ketambé
J’ai couché à Pak Mus guesthouse, dans un bungalow en bois sommaire (douche sans eau chaude) mais en lisière de la forêt. Tôt le matin les singes gambadent sur l’herbe et on peut parfois y entendre le cri des orang-outangs. Sympa si vous n’êtes pas soucieux de votre confort.
Trek de 3 jours avec Cinta Alam. 600 kr/jour car je pars avec 2 autres personnes (le double si l’on est seul). Prévoir du liquide auparavant car la CB n’est pas acceptée et il n’y a aucun moyen de retrait d’argent liquide sur place. J’avais mes guêtres pour ne pas attraper de sangsue donc il est possible que l’on vous en prête ou loue (je ne sais pas) mais en tout cas elles sont indispensables. Demandez dès le début qu’on vous coupe un bâton car vous en aurez besoin dans les sentiers pentus et humides, voire franchement boueux. On marche de façon assez intense entre deux pauses, généralement dédiées à quelques explications sur une plante, un champignon ou la forêt. Les singes Thomas leaf ne sont pas rares. Si on ne bouge pas trop et ne parle pas fort notre présence n’a pas l’air de les déranger beaucoup.
Le campement, au bord d’une rivière, est une suite de toiles en plastique transparent sous laquelle on monte la tente, on cuisine et on étale des nattes pour manger (4 h après). La forêt proche est sillonnée de sentiers que nous parcourons en tout sens sans nous éloigner beaucoup du campement. Il faut dire que si le camp est là c’est parce que les orangs outans sont dans le coin. Deuxième jour identique et c’est dommage car, à l’heure où on démarre c’est trop tard pour voir les animaux qui bougent pour se nourrir à l’aube et, le soir, à partir de 16 h. Du coup, sur les 3 jours, on ne voit qu’un seul orang-outang faisant sa sieste très haut dans les branches. Décevant quand on sait qu’il y en a au moins une dizaine qui vit dans les parages. Troisième jour : sentiers escarpés et boueux (et traversée de rivière à gué) pour arriver à une source volcanique soufrée où il y a énormément de papillons (c’est joli) mais où l’on reste 3 heures sans rien faire. Si vous voulez autre chose précisez-le avant pour ne pas avoir ce programme plus ou moins standard pour tous les treks. Pour le retour (annoncé pour une heure), en 30 mn de marche à un bon rythme, on rejoint la route à 2 ou 3 km de Ketambé. Finalement, on n’est pas loin de la civilisation.
NB : je suis un bon marcheur et certains passages sont dangereux. Il est possible que vous ne soyez pas à l’aise avec ce trek si vous n’avez pas une bonne forme physique.
Berastagi
Chambre réservée chez Smiley homestay mais en fait on me redirige vers Caesarea guesthouse (guesthouse « associée ») à 50m de là. Le procédé est assez cavalier ! En plus, la wifi n’est pas bonne, il y a des ouvertures dans le mur qui laissent le bruit entrer (et il y en a du bruit dans la rue). Le prix de location du scooter est également assez cher. Déçu. J’ai fini mon séjour à Berastagi au Kaesa homestay. Chambres propres avec, au choix si c’est dispo, une belle vue sur la vallée et quelques nuisances sonores ou une chambre orientée cour plus calme mais sans vue. Kaesa est un hôte sympa et prêt à vous donner plein de renseignements très utiles. J’ai vraiment apprécié.
Je conseille le musée local : le Museum Pusaka Karo. Petit mais bien fait pour en apprendre plus sur les Batak Karo (ces derniers étant un groupe de Batak avec leurs propres traditions). Il y a, entre autre, un fétiche qui était utilisé dans une cérémonie pour faire tomber la pluie ! Il ne devait pas servir souvent dans le coin ou alors la météo était très différente à cette époque. Les nuages sont bas et menaçant et ils le resteront jusqu’à la fin de mon séjour. Sumatra c’est humide, faut s’y faire.
J’ai mangé 2 fois à Rumah Makan Islam, sur la place où il y a la colonne historique. C’est plus une cantine qu’un restaurant mais on mange avec les locaux, c’est intéressant à observer. Le soir, plus bas dans cette avenue, on peut aussi manger un bon nasi goreng Bombay (au mouton, ça change du poulet pour une fois) au Martabak Jhodha. Un petit food truck qui ne paie pas de mine. De toute façon, dans cette rue vous aurez le choix en Street food, le soir.
Je suis allé au village Lingga où il reste deux maisons traditionnelles Kabo.
De Berastagi (place de la colonne historique), il faut prendre un petit bus jaune marqué Karya en lui demandant Lingga village (10 kr). ¾ d’heure plus tard, le chauffeur s’arrête à un gros croisement à Kabanjahe et fait signe à un de ces collègues qui attend avec un autre bus vers Lingga village. Il me rend 4000 que je donne au 2ème chauffeur et j’embarque dans l’autre petit bus qui démarre 5 mn après en compagnie de quelques écoliers. C’est un procédé inhabituel pour un Européen mais ça fonctionne très bien : 1h plus tard je suis sur place.
Un guide patiente à côté des deux maisons traditionnelles Kabo et vous fera visiter gratuitement. Il est de bon ton d’acheter, dans sa cahute, un souvenir fabriqué par les anciens du village. Guide sympa officiel (carte à l’appui), pas d’obligation d’achat et objets intéressants à un prix raisonnable. J’ai trouvé le procédé élégant et, en 4 mois de voyages c’est le seul souvenir que j’ai acheté. A 50 m de là, quelques petits bus jaunes partent fréquemment pour le retour avec les mêmes étapes et pour le même prix. Pas d’embrouilles.
Au restaurant Warkop MR Mamu (toujours à coté de cette place avec colonne) on peut louer, pour 24 h, un scooter (négocié 100 au lieu de 150 kr) en bon état, avec casque mais sans vêtements de pluie.
Le Sinabung étant interdit car en alerte éruption je vais au lac proche. Entrée payante (15 kr), série de restaurants qui défigurent la rive avec chacun leur musique qui se télescope. Snack de mauvaise qualité et cher. L’art de gâcher le paysage dans toute sa splendeur. Les environs sont jolis cependant.
Attention à la météo avant d’aller à la pagode Taman Alam Lumbini. Le chemin de terre pour y arriver est défoncé (ce qui est très étrange pour cet énorme édifice) et vous devrez enlever vos chaussures à 5 m de l’entrée. S’il a plut auparavant l’esplanade devient une immense flaque d’eau que vous devrez traverser pieds nus. Du coup, je n’ai aucun avis sur l’intérieur vu que je n’avais pas envie de prendre un bain de pieds. De l’extérieur, c’est imposant, c’est doré, c’est une grosse pagode quoi. Je dois en avoir trop vu ces temps-ci…
Le mont Sibayak devient quotidiennement nuageux vers 10 h. De plus le sentier plus difficile mais moins fréquenté que je pensais prendre depuis Semangat Gunung est éboulé en de nombreux endroits. Reste le sentier normal auquel tout les petits bus locaux amènent. De là il ne faut qu’une heure pour atteindre le sommet facilement. Mes envies de défi s’envolent en même temps que les nuages envahissent les sommets jour après jour. Il est dit que je ne verrais pas le paysage depuis le sommet du Sibayak.
Je pourrais aller sur la petite colline proche (Bukit Gundaling) mais, vu que sur la carte il y a une dizaine de restaurants, j’ai bien peur de tomber encore une fois sur un lieu très aménagé avec une musique tonitruante dans tous les coins. Très peu pour moi.
Vers Medan
Il y a toutes les demi-heures (20 kr) des départs avec un bus moyen format (25 places) depuis cette place de la colonne militaire vers Medan. C’est pas très confortable car les banquettes pour deux sont assez étroites mais au moins il n’y a pas la clim à fond : y en a pas ! Tant mieux.
Je trouve la conduite assez osée jusqu’à ce que, sur la fin, on soit doublé par un bus similaire au notre qui va vraiment vite (et en plus, il y a du monde sur le toit). En fait notre chauffeur était calme…
Il faut 2h pour atteindre la station Bpk tessalonika dans les faubourgs de Medan. Je dois y prendre le minibus 110 ou 103 qui m’amènera à proximité de mon hôtel mais lorsque je demande aux différents chauffeurs de ces bus numérotés ils me disent non en voyant ma destination sur mon smartphone. Il faut que j’explique à un petit jeune qui se trouve là et qui parle anglais que ça ne me dérange pas de marcher 5 mn en plus pour qu’il intercède en ma faveur auprès du prochain conducteur. Je comprends, après coup, que les chauffeurs précédents avaient refusé de me prendre car mon point de chute leur paraissait trop loin de là où ils pouvaient de me déposer. Vu la répulsion des Indonésiens pour la marche à pied, j’aurais dû m’en douter pourtant.
Medan
Le Manoir Tjong A Fie n’est pas la plus luxueuse mais est la plus grande des maisons de riches émigrants d’origine chinoise que j’ai vu en Asie. Il y a quelques trucs sympas à l’intérieur et l’atmosphère est tranquille.
J’ai dormi au Deli Homestay… sans avoir besoin de bouchon d’oreilles pour une fois. A 5 mn de là il y a un énorme centre commercial où l’on trouve de tout (du parfum à de l’électroménager) mais aucun magasin d’alimentation. 7 mn de marche en plus pour trouver un supermarché comme à l’européenne (rare) avec, entre autre, des crudités, de la brioche, de la bière, du vin et une pharmacie : Pasar Swalayan Maju. Un vrai bonheur à moins de 850m de là. La réceptionniste de l’hôtel en reste bouche bée : « vous y avez été à pied ? ». Je vérifie sur Google maps : il faut 12 mn pour y aller donc je ne pense pas que je viens de faire un exploit. Ils sont vraiment graves les indonésiens !
Le train pour aller à l’aéroport se paye uniquement en CB. Prix de 40 à 50 kr selon l’horaire. Il y a une entrée spécifique bien signalée pour les trains dont le terminus est l’aéroport. Les tourniquets ne s’ouvrent que 20 mn avant le départ. Beau train style TGV avec places numérotées. 40 mn de trajet.
Aéroport avec un bel espace arboré et wifi.
Vol retour vers Paris
L’aéroport de Kuala Lumpur est décidément bizarre : impossible accéder à la zone d’embarquement avant l’heure exacte d’embarquement. On attend dans le couloir sur des sièges minables sans possibilité d’accéder aux sièges et aux bornes de recharges de la salle d’embarquement vide. Heureusement l’Airbus 350 de Malaysian Airline est muni de prise USB.
On décolle à minuit et 1h 30 plus tard le repas est servi. Je m’installe pour dormir mais 1h plus tard on nous sert un mini sandwich. Quel intérêt ? D’autant plus qu’à 5h30 on a le petit déjeuner. Impossible de dormir avant d’atterrir à CDG à 7h.
Je dormirais dans le TGV qui me ramène vers ma sucrée maison provinciale (home sweet home)